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Mardi 8 juillet 2008

Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Elle remercie Dieu, la Vierge et l'armée de sa patrie. Camouflet pour Sarkozy, les Renaud et Cie, la famille Bétancourt, les parlementaires européens, tous les munichistes du vieux continent. La transbourgeoie fredonne son air favori - “ouin ouin” - devant les objectifs des caméras et sous les commentaires pathétiques des journalistes débiles, trop contents, encore une fois, de parler d'eux-mêmes. Auto-satisfaction sans entraves. A les entendre, ils ont liberé Ingrid ! Non, pauvres calotins de la social-démocratie. Ce sont les militaires colombiens, tenant dans leurs mains des M16, qui ont sorti votre Ingrid de la jungle. A l'Elysée, c'était la fête ! Toute la famille Betancourt de sortie, avec les enfants, les cousines, la soeur, les tantes, etc. “Des fleuves de baisers” ? Et pourquoi pas une partouze sur le parvis de l'hôtel de ville de Paris ? Maman est de retour.


Extrait de Vous aurez la guerre : Editions Jean Paul Bayol Avril 2008

(http://www.rebelles.info/article-18004068.html)

"Depuis plus de six ans, s’il en est bien une que l’on a eu le temps de connaître, c’est la belle Ingrid Betancourt. Les otages coréens étaient par trop exaltés. Mais que dire de l’écologiste colombienne ? ! Une petite balade en voiture sur les routes de campagne au mois de février, elle n’y a pas résisté. Et voilà comment elle s’est retrouvée prisonnière des narco-guévaristes des FARC, pauvre résidu des guérillas sud-américaines à cigares, celles qui ont fait se palucher plusieurs promotions d’étudiants en Sorbonne. Les guérilleros détiennent, selon des sources concordantes, plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’otages disséminés sur tout le territoire colombien. Alors pourquoi Ingrid plus qu’un ou qu’une autre ? Voyons… Elle cumule les handicaps : elle est riche, elle est écologiste, elle est de gauche, elle passe bien à la télévision, elle parle français, elle est l’ancienne élève de Dominique de Villepin, elle chante l’amour, combat les vilains fascistes et souhaite s’arranger avec les FARC. Tels étaient le portrait et le programme de celle qui s’était présentée à l’élection présidentielle colombienne et dont on oublie de dire qu’elle avait pris une jolie déculottée à cette occasion. Sa notoriété, sa popularité et son élévation au rang de sainte (on rêve d’une rencontre entre elle et Cécilia Sarkozy), l’invraisemblable battage médiatique autour de sa captivité, le militantisme des people volant à son secours, les jérémiades de sa fille (elle aussi sanctifiée), ont de quoi stupéfier a priori. Dans la démocratie contemporaine, il est des engouements et des épanchements obligatoires. Le cas Betancourt en fait partie. Munichistes de tous les pays, unissez-vous ! Il y a d’abord les revendications des FARC (démilitarisation de certaines régions, remise en liberté de plusieurs de leurs combattants, etc.) que l’on nous présente comme raisonnables. Il y a ensuite le Président colombien, Alvaro Uribe, que l’on dépeint comme un caniche de Washington, un nouveau Mussolini. Il y a surtout Mélanie Betancourt, avec son « maman » en bandoulière, squattant les plateaux de télévision. Que nous dit-elle, la fille de « maman » ? Que sa mère est merveilleuse (on veut bien la croire), écolo thaumaturge (les Colombiens ne sont pas tous d’accord, apparemment), que cette détention est abjecte (on acquiesce), mais aussi qu’Uribe est un dangereux autocrate (ça dérape), qu’il faut discuter avec les FARC et se résoudre à répondre favorablement à leurs demandes, qu’il n’y a pas d’autres solutions. Une intervention militaire ? Non, pas possible, trop risquée, « mais vous n’y pensez pas ! ». Que Mlle Betancourt soit triste, que sa mère lui manque, il serait difficile de s’en offusquer. Mais qu’elle vienne faire l’apologie des FARC sur les plateaux de télévision, c’est franchir le Rubicon. Encore, s’il ne s’agissait que d’une stratégie consistant à faire la publicité des guérilleros en échange de la libération de « maman », on pourrait comprendre et même, à la rigueur, lui pardonner. Or, depuis le temps que Mélanie Betancourt dit du bien des terroristes, si cela n’était que le fruit d’un deal, tous les otages entre les mains poudreuses de ceux-ci devraient avoir recouvré leur liberté. S’est-il trouvé quelqu’un pour contredire Mlle Betancourt ? Personne. Simple décence face à la douleur d’une enfant ? Dans ce cas, il faudrait parler de « maman », de sa garde-robe, de ses hobbys, mais certainement pas de la politique intérieure colombienne. Posters géants d’Ingrid, chansons, concerts ! Un produit.

L’indécence est dans l’oubli des centaines d’autres otages retenus en Colombie. Est-elle si importante, Ingrid Betancourt, pour que le Président français, tout juste élu, fasse de la fin de sa détention une des priorités de son début de mandat ?

Sécher les larmes de Mélanie, cela passe encore, mal, mais cela passe. Par contre, qu’un Président français dicte à un autre pays souverain ce qu’il doit faire pour libérer Ingrid Betancourt, cela ne passe plus. Que faire ? Suivre la logique, bien sûr ! Les FARC exigent que l’armée colombienne se retire de plusieurs localités ? Il faut retirer les troupes, dit-on à Paris. Les FARC veulent voir certains de leurs camarades emprisonnés revenir dans leurs casemates ? Il faut libérer ! Quelle audace ! Quelle fermeté que celle de la France ! En échange de cela ? « On vous rendra peut-être Ingrid », plaisantent les guérilleros. Bien joué. Ainsi la position de la France dans cette affaire consiste-t-elle uniquement à cautionner les desiderata des narco-terroristes et à caresser dans le sens du poil Hugo Chavez (l’ami des scouts marxistes perdus dans la jungle depuis quarante ans). Heureusement, l’ignoble Uribe semble ne pas vouloir céder. Seule éclaircie dans ce concours de pleurnicherie et de bassesse. Après la soumission, on effleure là le syndrome de Stockholm. Est-ce la prochaine étape ?"

Loïc Lorent pour aurores.net le 06 juillet 2008

par Loïc Lorent publié dans : Chroniques de Loïc Lorent
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Jeudi 12 juin 2008

Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Chaque année, en terre dite d’Islam, plusieurs milliers de chrétiens sont froidement assassinés. Leur tort ? Etre chrétiens. Ces exactions ne choquent guère les foules européennes disciplinées au rythme soutenu des tambours du mémorable, du vertigineux, du merveilleux, du coïtal vivrensemble (on ne le louera jamais assez) ! Du reste, rares sont les médias qui, sous nos latitudes, estiment que cette information mérite mieux qu’une vulgaire brève dans laquelle une anonyme voix off décrira, de temps en temps, quand l’actualité sera par trop clairsemée, des « jugements expéditifs entachés d’irrégularités ». Au mieux. Au pire, la voix off nous parlera de ces salopards d’Américains évangélistes racistes qui nourrissent un « plan secret », peut-être même élaboré en cachette dans une villa du Wisconsin en présence de George Bush (mais chut, c’est trop dangereux…), un plan machiavélique, criminel : « Ah les salauds, ils prêchent ! » Il va sans dire que le fait d’évangéliser en terre dite d’Islam est une abomination, une marque d’impérialisme, une entreprise nocive aux relations entre Orient et Occident, une provocation. Que les sectes protestantes américaines soient vomies par l’intelligentsia européenne, quoi de plus logique ? Ils sont Américains et les sectes protestantes, nous disent tous les experts invités sur les plateaux de télévision, sont des « fanatiques » très « fanatiques » dont le « fanatisme » est tout à fait comparable à celui d’un certain Oussama Ben Laden (et encore, les islamistes sont pauvres, eux !). En plus, ne l’oublions pas, ils sont Américains. CQFD.

Les musulmans s’en prennent aux évangélistes ? C’est de bonne guerre, oserait-on dire. Mais quand des prêtres catholiques ne trouvent rien de mieux que d’écrire des tribunes dans lesquelles ils laissent libre cours à leur passion pour l’islamité, quand, pour plaire au FLN, ils dénoncent, en des termes dégoulinant de lâcheté et de soumission, leurs frères en Jésus Christ, qu’il nous soit permis de dire tout le mal, et même plus !, le mépris, qu’ils nous inspirent. Dans le secteur ô combien concurrentiel de la dhimmitude volontaire, un nouvel avatar vient de se manifester. Ce sinistre personnage est le père Delorme dont certains lecteurs de ce site ont peut-être eu la chance de lire la prose récemment publiée dans Le Monde (1). Tandis que l’Etat algérien, pardon, un tribunal algérien – absolument neutre – s’apprêtait à juger plusieurs chrétiens accusés d’être chrétiens et d’avoir célébré une messe (ou tout simplement lu la Bible) sans avoir préalablement averti les autorités ‘compétentes’, le père Delorme, gestapiste en soutane (il paraît que dans les marchés d’Alger, moyennant quelques maigres dinars, on peut acheter de fort beaux posters de Mgr Tiso, période 42-44, la meilleure !) soutenait de tout son être, de toute sa petite âme la joyeuse conception algérienne du vivrensemble que l’on pourrait résumer ainsi : « Sois musulman et tais-toi ». Prêcher, convertir, il est probable que le père Delorme n’y a jamais pensé. Lui, sa passion, c’est proclamer qu’il respecte l’identité algérienne (musulmane), qu’il respecte les lois algériennes (sois musulman…), que les ricains l’inquiètent et, surtout, qu’il veut la paix, oh oui la paix, bien tranquille, bien douce, bien confortable, bien rémunérée par le pouvoir algérien. Prêtre ‘constitutionnel’ en Algérie ? Non, défroqué lui irait mieux, au père Delorme. Qu’a-t-il à dire à propos des catholiques décapités en Indonésie ? Rien. Lui, son ministère, il l’exerce respectueusement, silencieusement. Il n’ira jamais rappeler – oh que non ! – que Saint-Augustin était évêque d’Hippone. Il ne lui viendra jamais à l’esprit l’idée saugrenue de signaler que lorsque les armées arabes déferlèrent sur l’actuel Maghreb elles y rencontrèrent des chrétiens. Il faudrait lui dire, au père Delorme, que la terre sur laquelle il pose aujourd’hui son auguste postérieur n’a pas toujours été musulmane et que rien ne dit, surtout dans la Bible (mais l’a-t-il jamais ouverte ?), qu’elle doit le rester ad aeternam. Une bonne nouvelle : on a enfin trouvé le successeur de Mgr Gaillot. On attend impatiemment la photo Delorme-Béart en couverture de Paris Match. On imagine déjà le titre au-dessus de ladite photo : « Père Delorme et Emmanuelle Béart : leur cri du cœur contre l’intolérance ». On visualise déjà les enfants algérois se jetant au cou d’une Emmanuelle radieuse. Beau comme une chanson de Patrick Bruel, expressif comme le visage de Roger Hanin dans Navarro. Mais il y a mieux, et il y a pire ! Absolument ! Tout d’abord, la presse algérienne. Faites donc l’expérience, les grands journaux algériens disposent de sites Internet de grande qualité. Alors, toutes mouvances confondues, saute aux yeux innocents du surfeur ordinaire cette évidence : les journalistes algériens sont victimes d’une faille spatio-temporelle ! Pour eux l’histoire s’est arrêtée vers 1970, disons au moment de la mort de Nasser. Tout y passe : servilité plus ou moins discrète vis-à-vis du FLN, anti-impérialisme pavlovien (avec cette théorie que je me dois de vous livrer en exclusivité : à l’heure où j’écris ces lignes, des hordes de chrétiens tentent d’envahir le monde arabo-musulman), paranoïa (« nous sommes assiégés », « on nous veut du mal », etc. A quand des chrétiens se faisant exploser au cri de « Benoit XVI vaincra » ?), mauvaise foi (« De toute façon, en Europe, les musulmans sont opprimés »). Avec un peu de chance et une fouille plus méticuleuse des archives des journaux, nul doute que l’on retrouve la trace de la Grande Rumeur : le SIDA a été inventé par les juifs et les blancs dans le but d’éradiquer les populations musulmanes. Consternant de bout et bout avec, ça et là, des courts éclairs d’honnêteté intellectuelle (notamment sur la ‘non-réciprocité’). Mais le plus affligeant est de loin cette manie qui consiste à justifier la riposte au nom de la préservation de l’identité algérienne. Par contre, autant vous dire que l’identité française, les journalistes algériens s’en fichent royalement, ils n’en parlent même pas. Quand ils décrivent la nouvelle (plus ça change, plus…) politique migratoire en vigueur en France, Auschwitz n’est pas loin. C’est quand même un comble, écrivent-ils tous en chœur, Paris refuse d’accueillir tous les candidats à l’émigration ! Sur tous les sujets, la même rengaine : je te crache à la gueule mais je veux venir chez toi. Pas un hasard, finalement, si les Algériens ont pour président un type qui passe son temps à réclamer « les excuses officielles de la France » mais qui, lorsqu’il ne pisse plus droit, vient se faire soigner dans les hôpitaux parisiens. Horreur : la vente de pétrole ne serait-elle pas assez rentable pour que l’Etat algérien construise des hôpitaux modernes sur son territoire ? Chut. « Pas très vivrensemble » que tout cela. Mais il y a encore mieux. Tout à fait. Posons cette question – que nous sommes assurément peu nombreux à nous poser : Que fait Rama Yade ? N’est-elle pas le noble bouclier de la liberté d’expression et des droits de l’homme. Jusqu’à preuve du contraire, choisir et pratiquer pacifiquement sa religion est un droit qu’offrent les Etats démocratiques. Et Dieu sait que Rama aime les démocraties. On me dit que Rama ne peut pas tout faire, qu’au moment même où un juge algérien rappelait aux accusés qui lui faisaient face qu’une loi datée de 2006 interdisait tout rassemblement effectué dans le but de prier un autre Dieu que celui que l’on appelle Allah, Rama remettait la légion d’honneur, l’ordre national du mérite, la mérite agricole et un chamois d’or à une « écrivaine turco-burkinabaise connue pour son engagement en faveur de l’émancipation des femmes ». Dans La hiérarchie des victimes à l’usage des occidentaux (en vente dans toutes les bonnes librairies), le noir précède l’Arabe, qui précède la femme, qui précède l’enfant, qui précède le bébé phoque. En queue de liste figure l’homme blanc, celui qui a fait Auschwitz. Donc, silence total des autorités françaises parce que, comme le dirait sans doute Nicolas Sarkozy : « La France elle veut des relations apaisées avec l’Algérie ». Et il est vrai que pour quelques chrétiens en moins, on ne va tout de même pas provoquer un incident diplomatique. Quant aux médias, évidemment, entre l’Euro de football, les révisions du bac, les nuages et les primaires démocrates, où pouvaient-ils caser les trois chrétiens algériens… En plus, ça aurait obligé les journalistes à expliquer ce qu’est l’apostasie. Et ça, les journalistes maîtrisent mal. Sans compter le fait que oui, décidemment, ce n’était pas un sujet sympa. Au moins, les Chinois, ils font péter de gros blocs de pierre afin d’empêcher que soit inondée une vallée. En matière d’images, le PCC est plus fort que les chrétiens algériens. Lui aussi.

Il reste un point, qui est tout sauf « un point de détail » de cette histoire. On n’ose pas le dire. En fait, on se demande si ça ne risque pas de nous mener tout droit devant un tribunal – neutre – français. Mais comme nous croyons en la démocratie française qui donne, jour après jour, des gages en matière de liberté d’expression pleine et entière, nous nous permettons : il est interdit de bâtir des églises en terre d’Islam ? Dix chrétiens qui prêchent dans le Sahara seraient dangereux pour le vivrensemble ? Il faut respecter l’identité algérienne ? OK ! Mais alors, pourquoi devrions-nous accepter la construction de mosquées en Europe ? Pourquoi rechignerions-nous à expulser du territoire français des imams qui conseillent la lapidation des femmes adultères ? Pourquoi ne nous défendrions-nous pas l’identité française ?

Pourquoi toujours subir, toujours écouter des Delorme ? Pourquoi ne pas demander au CFCM, à la solde de Rabat et Alger, ce qu’il pense de la destruction des églises en terre d’Islam (et de l’impossibilité d’en construire) ? Pourquoi ne pas dire que les cimetières chrétiens d’Algérie, déjà – mal (vae victis) – entretenus par l’Etat français qui en assume la charge, sont quotidiennement souillés ? Parce que nous sommes tolérants, répondront les sociocrates.

N’oubliez pas ce mot : tolérance. Je ne sais pourquoi quand ils le prononcent mes oreilles sifflent, sont la proie d’un vilain acouphène. J’entends alors un autre mot, apaisant, sympathique comme le bruit des pièces qui s’entrechoquaient dans la bourse remise à Judas : soumission.

Loïc Lorent pour
http://www.aurores.net/ le 11 juin 2008

par Loïc Lorent publié dans : Chroniques de Loïc Lorent
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Mardi 10 juin 2008

Publié avec l'autorisation de l'auteur :

La récente publication de son œuvre – presque – complète aux éditions Robert Laffont nous offre l’occasion de revenir sur un travail aussi ambitieux que controversé.

Alors que nombre de ses compatriotes du même âge mourraient sur le front de l’est, Ersnt Nolte suivait paisiblement les cours de Martin Heidegger et d’Eugen Fink. Bénis soient les pieds plats ! Nolte assumera pleinement cet héritage philosophique au point d’apparaître comme le cheval de Troie de la phénoménologie dans l’histoire. « Anomalie », crient certains universitaires pour qui cette dernière ne doit pas lorgner d’autres disciplines – « Parce que l’histoire est une science à part entière, etc. », on connaît la chanson. Du reste, cette tare originelle ne l’empêche pas d’intriguer François Furet avec qui il publie en 1998 un livre remarquable, Fascisme et communisme, inspiré de leur correspondance. Le titre de ce dernier ouvrage résume le drame – ou le mérite – d’Ernst Nolte, celui d’avoir entrepris de comparer les deux systèmes totalitaires. C’est bien ce qu’on lui reproche le plus durement en 1986. Qu’est-ce que la ‘’querelle des historiens’’ ? L’immense majorité des intellectuels allemands et français, toute imbibée de marxisme, décrète qu’analyser rationnellement ces deux idéologies, c’est en excuser une, l’autre, le communisme, n’en ayant pas vraiment besoin puisque tous ses avatars, soviétique ou coréen, cubain ou cambodgien, n’étaient ou ne sont encore en 1986 que caricatures, schismatiques.

Assassinat de classe et assassinat de race

Des travaux d’Ernst Nolte émergent deux grands axes que l’on peut tenter de résumer comme suit : les racines et les différences entre les totalitarismes et dans quelle mesure les fascismes sont une réaction à la révolution d’octobre. A la première question il répond (in Le fascisme dans son époque) qu’il faut regarder du côté de la France, dans la tradition contre-révolutionnaire et surtout de l’Action française. Attention, Nolte n’est pas Bernard Henri Lévy ! Pour autant, ce parallèle osé, après avoir, comme on l’imagine, séduit bien des clercs, mérite d’être largement révisé. Par contre, dans le cas spécifique du nazisme, on doit à Nolte d’avoir justement insisté sur deux traditions du XIXe siècle (romantisme et néo-darwinisme) et deux chocs fondateurs (guerre mondiale et crise du libéralisme). Quant à la seconde question, elle continue de déchirer la communauté des historiens. Avec un zeste de provocation, Nolte écrit : « « L’archipel du Goulag n’est-il pas plus originel qu’Auschwitz ? L’assassinat pour raison de classe perpétré par les bolcheviks n’est-il pas le précédent logique et factuel de l’assassinat pour raison de race perpétré par les nazis ? » Non seulement les fascismes n’auraient pu voir le jour sans la révolution bolchevique, mais les systèmes totalitaires agissent par mimétisme. René Girard ne le contredirait sans doute pas sur ce point.

Nolte venait de franchir le Rubicon. L’interprétation dominante avançait que Mussolini et Hitler étaient les fruits de la corruption du système libéral capitaliste, les héros d’une réaction chauvine à laquelle auraient adhéré des bourgeois affolés par la folle clameur qui s’élevait alors sur les bords de la Neva. Qualifié de ‘’révisionniste’’ – ce qui est une étrange insulte quand on sait que le révisionnisme est l’essence même de l’histoire –, Nolte dut subir les foudres du pape Jürgen Habermas et de ses affidés. Vingt ans plus tard, même si la thèse simpliste d’un complot bourgeois nourrit encore nombre d’opuscules, aucun historien entendant penser sérieusement les totalitarismes du XXe siècle ne peut faire l’impasse sur les réponses d’Ernst Nolte, quitte à les critiquer. Les victoires ne sont pas toujours posthumes.

Un regard iconoclaste

Encore, à l’originalité de ses thèses Nolte joint celle de sa méthode. Celle-ci s’inscrit dans la l’élaboration d’un paradigme compréhensif des phénomènes idéologiques. C’est là le second drame – et encore le mérite – de Nolte. A une époque, la notre, où fascisme et nazisme sont sempiternellement ornés des épithètes « monstrueux », « démoniaques », il rappelle que ces mêmes idéologies sont des inventions… humaines, qu’elles ne sortent pas de l’esprit de quelque Moloch et, pire encore, qu’elles traduisent des « émotions fondamentales » et ont a minima des « noyaux rationnels ». Même les nazis s’appuient sur des faits. Soit un fait indéniable : les juifs étaient nombreux dans l’appareil dirigeant bolchevique en 1917. De cette évidence les nazis firent un concept délirant : le judéo-bolchevisme (juifs et communistes russes devenaient synonymes). Il existe un abysse entre la prise en compte d’une réalité factuelle (les juifs dans la révolution) et un fantasme (la révolution est l’œuvre de la ‘’juiverie mondiale’’). Apparemment, en faisant ce distinguo, en essayant de disséquer le « noyau rationnel » du nazisme, Nolte dédouanerait – encore – celui-ci. Heureusement, une minorité d’historiens, à laquelle appartient Stéphane Courtois qui préface le présent recueil, aura compris que nommer les choses telles qu’elles sont ne suffit pas à les absoudre ou les faire ressurgir (la prudence des historiens concernant les fascismes tient aussi dans une large mesure à cette peur de voir renaître la « peste brune »).

Finalement, si certains travaux de Nolte ont mal vieilli, l’entreprise globale de celui que ses amis appellent « le plus philosophe des historiens et le plus historien des philosophes » pose un regard singulier et iconoclaste sur une histoire que d’autres s’échinent à momifier. Concernant ce volume, on regrettera cependant que La guerre civile européenne, texte d’une grande importance dont il avait fallu attendre onze ans la sortie en France, ait été sacrifié.

Loïc Lorent pour aurores.net le 31 mai 2008

Article publié dans l’Opinion Indépendante, édition du 30 mai 2008

par Loïc Lorent publié dans : Chroniques de Loïc Lorent
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Jeudi 24 avril 2008

Publié avec l'autorisation de l'auteur :

L’éclat des toiles de Géricault, de Delacroix et de Courbet nous fait parfois oublier que le XIXe siècle est aussi celui de Delaroche et de Vernet, qu’il est celui d’une école dont les œuvres ont longtemps peuplé les livres d’histoire, celle du juste-milieu. Le juste-milieu est la volonté de dépasser le néoclassicisme sans verser pour autant dans le romantisme. C’est l’entre-deux, l’art de se tenir le cul entre deux chaises, ni trop raide ni trop violent. Le fait que cette école soit aujourd’hui, et avec raison, oubliée devrait interroger tous ceux qui entendent faire de la politique. Car qu’il s’agisse d’art ou de politique, le juste-milieu est voué au mieux à l’échec, au pire au ridicule. Les convictions tièdes, les fois de jours fériés, claironnées sur l’autel du rassemblement des contraires jusqu’à la disparition de ceux-ci, seraient ce qu’attendent les populations occidentales, lassées des « stériles » querelles. Il nous faudrait rechercher le point de convergence sur lequel nos sociétés apaisées pourraient enfin bâtir l’arc pacifique de la Concorde et de la joie. Cachez ce rouge sang qui cercle les armures et les destriers des croisés entrant dans Constantinople ! Remplaçons-le par du rose ou du vert amande, des couleurs qui ne font pas mal aux yeux, qui unissent, qui caressent.

En France, le juste-milieu a trouvé un nouvel héraut, François Bayrou. Ni trop raide ni trop violent, ni à gauche ni à droite. On appelle ce genre d’hommes démocrate. Géricault était un ultra, Delacroix un réactionnaire, Courbet un ami de la Commune… Les grands artistes et les grands politiques sont ceux qui ne transigent pas avec la médiocrité, qui lorgnent les périphéries tandis que l’on couronne ceux qui embrassent à pleine bouche leur époque. Les légions d’honneur sont faites pour être jetées au caniveau avec ceux qui les décernent. Plusieurs légions d’honneur seront remises aux sportifs qui s’apprêtent à porter haut les couleurs d’une France dont la plupart d’entre eux ne sait strictement rien. Peu importe, Philippe Auguste n’aide pas à lancer un javelot, c’est un fait.

La Fontaine nous a dit qu’il ne fallait jamais faire les choses à moitié. Sage prophétie d’un grand moraliste. Quand on fait les choses à moitié, quand on menace quelqu’un avec une arme factice, il arrive que l’on prenne une bonne gifle en retour, que l’on nous moque, que l’on nous oublie. Qui se souvient de Delaroche ? Qui se souviendra, dans deux siècles, de François Bayrou ? Que restera t-il de l’initiative des sportifs français soudainement atteints de droit-de-l’hommisme si ce n’est le souvenir d’une humiliation ? Lorsque Clemenceau affirmait que la révolution française était un bloc, il acceptait la Terreur comme un épisode de la révolution. Cela ne faisait pas de lui un admirateur de Robespierre pour autant. Il était républicain, ce que l’on ne peut être que totalement ou pas du tout. Ce que l’on ne pouvait être à la fin du XIXe siècle qu’en revendiquant l’héritage de la révolution, de 1789 à 1794 au moins. Etre à moitié, c’est n’être rien du tout. Et que peuvent produire ces rien du tout ? Des choses insignifiantes, comme ce stupide badge « Pour un monde meilleur » (pourquoi pas « Pour la paix contre la guerre » ou « Pour la vie contre la mort » ?). Ce badge aux couleurs de l’olympisme – nous avons d’ailleurs eu la chance d’apprendre que l’olympisme était un ensemble de valeurs d’une grande pureté et non, comme nous aurions pu le croire, une caution derrière laquelle se planquent les sponsors et autres laborantins pour qui les jeux olympiques sont une vitrine –, ne pouvait que nous faire rire. Soit l’on soutient les Tibétains dans leur lutte contre la Chine et, dans ce cas, on le fait franchement, en portant un drapeau tibétain dans le stade olympique de Pékin ou, mieux encore, en n’allant pas participer à cet événement organisé par un Etat qui abat nos « amis ». Soit… l’on se tait, au lieu d’accompagner le militantisme adolescent dont font preuve les médias européens.

D’aucuns, parmi les sportifs français, répètent qu’ils sont des citoyens comme les autres et, par conséquent, seraient obligés de « faire entendre leur voix ». Eh bien non ! Quand on est infoutu de produire autre chose qu’un pin’s arborant fièrement la phrase « Pour un monde meilleur », il est préférable de s’en retourner courir, nager ou faire des roulades sur un tatami. Les pleureuses n’abondent-elles pas suffisamment dans la presse et à la télévision pour que nous devions en plus nous coltiner les normatifs états d’âme d’une foule d’athlètes trop imbue de son pouvoir économique et sociétal pour ne rien faire mais trop lâche, trop inculte et trop obnubilée par les possibles retombées médiatiques de ses exploits pour boycotter les jeux ? Le comble du ridicule fut atteint quand les autorités chinoises, décidemment fort susceptibles, donnèrent de l’importance à ce qui n’en avait pas en ordonnant aux athlètes français de ne porter que des maillots tricolores vierges de tout colifichet. Quand on n’est à moitié, non seulement l’on n’est rien du tout mais on ne l’est qu’éphémèrement. Aussi, les Douillet et consorts, devenus les acteurs d’une pièce trop grande pour eux, se sont empressés d’abjurer leur foi de circonstance. Une médaille d’or et un contrat avec Volvic valent bien un petit Canossa. Du ridicule à la proskynèse il n’y a qu’un pas d’autant plus aisé à franchir que l’on est animé par des intentions bancales.

Assurément, le juste-milieu a de beaux jours devant lui. Les outrances soigneusement codifiées d’un certain art contemporain ne trompent personnes. Quand l’underground est glorifié par les académies, c’est qu’il n’a plus rien d’original. La vraie subversion n’a que fort peu d’amis. En politique, à l’échelle européenne, ce sont des partis de centre gauche ou de centre droit qui gouvernent. A Strasbourg, le PSE et le PPE votent sans débats plus de 70 % des lois qui sont soumises à leurs députés fantoches respectifs. Le badge « Pour un monde meilleur » est le fruit d’une époque. Et les courbettes de la France devant la Chine le sont tout autant. Il arrivera peut-être un jour où l’on cachera les toiles de Géricault et de Delacroix – des associations de défense des handicapés accusant le premier pour ses études de caractères tandis que le second sera insulté par des ‘descendants’ des femmes d’Alger –, leur préférant les douceurs exotiques et fantasmées d’un Gérôme. Paul Delaroche a perdu sur la forme mais gagné sur le fond. Ses rejetons pullulent et, après avoir fait gentiment leur autocritique, certains d’entre eux s’envoleront bientôt à destination de la Chine. A leur retour, de rutilantes médailles, ces « hochets » qui servent à mener les peuples, comme le disait Napoléon qui s’y connaissait en la matière, orneront les poitrines des stars du XXIe siècle.

Loïc Lorent pour aurores.net le 20 avril 2008

par Loïc Lorent publié dans : Chroniques de Loïc Lorent
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Mardi 15 avril 2008

Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Imaginons une assemblée composée majoritairement de républiques bananières, de dictatures, de théocraties. Imaginons que cette même assemblée crée une sorte de commission réunissant des représentants de ces mêmes États, une commission ayant pour charge de combattre le racisme planétaire. Imaginons que lors de sa dernière session en 2001 cette commission, qui est en fait une Conférence, ait accusé Israël, les États-Unis et l’Occident en général d’être des entités racistes, criminelles, fascistes, j’en passe et des meilleurs, et cela sous un concert d’applaudissements et de « Mort aux juifs ! ». Il n’est pas nécessaire d’imaginer puisque cette grand messe des antisémites et anti-occidentaux pas anonymes existe bel et bien, qu’elle s’est déjà roulée dans sa propre fange, éclaboussant au passage des Européens muets comme à leur habitude, et qu’en plus, chose inouïe, elle s’apprête à remettre ça l’an prochain.

En 2001, il s’est trouvé quelques intellectuels pour dénoncer ses agissements. Mais il n’était pas de bon ton de les écouter puisque, comme nous l’apprenait, un peu plus tard, le brave professeur Lindenberg, les opposants à Durban I étaient d’odieux réactionnaires. A croire que le cri « Mort aux juifs » parle au cœur des progressistes européens, toujours prompts à soutenir les super victimes du tiers-monde, même quand ces dernières confondent une réunion onusienne et le Reichstag de 1938. En 2001, les journalistes nous avaient bien dit qu’il y avait eu dans cette métropole d’Afrique du sud quelques « dérapages » et « exagérations ». Dérapages ? Exagérations ? Mort aux juifs ! Mort à l’Amérique ! Mort à l’Occident ! Clap de fin, on remballe la sono et rendez-vous dans huit ans.

Sept ans plus tard, il se trouve encore des intellectuels - plus nombreux qu’en 2001 - pour s’inquiéter après consultation des travaux préparatoires de la quatrième session de la dite Conférence. En effet, plusieurs déclarations émanant de guignols bombardés superviseurs de Durban II ont de quoi révolter quiconque à un jour dans sa vie espéré que l’intelligence humaine et l’honnêteté intellectuelle n’étaient pas des mythes. Accusés Israël, Etats-Unis, Europe, levez-vous ! Levez-vous et préparez-vous à en prendre pour votre grade ! Interdire le port du voile à l’école : de « l’islamophobie occidentale » ; condamner fermement les pendaisons festives qui se déroulent dans les rues de Téhéran, ce serait ne pas respecter les lois et, pire, la « culture » iraniennes ; critiquer l’islam : du racisme, of course. Nul doute qu’il sera également question dans les mois qui viennent de la traite négrière, ce crime contre l’humanité, des « rafles anti-immigrés » organisées par les monstres européens et, bien sûr, des nazis juifs qui font de la bande de Gaza un immense camp de concentration. On parlera sans doute beaucoup de la guerre du Liban, de la seconde guerre d’Irak, de la méchante Serbie qui refuse de se laisser dépecer au nom du multiculturalisme – la salope ! Et l’on peut aisément prédire que la majorité des membres de la soi-disant élite européenne, et notamment française, salueront bien bas le verbe militant des orateurs de la Conférence.

Tandis que l’on s’interroge en France sur la possibilité d’accorder la nationalité française à la courageuse Ayaan Hirsi Ali – il est vrai que cela pourrait froisser, voire même « stigmatiser » par ricochets les musulmans de France, tandis que les médias français n’ont d’yeux que pour les enfants d’Ingrid Betancourt, Durban II prend lentement ses quartiers dans une indifférence quasi générale. Indifférence en Europe, parce qu’en ce qui concerne le tiers-monde Durban II est attendue avec impatience, comme on peut attendre l’occasion de cracher sur le monde du haut d’une tribune, comme un enfant crache sur le crâne d’un vieillard du haut d’un immeuble.
Ainsi, une motion pour le moins spéciale, défendue par les guignols susmentionnés, s’apprête à qualifier d’ « acte de racisme » toute attaque contre les religions. Entre des Européens sanctifiant les minorités présentes sur leur territoire et des politiciens du tiers-monde qui voient là un moyen facile de flatter leurs peuples serviles, cette motion, cadeau fait aux régimes corrompus et énième reddition des gouvernements européens, a de quoi séduire. Bien entendu, tout le monde aura compris que l’Islam sera le principal bénéficiaire de cette motion, et ce parce que les attaques dont il serait la cible mettraient en péril le vivrensemble, attiseraient un choc des civilisations – comme si ce choc n’était pas en l’état déjà évident. Nul doute que certaines sectes millénaristes américaines ou orientales, des évangélistes aux moonistes, en passant par les scientologues, profitent également de cette atteinte caractérisée à l’encontre de la liberté d’expression. Dans cette affaire, le plus pathétique (le plus comique ?) est que c’est sous la bannière des droits de l’homme que s’agitent certains conférenciers ! Ne saviez-vous pas que c’est pour protéger les droits de l’homme qu’un jeune immigré marocain a abattu Théo van Gogh ? Le caricaturiste danois de Mahomet n’a qu’à bien se tenir, une justice exemplaire sera bientôt à ses trousses. Ou quand le masochisme le dispute à la schizophrénie.

Lancée par la LICRA, publiée dans Le Monde – symboles de cette la schizophrénie évoquée ci-dessus dans la mesure où ces deux officines n’ont habituellement de cesse de hurler contre la « stigmatisation » - une pétition entend mettre en garde les Français contre la tentation du « Nous ne savions pas ». Ce texte est fort juste mais oublie de préciser que le symptôme Durban II ne pourrait se manifester si l’Europe, ses élites et ses peuples possédaient encore une once de dignité et de respect pour eux-mêmes, si l’Europe, à l’instar du délégué canadien en 2001 – « valet de Washington » nous rétorqueront les élèves de maître Lindenberg, avait le courage et la force morale de dire que cette funeste farce ne vise qu’à « délégitimer l’Etat d’Israël et à déshonorer son histoire et la souffrance du peuple juif » et à se payer un beau spectacle anti-blanc sans risquer quoi que ce soit - si ce n’est d’être salué par la Communauté Internationale, avant de claquer la porte. Si l’Europe savait encore le sens du mot honneur.

Loïc Lorent pour aurores.net

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Lundi 7 avril 2008

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Mais que fait Mouloud Aounit ?! Est-il en vacances à Cuba ? Est-il allé assister à un concours de slam antiraciste organisé par l’Amicale des anciens pyromanes du 93 ? Le silence du chef du MRAP est lourd à l’heure où un député hollandais s’apprête à commettre un acte de terrorisme contre cette religion de paix et d’amour qu’est l’Islam. Gageons que notre Mouloud national va se ressaisir et, suivit par la cohorte des médias aux ordres de la bien-pensance, trouvera les mots justes pour dénoncer cet obscur Geert Wilders, assassin du vivrensemble.

Les Pays-Bas nous avaient habitué à mieux, c’est un fait. Depuis plus de deux siècles, le petit domaine des Orange-Nassau s’est surtout manifesté comme fer de lance du libéralisme mou après avoir été le chantre de la guerre (contre l’Empire espagnol), une terre de refuge pour des idées alors subversives (les biographes de Spinoza ou de Voltaire peuvent en témoigner), la seule épine vraiment douloureuse dans les pieds de l’Angleterre et de la France grâce à ses merveilleux amiraux et ses digues. Autres temps, autres mœurs, autres ambitions. Qu’est-ce que la Hollande aujourd’hui ? Un petit Etat prospère économiquement, connu essentiellement pour sa législation favorable aux consommateurs de cannabis, pour ses tulipes et ses musées. Mais c’est surtout un modèle, celui de la social-démocratie paneuropéenne que l’on nous présente comme l’idéologie ultime du vieux continent, celle qui réussirait enfin à faire coexister capitalisme et droits sociaux. Aussi, on imagine fort bien la déception qui s’est emparée des observateurs européens quand ils ont vu, en 2002, Pym Fortuin, « traître à la cause gay » - car il semble entendu que tout homosexuel ne peut être que militant d’Act up, donc gauchiste, lorgner dangereusement le poste de Premier ministre. Après Haider en Autriche et avant Le Pen en France, Pym Fortuyn se voyait affublé – à tort le concernant – des épithètes xénophobe, fasciste, nazi. C’est peu dire que son exécution a soulagé bien du monde à Bruxelles et ailleurs. Divine surprise. Après cette bourrasque raciste, la Hollande redevenait le royaume de la petite bourgeoisie et du féminisme, du football total et de la skunk.

Mais la bête immonde a remis ça ! En l’occurrence, la bête à pour nom Geert Wilders, député d’une quarantaine d’années, libéral dur (il a travaillé sous les ordres du Commissaire Bolkenstein de triste mémoire) et partisan d’un arrêt de l’immigration extra-européenne. Avec un CV pareil, on comprendra aisément qu’une carrière en France lui était impossible. L’année dernière, alors qu’il était déjà l’objet de maintes attaques dans son propre pays, Geert Wilders annonçait qu’il allait tourner un film résolument, authentiquement anti-islamique. Pour peu que M. Wilders se soit empressé de dire que son film ne visait qu’une certaine pratique dévoyée de l’Islam, qu’il ait demandé pardon d’avance, qu’il ait promis de faire la même chose – et même pire – avec l’Eglise catholique, l’intelligentsia européenne aurait pu lui pardonner. Mais non, M. Wilders a eu le courage de ne pas battre sa coulpe, de désigner clairement le Coran, l’Islam en tant que tels, et, passeport pour l’anathémisation, de déclarer que la civilisation occidentale était « supérieure » à celle du monde musulman. Depuis cette date en forme de casus belli, notre député hollandais vit sous protection policière permanente, change de domicile chaque nuit, plusieurs mollahs et nouveaux participants au vivrensemble néerlandais l’ayant menacé de lui couper la tête avec un cutter, ce qui, chacun en conviendra, est une marque de tolérance et d’esprit critique qui correspondent bien à une religion de paix et d’amour.

La fameux film, intitulé Fitna, n’est pas encore sorti que déjà le microcosme journalistique – de papier, télévisuel ou sur Internet - s’agite à la manière de bactéries dans une boîte de Petri. Et mis à part quelques journaux qui « regrettent » l’initiative de M. Wilders, tous lui tombent dessus et l’accusent de « stigmatiser », « blesser », « mettre en péril », « choquer » les masses musulmanes d’ici et d’ailleurs. Mieux, le gouvernement hollandais, dirigé par un clone chrétien-démocrate répondant au doux nom de Jan Peter Blakenende, après avoir soutenu le principe de liberté d’expression dont, jusqu’à preuve du contraire, M. Wilders a le droit d’user, confronté à la myriade de menaces en provenance des pays musulmans (boycotts divers, attaques ciblées contre les troupes hollandaises en Afghanistan, etc.), est en train, jour après jour, de cheminer vers la capitulation. Faire interdire le film ? A La Haye, on y songe, on y songe tellement que M. Wilders a prévenu qu’il diffuserait Fitna sur Internet. Censurer le film sur Internet alors ? C’est ce que recommandent de faire nombre de personnalités politiques et intellectuelles aux Pays-Bas et en Europe. C’est à n’y rien comprendre : comment une religion de paix et d’amour, critique, parangon de la tolérance, qui ne rencontre aucun problème d’intégration en Occident, comment cette religion pourrait-elle pousser les gouvernants européens à goûter de nouveau aux joies de la censure ?

Assurément, la critique systémique de la religion, qui ce concentre en France sur l’Eglise catholique, peut être fort blessante pour les croyants. Mais l’histoire de l’Europe n’est pas celle du monde musulman et il serait bien que les masses allogènes finissent par comprendre qu’elles doivent se conformer aux traditions des pays qui les accueillent. L’attaque, la diffamation à l’encontre d’une personne est une chose, et il existe des lois qui punissent ce genre d’excès. La satire, la caricature d’un groupe ou d’une idéologie en est une autre radicalement différente. Apparemment, que ce soit en terre exclusivement musulmane ou loin de celle-ci, un pan conséquent des fidèles de l’Islam montre qu’il ne comprend pas ces traditions et qu’au lieu d’accepter la culture des pays qui les laissent vivre sur leur territoire, préfère affirmer son intransigeance dogmatique, réitérer les menaces et les appels aux meurtres. C’est là une drôle de politesse. Mais si les musulmans vitupèrent, que dire des Balkenende et Cie ! Que dire de ces défenseurs de la liberté d’expression … sauf quand celle-ci peut hypothéquer la réussite de leurs firmes nationales ou « exacerber les tensions communautaires », prêts à tous les mea culpa pourvu qu’on leur jure de ne pas les embêter. Grand Dieu, Al Qaida menace d’attaquer les soldats hollandais ! Voilà ce que dit M. Balkenende, pur produit bruxellois, pour justifier les pressions qu’il exerce sur M. Wilders. Mais que font-ils, ces soldats, en Afghanistan ? Des compétitions de pêche à la ligne ? Ne sont-ils pas entraînés, payés justement pour défourailler du taliban ?


Qu’on partage ou non les idées de Geert Wilders ou celles de Robert Redeker ou Ayaan Hirsi Ali, défendre leur droit à prendre une caméra, une plume ou la parole est essentiel. Une tendance lourde de l’Islam d’Europe souhaite les faire taire. Ce n’est pas en caressant dans le sens du poil ce proto-fascisme que nous l’apaiserons. Au contraire, il verra là notre insigne faiblesse et saura en abuser. Geert Wilders a au moins raison sur un point : au lieu de passer son temps à tenter de le « raisonner », le Premier ministre Balkenende ferait mieux de répondre à ceux qui l’insultent, au Caire, à Alger ou dans son propre pays.


Quant aux musulmans, leur silence est coupable. Ils mériteront un autre sort, d’autres films que celui-là, le jour où leurs associations les enjoindront de manifester contre les lapidations au Nigeria, contre les vrais attentats perpétrés par Oussama Ben Laden, contre toutes les atteintes aux droits élémentaires de l’homme dont cette religion se rend coupable quotidiennement. En ce qui concerne les idiots utiles de la dhimmitude, les Aounit et Bové, Balkenende et Solana, nous savons qu’il est trop tard pour enlever l’épais bandeau qui couvre leurs yeux et leurs oreilles.


Et si la lumière venait des Provinces-Unies ?


Loïc Lorent pour aurores.net

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Claude Moniquet : Ancien journaliste, auteur spécialisé, expert internationalement reconnu en matière de contre-terrorisme, il a fondé en mai 2002, l’ESISC (European Strategic Intelligence and Security Center) qui a repris à son compte, dès sa création, le travail d’observation et d’analyse du terrorisme international et des questions stratégiques qui était mené depuis plus de vingt ans par certains de ses promoteurs.

Alexandre Del Valle : Essayiste, Géopolitologue, co-fondateur de l’Observatoire géopolitique de la Méditerranée (basé à Chypre) ; Membre du Conseil de Rédaction de la Revue française de Géopolitique Outre Terre, Alexandre Del Valle inscrit toutes ses études, interventions et écrits dans le cadre de la démarche géopolitique qui consiste à étudier « les rivalités de pouvoirs autour des territoires ou ressources », ainsi que les « représentations » développées par les acteurs en lice.

Guy Millière : - Professeur à l’Université PARIS VIII Histoire des cultures, Philosophie du droit
- Visiting Professor à la California State University, Long Beach.
- Expert auprès de l’Union Européenne en bioéthique, biotechnologie.
- Conférencier pour la Banque de France
- Traducteur et adaptateur en langue française pour le site DanielPipes.org
- Editorialiste à la Metula News Agency, Israël Magazine, Frontpage Magazine, les Quatre Vérités, upjf.org
- Membre du comité de rédaction d’Outre-terre, revue de géopolitique dirigée par Michel Korinman
- Rédacteur en chef de la revue Liberalia de 1989 à 1992 


Ivan Rioufol : Senior fellow à l'Atlantiste Institute et chroniqueur à l'émission On refait le monde, sur RTL. Il est titulaire d'un DEA de droit maritime et aérien et a débuté une carrière de journaliste, en 1976, au quotidien nantais Presse-Océan. Il rejoint Le Figaro en 1985 au service « La vie des médias », responsable de la rubrique « Confidentiel ». Il devient rédacteur en chef du service des informations générales, puis éditorialiste et membre du comité éditorial du journal en 2000. Depuis 2002, succédant à Max Clos, il tient dans Le Figaro un « Bloc-notes » publié chaque vendredi.

Miguel Garroté :  Journaliste d'investigation dès 1980 (Voxmundi, Europétrole, Le Temps, Le Nouvelliste, Pèlerin de l'Eau Vive, La Vierge pèlerine, etc). Ancien porte-parole du PDG de Nestlé International. Ancien porte-parole de la European Round Table of Industrialists à Bruxelles. Missions et voyages dans trente pays. Diplômé ès science politique de l'Université de Genève. Quadrilingue français, anglais, allemand, espagnol. Auteur de deux ouvrages. Conférencier.

Michel Gurfinkiel : Ecrivain et journaliste, président de l’institut Jean-Jacques Rousseau, correspondant en France de Commentary et Weekly Standard, auteur de Israël, géopolitique d’une paix (1991), La cuisson du homard (2001), Le testament d’Ariel Sharon (2006), à paraître au début 2008 son livre sur l’histoire du sionisme et d’Israël.

Robert Redeker : Agrégé de philosophie, chercheur au CNRS. Membre du comité de rédaction de la revue Les Temps Modernes. Membre du comité scientifique du CALS (Université Toulouse-le-Mirail). Membre du comité scientifique de la revue Culture Droit.  Membre du comité de rédaction de la revue Des Lois et des Hommes . Membre de la commission " philosophie- sciences religieuses- psychanalyse " du Centre National du Livre . 

Laurent Murawiec : Ancien conseiller de Lyndon LaRouche et de Jean-Pierre Chevènement, Laurent Murawiec a rejoint la Rand Corporation. Le 10 juillet 2002, il présenta ses travaux devant le Defence Policy Board, à l’invitation de Richard Perle, et préconisa le renversement des Saoud en Arabie et l’anéantissement de l’islam. Il est aujourd’hui chercheur au Hudson Institute de Washington, un think thank dont Richard Perle est administrateur. Il est l’auteur notamment de La Guerre au XXIe siècle et de L’Esprit des nations.

Gérard Pince : Docteur de 3éme cycle en Economie du Développement-Université de Paris - Diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris-Licencié en Droit - Chevalier de l'Ordre National du Mérite - Inventeur d'une machine comptable pour analphabètes - Fondateur et Président de Free World Academy.

Claude Reichman : docteur en chirurgie dentaire de la faculté de médecine de Paris. Il est l'un des initiateurs de la Révolution bleue, mouvement informel résumé par son slogan «Non à la chienlit, non au trop-plein d'impôts et de charges, non aux politiciens incapables». Il est par ailleurs président du Mouvement pour la liberté de la protection sociale (MLPS), président du Comité CSG, président du Syndicat retraite-action et président du Collectif vivre en paix à Paris (VEPAP).

Eric Zemmour : Journaliste politique français, grand reporter au service politique du quotidien Le Figaro. Il participe toutes les semaines à l'émission "ça se dispute" sur I-Télé. Depuis septembre 2006, il participe à l'émission du samedi soir de Laurent Ruquier, "On n'est pas couché".

Roger Heurtebise : Journaliste à Riposte laïque.

Loïc Lorent : Romancier et essayiste. En 2007, il publie deux livres : Nonoland et Votre Jeunesse. Il s’attaque en mars 2008 au pacifisme à travers Vous aurez la guerre, une charge qu’il veut virulente, avant de revenir au roman avec Le sourire d’Achille dont la sortie est prévue également en 2008.
 
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