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Jeudi 18 juin 2009

Publié avec l'autorisation de l'auteur :

FRANCE-SOIR. Qui est réellement au pouvoir en Iran ? Ahmadinejad ? L’ayatollah Khamenei ?

ALEXANDRE DEL VALLE.
Depuis la révolution islamique et la Constitution de 1979 instaurée par l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, le pouvoir en Iran découle de Dieu (principe de « gouvernement jurisprudentiel ou religieux », en perse Vilayet al-Faqih), par l’intermédiaire du clergé chiite. Au sommet de la République islamique se trouve le Guide, autorité politico-religieuse suprême. Celui-ci, Khomeiny hier, Ali Khamenei aujourd’hui, commande le pouvoir exécutif visible, détenu par le président de la République, actuellement Mahmoud Ahmadinejad.


Aujourd’hui adversaires, Moussavi et Ahmadinejad ont-ils réellement deux idéologies opposées ?


Pas réellement. N’oublions pas que Moussavi a du sang sur les mains, qu’il fut Premier ministre du tyran révolutionnaire Ruhollah Khomeiny, et qu’il n’aurait pas pu se présenter comme candidat s’il ne faisait pas partie du « système ». On peut ainsi le comparer à un autre leader khomeyniste « historique », lui aussi « modéré » ou « réformateur », Mohammed Khatami, qui fut le président de l’ouverture et qui tendit la main, en 1997, aux Etats-Unis. Mais certains ont analysé les années Khatami comme le moment où l’on a « endormi l’Occident » et où la révolution islamique a relancé en toute quiétude son programme nucléaire. D’autre part, Moussavi n’a pas pardonné à ses successeurs et au guide d’avoir supprimé la fonction de Premier ministre qu’il occupa.

Jusqu'où la contestation peut-elle s'étendre ?

Même si Moussavi vient du « système », il se peut qu’il entame une rupture plus ou moins forte avec le régime, si le Guide Khamenei, le Président Ahmadinéjad et les Gardiens de la Révolution décidaient d’engager des répressions sans précédents, ce qui n’est pas inévitable. Les jeunes iraniens qui défilent ne sont pas tous des contre-révolutionnaires : ils revendiquent la légitimité semi-« démocratique » du régime. Je n’exclus certes pas le basculement du pays dans la guerre civile, mais ce scénario pourra être du moins encore quelques temps compromis par le sentiment nationaliste, et l’esprit de corps sur lequel table Ahmadinéjad face aux « pressions occidentales ».

Quel avenir pour le programme nucléaire iranien, civil et militaire ?

L’accès de l’Iran au feu atomique est difficilement évitable. La question est de savoir si l’Occident l’en empêchera militairement, ce qui est peu probable. Alors Israël en tirera les conclusions qui s’imposent et interviendra seule - si cela est encore techniquement possible - comme en Irak à Osirak en 1981, pour le plus grand bonheur des Européens et de l’administration Obama, qui ont tendu la main à l’Iran et rechignent à intervenir. Une fois de plus, Israël, qui joue là sa survie même, et qui est contrainte d’être plus lucide que l’Europe et les Etats-Unis, devra faire ce que ses « alliés » n’osent pas faire… D’autant que le tandem israélien Bibi Netanyahou-Avidgor Liberman n’est pas du tout sur la ligne américaine et européenne actuelle visant à dialoguer coûte que coûte avec les Mollahs… A cet égard, on peut noter que la France de Nicolas Sarkozy est l’un des pays occidentaux les plus ouvertement solidaires des insurgés iraniens et les plus vigilants face à la dérive négationniste, militariste, totalitaire et nucléaire de la république islamique iranienne, menace pour Israël, pour les pays arabes, pour l’Europe, pour les approvisionnements énergétiques et pour le monde libre.

Quelles conséquences peut avoir un nouveau mandat d'Ahmadinejad sur la sécurité dans la région ? Dans le monde ?

Des conséquences extrêmement graves. Premièrement parce qu’il est le candidat « choisi » par le Guide, les Pasdarans et la ligne dure du régime, deuxièmement parce qu’il adhère à la vision guerrière et messianique chiite de son maître l’Ayatollah Mohammad Taqi Mesbah Yazdi, l’un des membres du Conseil des Gardiens de la Révolution, qui envisage une sorte d’apocalypse guerrière entre l’Islam et l’Occident… Le régime islamiste et le Président iraniens constituent une menace pour Israël et pour ses voisins sunnites arabes et turcs, qui redoutent tant la nucléarisation de l’Iran que l’exportation de la révolution chiite dans les pays arabes sunnites. Téhéran est en effet très populaire au Liban, en Syrie et à Gaza, en raison de son soutien au Hamas et au Hezbollah. « Héros » de la cause palestinienne contre le « Satan sioniste », Ahmadinéjad soutien le phénomène de conversion massive de sunnites au Chiisme. Le régime iranien constitue également une menace pour l’Europe, dont les frontières sud sont déjà les cibles possibles des missiles Shéhab III et Séjil II (d’une portée de 2000 km) qui transporteront d’ici deux ans des ogives nucléaires…

Alexandre Del Valle pour France Soir le 18 juin 2009

Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Mardi 19 août 2008
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Three years after the attacks on the World Trade Center and the Pentagon Europe experienced its own September 11. Europe has learned, at its own expense, that the main threat to the democracies is, from now on, Islamist totalitarianism.

Despite this real electric shock, a number of experts on Islam continue to nod in agreement that Islamo-terrorism is nothing else but a reaction to the American-Zionist imperialism and that it does not strike anyone except the Westerners supporting Sharon, Ehud Olmert, Bush and their Muslim lackeys. The Madrid tragedy (2004) has enabled us to see to what extent a mass of foolhardy Europeans is struck by the Stockholm syndrome. It is a sickness which reached the point if absurdity when, on the 22 of March, the European Ministries of Justice - with Monsieur de Villepin at their head - condemned the assassination by the Tsahal of the spiritual chief of Hamas, Sheikh Yassin who was, at the same time, one of the most formidable sponsors of the Green Terror and, and therefore, one of the people responsible for the degradation of the situation in the Middle East.

The "totalitarianism of the 3rd type"

Ever since the unprecedented catastrophe of the September 11 there has never been, in the West, so much talk about Islamism and the Muslim religion in general. At the same time there has never been so much deliberate misinformation as regards the real nature of the ideology which motivated the kamikazes of Allah to strike right in the heart of the leader of the Western world. Some people have refused, as a matter of principle, to put the words Islam and terrorism together preferring to talk about “chaos” and “terrorist threat” and denouncing the politicization of Islam which is said to have perverted this religion of love. Others, on the contrary, have argued that Islamism is a religious fundamentalism like other fundamentalisms, specifically Jewish and Christian, and the Islamic world will eventually end up by evolving itself and modernising like us. Burying one's head in the sand and apparently resigned to see the Islamic world give in to barbarism as if the Enlightenment was an Western luxury only different analysts and other Orientalists have in fact been incapable of taking steps against the new totalitarian threat hanging over the West and the democracies.

Islamist totalitarianism, which is neither a fundamentalism nor simply a politicization of Islam but rather both at the same time, is in reality much more explosive and threatening than one can imagine. We are dealing in this case with an ideology of mass destruction, with a war-driven imperialism claiming to be conquering for the sake of spirituality. It's a religious fanaticism combined with the desire for revenge by the Arabo-Muslim world, the world claiming to be humiliated by colonisation, just like Germany was once humiliated by the Treaty of Versailles. To put it simply, it's a theocratic and anti-Western totalitarianism of a new kind, the first totalitarianism which has not been invented by European minds and which speaks in the name of the Third World which it would like to bring under its green banner.

After the Red Totalitarianism founded on the battle of classes and the Brown totalitarianism founded on the battle of races, West must, this time, confront the Green Totalitarianism founded on the battle of religions and civilizations. On the surface only on the surface the Third Totalitarianism is weaker than the other two. It is not in fact embodied in a totalitarian state like Nazism and Communism were; it does not have, at its disposal, a nuclear and strategic arsenal comparable to that of the United States or even that of Russia or of China, even if, according to Ben Laden, Pakistan is the nuclear bomb of Islam. Yet it has, among its many assets, three assets which it considers to be a sign of Allah: the growing population, the biggest oil reserves in the world and unlimited determination which pushes generations of Islamikazes to choose death over life. This Green Totalitarianism is only in its beginning phase and it will probably be much more difficult to eradicate than the two former ones.

The blindness of democracies in the face of new Green Nazism

Are pluralist democracies and open societies really prepared to confront this Third Totalitarianism" which clearly aspires to destroy them from within, that is to say, by using their own territories, their populations which Islamists seek to convert, conquer and, above all, intimidate? Are the Western societies able to fight against an enemy with many faces whose one hand is in the petrol of the Gulf and in the Western societies themselves and the other one in the terrorism; an enemy which counts, more and more followers within the body of its billion and three thousand Muslims of the world; an enemy whose best ally are the very values of Western democracies: the liberty of movement, of expression and of conscience? For it is within the framework the total liberty, even in the name of the right to be different and in the name of multiculturalism – so well analysed by Giovanni Sartori - that the hateful ideology of Islamist totalitarianism is advancing insidiously in Europe and in the United States. Like it was the case with the former totalitarianisms, Ben Laden, Khomeini, and other Islamist leaders have, however, shown their true colours: their final objective is nothing else but the destruction of the Judeo-Masonic and Crusading West. All those phrases revolving around the word Judeo sound like a repetition of history because in the paranoid concepts of the totalitarian ideologues of Allah, if the civilization of the Western Crusaders is to be defeated, once again, the Zionist Jew the Master of the Art of Perfidy must be the first to be destroyed.

Like Nazism, Islamism is intrinsically anti-Semitic, or rather Judeophobic but it is equally anti-Christian and goes against all that which isn't Islamist, beginning with the bad Westernized Muslims, the first victims of Jihad attacks. Islamism is fundamentally intolerant and racist. Sure, it's a racism based on religion and not ethnicity but it's racism nevertheless, clothed, moreover, in the theological legitimacy and, therefore, much harder to fight against. Like Nazism, Green Totalitarianism relegates the rest of non-Muslim humanity to the category of subhumans preparing in this way a new final solution. A new final solution of Jews which is justified by the stigmatization of the state of Israel and which is shrewdly hidden behind the mask of progress and the cause of guilt-free anti-Zionism - an ideology which counts so many followers in Europe within radical anti-Zionist circles of the extreme left. It's a syllogism in accordance with which the Islamists and their anti-Zionist radical accomplices propose, more or less directly, a new final solution of the Jews and they use the following arguments: Israel and Zionism are an absolute evil, Sharon is a fascist and a racist or the Jews of the whole world support Sharon and Israel, therefore, Israel and the Jews must disappear But, at the same time, Islamism aspires to lead to a new final solution of the West, in its totality, and this in accordance with its other infernal syllogism: the Christian West is guilty of the Crusades, the colonization, Zionism and imperialism and, therefore, it is responsible for all the evils suffered by the humiliated Arabo-Muslim nations. Therefore, the West must pay for it by disappearing under the strikes of revengeful Islamism or by submitting to the International Islamist Order now marching on And in this case, too, the totalitarian ideologues of Allah find on their path many a European disciple of self-reproach and repentance ready to accept consciously or not all this anti-Western hate in the name of bad conscience, a kind of death wish as the result of which the eventual conquest of the West by Islamist Totalitarianism is accepted in advance and is even encouraged as a expiatory redemption. And finally, it becomes necessary to strike America - the leader of this infernal Judeo-Crusader team - right in its heart in order to terrify the West and to show before the entire world that only the Knights of Allah have the audacity and the courage to defy the biggest power on the planet in spite of severe and inevitable reprisals. The message has been received. One more time in the war which they declared on the American Great Satan, the Islamists have valuable obvious allies in Europe and elsewhere among the radical anti-American circles (from the neo-Nazis to the anti-Imperialists of the radical left) whose numerous followers couldn't help rejoicing on the morning of the 11 September and the least violent among them found excuses and justifications for the Kamikazes of Ben Laden the righters of wrongs done the children of Irak or to oppressed Palestinians and the entire Third World, even the Indians! More than that, no-one has ever talked so much to the Western public about how the CIA had created - during the Cold War an Islamic monster and thus played with fire and so the United States finally reaped what they had themselves sown

The posthumous victory of Ben Laden or the weakness of the Democracies

In reality Osama Ben Laden is a great strategist and a true master of the psychological warfare. He knew that the United States went to crush Afghanistan and catch al- Qaeda. He was well informed that Washington had, anyway, planned to attack it from June 2001, before the 11 September. So he had nothing to lose. Besides, al-Qaeda as such has not lost. From its 15,000 active members only a few hundred really were arrested. The others, from November 2001 onwards have slipped away to Kashmir, the Gulf states, Chechnya, to the Balkans, settling between Kosovo, Albania and Macedonia, where they are only an hour away from Rome. They are waging, at the moment, other Jihads. As for the financiers of the organization of Ben Laden, these are established comfortably in the offices of the Gulf states orGeneva! But the true ideological culprits of the 11 September, the religious Wahhabis and the imams- ideologues of the Egyptian Muslim Brotherhood the most important Islamist organization in the world continue to preach their anti-Christian and anti-Jewish hatred everywhere in the world, including the numerous mosques of the United States and Europe.

The strategies of the Islamist propaganda is based chiefly on proselytising and the subversion of the values of the democratic societies (multiculturalism, pluralism, freedom of expression etc) whose foundations are now undermined. Every day, Islamist groups extend their activities and networks in Europe and in the United States. One recognizes, with dread, that a number of Islamic respectable and recognized associations is, in fact, controlled by Islamist or fundamentalist foreign states or organizations whose first geopolitical objective is having in view the final conquest of the West to prevent the process of integration of the Muslim masses of immigrant origin and to open all the open societies to gradual Islamization.

The young Muslims of Europe and the United States, predominantly moderate and pacifist, find themselves caught between the pincers of the hegemonic designs of the global Islamist tendencies and the compromising democratic societies and so they are the first victims of the Islamist totalitarianism which follows them right up to the lands of the birth of democracy and modernity. For them community life and multiculturalism are a trap in which the Islamists hope to lock them. For women and Muslim democrats who believed to have escaped the veil and the backwardness by coming to live in Europe the success of Islamists which they make every day in the name of communitarian demands constitutes a kind of treason. But things are worse than that. Most terrorists who brought bloodshed to Manhattan and the streets of Paris, these terrorists like Ayatollah Khomeini and almost all of anti-Western Islamist leaders of the world from Hassan al Turabi to the head of the Egyptian Islamic Jihad Abdelrahmane, the sponsor of the first attack on the World Trade Center in 1993 found refuge in Europe or in the United States. Some of them are even American citizens like John Walker found in the ranks of al-Qaeda in octobre 2001 during the operation Perpetual Freedom or even French like Zaccharias Moussaoui, the first accused and the twentieth alleged member of the commando of Manhattan. The question raised by Karl Popper in his Democracy and its Enemies has never been as relevant as today. Like in 1938 the democracies can make two choices: that of Munich and that of the resistance to totalitarianism. For the West perhaps still does not know it, but it is at war. Or rather the green Totalitarianism has declared war.

Alexandre Del Valle pour blog.alexandredelvalle.com le 18 août 2008
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Dimanche 13 juillet 2008
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Les représentations géopolitiques sont des perceptions collectives (politiques, religieuses ou autres) déployées pour mobiliser les groupes antagonistes. Leur but est d'émouvoir, de légitimer son camp; de justifier sa violence; puis inversement de délégitimer l’Autre, le diaboliser, le discréditer...

Les plus mortelles sont les représentations identitaires, (« conflits d’antériorité »). Faisant appel aux mythes essentiels, aux religions, à l’Histoire fondatrice, aux attachements ontologiques et aux intérêts nationaux vitaux. Les représentations géopolitiques ou politiques sont de véritables armes de destruction de masse (ADM).
La guerre des représentations à proprement parler, ou guerre non militaire, mentale, représentative, visant à gagner la paix, inhiber l’ennemi, discréditer l’adversaire pour mieux remporter le combat, s’attaque :

- aux valeurs fondamentales, au cœur du système de légitimité de l’Ennemi, de l’Adversaire ou du concurrent économique majeur, donc au moral des troupes adverses.
- au noyau dur immunitaire de l’autre, dans le but de lui faire « perdre le nord » et brouiller, voire renverser ses repères. Comment ? En détruisant les capacités de défense de l’Adversaire, en retournant contre lui ses Valeurs et sa Mémoire, en imposant des « cartes mentales » (langage, cartes, images) diabolisantes, culpabilisatrices, délégitimantes. Bref, en inoculant un virus neuro-linguistique, psychologique, idéologique ou affectif.

Les Cartes géopolitiques sont d’abord des cartes mentales, des Représentations. Certes, « La Carte n’est pas le Territoire ». Mais les représentations fausses on toujours plus semblé réelles aux hommes que les réalités brutes les démentant. Les Cartes formatent les esprits des stratèges eux-mêmes et peut parfois les aveugler : d’où les erreurs américaines et occidentalo-européennes actuelles visant à continuer à raisonner en termes de Guerre froide et en continuant l’encerclement de la Russie, ce qui pousse Moscou à se rapprocher, par volonté de revanche-nuisance, des ennemis islamistes de l’Occident, et des Rogues States de tout poil. Comme l’Etoile morte il y a des centaines de Millions d’années mais dont on admire les rayons lumineux actuels, perçus encore aujourd’hui par nous, les représentations fonctionnent comme des formatges et des rayonnements posthumes, lorsqu'elles nient le réel en mouvement et deviennent des "stéréotypes persistants".

 

La Logomachie

Parce que notre cerveau ou plutôt notre psychisme ne distingue pas entre virtuel et réel, carte et territoire, représentation et réalité factuelle, la Guerre par les Mots ou logomachie, constitue le cœur de la Guerre des représentations. Par allusion à la défense contre-aérienne. La DCR 2 consiste en la Destruction des Représentations Concurrentes ou ennemies : Elle repose sur quatre processus ou armes de destruction de l’Autre :

- D comme Diaboliser (Lénine, Trotski)
- C comme Culpabiliser (Roger Muchielli)
- R comme Ridiculiser (Sun Tzu)
- R comme Renverser, Retourner (Aron Upinsky)

La Variante moderne la plus efficace et la plus usitée par Matrix et Diamant vertueux de DCR repose sur ce que le grand philosophe juif-allemand Léo Strauss avait dénoncé sous l’expression de « Reductio ad Hitlerum ». "Nazifier-les, il en restera toujours quelque chose"... (y compris les anti-nazis): l’on se souvient de De Gaulle nazifié par ses adversaires communistes et socialistes, puis accusé de « coup d’Etat permanent », de « fascisme ». On se souvient également des Soixantehuitards hurlant "CRS/SS", ou encore le philosophe Foucault, admirateur de Khomeini, assimilant la Nation à une forme oméopathoiquement présente de nazisme, etc.
La Reductio ad Hitlerum, également perçue par Robert Conquest et Orwell, revenu fort déçu de la Guerre d’Espagne, consiste à créer puis entretenir des Stéréotypes persistants et diabolisants (SMPD) : « Sarko facho », droite libérale « anti-pauvres », Israël-Amérique « impérialistes-racistes anti-Arabes » ; France « raciste » ; « Islamisation de l’Andalousie : Age d’Or de l’Espagne » ; « Homme blanc » mauvais », « tiersmonde bon par essence », etc

De la Guerre des Mots à la Guerre des Images

Les Images/photos sont vendues chaque jour dans les bourses d’images par les agences en fonction de « thèmes dominants ». L’acheteur lui donne la signification qui correspond le plus à la « demande » et à l’impératif « sensationnel » en vogue. Le photographe initial est « innocent » et déresponsabilisé (il ne signe pas les photos vendues). Mais le territoire livré par lui (photo « réelle originelle), ne sera commercialisé et adopté que s'il correspond à la carte mentale et au stéréotype persistant. A l’épidémie sémantique ayant virussé Matrix et les producteurs de Bien Pensance puis surtout leurs relais inconscients et souvent involontaires, comme les victimes de la Pub : les journalistes, nous, vous, moi, etc.

D’après Bruno Lussato, la Désinformation est l’altération volontaire du processus de communication entre l’information originale et sa réception déformée, par la représentation, la projection qui en est faite dans notre psychisme. D’après Vladimir Volkoff, la Désinformation est plus cadrée : elle est une « Manipulation de l’Opinion Publique (sinon Intox) ; Par des Moyens détournés (sinon propagande), à des Fins Politiques externes ou internes (sinon pub).
L'information originale (événement, objet, création mentale, oeuvre d'art ou technique) c'est le territoire. La désinformation fausse le processus de communication - représentation. Elle rend la carte (représentation) distincte du territoire (réel). Lussato rejoint en partie Volkoff lorsqu’il explique que « La distorsion du message obéit à une logique, un but défini. Il n’y a donc pas de désinformation lors de pertes accidentelles ». Puis dans le constat selon lequel « Nous sommes les premiers désinformateurs-désinformés ». Le processus plus ou moins conscient d'altération des messages a été étudié par Festinger. (Théorie de la Dissonance cognitive). Ici, « la distorsion a pour but de réduire la dissonance entre des faits, des informations et un modèle implanté dans l’inconscient, qui peut être individuel, lié à des désirs et peurs, mais il obéit souvent à des schémas collectifs, des croyances, des "noeuds sémantiques" qui déforment notre perception, comme un aimant, un spectre magnétique. »

En conclusion, on peut dire et répéter que, de même qu’il n’y pas de culpabilisation sans culpabilisé, de dominants sans dominés, il n’y a pas de Manipulateurs ou de Manipulation sans Manipulés plus ou moins volontaires ou passifs ou en tout cas ayant pris goût et habitude au confort de la consommation informationnelle. Mais surtout, nos cartes mentales intériorisées et ancrées, nos représentations persistantes, les nœuds sémantiques qui régissent nos systèmes de représentations, sont les Premiers désinformateurs, le rouage essentiel sans lesquels les Manipulateurs ne pourraient pas agir. En fait, leur pouvoir est essentiellement dû à notre inclinaison à PERSISTER dans l’erreur dès lors que notre représentation apparaît contredite par un démenti de réalité.


Alexandre Del Valle pour blog.alexandredelvalle.com le 07 juin 2008
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Lundi 23 juin 2008

Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Au lendemain de la tragédie du 11 septembre, comme lors de chaque vague d'attentats islamistes qui traumatisèrent la France, la dénonciation du terrorisme islamiste est l'occasion de perpétuer le lieu commun du monde islamique "majoritairement modéré" et "ami de l'Occident".

Or, qu'on le veuille ou non, et même si l'on doit combattre les amalgames, le monde musulman en général - et pas seulement les Talibans et les wahhabites - est réceptif aux thèses xénophobes anti-occidentales, anti-chrétiennes et anti-juives. A l'instar de l'Allemagne et de l'Europe des années 30, c'est bien à une idéologie de la haine de l'Autre à laquelle on est confronté. Face à ce totalitarisme islamique, les sociétés démocratiques se trouvent démunies. Au nom du pluralisme, elles ouvrent en effet leur porte à leurs pires adversaires, mettant ainsi en danger leurs valeurs fondatrices et leur survie même. Si elles ne veulent pas en arriver là, il faudra bien, un jour, qu'elles refusent la liberté aux ennemis de la liberté.

English
: The rush to denounce Islamic fundamentalist terrorism in the aftermath of the tragic events of September 11 provided an ideal opportunity to perpetuate the cliché of the «mainly moderate», « Western-friendly» Islamic world, a stance trotted out after every wave of Islamist terror to strike France in recent years. Whether we like it or not, however (despite the problems inherent in generalization), the Muslim world in general - and not just the Taliban and the Wahhabites - is undoubtedly receptive to xenophobic anti-Western, anti-Christian and anti-Jewish ideas. This ideology of hatred of « the other» displays close parallels with Nazi Germany and the Europe of the 1930's. Democratic societies are powerless in the face of such Islamic totalitarianism. Their pluralist ideals lead them to open their doors to their worst enemies, thereby threatening their founding values, and even their very survival. To ensure their continued existence, democratic societies will one day have to start denying liberty to the enemies of liberty.

Espanol : Tras la tragedia del pasado 11 de septiembre - como durante la ola de atentados islamistas que traumatizó a Francia la denuncia del terrorismo islamista representó la ocasión ideal para afianzar el tópico de un mundo islámico «mayoritariamente moderado» y «amigo de Occidente». Ahora bien, lo queramos o no, e incluso si deben combatirse las confusiones, el mundo musulmán en general - y no sólo los talibanes y los wahhabitas - es receptivo a las tesis xenófobas antioccidentales, anticristianas y antijudías. Al igual que en Alemania y en la Europa de los años 30, estamos enfrentados a la ideología del odio del prójimo. Ante este totalitarismo islámico, las sociedades democráticas están desarmadas. En nombre del pluralismo, estas sociedades abren las puertas a sus peores adversarios, poniendo en peligro sus valores fundamentales e incluso su propia supervivencia. Si no quieren llegar a esta situación, será preciso que nieguen la libertad a los enemigos de la libertad.


Alexandre Del Valle pour blog.alexandredelvalle.com le 15 juin 2008
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Lundi 2 juin 2008
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Surprise de taille. Pour la première fois depuis l’invasion américaine de l’Irak (mars 2003), un satisfecit global semble avoir été décerné au gouvernement de Nouri al-Maliki, le 28 mai dernier, lors de la conférence internationale sur l’Irak organisée en Suède.


Il est vrai que depuis les renforts de troupes américaines (The Surge), le nombre des attentats a sérieusement diminué, l’économie comme la sécurité ont enregistré des succès inédits, puis les forces terroristes salafistes d’al-Qaida ont subi de sérieux revers. Crédité par la communauté internationale de « succès remarquables », le gouvernement irakien a été salué pour les « progrès considérables » accomplis ces derniers mois. Une nouvelle qui a fait pâlir tous ceux qui pronostiquaient l’échec total des Etats-Unis et la spirale chaotique du « bourbier irakien ». Mais qui conforte le « droit d’ingérence » théorisé il y a des années par le ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, lequel s’est rendu vendredi en Irak pour une visite surprise de 48 heures.

Signe clair d’amitié

Arrivé via Amman, Bernard Kouchner a rencontré à Nasiriyah (350 km au sud de Bagdad) le vice-président irakien Adel Abdel Mahdi, l’un des leaders du Conseil suprême islamique irakien (CSII, formation chiite modérée au pouvoir) qui a vécu en exil à Paris et qui est un interlocuteur privilégié de la France. Le ministre français a visité l’université de la ville avant de se rendre à Bagdad, où il a eu des échanges avec le Premier ministre Nouri al-Maliki et son homologue Hoshyar Zeybari. Kouchner a ensuite rencontré le leader kurde Talabani, puis a ouvert, dimanche, à Erbil, capitale du Kurdistan autonome (350 km au nord de Bagdad), un « bureau d’ambassade ». Un signe clair d’amitié envers cette communauté qui aspire à l’indépendance. Il est vrai que Paris avait prévu depuis des mois d’ouvrir des représentations diplomatiques à Erbil et dans le grand port pétrolier de Bassorah (550 km au sud de Bagdad). Enfin, Kouchner n’a pas oublié les chrétiens persécutés en Irak, réaffirmant que la France était prête à accueillir des réfugiés irakiens, « dont des chrétiens » qui souffrent particulièrement, évoquant le chiffre de 500 « dans un premier temps ».

« Médiateur »

Le chef de la diplomatie française s’était déjà rendu à Bagdad en août 2007. L’idée du nouveau gouvernement issu de la victoire de Nicolas Sarkozy en mai 2007 et de Bernard Kouchner lui-même était et reste de faire de Paris un « médiateur » dans le conflit irakien. Une position médiane plus proche de celle des Etats-Unis, visant en fait à contrebalancer l’opposition radicale à l’invasion anglo-américaine de 2003 exprimée par le tandem franco-germanique Chirac-Schroeder, et qui avait sérieusement refroidi les relations franco-américaines et transatlantiques.

 

Alexandre Del Valle pour France Soir le 02 juin 2008

Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Lundi 26 mai 2008
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

42 morts et 25.000 clandestins chassés de chez eux en Afrique du Sud.
Contrairement à ce qu’affirme Kadhafi, la xénophobie n’est pas une exclusivité européenne…

Les événements survenus ces derniers jours en Afrique du Sud sont là pour nous rappeler que le racisme ou le « traitement inhumain » souvent réservé aux immigrés dans le monde, que le Guide libyen Muaamar Kadhafi a imputé ces derniers jours aux seuls Européens, concerne hélas de façon bien plus radicale l’Afrique, en proie aux guerres et violences intertribales et interclaniques.

En effet, lorsqu’il a critiqué la semaine dernière les mesures « racistes » du gouvernement Berlusconi à propos d’un projet de loi visant à pénaliser sévèrement l’immigration clandestine, jadis régularisée par la gauche, puis dénoncé la « violation des droits des immigrés » en France et en Europe, Kadhafi a oublié quelques précisions. Les gouvernements européens respectent les droits des immigrés clandestins, jamais tués ni tabassés par les policiers, mais au contraire hébergés, nourris, reconduits dans des conditions dignes lorsqu’ils sont expulsés.

« Envahisseurs »

Ensuite, Kadhafi oublie que sa République dictatoriale expulsa manu militari 200.000 Tunisiens en quinze jours en 1990 avec pertes, fracas et effusion de sang… Il a aussi oublié de dénoncer le racisme constant, souvent meurtrier, dont sont victimes les Noirs africains tentant de gagner l’Europe, via les côtes libyennes et le Sud de l’Italie. Humiliation, racisme et violences sont le lot quotidien des immigrés africains en général au Maghreb (où les Noirs sont encore assimilés dans le langage populaire aux « esclaves » = Aa’bd) ; puis en Afrique noire, entre Berbères, Arabes et Noirs, ou entre tribus, de la Mauritanie au Soudan en passant par la Côte d’Ivoire. Sans oublier les violences xénophobes de ces derniers jours en Afrique du Sud contre des milliers de clandestins originaires du Zimbabwe et du Mozambique.

Des violences inter-communautaires opposant des Noirs « vrais sud-africains » à d’autres Noirs « étrangers » ou « envahisseurs », qui ont porté un sérieux coup à l’image de l’Afrique du Sud post-apartheid et au gouvernement du président Thabo Mbeki, critiqué pour la lenteur des réactions officielles à ces violences, les plus sanglantes depuis quatorze ans.

Violés, parfois brûlés vifs

Certes, des milliers de Sud-Africains attachés à l’image de cette grande démocratie d’Afrique, victorieuse de l’apartheid, ont réagi ce week-end par des manifestations aux cris de : « La xénophobie nuit, comme l’apartheid » ; « Contre la xénophobie ». Des manifestations souvent organisées par les Eglises et les syndicats, les mêmes qui luttèrent contre l’apartheid. Mais le bilan est lourd pour ces dix jours de violences : 42 morts ; 25.000 clandestins chassés de chez eux par des masses armées. Des centaines d’autres tabassés, violés, parfois brûlés vifs. Tous accusés de « voler le travail » des autochtones et d’aggraver la criminalité. Un bilan qui rappelle l’autre face de Janus du pays de Mandela, moins reluisante : celle de championne mondiale, avec le Brésil et la Colombie, du nombre d’agressions avec mort d’hommes…


Alexandre Del Valle pour France Soir le 26 mai 2008
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Lundi 19 mai 2008

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Alors que Paris s’apprête, le 1er juillet, à présider l’UE pour six mois, que le dossier des frontières de l’Europe et de la candidature turque commence à diviser la majorité présidentielle, la commission des Affaires étrangères et le groupe UMP à l’Assemblée nationale veulent amender le projet de révision constitutionnelle conçu par le ministre des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet.


Le texte vise à supprimer le verrou à l’adhésion turque que constituait l’obligation de référendum pour toute nouvelle adhésion. Il est vrai que le président Sarkozy, d’accord avec son homologue allemande Angela Merkel sur ce point, a réitéré son opposition à l’adhésion de la Turquie dans l’UE, « car elle n’est pas en Europe mais en Asie ». Mais cette position « élyséenne » n’est pas partagée par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, ni par Jean-Pierre Jouyet. Ce dernier estime que « la France n’entend pas casser les négociations avec la Turquie » et que « la présidence française sera objective, impartiale et équilibrée vis-à-vis de la Turquie » en défendant « l’intérêt général des Vingt-sept » et non la position française.

Ne pas décevoir l’électorat turco-sceptique

Cet « intérêt des 27 », distinct de celui du Président, consisterait selon Jouyet, à laisser ouvertes deux « voies pour la Turquie » : l’adhésion ou un partenariat privilégié, option toutefois totalement exclue par Ankara et Bruxelles. Toute la difficulté pour Nicolas Sarkozy consistera par conséquent à ne pas décevoir l’électorat turco-sceptique, majoritaire en France, et qui a contribué à le faire élire, tout en ne désavouant pas la position pro-turque de ses ministres issus de la gauche qui plaident pour la poursuite des négociations avec la Turquie en vue de l’adhésion et donc l’ouverture de nouveaux chapitres de « l’acquis communautaire ». Cela alors que la Turquie occupe toujours l’île de Chypre et persiste à refuser de reconnaître la République chypriote et à ouvrir ses ports et aéroports aux pavillons chypriotes, en violation du droit international et de l’Union douanière européenne.
D’évidence, l’ambiguïté de la position française officielle sur la Turquie divise la majorité parlementaire, opposée à la suppression de l’obligation de référendum pour la ratification des nouvelles adhésions à l’UE. Craignant que le seul verrou institutionnel à l’adhésion turque ne disparaisse, trente députés UMP, conduits par Richard Mallié (UMP, Bouches-du-Rhône), ont ainsi exprimé leur crainte auprès de Nicolas Sarkozy le 6 mai dernier.

« Capacité d’absorption » de l’UE

Favorable à un « enrichissement » du texte constitutionnel, le président français semble avoir compris le message, puis avalisé l’amendement proposé par l’UMP, notamment par deux de ses fidèles : Frédéric Lefèvre, porte-parole du parti, qui veut rendre obligatoire un référendum pour les pays n’étant pas « géographiquement » en Europe ; et Patrick Devedjian, secrétaire général de l’UMP, pour qui un référendum devrait être obligatoire pour toute adhésion de pays « non européens ». Quant au député UMP des Bouches-du-Rhône Richard Mallié, chef de file des partisans du rejet de l’intégration turque, il préconise le maintien de l’obligation référendaire pour les pays dont la population est inférieure à 5 % de celle de l’Union. Une proposition voisine de celle de la droite libre (UMP), qui suggère un référendum pour toute adhésion de pays de plus de 50 millions d’habitants, restriction conforme aux « critères de Copenhague » qui conditionnent l’adhésion de nouveaux pays à la « capacité d’absorption » de l’UE. Or la Turquie, avec ses 70 millions d’habitants, serait dans vingt ans le plus peuplé des Etats de l’UE… Nul doute que la question de l’obligation référendaire concernant les nouvelles adhésions, mise en place sous la présidence Chirac, continuera de diviser la majorité. Il est clair que la suppression de ce verrou cher aux turco-sceptiques contredirait l’un des engagements majeurs du Président, et par conséquent une part de sa popularité au sein de l’UMP, dont nombre de militants ont déjà assez mal compris « l’ouverture » tous azimuts à gauche…

Alexandre Del Valle pour France Soir le 19 mai 2008

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Lundi 12 mai 2008

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Les miliciens du Hezbollah ont entamé samedi soir et dimanche leur retrait de Beyrouth-Ouest, après la démonstration de force durant laquelle ils en ont pris possession en chassant les partisans armés du sunnite Saad Hariri.

Voulant mettre fin à l’Etat dans l’Etat que constitue de Hezbollah pro-iranien, le Premier ministre Fouad Siniora, allié de Hariri et leader de la coalition anti-syrienne au pouvoir, avait accusé le Hezbollah d’« atteinte à la souveraineté de l’Etat », déclaré illégal son système de télécommunications propre et démis le chef de la sécurité de l’aéroport de Beyrouth, un général proche de la milice-parti chiite, après le scandale de la découverte des caméras surveillant les pistes. Le Hezbollah avait aussitôt lancé une campagne de « désobéissance », bloquant l’accès de l’aéroport de Beyrouth et prenant le contrôle par la force de Beyrouth-Ouest, bastion sunnite et fief gouvernemental. Une nouvelle occasion pour le Hezbollah et les chiites, devenus la plus importante communauté sur le plan démographique, de rappeler que toute résolution de crise doit passer par la prise en compte des intérêts des chiites et du Hezbollah. Un Hezbollah lié à Damas et financé par Téhéran qui bloque l’élection d’un nouveau président et paralyse le Parlement libanais depuis dix-sept mois, c’est-à-dire depuis la prise du pouvoir par la majorité sunnito-chrétienne, dite coalition du « 14 Mars ».

Beyrouth « assiégée et occupée »

Rappelons que le Liban demeure sans président depuis la fin du mandat du pro-syrien Emile Lahoud, en novembre 2007, et depuis que l’opposition Hezbollah-Michel Aoun bloque l’élection du successeur consensuel, le chef de l’armée Michel Souleïmane, et exige un droit de blocage au sein d’un futur « gouvernement d’unité nationale ». La marche arrière du Hezbollah a été permise par l’annonce du retrait des mesures du gouvernement par l’armée, dernière institution nationale représentant encore l’intérêt national et grande gagnante de la crise, puisqu’elle a réussi à éviter une nouvelle guerre civile grâce à sa neutralité. Les combats survenus à Beyrouth mais aussi dans l’est et le nord du pays ont certes fait 37 morts et une centaine de blessés, parmi les miliciens chiites et les partisans de Hariri, mais le bain de sang général que l’on craignait a été enrayé. Nul doute que le gouvernement Siniora ressort fragilisé de la révolte du Hezbollah, même s’il a averti que les « Libanais ne tomberont jamais sous le contrôle des auteurs chiites du “coup d’Etat”, et qu’il ne laisserait pas la capitale libanaise assiégée et occupée ». Conscient des rapports de force en faveur du Hezbollah en cas de confrontation directe Hezbollah-armée nationale, le leader druze, membre de la coalition anti-syrienne, Walid Joumblatt, a réitéré son appel au « dialogue, seule issue à la crise, sauf si les plans du Hezbollah consistent à liquider le gouvernement ».

« Affaire intérieure libanaise »

Afin de trouver une solution à cette crise grave qui risque de dégénérer, à nouveau, dès que le gouvernement tentera de mettre le Hezbollah au pas, la Ligue arabe s’est réunie hier au Caire et a proposé un plan prévoyant l’élection d’un nouveau président, la formation d’un gouvernement d’unité et une réforme électorale dans la perspective d’élections législatives en 2009. Le plan a été approuvé tant par l’Arabie saoudite, allié majeur du gouvernement de Fouad Siniora, que par la Syrie, accusée par Riyad de vouloir entraver son application. Fidèle à sa politique du double discours, Damas a tenu à préciser que la prise de contrôle de Beyrouth par son protégé, le Hezbollah pro-syrien et pro-iranien, était une « affaire intérieure libanaise »…


Alexandre Del Valle pour France Soir le 12 mai 2008
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Lundi 5 mai 2008

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« Il faut que tout change pour que tout reste pareil »… La devise du roman de Tomasi di Lampedusa semble avoir été inventée pour la Russie que Vladimir Poutine escompte continuer à gouverner à travers son jeune dauphin (42 ans), Dimitri Medvedev, élu le 2 mars dernier avec 70,30 % des suffrages.Le 7 mai prochain, ce juriste issu comme Poutine du « clan de Saint-Pétersbourg » (collaborateurs du maire Anatoli Sobtchak), prendra la tête du pays après avoir prêté son serment de président. Pour contourner la Constitution qui l’empêche de briguer un troisième mandat, l’ancien chef du Kremlin a conclu un accord avec son poulain Medvedev qui le nommera cette semaine Premier ministre, ce qui lui permet de garder les commandes du pays et de se représenter dans quatre ans… sauf si entre temps Dimitri Anatolievitch choisit de s’émanciper. Entre temps, Medvedev, qui projette une image « à l'occidentale, devrait poursuivre le cap fixé par son prédécesseur: une politique autoritaire sur le plan intérieur, plébiscitée par l’opinion publique russe. Et la poursuite des objectifs nationalistes et « pétro-stratégiques » poutiniens en politique étrangère. Tant qu’elle bénéficie de l’augmentation du prix du pétrole et du gaz, la Russie ne se montrera pas plus docile envers les investisseurs étrangers (pierre d’achoppement russo-occidentale). Pour conserver sa popularité, le nouveau maître du Kremlin devra montrer la plus grande fermeté vis-à-vis des défis qui heurtent l’orgueil russe : Les « révolutions oranges » en Ukraine ou en Géorgie, appuyées par l’Ouest, perçues comme des affronts ; l’indépendance du Kosovo, qui donne prétexte à Moscou pour déstabiliser la Géorgie en soutenant les séparatistes abkhazes et Ossètes du Sud ; le bouclier antimissile en Europe de l’Est, tourné contre la Russie, qui compte orienter en représailles ses missiles vers l’Europe; l’élargissement de l'Otan à l’Ukraine ou d’autres pays « défiant » le voisin russe ; les conflits d’intérêts énergétiques russo-occidentaux, et les désaccords autour de l’OMC. Globalement, les pays occidentaux et l’alliance atlantique réclament la libéralisation économico-politique de la Russie et de ses voisins ex-soviétiques et craignent la politique « medevedoutinienne » de reprise en main de la souveraineté militaro-énergético-industrielle de la Russie et de son « étranger proche » (Caucase, Asie centrale).

Bien qu’étant réputé plus pro-occidental que Poutine, le nouveau président russe partage la rhétorique nationaliste et anti-atlantique développée depuis 2003. Celle-ci répond aux frustrations d’une population démoralisée par la perte de crédit de la Russie sur le plan international et du chaos des ères Gorbatchev-Eltsine, caractérisées par le démantèlement sauvage des grandes industries, un libéralisme oligarchique qui déstabilisa une économie non préparée, et un alignement sur les Etats-Unis qui fit le lit de la ligne anti-occidentale du Kremlin. Enfin, le choix de Medvedev d’effectuer ses premiers voyages officiels en Chine et au Kazakhstan confirme la priorité de la stratégie eurasiatique et énergétique. Une Chine et un Kazakhstan avec qui la Russie a créé, en 2003, l’Organisation de la Conférence de Shanghai (OCS), qui regroupe aussi les autres républiques ex-soviétiques d’Asie centrale, et dont l’objectif est de lutter contre la présence militaire et économique américaine dans cette région stratégique… Ce qui n’empêche pas Medvedev de lancer des signes amicaux vers l’UE. De leur côté, les présidents occidentaux et européens ménagent cette puissance dotée encore d’un fort pouvoir de nuisance, et à la croissance impressionnante, d’autant que Moscou demeure à la tête d’un arsenal nucléaire, dispose d’un droit de veto à l'Onu, est l’un des premiers producteurs de pétrole et détient 44 % des réserves mondiales de gaz… Ce qui explique pourquoi Poutine eut le privilège d’être invité trois fois dans le ranch de Bush et pourquoi les très atlantistes Silvio Berlusconi ou Nicolas Sarkozy, entretiennent des relations chaleureuses avec les dirigeants de la nouvelle Russie. Realpolitik s’impose.

Alexandre Del Valle pour France Soir le 05 mai 2008
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Vendredi 25 avril 2008

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A l'occasion du 5e anniversaire de l'intervention anglo-américaine en l'Irak (avril 2003), Al-Qaïda galvanise ses troupes, affaiblies en Irak depuis que des tribus sunnites, jadis insurgées contre les Américains, ont rejoint la coalition et abandonné le Jihad qui tue plus de Musulmans que de « Croisés ». Le numéro deux d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a averti, dans un enregistrement audio diffusé jeudi dernier, que le Jihad était loin d’être vaincu en Mésopotamie. Quatrième de l’année, la déclaration de Zawahiri, qui répond régulièrement aux internautes sur les sites Al-Sahab et Al-Faîr, fait suite à celle du 2 avril justifiant les attentats d’Alger (11 morts) contre l’antenne algérienne de l’ONU, "ennemi de l'islam et des musulmans", et juste après l’avertissement vidéo de Ben Laden, fin mars, menaçant l’Europe, « responsable » des caricatures de Mahomet. Tentant de nier qu’Al-Qaïda a subi des revers, Zawahiri a raillé les combattants issus de l'insurrection antiaméricaine passés dans l’autre camp (« Conseils de Réveils»), affirmant que « très bientôt, l'Irak va devenir la forteresse de l'islam, d'où seront lancées les brigades pour libérer la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem ». Prenant acte du fait que Bush a gelé le plan de retrait des GI’s, l’ancien leader du Djihad islamique égyptien table sur le fait qu’en cas de victoire des démocrates décidés à retirer ou diminuer les troupes d’Irak, le Jihad irakien, qui n’a été affaibli que depuis le renforcement des troupes US en Irak (Surge), connaîtrait un renouveau. Mais le docteur Zawahiri ne se contente pas de fustiger les « Croisés américains ». Ses pires ennemis se trouvent au sein du monde musulman, notamment du côté de l’Iran chiite, qui chercherait à « annexer le sud de l'Irak ». Ou du côté du Gouvernement égyptien, qui « affame son peuple » en appliquant un "plan américano-sioniste"…. Conformément à l’idéologie l’islamisme salafiste qui rêve de rétablir le Califat aboli par Atatürk en 1924 (Califat ottoman) et combat tout aggiornamento et démocratisation du monde islamique, Zawahiri a appelé à la création d'un grand Etat musulman dépassant le cadre national, « division de la Oumma ». Une entité panislamique qui n’englobera jamais les Chiites perses, ennemis des Sunnites Arabes. Car Téhéran est accusée de vouloir « annexer le sud de l'Irak et l'Est de la péninsule arabique », où vivent nombre de Chiites. Igorant les rivalités entre Washington et Téhéran autour du contrôle de l’Irak et la « résistance » du Chiite Moqtada al-Sadr, Zawahiri dénonce « le complot fomenté contre l'Irak par les Etats-Unis et l'Iran », visant à « provoquer une "explosion de la région". En fait, les diatribes anti-iraniennes du cerveau d’Al-Qaïda, qui avait convaincu jadis Ben Laden de passer du Djihad contre les soviétiques à celui contre les régimes musulmans (« traîtres »), s’expliquent par deux facteurs : 1/ la lutte pour le pouvoir en Irak, qui oppose les Sunnites anciennement au pouvoir, démographiquement minoritaires, à une majorité chiite jadis persécutée qui prend sa revanche, comme les Kurdes, depuis la chute de Saddam. Deuxièmement, la concurrence, sur le marché de l’islamisme radical, opposant les Salafistes djihadistes, incarnés par Al-Qaïda, à la République islamique iranienne d’Ahmadinéjad, qui menace le leadership sunnite depuis que les pions de Téhéran en Irak, en Palestine (Hamas) et au Liban (Hezblollah, les « fidèles du sud-Liban »), enchaînent les succès médiatiques, militaires et politiques contre les Sunnites. Sans oublier la progression démographique des Chiites du Golfe, assis, comme les Kurdes, sur des puits de pétrole, puis les conversions au chiisme, de la Syrie au Maghreb. En fin de compte, le discours de Zawahiri est à double tranchant : il rappelle que les pires ennemis des Musulmans sont les islamistes, plus grands tueurs de Musulmans, argument qui a déjà éloigné du Jihad maints Irakiens...

Alexandre Del Valle pour blog.alexandredelvalle.com le 24 avril 2008
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Lundi 21 avril 2008
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Mercredi 16 avril 2008
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Lundi 17 mars 2008
anti_bug_fc Publié avec l'autorisation de l'auteur :

undefined Les bruits de bottes résonnent du côté de l’Iran, corroborant les prévisions de l’auteur Laurent Artur du Plessis (voir entretien dans la seconde partie de la chronique). La récente démission de l’amiral William Fallon de son poste de chef du CentCom – dont l’autorité s’étend du Proche-Orient au Pakistan – annonce un bombardement américain de l’Iran. Fallon y étant notoirement hostile, le président Bush le remplace par le général Martin Dempsey, vice-commandant des opérations militaires au Moyen-Orient, acquis à ses vues...

Cela fait suite au dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) disant que l’Iran a poursuivi son programme atomique militaire après 2003 : un démenti au rapport du renseignement américain de décembre dernier, qui visait à empêcher Bush d’attaquer l’Iran. Artur du Plessis estime que Bush pourrait bombarder l’Iran cet été. Cela créerait une ambiance favorable à l’élection de John McCain, jugé plus crédible qu’Hillary Clinton – ou Barack Obama – en politique étrangère.

A fortiori en cas d’épreuve de force militaire. Et McCain a l’aura d’un authentique héros de la guerre du Vietnam, ayant enduré cinq ans de détention dans l’enfer des camps vietminh. Cela fait de lui l’homme des situations de crise. Ces bombardements viseraient les équipements nucléaires iraniens, souvent profondément enterrés. Cela nécessiterait des bombes perforantes, voir de mini-bombes atomiques. Des généraux ont menacé de démissionner si elles étaient intégrées au plan de bataille. Les bombardements seraient élargis à des objectifs non-nucléaires. But : détruire les centres nerveux du pays pour provoquer la chute du régime des mollahs. Les centres de commandement de l’armée, des Pasdarans (gardiens de la révolution, que certains qualifient de véritables « SS islamistes »), des Bassidjis (milice islamiste), de la police, seraient visés. L’Iran est une éponge à pétrole, dont Washington voudrait s’emparer, en ces temps de pénurie d’hydrocarbures. Mais ces bombardements d’allure cataclysmique pourraient susciter une union sacrée autour du régime…

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« Quand les islamistes disposeront d’un arsenal nucléaire… »
 

 

Journaliste – ancien du Figaro Magazine – et écrivain visionnaire, Laurent Artur du Plessis est l’auteur de La Troisième guerre mondiale a commencé*, ouvrage édité en 2002 et à nouveau en librairie. Devenu un classique, une partie de ses prévisions s’étant déjà réalisée, FranceSoir a recueilli ses prévisions inquiétantes…

Alexandre Del Valle. Quel est le catalyseur de la troisième guerre mondiale ?

L
aurent Artur du Plessis. C’est l’intégrisme islamiste, engagé dans une irrésistible ascension vers le pouvoir en terre d’islam, par les urnes ou la violence. De l’Atlantique au Pacifique, la réislamisation galope : extension du champ d’application de la charia (loi islamique), prolifération du voile islamique… Ainsi, le Parlement turc a autorisé le port du voile à l’université, jusque-là forteresse de la laïcité. Les gouvernements laïcs du monde musulman multiplient les concessions aux fondamentalistes pour obtenir un sursis. Les élections de février pour les assemblées nationale et provinciale au Pakistan ont enthousiasmé les Occidentaux, qui ont applaudi au « recul des parties islamistes radicaux ». Mais ces résultats sont en trompe-l’œil. Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto et leader du Parti du peuple pakistanais (PPP) – arrivé largement en tête – et Nawaz Sharif, dirigeant de la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N) – en deuxième position – vont former une coalition gouvernementale vouée à être chaotique : Sharif est fondamentaliste. Le Pakistan est en proie à une vague d’attentats islamistes. Les talibans étendent leur emprise dans l’ouest du pays et dans l’Afghanistan voisin : ils prendront bientôt le pouvoir à Islamabad, s’emparant de l’arsenal atomique pakistanais.

Les Etats-Unis bombarderont-ils l’Iran pour l’empêcher de se doter de la bombe atomique ?

Ils le feront, tôt ou tard. La troisième vague de sanctions récemment votée par l’ONU pour contraindre Téhéran à suspendre sa production de combustible nucléaire sera aussi inopérante que les deux autres. Et le président Ahmadinejad – qui a l’appui du Guide suprême, Ali Khamenei – croit au dogme chiite selon lequel une apocalypse préludera au retour sur terre du douzième imam, ce qui permettra à l’islam de s’étendre à toute l’humanité. La victoire des conservateurs iraniens, qui ont remporté une large majorité aux législatives de vendredi dernier, cautionne sa politique jusqu’au-boutiste, même si ces élections sont quelque peu faussées. Il continuera le bras de fer nucléaire avec l’Occident. La prolifération nucléaire gagne le monde musulman, où plusieurs pays (Egypte, Arabie saoudite, Jordanie…) projettent de se doter à leur tour de la bombe atomique. C’est très inquiétant, car les intégristes islamistes ont vocation à s’emparer du pouvoir dans ces pays. Ils disposeront alors d’un arsenal nucléaire.

Vous êtes opposé à la vente de centrales nucléaires civiles à ces pays ?

Tout à fait. Le précédent iranien aurait dû servir de leçon. Dans les années 70, les Occidentaux – notamment les Français et les Américains – ont aidé le shah d’Iran à lancer le programme nucléaire iranien. Cela ne semblait présenter aucun inconvénient, puisque le shah était un ami sûr de l’Occident. Mais, en 1979, les intégristes islamistes ont pris le pouvoir à Téhéran. Et aujourd’hui, l’Occident est confronté à la crise nucléaire iranienne.

La crise des subprimes née cet été aux Etats-Unis, qui secoue les banques et les Bourses, plombera-t-elle l’économie mondiale ?

Oui. Après l’éclatement, en 2001, de la bulle spéculative liée à l’Internet, l’économie américaine était repartie à la hausse grâce à la constitution d’une gigantesque bulle immobilière nourrie par l’argent facile. Cette bulle éclate à son tour, faisant plonger les marchés financiers. Bientôt, les économies « réelles » les suivront dans la chute. Cette crise économique sera pire que celle de 1929, parce que résultant de la correction d’excès spéculatifs d’une ampleur sans précédent.

La crise économique provoquera-t-elle des cataclysmes politiques ?

Elle engendrera un climat de folie qui accélérera la montée au pouvoir des fondamentalistes islamistes, et autres radicaux. Il s’ensuivra un affrontement islam-Occident qui produira un effet domino sur le reste du monde. La Chine entrera dans le conflit aux côtés de l’islam. L’Inde – confrontée au Pakistan musulman – et le Japon – traditionnellement antagonique à la Chine – seront alliés à l’Occident. La Russie sera-t-elle son alliée dans cette tragédie planétaire ? Rien n’est moins sûr, vu la renaissance du panslavisme anti-occidental qui s’inscrit dans une tradition russe multiséculaire de défiance vis-à-vis du rationalisme qui sous-tend la civilisation occidentale. Il se colore d’une hantise de l’encerclement de la terre russe. De son côté, l’Occident multiplie les maladresses : en soutenant l’indépendance du Kosovo musulman, il a encore élargi le fossé qui le sépare du monde slave, fossé creusé par le bombardement de la Serbie par l’Otan en 1999. Si cette désunion se confirmait, elle aurait des conséquences tragiques pour l’Europe et pour tout l’Occident.

Alexandre Del Valle pour France Soir le 17 mars 2008
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Lundi 10 mars 2008
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undefined Il est un des rares documentaristes hexagonaux à se rendre fréquemment à Bagdad. Après le succès de son dernier film, Suicide Killers aux Etats-Unis, Pierre Rehov termine son neuvième documentaire sur le conflit, analysant les ressorts individuels du terrorisme. Il livre à FranceSoir ses analyses sur l’actualité irakienne. Interview de Pierre Rehov, documentariste français, spécialiste du terrorisme  : 

Alexandre Del Valle. De retour d’Irak, quel bilan dressez-vous de la présence américaine ?

Pierre Rehov. Jusqu’à il y a six mois, ils avaient mal planifié l’après-guerre. Ce qui devint un bourbier fit le lit de leurs détracteurs. Mais depuis un an, Washington a compris que l’on ne peut pas maintenir la sécurité des Irakiens et des soldats américains avec un nombre de troupes aussi peu élevé. Et que l’on ne peut confier l’organisation des infrastructures à un gouvernement fantoche, quoique démocratiquement élu. Les Irakiens ne sont pas habitués à la démocratie et n’ont pas de conscience politique. Les Etats-Unis se sont donc substitués au gouvernement local : leurs soldats assurent un rôle civil sur le terrain, mettant officieusement en place une sorte de plan Marshall.

Quel est le moral des troupes US ?

J’ai trouvé des soldats motivés et convaincus, davantage qu’on voudrait le faire croire. Leur moral est au plus haut depuis l’arrivée des 30.000 hommes supplémentaires (renfort baptisé « Troop Surge », décidé en janvier 2007 par George W. Bush). La victoire américaine est d’avoir obtenu la pleine collaboration des Irakiens de la rue, qui dénoncent les membres d’al-Qaida depuis qu’ils se sentent enfin protégés. Bilan : 70 % de violence en moins pour l’ensemble de l’Irak. 90 % de moins contre les Américains. J’ai constaté l’allégresse des jeunes Irakiens attirés par la culture occidentale assimilée aux Etats-Unis.

Pourquoi les médias français ne disent pas cela ?


A cause d’une tradition française anti-américaine se complaisant à dénoncer le soi-disant échec US. Les années Chirac furent l’apogée de cette stratégie pro-arabe constatée dans le conflit israélo-palestinien et lors de la guerre de 2003 contre l’Irak. Je n’ai pas vu beaucoup de journalistes français sur place. J’ai eu la chance d’être intégré dans l’armée américaine pendant plusieurs semaines. Les journalistes rencontrés, américains, russes ou allemands, partagent mon point de vue. Dans un bureau parisien, alimenté par les dépêches AFP, on constate difficilement l’espoir dans l’avenir et les succès constatés sur place. Les médias français et occidentaux se sentent gênés de s’être trompés et souhaitent souvent un échec, voire une révolte irakienne contre « la botte américaine ». C’est hélas une tradition gaulliste et post-communiste.

Ce que vous dites n’est pas très politiquement correct…

J’ai développé, pendant mes années de reportage au Moyen-Orient, une aversion pour le politiquement correct, qui prône une vision manichéenne du monde dans laquelle l’Occidental, l’Israélien, le Serbe, le libéral sont l’incarnation du Mal contre qui tout est permis, tandis que leurs adversaires palestiniens, arabes, albanais, sont intouchables, et la violence barbare excusée au nom d’idéaux de la seconde moitié du XXe siècle, dépassés aujourd’hui.

Les soldats resteront combien de temps en Irak ?


Ils seront obligés de partir dans trois à cinq ans. Mais ils garderont des bases, comme au Koweït et en Arabie saoudite. L’Irak est voisin de l’Iran, et les Etats-Unis auront toujours besoin de troupes aux frontières d’un Iran nucléaire.

Et si les démocrates gagnent les élections ?


Je crains qu’ils ne précipitent le départ américain, erreur totale, car c’est ce que souhaite al-Qaida et les groupes extrémistes chiites actuellement pourtant affaiblis. Leurs ressources sont taries, leurs réseaux progressivement démantelés, leur organisation armée éparpillée, ce qu’atteste la résurgence des attentats suicides aveugles remplaçant les batailles rangées, faute d’armes et d’armées. Or, plus les Irakiens se sentent en sécurité grâce aux troupes US, et aux milices irakiennes organisées par les Américains, et moins ils ont la tentation de rejoindre les rebelles. Avant, on rejoignait les troupes al-Qaida et autres organisations terroristes plus par peur et désespoir que par conscience nationaliste. Aujourd’hui, les Irakiens laissent tomber la rébellion car ils sont plus confiants en l’avenir. S’ils se sentent trahis par le départ précipité des Américains, ils se retourneront contre eux. Ils ne comprendraient pas ce départ.

Est-ce vrai que les chrétiens d’Irak ont peur ?


Une grande part des chrétiens de Bagdad s’est réfugiée au Kurdistan. Dès qu’un chrétien part, ses biens sont pris par les populations locales non-chrétiennes. La situation varie selon les lieux. A Doura, quartier sud de Bagdad où j’ai passé le plus de temps, peu de chrétiens sont partis, leurs boutiques sont encore ouvertes, mais c’est une exception. Il plane hélas sur eux une menace. Beaucoup de chrétiens ont souffert d’être perçus comme pro-Occidentaux ou pro-Américains.

Alexandre Del Valle pour France Soir le 10 mars 2008
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Lundi 3 mars 2008
anti_bug_fcPublié avec l'autorisation de l'auteur :

undefined Auteur d’un rapport sur le Kosovo pour le Parlement européen (*), Alexis Troude est chercheur à l’Académie internationale de géopolitique. Il décrypte la situation inédite née de la récente proclamation d’indépendance de l’ex-province serbe.

Alexandre Del Valle. L’Europe est-elle divisée sur le Kosovo ? La Kfor demeurera-t-elle indéfiniment ?

Alexis Troude. L’Europe est divisée : dix pays de l’UE l’ont reconnu, six l’ont refusé, et les autres sont dans l’embarras. Paradoxe : on a donné l’indépendance au Kosovo en envoyant l’Eulex (composée de policiers, de gendarmes et de juges), doublon européen de la Minuk (Mission des Nations unies au Kosovo) qui lui a transféré ses pouvoirs, comme si le Kosovo demeurait un protectorat ! Le Premier ministre Kostunica a qualifié Eulex « d’hold-up », car elle contourne la résolution 1.244 de l’ONU confirmant le Kosovo comme province serbe. Quant à la Kfor (Force de l’Otan au Kosovo), elle aura moins de soldats sur le terrain (16.000 aujourd’hui) mais demeurera très longtemps.

Peut-on parler d’une réaction civilisationnelle et géo-économique orthodoxe ?

Oui ! Les pays orthodoxes de l’UE ont refusé la reconnaissance du Kosovo. Position appuyée sur des liens historiques de solidarité forts. En 1999, durant les bombardements de l’Otan sur la Serbie, la Roumanie refusa l’utilisation de ses bases aériennes de l’Otan, qu’elle venait pourtant d’intégrer. Son président actuel, Traian Basescu, demeure l’un des plus ardents défenseurs des Serbes dans la région. La Slovaquie, en partie orthodoxe, la Roumanie, Chypre, la Grèce et la Bulgarie sont les premiers à avoir dit que la sécession est « illégale » bien que membres de l’UE et en opposition avec la position de la Commission de Bruxelles. La Grèce avait dénoncé « l’agression de l’Otan » en Bosnie en 1994 contre les forces serbes, puis contre la Serbie en 1999. En décembre dernier, le Parlement slovaque a voté une résolution rejetant l’indépendance du Kosovo. A cela s’ajoute un groupe d’Etats orthodoxes (ou en partie) hors Union européenne : Russie, Biélorussie et Ukraine, opposés à la reconnaissance du Kosovo.

Mais ce bloc orthodoxe est-il vraiment solidaire ?


Dans les manifestations massives contre l’indépendance du Kosovo dans le monde, on note l’engouement des jeunes Serbes de Bosnie, du Kosovo, du Monténégro et de Serbie centrale, brandissant des photos… de Poutine ! Parmi eux, nombre de Russes et de Grecs. Les peuples « frères » sont pro-Serbes. Mais les gouvernements grec et russe ne sont pas prêts à faire la guerre.

Les Russes concoctent-ils un plan de partition du Nord-Kosovo ?

C’est possible. On peut craindre une partition du Kosovo et un émiettement de toute la région. Le lendemain de la Déclaration d’indépendance, le 18 février, les maires albanais de trois communes de Serbie du sud ont déclaré vouloir se rattacher au Kosovo. Les Albanais de Macédoine ont demandé au Parlement de Skopje une quasi-indépendance, alors qu’ils jouissent d’une autonomie. Les Serbes de Bosnie songent à un référendum sur l’indépendance, et les Hongrois de Roumanie pourraient être tentés…

Se dirige-t-on vers la réalisation du « Grand Kosovo » ?


L’indépendance du Kosovo est une étape dans le développement du nationalisme albanais dans la région. En Macédoine, le mouvement terroriste UCPMB a lancé des roquettes en décembre 2007 sur une enclave serbe au sud du Kosovo. But : ouvrir la frontière entre le Kosovo et la partie albanophone de la Macédoine. Des anciens de l’UCK (l’UCK a disparu officiellement en 2001) sont entrés dans la nouvelle police du Kosovo, la TMK, qui est tout sauf impartiale. Ces ex-UCK ont créé une zone d’instabilité au nord du Kosovo : ils ont des camps au Monténégro, avec leur mouvement terroriste local, l’ANA, au nord-est du Monténégro. D’autres ex-membres de l’UCK agissent dans le couloir entre le Monténégro et le Kosovo qui passe au sud de la Serbie (Sandjak), où la police serbe a pris d’assaut en 2007 des camps d’entraînement wahhabites soutenus par al-Qaida…

Y a-t-il eu purification ethnique des Serbes du Kosovo ?

Oui, depuis 1999, les 18.000 soldats de la Kfor et l’administration de la Minuk n’ont pas pu l’empêcher. Sur 2 millions d’habitants répartis en 22 communautés, 235 000 non-Albanais, (Serbes, Goranis, Tziganes, Egyptiens, Turcs, Juifs) ont été expulsés. On dénombre 1.700 meurtres ethniques et 3.000 disparus non-Albanais (rapport 2006 de l’OSCE). Depuis les années 1990, 650.000 Serbes ont été déplacés et réfugiés dans l’ex-Yougoslavie, ce qui est énorme sur 8 millions de Serbes. Les institutions albanaises de Pristina ont supprimé les enseignements en serbe, en turc et en rom à l’université de Pristina, alors qu’avant, même sous Milosevic, toutes les langues y étaient représentées. La régression est terrifiante…

Peut-on parler d’un Etat mafieux ?

Un quasi-Etat aux mains de la Mafia albanaise s’est installé au Kosovo. 80 % de l’héroïne consommée en Europe passe par là. 100.000 filles d’Europe de l’Est, y compris Albanaises, sont kidnappées par la Mafia albanaise et « conditionnées » au Kosovo, zone de non-droit. Sur 18.000 plaintes enregistrées, selon le médiateur du Kosovo (l’Ombudsperson), par des Serbes, dont les maisons ont été confisquées, une dizaine a été traitée ! Les juges de la Minuk ne sont pas soutenus par la Kfor. Ils sont impuissants et leur police est doublée par la police kosovare, la KPS. C’est l’échec du « Kosovo multiethnique » et d’un « Building State ». L’Europe a renié ses valeurs en consacrant cet Etat mafieux dirigé par des gens recherchés pour crimes de guerre…

* « Rapport 2008 sur le Kosovo-Métochie au Parlement européen », du Collectif pour la paix au Kosovo-Métochie.

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Grand jeu énergétique russe dans les Balkans

Le soutien russe aux Serbes et leur opposition à l'indépendance du Kosovo n'est pas dénuée d'intentions économiques... Le 25 février 2008, Medvedev, premier vice-Premier ministre et nouveau président russe, a promis à Belgrade, devant l'ancienne résidence des rois serbes, la prise de participation de Gazprom dans Nis, le réseau gazier serbe. Moscou a rachetée les deux principales compagnies pétrolières serbes puis a signé ces jours-ci un contrat énergétique avec la Bulgarie, portant sur deux centrales nucléaires à construire. En février 2007, Poutine a signé un accord énergétique avec le gouvernement croate sur le tracé dit de "South Stream", qui emporte vers l'Ouest le gaz de la Caspienne, via la mar Noire, la Bulgarie et la Serbie.

D'après Alexis Troude, l'implantation de la Kfor à Bondsteel (Kosovo) explique pourquoi les Etats-Unis ont démantelé l'ex-Yougoslavie et appuyé l'indépendance du Kosovo : plus grande base de l'Otan dans les Balkans, Bondsteel (avec ses Down Towns, son université protestante) est à 20 km de l'intersection du "corridor 8" américain (pipelines et gazoducs de Bulgarie vers l'Albanie), et du corridor 10 paneuropéen (voies de communication et pipelines en provenance de la mer du Nord, via le Rhin, le Main et le Danube). Pour les Etats-Unis, "le projet Amco, ou corridor 8, permet d'avoir une source d'approvisionnement diversifiée en provenance d'Asie centrale. But : démanteler l'espace pro-russe et serbe par lequel transiterait des tuyaux concurrents portés par Moscou."

Pour Troude, "la Serbie est au centre d'un conflit d'intérêts entre les Etats-Unis et la Russie" et l'on assiste à "une continuation de la guerre froide au coeur des Balkans, doublée d'un retour de la politique des puissances, dont l'Allemagne". Hélas, "la France est en dehors du coup et a été suiviste en reconnaissant l'indépendance deux heures après les Etats-Unis..." Elle aurait dû mener sa propre politique, ses appuis tradtionnels dans la région étant les Serbes, les Roumains et les Bosniaques. La France a d'ailleurs réalisé de gros investissements en Serbie (Alcatel, Crédit agricole, Société générale, etc...)

Alexandre Del Valle pour France Soir le 03 mars 2008
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Présentation des collaborateurs de Rebelles.info (en cours...)

Claude Moniquet : Ancien journaliste, auteur spécialisé, expert internationalement reconnu en matière de contre-terrorisme, il a fondé en mai 2002, l’ESISC (European Strategic Intelligence and Security Center) qui a repris à son compte, dès sa création, le travail d’observation et d’analyse du terrorisme international et des questions stratégiques qui était mené depuis plus de vingt ans par certains de ses promoteurs.

Alexandre Del Valle : Essayiste, Géopolitologue, co-fondateur de l’Observatoire géopolitique de la Méditerranée (basé à Chypre) ; Membre du Conseil de Rédaction de la Revue française de Géopolitique Outre Terre, Alexandre Del Valle inscrit toutes ses études, interventions et écrits dans le cadre de la démarche géopolitique qui consiste à étudier « les rivalités de pouvoirs autour des territoires ou ressources », ainsi que les « représentations » développées par les acteurs en lice.

Guy Millière : - Professeur à l’Université PARIS VIII Histoire des cultures, Philosophie du droit
- Visiting Professor à la California State University, Long Beach.
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- Editorialiste à la Metula News Agency, Israël Magazine, Frontpage Magazine, les Quatre Vérités, upjf.org
- Membre du comité de rédaction d’Outre-terre, revue de géopolitique dirigée par Michel Korinman
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Liberalia de 1989 à 1992 


Ivan Rioufol : Senior fellow à l'Atlantiste Institute et chroniqueur à l'émission On refait le monde, sur RTL. Il est titulaire d'un DEA de droit maritime et aérien et a débuté une carrière de journaliste, en 1976, au quotidien nantais Presse-Océan. Il rejoint Le Figaro en 1985 au service « La vie des médias », responsable de la rubrique « Confidentiel ». Il devient rédacteur en chef du service des informations générales, puis éditorialiste et membre du comité éditorial du journal en 2000. Depuis 2002, succédant à Max Clos, il tient dans Le Figaro un « Bloc-notes » publié chaque vendredi.

Michel Gurfinkiel : Ecrivain et journaliste, président de l’institut Jean-Jacques Rousseau, correspondant en France de Commentary et Weekly Standard, auteur de Israël, géopolitique d’une paix (1991), La cuisson du homard (2001), Le testament d’Ariel Sharon (2006), à paraître au début 2008 son livre sur l’histoire du sionisme et d’Israël.

Robert Redeker : Agrégé de philosophie, chercheur au CNRS. Membre du comité de rédaction de la revue Les Temps Modernes. Membre du comité scientifique du CALS (Université Toulouse-le-Mirail). Membre du comité scientifique de la revue Culture Droit.  Membre du comité de rédaction de la revue
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