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FRANCE-SOIR. Qui est réellement au pouvoir en Iran ? Ahmadinejad ? L’ayatollah
Khamenei ?
ALEXANDRE DEL VALLE. Depuis la révolution islamique et la Constitution de 1979 instaurée par l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, le pouvoir en Iran découle de Dieu (principe de
« gouvernement jurisprudentiel ou religieux », en perse Vilayet al-Faqih), par l’intermédiaire du clergé chiite. Au sommet de la République islamique se trouve le Guide,
autorité politico-religieuse suprême. Celui-ci, Khomeiny hier, Ali Khamenei aujourd’hui, commande le pouvoir exécutif visible, détenu par le président de la République, actuellement Mahmoud
Ahmadinejad.
Aujourd’hui adversaires, Moussavi et
Ahmadinejad ont-ils réellement deux idéologies opposées ?
Pas réellement. N’oublions pas que Moussavi a
du sang sur les mains, qu’il fut Premier ministre du tyran révolutionnaire Ruhollah Khomeiny, et qu’il n’aurait pas pu se présenter comme candidat s’il ne faisait pas partie du
« système ». On peut ainsi le comparer à un autre leader khomeyniste « historique », lui aussi « modéré » ou « réformateur », Mohammed Khatami, qui fut le
président de l’ouverture et qui tendit la main, en 1997, aux Etats-Unis. Mais certains ont analysé les années Khatami comme le moment où l’on a « endormi l’Occident » et où la
révolution islamique a relancé en toute quiétude son programme nucléaire. D’autre part, Moussavi n’a pas pardonné à ses successeurs et au guide d’avoir supprimé la fonction de Premier ministre
qu’il occupa.
Jusqu'où la contestation peut-elle s'étendre ?
Même si Moussavi vient du « système », il se peut qu’il entame une rupture plus ou moins forte avec le régime, si le Guide Khamenei, le Président Ahmadinéjad et les Gardiens de la Révolution
décidaient d’engager des répressions sans précédents, ce qui n’est pas inévitable. Les jeunes iraniens qui défilent ne sont pas tous des contre-révolutionnaires : ils revendiquent la légitimité
semi-« démocratique » du régime. Je n’exclus certes pas le basculement du pays dans la guerre civile, mais ce scénario pourra être du moins encore quelques temps compromis par le sentiment
nationaliste, et l’esprit de corps sur lequel table Ahmadinéjad face aux « pressions occidentales ».
Quel avenir pour le programme nucléaire iranien, civil et militaire ?
L’accès de l’Iran au feu atomique est difficilement évitable. La question est de savoir si l’Occident l’en empêchera militairement, ce qui est peu probable. Alors Israël en tirera les conclusions
qui s’imposent et interviendra seule - si cela est encore techniquement possible - comme en Irak à Osirak en 1981, pour le plus grand bonheur des Européens et de l’administration Obama, qui ont
tendu la main à l’Iran et rechignent à intervenir. Une fois de plus, Israël, qui joue là sa survie même, et qui est contrainte d’être plus lucide que l’Europe et les Etats-Unis, devra faire ce
que ses « alliés » n’osent pas faire… D’autant que le tandem israélien Bibi Netanyahou-Avidgor Liberman n’est pas du tout sur la ligne américaine et européenne actuelle visant à dialoguer coûte
que coûte avec les Mollahs… A cet égard, on peut noter que la France de Nicolas Sarkozy est l’un des pays occidentaux les plus ouvertement solidaires des insurgés iraniens et les plus vigilants
face à la dérive négationniste, militariste, totalitaire et nucléaire de la république islamique iranienne, menace pour Israël, pour les pays arabes, pour l’Europe, pour les approvisionnements
énergétiques et pour le monde libre.
Quelles conséquences peut avoir un nouveau mandat d'Ahmadinejad sur la sécurité dans la région ? Dans le monde ?
Des conséquences extrêmement graves. Premièrement parce qu’il est le candidat « choisi » par le Guide, les Pasdarans et la ligne dure du régime, deuxièmement parce qu’il adhère à la vision
guerrière et messianique chiite de son maître l’Ayatollah Mohammad Taqi Mesbah Yazdi, l’un des membres du Conseil des Gardiens de la Révolution, qui envisage une sorte d’apocalypse guerrière
entre l’Islam et l’Occident… Le régime islamiste et le Président iraniens constituent une menace pour Israël et pour ses voisins sunnites arabes et turcs, qui redoutent tant la nucléarisation de
l’Iran que l’exportation de la révolution chiite dans les pays arabes sunnites. Téhéran est en effet très populaire au Liban, en Syrie et à Gaza, en raison de son soutien au Hamas et au
Hezbollah. « Héros » de la cause palestinienne contre le « Satan sioniste », Ahmadinéjad soutien le phénomène de conversion massive de sunnites au Chiisme. Le régime iranien constitue également
une menace pour l’Europe, dont les frontières sud sont déjà les cibles possibles des missiles Shéhab III et Séjil II (d’une portée de 2000 km) qui transporteront d’ici deux ans des ogives
nucléaires…
Alexandre Del Valle pour France Soir le 18 juin 2009
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Three years after the attacks on the World Trade Center and the Pentagon Europe experienced
its own September 11. Europe has learned, at its own expense, that the main threat to the democracies is, from now on, Islamist totalitarianism.
Alors que Paris s’apprête, le 1er juillet, à
présider l’UE pour six mois, que le dossier des frontières de l’Europe et de la candidature turque commence à diviser la majorité présidentielle, la commission des Affaires étrangères et le
groupe UMP à l’Assemblée nationale veulent amender le projet de révision constitutionnelle conçu par le ministre des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet.
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