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Român

L'identité nationale vue par..

A méditer profondément avant qu'il ne soit trop tard car ce texte a plus de cinquante ans. Maintenant, on irait en prison pour bien moins que cela.  

«
C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu'on ne se raconte pas d'histoire ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec turbans et djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français. Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants. Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l'intégration, si tous les Arabes et les Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcher de venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées.

Citations du Général De Gaulle le 5 mars 1959

Boycottons Quick

quick halal
Quick se met au hamburger halal. Depuis le 30 novembre, l’enseigne de restauration rapide propose des produits qui respectent le rite musulman dans huit de ses restaurants franchisés en . L’initiative a été lancée en toute discrétion. Nous lançons un appel au boycott de cette enseigne. Vous pouvez exprimer votre opposition de manière courtoise en téléphonant au 09.70.80.87.55

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Chroniques Alexandre Del Valle

Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /2010 18:14
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

del-valle.jpg Alors que Nicolas Sarkozy vient de recevoir son homologue arménien, Serge Sarkissian, la Turquie refuse toujours de ratifier l’accord avec l’Arménie et continue de nier le génocide arménien.

Le 4 mars 2010, la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine a adopté une résolution reconnaissant le génocide arménien. Peu après, ce fut au tour du Parlement suédois. Depuis la résolution de 1987 du Parlement européen et l’adoption par la France, en 2000, d’une première loi reconnaissant ce génocide, nombre de pays ont fait de même, dont la Pologne, le Canada, la Suisse…

Rappelons que le génocide arménien, le premier du XXe siècle, qui inspira Hitler pour perpétrer celui de 6 millions de Juifs, fut orchestré par le gouvernement ottoman entre 1915 et 1917. Les historiens, les Nations unies et un tribunal international constitué à la fin de la Première Guerre mondiale l’ont reconnu, ont condamné les coupables et évalué le bilan à 1,5 million de victimes.

Casus belli

Etrangement, si l’Empire ottoman reconnut les faits, la Turquie moderne, kémaliste, laïque et pro-occidentale, les a toujours niés. Et l’actuel gouvernement turc islamo-conservateur, candidat à l’Union européenne, continue de combattre sévèrement, tant en Turquie (par des lois) qu’à l’étranger (chantage économique et pressions diplomatiques), ceux qui reconnaissent le génocide. C’est ainsi qu’Ankara a rappelé ces jours-ci les ambassadeurs des Etats-Unis et de la Suède afin de protester contre les reconnaissances votées dans ces deux pays, véritables casus belli. Si la Turquie refuse obstinément l’évidence, c’est non seulement en vertu d’un orgueil nationaliste d’un autre âge et de son arsenal législatif, mais aussi pour des raisons géopolitiques : les vraies frontières de l’Arménie, telles que promises par le traité de Sèvres de 1920 (jamais appliqué), devraient inclure une partie de l’actuelle Turquie de l’Est, berceau des Arméniens (mont Ararat) d’où ils ont été chassés, quand ils n’y ont pas été exterminés par les Turcs et les Kurdes (qui revendiquent un Etat sur le même territoire).

Conditions préalables irréalisables

Pour les Turcs donc, reconnaître le génocide arménien, comme le font de rares intellectuels turcs persécutés tel Cengiz Aktar, impliquerait des dédommagements et des revendications territoriales arméniennes, puis kurdes (effet domino). Bref, un « démantèlement » de la Turquie. D’où le fait qu’Ankara refuse de ratifier les accords turco-arméniens hâtivement salués par l’UE d’ailleurs… La Turquie pose en effet des conditions préalables irréalisables : silence sur le génocide et concessions sur le Haut-Karabakh (région peuplée d’Arméniens cédée par Staline aux Azéris et reconquise dans les années 1990 par les Arméniens, puis revendiquée par l’Azerbaïdjan, allié turcophone d’Ankara). D’où aussi la volte-face de Barak Obama, qui, pour calmer l’allié turc irascible, a dû bloquer le vote au Congrès de la résolution sur le génocide. Le chantage comprenait aussi la menace de ne pas ratifier l’accord turco-arménien, et donc de maintenir l’Arménie asphyxiée économiquement par l’embargo turc qui l’empêche d’exporter ses produits à l’étranger.

Il est clair que de tels comportements (dont l’occupation-colonisation du nord de Chypre ou la violation des frontières de la Grèce par l’armée turque alors qu’Ankara revendique les îles de la mer Egée) s’opposent aux valeurs démocratiques de l’Europe. Plutôt que d’accuser les Européens d’empêcher l’adhésion turque à l’Union européenne, les dirigeants turcs, confrontés à leur dilemme récurrent (*), doivent être plus conséquents : s’ils refusent les règles du jeu européen, alors l’UE ne leur convient pas. Mais ils ne peuvent pas réclamer le beurre et l’argent du beurre. Ce qui n’empêche pas un partenariat privilégié, tel que proposé par
Nicolas Sakozy et Angela Merkel, seule solution géopolitiquement cohérente.

Alexandre Del Valle pour France Soir le 15 mars 2010

(*) Le Dilemme turc, ou les vrais enjeux de la candidature d’Ankara, d’Alexandre Del Valle, éd. Les Syrtes, 2006.
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 12:29

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del-valle.jpg Selon l’Eurogroupe, qui exclut une intervention directe des Etats, la Grèce peut éviter le pire en appliquant son plan d’austérité (4,8 milliards d’euros d’économies) jugé convaincant par la Banque centrale européenne.


Alexandre Del Valle pour France Soir le 09 mars 2010
Après la crise financière des subprimes, nous risquons de connaître celle encore plus grave des Etats en faillite. Pour certains, ce n’est pas seulement l’euro mais aussi l’Union européenne qui est en danger. Il est temps de tirer les leçons de la faillite de l’Etat grec. L’euro est une bonne chose, mais pour être viable, il devrait être le reflet d’économies coordonnées et harmonisées. De plus, à la différence des Etats-Unis, l’Europe ne dispose pas de fond fédéral habilité à injecter des milliards pour rééquilibrer les comptes d’Etats en faillite.

Ainsi, depuis l’abandon des monnaies nationales, le rééquilibrage des comptes ne peut plus se faire en douceur par des moyens comme la dévaluation, mais uniquement par la solution brutale des politiques d’austérité drastiques, tel le plan adopté par le gouvernement grec qui fait payer la facture au peuple : gel des retraites, baisse des revenus des employés du public, réduction des primes salariales, augmentation de la TVA et des prix de plusieurs produits, etc. Des sacrifices qui seront contestés par la violence des rues. Car la Grèce est déjà au bord de l’explosion.

« Les Européens vivent tous au-dessus de leurs moyens »

C’est en tout cas ce que craint Jean-Luc Schaffaeuser (*), l’influent et discret conseiller des princes qui avait prévu la crise des subprimes dès 2005, « l’injustice perçue par l’opinion repose sur le constat que les mêmes Etats qui ont dépensé des milliards pour sauver des banques responsables de la crise financière (dont beaucoup auraient dû être sanctionnées), refusent de débourser un euro pour sauver les peuples »… Par ailleurs, la grave erreur est de croire que la crise est terminée ou que la reprise est là. Car « la crise est profonde et structurelle. Les Européens – et pas seulement les Grecs – vivent tous au-dessus de leurs moyens ». Le déficit public français a pris plus de 20 % de plus en trois ans : sur cette lancée, dans quatre ans, la France connaîtra la même tragédie que la Grèce… Au niveau européen, en effet, le problème de fond n’a pas été traité : les déficits publics de plusieurs Etats menacés de faillite sont intenables.

D’après un autre expert iconoclaste, Jean Ewald Kramer (**), haut fonctionnaire international ayant contribué à la création de l’euro, l’exclusion de l’euro des « très mauvais élèves » comme la Grèce permettrait d’éviter le pire. Athènes pourrait régler son problème d’endettement colossal en « adoptant le drachme, dont la parité de change inférieure rendrait les exportations plus compétitives, ce qui « permettrait de rétablir une balance commerciale assez positive pour générer des revenus imposables supplémentaires, lesquels permettraient d’augmenter les recettes fiscales, d’où une réduction de la dette du pays ». D’ailleurs « rien juridiquement ne s’opposerait à ce que la Grèce, Etat souverain, transforme par une loi sa dette en euros en une dette libellée en drachmes », comme le gouvernement français le fit en 1999, en transformant sa dette (libellée en francs) en une dette en euros. Mais cette option est totalement exclue par l’Eurogroupe et la BCE.

Une Europe à géométrie variable

Ainsi, d’après notre expert, qui conteste le dogme de « l’euro fort » cher à Jean Claude Trichet, l’euro serait « plus viable s’il prévoyait, grâce à un contrôle strict des banques commerciales par la BCE, de pratiquer autant de politiques monétaires que de pays, selon qu’ils sont en croissance ou en récession, car rien dans le Traité de l’UE ne l’interdit ». Pour Kramer, « la BCE devrait donc réformer sa politique monétaire, en pratiquant des taux différenciés par groupes d’Etats Membres » présentant des caractéristiques d’homogénéité économique. En conclusion, il semblerait qu’une Europe à géométrie variable ou à plusieurs cercles serait plus réaliste qu’une Europe unique niant les disparités persistantes sans pouvoir y remédier.

(*) La crise financière : stop ou encore ?, Jean-Luc Schaffaeuser, à paraître. ** L’Euro, Jean Ewald Kramer, Les Syrtes, 2008.
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 17:00
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del-valle.jpg La visite d’Etat de trois jours du président russe Dimitri Medvedev, reçu à l’Elysée lundi 1er mars par Nicolas Sarkozy (3e visite après celles d’Evian en octobre 2008 et de Nice en novembre 2008) a suscité moult critiques : Nicolas Sarkozy aurait sacrifié les droits de l’homme (notamment en Tchétchénie) sur l’autel des intérêts économiques. Une décision mal perçue en Pologne et dans les Etats baltes, qui s’opposent au rapprochement euro-russe et à la livraison d’armements aux pays bafouant les droits de l’homme où menaçant un Etat membre. A ces attaques, on peut répondre que certains pays de l’ex-pacte de Varsovie adhérant à l’UE depuis 2004 devraient comprendre que l’Europe n’est pas une succursale de l’Otan ou des Etats-Unis ayant pour but d’endiguer une Russie détestée.

Concernant la vente des Mistral reprochée à Nicolas Sarkozy, on se demande en quoi l’exportation de matériaux high-tech vers la Russie semi-démocratique serait plus condamnable que les contrats juteux signés avec les monarchies islamiques anti-démocratiques du Golfe, avec la Chine, plus grande dictature de la planète, ou encore avec des pays comme la Turquie, qui persécute ses « oligarques » libéraux sans que personne ne bronche, car Ankara fait partie de l’Otan. Sur la question des droits de l’homme, si
Nicolas Sarkozy a esquivé la question, c’est parce qu’il a préféré donner des signes d’encouragement au jeune président Medvedev qui, à maintes occasions, s’est montré attaché à l’Etat de droit et à la défense des droits de l’homme, points de divergences avec Poutine.

Sarkozy aurait-il dû accabler à l’Elysée un Medvedev qui ose dénoncer le « nihilisme judiciaire » russe, une économie russe « arriérée, corrompue » et « primitive », reposant trop sur la fourniture d’hydrocarbures (70 % des exportations russes et 20 % du PIB), appelant à plus de transparence et de diversification économique, puis une « démocratie affaiblie » ? Devrait-on ostraciser l’homme politique russe le plus pro-occidental qui rêve d’ancrer plus son pays dans l’Europe et le monde libre ?

A juste titre, Nicolas Sarkozy estime qu’ostraciser Moscou serait « contre-productif », que cela la pousserait dans le camp de la Chine et des ennemis de l’Occident, comme l’Iran qui, en accédant au nucléaire militaire, ouvrira une ère de prolifération balistique et nucléaire mondiale. D’évidence, la politique de la main tendue de Barack Obama à la Russie et sa décision d’abandonner partiellement le projet de radars et antimissiles en Europe centrale a motivé Moscou à accepter l’idée de sanctions renforcées contre Téhéran. Cela a permis un « front commun » à l’ONU avec la Russie pour endiguer le dangereux
Ahmadinejad. Et la Russie est la seule capable de convaincre la Chine de bloquer également l’Iran. Il est donc urgent d’abandonner les préjugés de la guerre froide et de construire avec la Russie le « Panoccident », un espace géopolitique et de civilisation allant de Vancouver a Vladivostok qui rassemble les peuples de culture judéo-chrétienne, démocratique et européenne.

Alexandre Del Valle pour France Soir le 05 mars 2010
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 13:04
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del-valle.jpg Quelques jours après la visite du président iranien Ahmadinejad à Damas. A peine élu, le président américain Barack Obama a inauguré une politique de réconciliation et de dialogue avec le monde musulman, pour améliorer l’image ternie des Etats-Unis.

Dans ce contexte, Obama
 avait « tendu la main » à l’Iran et s’était adressé avec respect au « leader du peuple et de la République islamique iranienne », invitant son homologue iranien à « un nouveau départ ». En guise réponse, Ahmadinejad intensifia ses attaques verbales et menaces à l’encontre des Etats-Unis, de l’Occident et d’Israël. En effet, après avoir gagné du temps dans les négociations sur le dossier nucléaire engagées depuis 2006 avec le groupe des « 5 + 1 » (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne), le président iranien a catégoriquement refusé l’accord des 6 pays chargés des pourparlers visant à faire enrichir le stock d’uranium iranien par la France et la Russie, afin de garantir la promesse iranienne de poursuite d’un programme nucléaire civil et non militaire, ce dont la communauté internationale doute fort.

Ainsi, prenant acte du fait que la main tendue d’Obama n’a profité qu’à la dictature islamique et que Téhéran n’a pas renoncé à acquérir un arsenal nucléaire qui menacerait autant les pays arabes qu’Israël, la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, qui espère que le Conseil de sécurité de l’ONU approuvera des sanctions renforcées contre Téhéran d’ici deux mois, a tenté la semaine dernière de convaincre la Syrie de s’éloigner de Téhéran. Ceci en échange d’une promesse non dite d’un retour progressif de la Syrie dans le concert des nations, comme cela a été fait avec la Libye depuis 2006 (afin de la convaincre d’abandonner son programme nucléaire militaire et dans le cadre de la lutte contre al-Qaida).

Il est vrai que la Syrie, dirigée par un président, Bachar al-Assad, issu de la minorité chiite alaouite, détestée par les islamistes, et qui est à la tête du parti nationaliste laïc Baas, aurait apparemment tout intérêt à coopérer avec l’Occident contre al-Qaida, qui déteste le régime des Assad. La Syrie apparaît ainsi aux yeux des dirigeants américains mais aussi de la France, comme un pays incontournable sans lequel toute solution de paix au Proche-Orient est vouée à l’échec. Car, bien qu’étant anti-islamiste à l’intérieur, le régime syrien soutient à l’extérieur, comme son allié iranien, les deux mouvements terroristes qui embrasent le Proche-Orient et agressent continuellement Israël : le Hamas à Gaza et le Hezbollah au Liban.

Le deal que proposent la France et l’Amérique à la Syrie impliquerait par conséquent que Damas s’éloigne de l’Iran islamiste et de ses deux protégés islamo-terroristes Hamas et Hezbollah, en échange de la restitution du plateau du Golan, occupé par Israël, à la Syrie, qui le réclame et en fait un casus belli, au point de participer au chaos régional et d’accueillir sur son sol les dirigeants en exil du Hamas et de protéger le Hezbollah. Théoriquement, la proposition est rationnelle. Mais la visite du président iranien Ahmadinejad à Damas la semaine dernière à l’invitation de son « ami » et allié stratégique Bachar al-Assad a déçu les derniers espoirs occidentaux allant dans ce sens. Pouvant difficilement être plus clair, les deux présidents les plus anti-israéliens de la région ont non seulement réitéré leur alliance stratégique, signant en passant un accord sur les visas, mais ils ont dénoncé fort violemment l’Etat « sioniste » israélien et « l’arrogance américaine » concernant le programme nucléaire iranien totalement soutenu par la Syrie.

En fait, la gifle infligée par ces déclarations à Clinton et Obama s’explique par le fait que la Syrie, dirigée par la minorité musulmane « hérétique » alaouite, issue du chiisme, honnie par les sunnites et donc par les capitales arabes voisines, a besoin de façon existentielle de l’allié iranien chiite, lui aussi issu d’un courant de l’islam honni par les sunnites, mais détenteur d’énergies fossiles, dont est dépourvue la Syrie. Par ailleurs, le régime de Damas, dont l’idéologie officielle est la cause anti-juive, anti-sioniste et nationaliste arabe, ne veut pas réveiller la rébellion sunnite interne des islamistes des Frères musulmans honnis, qui attendent leur heure et qui sont eux aussi existentiellement anti-sionistes.

Toute paix avec Israël, même en échange du Golan, signifierait ainsi l’explosion d’une guerre civile et la mort du régime baasiste de Bachar al-Assad, qui ne veut pas finir assassiné par les Frères musulmans, comme l’ancien président égyptien Anouar al-Sadate qui, lui, accepta courageusement de signer un accord de paix avec l’Etat juif diabolisé, considéré par les masses arabes comme la cause de tous les maux de la Terre…

Alexandre Del Valle pour France Soir le 01er mars 2010

Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /2010 15:58
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del-valle.jpg La solidarité européenne à l’épreuve des démonstrations de force de la Libye

En apparence, le différend euro-libyen a été provoqué par la publication d’une liste noire de 188 Libyens interdits de visa pour la Suisse. Parmi eux, toute
la famille Kadhafi et la nomenklatura du régime. En réponse, le « Guide » libyen a suspendu les visas pour les citoyens européens, excepté la Grande Bretagne, qui n’est pas membre de l’espace européen Schengen de libre circulation. Une mesure qui touche donc des pays comme l’Italie ou la France qui ont signé avec la Libye des accords incluant investissements, lutte contre la criminalité, et immigration clandestine. Il est vrai que les accords avec les pays d’où arrivent les clandestins sont une condition de l’« immigration choisie ». Et c’est pour les préserver que l’Italie a proposé ces jours-ci l’émission d’un visa valable pour l’espace européen de Schengen sauf pour la Suisse, afin que les problèmes helvéto-libyens ne « polluent » pas les relations euro-libyennes.

En fait, l’origine réelle de la crise remonte à juillet 2008, lorsque le fils du Guide Kadhafi, Hannibal, fut arrêté quelques heures par la justice suisse pour avoir battu des employés d’un hôtel de Genève. En riposte, la Libye fit arrêter deux hommes d’affaires suisses et exigea les excuses du président suisse Hans-Rudolph Mertz, qui refusa initialement. Le reste de l’Europe ne se montra guère solidaire, Berlusconi proposant même d’investir l’argent libyen retiré de Suisse dans les banques italiennes… Abandonné par ses voisins européens, Rudolph Mertz finit par s’excuser à Tripoli pour une « faute » jamais commise et bien qu’Hannibal eût échappé à la condamnation prévue. Malgré cela, la Libye a redoublé ses menaces contre la Suisse et a exigé toujours plus de millions d’euros en échange de la libération (différée) des deux otages suisses. Morale de l’histoire : céder aux menaces d’une dictature fondée sur les rapports de forces ne paie pas.

Ceux qui invitent les Suisses à s’excuser à nouveau pour « calmer Kadhafi » oublient que, depuis que son pays a été réintroduit dans le concert des nations, le Guide mégalo et irascible n’a jamais demandé pardon, ni pour les attentats terroristes qu’il a commandités dans le passé, ni pour ses rêves d’arabo-islamiser l’Afrique noire, ni pour avoir lancé un missile sur la Sicile dans les années 1980, ni pour son soutien à la dictature mlitaro-islamiste du Soudan, coupable du génocide de 2 millions de Noirs chrétiens (Sud) et du massacre de 300.000 civils (Darfour).

Lorsque Kadhafi accuse les Européens de « persécuter » les musulmans en Europe, il s’agit d’une vraie farce : il ne s’est jamais repenti d’avoir expulsé en quelques jours dans les années 1990 des milliers de Tunisiens. Et on sait comment sont traités les clandestins noirs transitant par la Libye… Déculpabilisé, Kadhafi ne culpabilise jamais de prêcher la haine envers les non-musulmans et l’Occident qu’il rêve d’islamiser. Ainsi, il déclara à Tombouctou, le 10 avril  2006, devant les caméras d’Al-Jazira : « L’Europe et les Etats-Unis devront soit devenir musulmans, soit déclarer la guerre aux musulmans, car tout le monde doit devenir musulman. […] Il y en a déjà 50 millions de musulmans en Europe. C’est le signe qu’Allah veut le triomphe de l’islam en Europe. […] Ces 50 millions transformeront l’Europe en un continent musulman.

A peine un an après avoir été réintroduit dans le concert des nations, Kadhafi déclara lors du sommet de Lisbonne entre l'Union européenne et l'Afrique, (8-9 décembre 2007), que les Européens ont le choix entre payer des réparations pour les ressources volées pendant la colonisation en Afrique, ou se préparer à accueillir les immigrants africains. Une allusion aux clandestins que la Libye laisse passer, en terme clair un énième racket en vertu duquel l'Italie doit verser chaque année des réparations pour ne pas que ses îles (Lampedusa) soient submergées par les immigrés illégaux. En réalité, l'affaire des visas nous rappelle que des accords ne sont jamais surs avec une dictature islamo-révolutionnaire comme la Libye, qui annule de facto l'accord ou « trêve » (hudna) conclue avec le pays « infidèle-impérialiste », ou comme l'Iran, qui fait tourner en bourrique l'ONU et l'Occident depuis 2006 concernant le dossier nucléaire. D'évidence, la haine revancharde des anciens pays colonisés est loin d'être calmée, de la Libye à l'Amérique latine, où les thèmes des « réparations » et de la « faute » que l'Occident devrait payer indéfiniment sont les prétextes d'un chantage psychologique et d'un racket collectif jamais rassasiés. Plus que jamais, il convient de répéter le slogan de Nicolas Sarkozy « Halte à la repentance », car la repentance est l'arme de guerre favorie et le cheval de Troie psychologique des ennemis de l'Occident.


Alexandre Del Valle pour France Soir le 22 février 2010
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 19:27
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del-valle.jpg Le point de vue d’un expert, peu après les élections présidentielles ukrainiennes du 7 février qui ont consacré la victoire de Viktor Ianoukovitch, face au Premier ministre sortant, Ioulia Timochenko.

La victoire de Ianoukovitch, remportée avec 48,95 % des voix (contre 45,47 % pour sa rivale Timochenko) et confirmée mercredi dernier, est désormais indiscutable, même si « Ioulia » a du mal à accepter de démissionner et crie à la fraude. Cette fois-ci, à la différence des dernières élections de 2004, les accusations de fraudes massives ont été démenties par les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui ont jugé le scrutin « transparent et honnête », puis par la Commission européenne, qui a salué le « déroulement démocratique ».

Contrairement au scrutin de 2004, également, la Russie n’a pas officiellement soutenu l’un des deux candidats arrivés en tête, tout en annonçant sa préférence pour Ianoukovitch. Mais Moscou n’a pas ouvertement critiqué Ioulia Timochenko, devenue moins anti-Russes qu’auparavant, pour des raisons économico-énergétiques et de realpolitik.

Quant au président sortant,
Viktor Iouchtchenko, qui a maintenu ses positions anti-Russes et pro-occidentales, rappelons qu’il signa son arrêt de mort politique lorsqu’il décida que l’Ukraine, chasse gardée stratégique de la Russie, rejoindrait l’Union européenne et l’Otan, chose inadmissible pour la Russie de Poutine-Medvedev qui contre la pénétration euro-américaine en utilisant l’arme des approvisionnements énergétiques et en investissant dans l’économie ukrainienne, en pleine banqueroute.

« Querelles interminables »

La victoire de Ianoukovitch signifie-t-elle donc la reprise en main de l’Ukraine par la Russie ? L’élection d’un candidat réputé pro-Russes est-elle un danger pour l’Europe ? Tel n’est pas l’avis de Viatcheslav d’Avioutskii, expert de l’Ukraine, auteur des Révolutions de velours (Armand Colin, 2006), et enseignant-chercheur à l’EDC (Ecole des dirigeants et créateurs d’entreprise). Pour lui, « la Russie aurait pu être plus active en Ukraine, provoquant par exemple une division de l’Ukraine entre l’Est et l’Ouest, mais elle n’est pas allée jusque-là.

Elle est restée en observateur intéressé. Tout comme l’Europe, elle souhaite que l’Ukraine reste stable ». Pour Avioutskii, l’arrivée au pouvoir de Ianoukovitch ne signifie pas pour autant que Moscou reverra à la baisse les tarifs du gaz livré à l’Ukraine.

Mais « certains projets de coopération stratégique, telle la création d’un consortium réunissant les Russes, les Ukrainiens et les Européens pour gérer les gazoducs ukrainiens, pourraient redevenir d’actualité ».

La défaite de la candidate « orange » pro-occidentale Ioulia Timochenko ne serait « pas simplement le fruit d’une reprise en main économique et politique de l’Ukraine par Moscou, mais s’expliquerait aussi par le fait que « les Ukrainiens ont été déçus par sa gestion de la crise financière, par « ses querelles interminables avec le président sortant Iouchtchenko, qui l’ont discréditée aux yeux d’une partie de son propre électorat ».

Aussi les sponsors de
Ioulia Timochenko, « qui semblent avoir été plus frappés par la crise financière que ceux de Viktor Ianoukovitch, et qui l’avaient largement financée en 2004, ont pris ces distances avec elle ».

Poutine et Medvedev ont-ils réussi à répondre à la stratégie d’encerclement, conduite par les Etats-Unis, dans la périphérie de l’ex-URSS (en Ukraine, au Caucase et en Asie centrale) ? Pour Viatcheslav Avioutskii, la vague « orange » « n’a pas pu se propager en Russie et la déstabiliser, Moscou ayant réussi à récupérer son influence en Ukraine et en Asie centrale où, par exemple, l’Ouzbékistan a évacué la base américaine ».

Malgré tout, Viktor Ianoukovitch a déclaré qu’il « continuerait la politique de rapprochement avec Bruxelles conduite depuis 2005 par le président sortant Iouchtchenko, soulignant que cela se fera sur le plan économique et non par l’intégration politique, conformément à la politique du voisinage de l’Union européenne ».

« Crise financière sans précédent »

Pour Avioutskii, l’arrivée de Ianoukovitch au pouvoir s’explique par sa maturité politique (il fut deux fois Premier ministre avant d’être président) et par le fait qu’il a la confiance du peuple ukrainien. « Sa politique visera à stabiliser économiquement l’Ukraine, plongée dans une crise financière sans précédent », puis à « stabiliser les relations avec la Russie, ce qui permettra d’éviter de nouvelles guerres du gaz et sécurisera davantage les fournitures de gaz russe en Europe ».

Enfin, face aux rumeurs dépeignant Ianoukovitch comme ancien cas social et repris de justice, Avioutskii répond « qu’il faut relativiser les deux condamnations à la prison ferme de sa jeunesse, car la justice soviétique anti-démocratique livrait des sentences disproportionnées ».

Alexandre Del Valle pour France Soir le 15 février 2010
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 12:20

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del-valle.jpg Le 29 janvier, cinq jours après avoir menacé les Etats-Unis de nouvelles attaques terroristes, Oussama Ben Laden refait parler de lui en devenant le champion de la lutte contre le réchauffement climatique.


Dans son dernier discours, Ben Laden dénonce « la responsabilité de toutes les nations industrialisées », dont les Etats-Unis, coupables de « ne pas avoir signé le protocole de Kyoto, afin de satisfaire les intérêts des grandes compagnies ». Démontrant qu’il n’est pas sensible qu’au vert de l’islam mais aussi au vert de l’écologie, le chef d’al-Qaida sait que derrière la carapace verte de l’environnementalisme peuvent se cacher des révolutionnaires rouges ou autres altermondialistes qui partagent une même haine du système capitaliste industriel occidental et des Etats-Unis.

Pour les séduire, Ben Laden propose ainsi de « boycotter le dollar et de s’en débarrasser, seul moyen de libérer l’humanité de l’esclavage de l’Amérique et de ses compagnies ». Cette nouvelle rhétorique « altermondialiste » a pour obectif de faire sortir al-Qaida de l’isolement, de séduire les anti-américains, anti-capitalistes et anti-israéliens du monde entier afin de créer un courant de pensée « anti-système » qui œuvre dans les médias et dans les débats intellectuels à relativiser, nier ou justifier la barbarie d’al-Qaida. Ce qui est déjà le cas de ceux qui nient le 11 septembre ou pensent que les islamistes sont les nouveaux révolutionnaires face au « néocolonialisme » de l’Occident.

En guerre contre l’Iran, le Hamas et le Hezbollah

D’où le fait que bien qu’étant l’ennemi du nationalisme palestinien, du Hamas et de l’Autorité palestinienne (al-Qaida plaide pour une Oumma islamique sans frontières), Oussama cherche aussi à apparaître depuis trois ans comme le meilleur défenseur du palestinisme, cause suprême des Arabes mais aussi des mouvements d’extrême gauche, des No Global et même des néonazis. Ainsi, le 24 janvier dernier, en revendiquant l’attentat manqué sur un avion de ligne américain le jour de Noël et en menaçant les Etats-Unis de nouvelles attaques « s’ils poursuivaient leur soutien à Israël », Ben Laden a voulu faire oublier que son organisation est en guerre contre l’Iran, le Hamas et le Hezbollah, soutiens des terroristes palestiniens les plus dangereux pour Israël.

Continuateur des révolutionnaires rouges d’antan et des totalitaires bruns des années 1930-1940, al-Qaida n’est ni écologiste (Ben Laden n’a jamais dénoncé le pétrole), ni propalestinienne (elle combat tout nationalisme qui divise la Oumma islamique internationale), ni même alliée des révolutionnaires rouges, qu’elle a combattus pendant la guerre froide. Son réel dessein de guerre est l’établissement d’un califat mondial régi par la lecture la plus totalitaire de la loi islamique (charia). Un ordre théocratique, réactionnaire et moyenâgeux dont les premières victimes sont les musulmans libres et que devraient combattre les progressistes du monde entier.

Nouvelle jacquerie mondiale contre l’Occident

Mais Ben Laden et son numéro deux et cerveau, Ayman Zawahiri, comptent sur la maxime : « L’ennemi de mon ennemi est mon ami. » Leur rhétorique « altermondialiste » a été lancée depuis 2005 afin de rallier tactiquement les opposants baasistes (ancien parti de Saddam Hussein) à l’occupation américaine en Irak. Dans plusieurs discours diffusés entre mars 2005 et mars 2007, Oussama courtisait ses anciens ennemis nationalistes arabes et de gauche. Le 14 mars 2008, il rendait hommage au célèbre intellectuel américain Noam Chomsky, militant d’extrême gauche trotskiste et anti-israélien. Il accusait déjà les pays capitalistes occidentaux d’être responsables du réchauffement de la planète et les Etats-Unis d’être coupables de « la mort et l’exode de millions d’êtres humains en raison du réchauffement en Afrique ». Objectif : prendre la tête d’une nouvelle Jacquerie mondiale contre l’Occident et l’Amérique.

Dans ce discours de mars 2008, qui marqua le plus important virage rhétorique d’al-Qaida, Ben Laden dénonçait, tel l’hôpital se moquant de la charité, « l’esclavage des moines, des rois et du féodalisme, le Moyen Age », invitant les Occidentaux à se « libérer du mensonge, des fers et de la pression du système capitaliste, qui transforme le monde en un fief pour les grandes entreprises, sous l’étiquette de la globalisation afin de protéger la démocratie »… Des appels révolutionnaires entendus par nombre d’extrémistes d’extrême gauche, d’extrême droite et anti-américains subjugués par ce discours anti-système total qui fait d’Oussama le nouveau « Che Guevara de l’islamisme ». Mais sur le marché de la haine anti-occidentale, Oussama le sunnite est concurrencé par Ahmadinejad le chiite, le président iranien décidé lui aussi à « réduire l’arrogance » américaine et à « rayer Israël de la carte »…

Alexandre Del Valle pour France Soir le 01er février 2010
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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 00:02

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del-valle.jpg Après plusieurs années de négociations qui ont permis à Téhéran de gagner du temps, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont lancé un ultimatum qui expire à la fin du mois. L’Iran pourrait se voir imposer des sanctions renforcées. Mais....


L’attentat mortel perpétré contre un scientifique iranien Massoud Ali Mohammadi, le 12 janvier dernier, est survenu dans le contexte tendu des répressions de manifestants antigouvernementaux puis des négociations entre Téhéran, les Six et l’Agence internationale de l’énergie atomique autour du nucléaire iranien. Rappelons que Mohammadi enseignait à l’université de Téhéran, point de ralliement des jeunes dénonçant la réélection frauduleuse du président Ahmadinejad en juin dernier et son nom figurait sur la liste des 240 universitaires soutenant le leader de l’opposition, Mir Hossein Moussavi. L’attribution de l’attentat à l’opposition « liée à Israël et aux Etats-Unis » est selon Téhéran d’autant plus absurde que le scientifique n’était pas un pilier du programme nucléaire militaire iranien. Mais pour Téhéran, qui refuse d’y renoncer, l’attribution de l’attentat à l’opposition permet de présenter cette dernière comme complice des Occidentaux « complotant contre l’Iran ».

Introuvables sanctions

Après plusieurs années de négociations qui ont permis à Téhéran (et à la Corée du Nord avant lui) de gagner du temps, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne (« groupe des volontaires ») ont lancé fin décembre un ultimatum (expirant fin janvier) menaçant l’Iran de sanctions renforcées en cas de refus du plan prévoyant la livraison du stock d’uranium iranien en échange de l’enrichissement à 20 % à des fins civiles par la France via la Russie.

En guise de réponse, Ahmadinejad a lancé un ultimatum à l’Occident, sommé de « rectifier son approche », avertissant que l’Iran enrichirait l’uranium sur son sol. A la suite de cela, le président américain, Barack Obama, et le président français, Nicolas Sarkozy, ont menacé Téhéran de nouvelles sanctions indépendamment de la future décision des Six, paralysée par la division entre, d’une part, la ligne russo-chinoise favorable au dialogue et réticente aux sanctions et, de l’autre, la ligne des « volontaires » (France, Etats-Unis, Angleterre, Allemagne) favorable aux sanctions renforcées.

Embargo sur l’essence

Ceux-ci se sont d’ailleurs réunis avant la rencontre officielle des Six à New York samedi, peu après que la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a envisagé des sanctions contre l’élite dirigeante iranienne. Les sanctions concernent les secteurs nucléaire et balistique iraniens et elles pourraient s’élargir au secteur bancaire, aux transports, aux visas et à un embargo sur l’essence.

La récente loi américaine sanctionnant les entreprises investissant dans le secteur énergétique iranien va dans le même sens, mais implique une action en dehors des Nations unies, dont les dernières sanctions votées contre Téhéran remontent à mars 2008. En fait, tout nouveau vote de sanctions par l’ONU est rendu difficile par la Chine, qui veut préserver son allié et fournisseur de pétrole iranien, vital pour sa croissance. Certes, lors de la rencontre des Six, samedi dernier, des nouvelles sanctions ont bien été évoquées. Et la France entend faire accepter leur renforcement en février, lorsqu’elle présidera le Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui favoriserait aussi une décision des 27 lors d’un Conseil européen de mars.

Parallèlement, Moscou, qui se rapproche de l’Occident, n’exclut plus les sanctions renforcées, tout en défendant la doctrine officielle des Six, jusqu’à présent fondée sur le « deux voies », c’est-à-dire l’alliance de menaces de sanctions et du dialogue avec Téhéran. Mais la Chine fait tout pour retarder la réunion des directeurs politiques des Six, prévue fin janvier. Soutenue par la majorité des pays du tiers-monde – groupe des non-alignés et Organisation de la conférence islamique (OCI) –, elle s’oppose aux sanctions et n’appliquerait pas un embargo sur l’essence pour ne pas compromettre son alliance vitale avec Téhéran.

Frappes militaires

D’ailleurs, le fait que Pékin ait envoyé un diplomate de second rang à New York (Kang Yong) samedi, alors que les autres pays y ont mandaté des diplomates de haut rang, est riche d’enseignements. Ainsi, en absence de frappes militaires – certes non exclues par les Etats-Unis et Israël si l’Iran acquiert l’arme atomique –, tout semble confirmer l’inévitable accès de l’Iran à cette arme stratégique dans moins de deux ans. Ce qui annonce une prolifération nucléaire dans toute la région, à commencer par les pays inquiets des agissements iraniens chiites (Arabie saoudite, Egypte), mais aussi ses complices comme la Turquie ou la Syrie…

Alexandre Del Valle pour France Soir le 26 janvier 2010
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 10:56

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del-valle.jpg Malgré les attaques médiatiques et judiciaires, le "Cavaliere" est plus populaire que jamais en Italie.


Moins d’un mois après l’agression de Silvio Berlusconi (13 décembre dernier) qui lui a coûté deux dents, une fracture du nez et une blessure à la lèvre supérieure, le président du Conseil italien a gagné trois points dans les sondages, frôlant la barre des 50 %, contre à peine 41 % pour la gauche, selon des sondages récents.

Ainsi, le Peuple des libertés ou PDL, son parti, sortirait vainqueur de n’importe quelle élection aux côtés de ses alliés, même face à une super-coalition incluant la gauche et des partis de centre droit (1). La remontée de Berlusconi arrive à point nommé, après des mois de polémiques graves autour de scandales sexuels et d’accusations médiatico-judiciaires parfois grotesques de corruption et « complicité avec la mafia »…

Vice-président du Centro nazionale della ricerca (le CNRS italien), le professeur Roberto De Mattei, ancien conseiller du ministre des Affaires étrangères et politologue italien de renom, explique que « la popularité de Berlusconi a augmenté après l’agression en raison d’une sympathie instinctive et de sa réaction sage de refus de l’escalade puis de dialogue avec l’opposition, alors même que l’agression est la concrétisation d’une longue campagne de haine contre lui.

Silvio Berlusconi est également apprécié pour ses réalisations concrètes : « La crise économique est moins grave et a été mieux gérée en Italie que dans d’autres pays, notamment grâce au ministre Giuglio Tremonti, qui l’avait prévue et qui avait pris des mesures anticipées. Concernant le tremblement de terre de L’Aquila en 2009 (2), Berlusconi s’est personnellement impliqué dans la reconstruction qui fut rapide et bien plus efficace que ce que l’on aurait attendu de la classe politique italienne. »

Constatant l’affaiblissement de la gauche, autre facteur de succès de Berlusconi, Roberto De Mattei rappelle que « le leader officiel de la gauche, Bersani (3), certes raisonnable, est dépourvu de charisme et ne parvient pas à conquérir la base ».

Ainsi, le vrai adversaire de l’opposition anti-Berlusconi est aujourd’hui le juge Di Pietro (4), qui adopte au contraire une position antagoniste très virulente ». En cherchant à « couper le pays en deux, Di Pietro s’est attiré les sympathies des groupes de gauche anti-Berlusconi les plus radicaux, mais ses effets de tribune et ses propos incendiaires font peur ».

Concernant l’après-Berlusconi (qui a déjà 72 ans), deux candidats se sont déjà déclarés : Pier Ferdinando Casini, président de l’Union du centre (UDC), extérieur à la majorité gouvernementale, et Gian Franco Fini, président du Parlement, membre du PDL, ex-leader d’Alleanza nazionale, mais rival interne de Berlusconi.

« Pour le moment, le PDL n’a pas désigné de successeur, car Berlusconi est encore fort et présent, explique De Mattei. La faiblesse de Fini et de Casini réside dans leur choix de gouverner au centre et de s’allier à la gauche, car le système politique italien est désormais bipolaire et cette option n’enthousiasme pas. »

Pour De Mattei, le successeur de Berlusconi ne sera « ni l’un ni l’autre, mais plutôt quelqu’un comme Giuglio Tremonti. Certes, ce dernier a des ennemis, il n’est pas un homme de parti et n’a pas encore le charisme d’un leader du centre droit. Mais il est à la fois compétent, situé clairement dans un camp, et surtout proche de la Ligue Nord, sans laquelle la droite ne peut gagner ».

N’oublions pas que si la Ligue du Nord est mal vue en France et à l’étranger, considérée comme un parti populiste anti-immigré, assimilé à l’extrême droite, elle est le pivot électoral de toute majorité de centre droit en Italie, détient des portefeuilles gouvernementaux importants comme celui du ministère de l’Intérieur (Roberto Maroni) et demeure incontournable. Berlusconi l’apprit à ses dépens en décembre 1994 lorsqu’un désaccord avec la Ligue du Nord fit tomber son premier gouvernement de coalition…

Alexandre Del Valle pour France Soir le 11 janvier 2010

(1) Le centre droit, constitué notamment du Peuple des libertés et de la Ligue du Nord, friserait les 50 % en cas d’élection, tandis que le Parti démocrate (gauche), même allié à l’Union du centre ou à Gianfranco Fini, n’atteindrait pas plus de 41.9 %.

(2) Silvio Berlusconi s’impliqua personnellement en faveur du relogement des victimes du tremblement de terre de L’Aquila en 2009. On dit qu’il resta éveillé pendant 44 heures.

(3) Pier Luigi Bersani est secrétaire général du Parti démocrate, créé en octobre 2007 pour fusionner différents partis de gauche et du centre.

(4) Antonio Di Pietro fut à l’origine de l’opération anticorruption « Mani pulite » (« mains propres ») qui bouleversa la classe politique italienne dans les années 1990. Il est aujourd’hui président du mouvement anticlérical et anticorruption Italie des valeurs.
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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 21:00
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del-valle.jpg Après l’enlèvement de deux journalistes francais en Afghanistan, puis l’assassinat de deux Américains de la CIA, al-Qaida et les talibans réagissent à la nouvelle stratégie anti-talibans américaine dans la région.

Les événements survenus ces dernières semaines en Afghanistan et au Pakistan sont à remettre dans leur contexte géostratégique global. Naguère zone de refuge des talibans et d’al-Qaida, la zone tribale pachtoune du Waziristan (2), située au nord-ouest du Pakistan à la frontière de l’Afghanistan, où se cachent Ben Laden
 et ses alliés talibans, s’est embrasée comme jamais depuis que le Pakistan a engagé en octobre 2009 une vaste offensive terrestre contre les talibans dans le Waziristan du Sud, fief du mouvement des talibans pakistanais (TTP), allié d’al-Qaida. En réaction, ils ont revendiqué
l’attentat suicide du 1er janvier dans le village de Shah Hasan Khel, au Pakistan, dans lequel 99 civils pakistanais assistant à un match de volley-ball sont morts. Rappelons que les
 attentats suicides ont déjà tué 2.800 personnes depuis deux ans et demi.

De l’autre côté de la frontière, en zone tribale d’ethnie pachtoune, les talibans afghans et leurs alliés du Hezb Islami de l’ancien Premier ministre afghan pachtoun (3) Gubuldin Hekmatyar, opposé au président Hamid Karzai, réagissent de
façon similaire à la décision (sur pressions américaines) de Karzai d’attaquer les bastions talibans, puis surtout à l’opération Cobra’s Anger (4), engagée début décembre par l’US marines dans la province d’Helmand. Il s’agit là en fait de la première action d’envergure de l’état-major américain contre
les talibans afghans depuis l’annonce de l’envoi de renforts militaires supplémentaires en Afghanistan, décidé par le président Barack Obama (30.000 soldats américains supplémentaires et 7.000 autres soldats européens et occidentaux annoncés).

Créer une situation de terreur

Ce renfort des troupes américaines et occidentales et la nouvelle stratégie de l’armée américaine inspirée du « Surge » irakien en 2007 inquiète sérieusement les talibans et
al-Qaida. En réaction, ces derniers tentent de créer une situation de terreur similaire à celle qui paralysa les troupes américaines au Liban en 1983 suite aux attentats suicides massifs. D’où la récente attaque suicide dans lequel sept agents de la CIA en Afghanistan ont été tués. Il est donc à craindre que la vague d’attentats contre les « forces d’occupation » et leurs alliés « traîtres » musulmans s’intensifie dans les prochains mois.
 Mais il est également indéniable que les talibans n’ont jamais été autant mis en difficulté.

La stratégie de renfort de troupes et d’opérations terrestres combinées à des alliances tactiques avec des tribus locales retournées et des soldats locaux, qui fonctionne en Irak depuis 2007, sera-elle victorieuse en Afghanistan et au Pakistan ? Tout dépendra de la réaction des gouvernements
américains et alliés face à une dérive « à la libanaise », au cas où les talibans intensifient la vague d’attentats déclenchés ces dernières semaines contre des civils et des militaires américains.

Alexandre Del Valle pour France Soir le 04 janvier 2010

(1) Now Zad, ou Nawzad est une localité peuplée également de Pachtounes, dans la province de Helmand, bastion des talibans et l’une des 34 provinces d’Afghanistan, au sud-ouest du pays. Le Now Zad est aussi la plus importante zone de production d’opium (42 % de la production mondiale).

(2) Le Waziristan, bastion d’al-Qaida et des talibans, est une région montagneuse du nord-est du Pakistan, frontalière de l’Afghanistan. Elle est peuplée de Pachtouns. L’armée pakistanaise et les Etats-Unis y livrent une guerre contre les chefs tribaux talibans hébergeant les membres d’al-Qaida insurgés depuis leur défaite en Afghanistan fin 2001.


(3) Les Pachto, ou Pachtounes, sont un peuple parlant une langue du groupe perse-iranien. Les Pachtounes, organisés en tribus islamiques fermées et rigoristes, sont l’ethnie majoritaire en Afghanistan (le pachto est la langue administrative du pays) et ils sont 45 millions de locuteurs au Pakistan. Les tribus pachtounes réparties des deux côtés de la frontière sont liées entre elles, d’où le refuge au Waziristan (Pakistan) des talibans afghans renversés en 2001 par les Etats-Unis.


(4) L’opération « Cobra’s Anger », réalisée par un millier de marines, 150 hommes de l’armée afghane et des forces spéciales occidentales, vise à en finir avec le bastion taliban de Now Zad, seconde ville du Helmand (30.000 habitants), devenue ville fantôme à cause des combats.
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Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /2009 19:10
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del-valle.jpg Au moment où les Etats-Unis votent une loi sanctionnant les entreprises étrangères exportant de l’essence vers l’Iran, Téhéran va-t-il renoncer à son programme nucléaire ?

Dans quelques jours, expirera le délai fixé (fin décembre 2009) par l’administration américaine concernant le dossier
nucléaire iranien. Une échéance qui arrivera deux semaines après l’adoption (15 décembre) d’un projet de loi (412 voix contre 12) par la Chambre des représentants américaine qui vise à sanctionner les entreprises livrant de l’essence à l’Iran. Pour être effective, cette loi devra être adoptée au Sénat (fin janvier 2010), puis par le président américain Barack Obama : « La perspective d’un Iran ayant l’arme nucléaire est le défi stratégique le plus grave et le plus urgent auquel les Etats-Unis aient eu à faire face », a déclaré Howard Berman, le président de la commission des Affaires étrangères.

En fait, le vote de cet embargo emboîte le pas à la prochaine réunion du groupe des six (5 + 1) et de l’Agence internationale de l’énergie atomique, prévue fin janvier 2010, qui sera consacrée aux sanctions susceptibles de bloquer le projet de nucléaire iranien. Si les sanctions votées jusqu’à présent n’ont pas été efficaces, celle d’un embargo sur l’essence pourrait porter un coup dur à la République islamique, dépourvue d’infrastructures de raffinage du brut et obligée d’importer 40 % de son essence pour sa consommation domestique. L’embargo sur l’essence provoquerait non seulement une hausse des prix du pétrole en
Iran, mais peut-être même un soulèvement populaire de nature à renverser le régime et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Ainsi, la perspective de la confirmation du vote sanction par le Sénat prévue fin janvier 2010, semble déjà avoir eu un effet : pour la première fois depuis des mois, le régime iranien a fait part de son intention d’accepter la proposition d’un transfert vers l’étranger d’une partie de son stock d’uranium enrichi contre du combustible nucléaire fabriqué par des Français et des Russes. Mais il n’a accepté d’en transférer que 30 %, ce qui lui laisserait théoriquement assez de stocks pour poursuivre un programme d’enrichissement menant à l’arme atomique…

Tout dépendra en fait de l’attitude des gouvernements russe et chinois, moins opposés que jadis à l’idée de sanctions renforcées, même si les propos plus conciliants de Pékin et Moscou envers les propositions occidentales sont régulièrement démentis à Moscou et à Pékin… Si Moscou semble se rapprocher de la position occidentale, Pékin n’a pas encore dit son dernier mot. La Chine reçoit entre 11 et 15 % de son pétrole importé d’Iran et y a beaucoup d’intérêts économiques. Contrairement à la Russie, qui a des réserves d’hydrocarbures importantes, la Chine a besoin, pour son développement économique, du gaz et du pétrole iranien, qu'elle aide en échange à raffiner. Elle peut, en fonction de ses intérêts, faire échouer ou aboutir des sanctions réellement efficaces contre Téhéran, et donc empêcher ou permettre à l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.

Chronologie des récentes négociations

4 octobre 2009. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) estime que Téhéran a suffisamment d’experts et de connaissances pour fabriquer seul une bombe atomique.

18 octobre 2009. Réunion à Vienne des experts autour des modalités d’accord entre l’Iran et les six pays (5 + 1) chargés des négociations (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne France, et Allemagne) sous l’égide de l’AIEA.

26 octobre 2009. Téhéran se dit prêt à livrer à l’étranger et à faire raffiner une partie de son uranium faiblement enrichi dans le cadre d’un accord international.

18 novembre 2009. Téhéran refuse de transférer à l’étranger son uranium.

27 novembre 2009. Résolution de l’AIEA condamnant l’Iran pour son programme nucléaire et demandant la suspension de la construction du site nucléaire de Fordo, près de Qom.

15 décembre 2009. Adoption par la Chambre des représentants des Etats-Unis d’un projet de loi sanctionnant les entreprises internationales investissant plus de 20 millions de dollars dans des projets pétroliers et gaziers en Iran. La loi vise notamment le français Total et l’anglais BP.

Alexandre Del Valle pour France Soir le 28 décembre 2009
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 00:22
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del-valle.jpg L'affaire des Minarets suisses, comme avant elle les désormais célèbres "affaires du voile", ou affaires des "caricatures de Mahomet", sans oublier le discours du Pape à Ratisbonne en 2006, ont toutes en commun de relever de l'islamiquement correct, version la plus radicale et la plus nettement anti-occidentale du Politiquement correct.

On peut définir cette idéologie moderne invalidante comme un "système d'autodénigrement et de culpabilisation de masse", un "virus collectif d'auto-destruction et d'auto-flagellation" qui a comme caractéristique, comme tous les virus, de prospérer sur un terrain favori. Ce terrain est en l'occurrence celui de la civilisation judéo-chrétienne, dont la plus belle des qualités - la propension à pratiquer l'autocritique, à reconnaître ses fautes collectives et individuelles, et à pratiquer l'introspection et l'altruisme - est devenue sa principale faiblesse, peut être même sa maladie mortelle, depuis que ce sentiment de faute judéo-chrétien a été subverti et retourné contre l'Europe et l'Occident "impérialiste", coupables de tous les maux de la terre, dans le but de détruire son système de défense immunitaire et de provoquer une forme de suicide collectif expiatoire. En termes plus simples, si l'homme a par l'instinct de survie collective plutôt tendance à défendre son propre camp (Kipling disait: "my country right or wrong"), l'idéologie du politically et de l'islamically correctness, qui trouve cela obscène, renverse totalement ce principe de Kipling au profit du suivant: "notre camp a tort quoi qu'il fasse", pour la bonne raison que l'Occident est mauvais par nature et coupable par essence, et qu'il doit répondre de ses fautes passées et présentes, dont les autres sont tous les victimes.

L'objectif du Politically correctness est en fait la destruction, ou plutôt l'auto-destruction du camp judéo-Chrétien-Euro-occidental dans toutes ses variantes (nations européennes, Amérique, Alliance Atlantique, Israël, Sionisme, etc), assimilé au Mal, et devant donc disparaître tôt ou tard dans une sorte d'expiation cathartique collective ou rédemption lugubre. Cette idéologie d'autodestruction et de haine de Soi (la haine de soi n'est pas plus louable que celle envers l'Autre) vise en fait à réprimer l’identité euro-occidentale-judéo-chrétienne - et elle seule - au nom de la lutte contre les "racismes", contre "l'islamophobie" et contre toutes les intolérances, dont la faute n'incomberait de toutes façons qu'au peuple euro-occidental. D'où le fait que l'on parle des minarets suisses interdits mais jamais des lieux de cultes chrétiens ou hindouistes totalement interdits en Arabie saoudite ou au Pakistan. D'où le fait que lorsque la Turquie néo-islamiste et négationniste donne des leçons de morale au "club chrétien européen à propos du discours du Pape Benoist XVI, des caricatures ou des Minarets suisses interdits par référendum, aucun leader européen n'ose rappeler au Premier ministre Recep Taiyyp Erdogan que, dans son pays, non seulement de nombreuses églises orthodoxes, protestantes ou catholiques sont interdites, fermées ou transformées en mosquées, mais on tue régulièrement des Chrétiens, dont des prêtres et des pasteurs, puis on continue à nier le premier génocide du XXème siècle, celui des Chrétiens arméniens et assyro-chaldéens...

La logique du sens unique...

Comme tout système masochiste ou autodestructeur, le Politiquement et l'islamiquement corrects défendent la liberté de culte et d'expression sans limites pour les prosélytes islamistes en terre occidentale mais renonce à exiger la réciproque, au nom d'une "politique d'apaisement", pour les non-musulmans persécutés en Terre d'Islam. En toute logique unilatérale, les adeptes ou victimes de l'Islamiquement correct s'indignent avec véhémence au moindre minaret refusé (même par référendum) dans un pays démocratique (la Suisse) accordant par ailleurs tous les droits aux musulmans et même aux islamistes anti-occidentaux (centre islamique de Genève des Frères Musulmans dirigé par Hani et Tarik Ramadan , qui prônent depuis des décennies le refus de l'intégration ; Al TAqwa Bank de Lugano, impliqué dans le financement des attentats du 11 septembre, etc), alors même qu'ils restent sourds au sort tragique des Chrétiens, Juifs, Animistes et "mauvais(es) musulman(es)" privés de liberté d'expression et de culte en terre islamique (Dar al islam): Sud Soudan, Arabie Saoudite, Pakistan, Turquie, Afghanistan, Bengladesh, etc.
Dans la même logique, l'islamiquement correct européen postule que les violences racistes occidentalophobes, christianophobes, judéophobes, negrophobes, gallophobes ou encore israélophobes, des "victimes" musulmanes ou du tiersmonde colonisé, sont "compréhensibles" , et "pardonnables", dans la mesure où la "violence originelle", la "responsabilité première" des ces haines seraient à rechercher dans les Croisades, la Reconquista, la Colonisation, l'Impérialisme, puis dans le Sionisme et le droit-de-l'hommisme, ses derniers avatars. Selon cette vision manichéenne du monde, les égorgeurs islamistes, les auteurs de "crimes d'Honneur, comme les racistes black Muslims anti-blancs ou encore les terroristes palestiniens du Hamas ou libanais chiites du Hezbollahis (comme Jadis les partisans de Khomeiny contre le Shah pro-occidental soutenus par toute la Gauche) ne feraient que "réagir" à la violence causale première de l'Homme occidental. Celui-ci est de la sorte devenu le nouveau Bouc-émissaire des Nations islamiques et du Tiersmonde revanchard. La cible de toutes les frustrations et haines revanchardes des Perdants radicaux qui rejettent la cause ou faute de leurs échecs sur l'épouvantail facile et éternel de l'Occident judéo-chrétien croisé et colonialiste.

Encore dans la même logique unilatérale, ceux là-mêmes qui se félicitent, au nom de la laïcité, de la décision de la Cour européenne de Strasbourg d'exiger le retrait des crucifix des écoles italiennes ou suisses, s'opposent violemment aux lois contre le voile islamique ou l'interdiction d'imposants Minarets pourtant rendus ni obligatoires par le Coran ni nécessaires pour prier, mais de tout temps signes de la puissance de l'Islam politique et non de la foi.

Du Bon Colonialisme : panarabisme et panturquisme

"Ce qui est valable pour moi, ne l'est pas pour toi, car tu as tort par principe". Telle est la base psychologique de l'axiome premier de l'islamiquement correct, tel que le coupable occidental doit le comprendre. Selon ce postulat, la civilisation occidentale devrait absolument et toujours (sans prescription) s'excuser pour les Croisades, l'expulsion des Arabes d'Espagne au XVème siècle (idéologie officielle d'un certain Zapatero en Espagne, grand amateur de Minarets et de Turquie dans l'Europe), le colonialisme ou l'impérialisme contemporain. Mais au même moment, les nostalgiques des conquêtes arabes et des califats islamiques auraient raison d'exprimer leur fiereté coloniale et impériale y compris à la face de leurs anciens colonisés d'Europe du Sud. C'est ainsi que les idéologues de l'islamiquement correct vantent sans complexe les bienfaits de la colonisation passée de l'Europe par l'Islam conquérant, tant arabe, berbère que turco-ottoman, alors qu'ils seraient prêts à fusiller ou à lyncher tout nostagique de l'Algérie française ou des Croisades. Mieux, l'Occident coupable devrait vanter tout bonnement la "supériorité" de la civilisation arabo-turco-islamique, à laquelle tout serait dû et sans laquelle il n'aurait connu ni Aristote, ni les mathématiques ou l'algèbre, tandis que les Empires Arabes et les Turcs qui ont occupé l'Europe et le Proche-orient auraient le droit de critiquer et de dénigrer continuellement une civilisation occidentale chrétienne passée, "arrogante" et "barbare". Selon cette vulgate, l'Europe ne serait d'ailleurs sortie de l'obscurantisme et du sous-développement moyennageux que grâce à la "transmission des sciences philosophiques et mathématiques" grecques par les "libérateurs et traducteurs arabo-musulmans" de la Connaissance. C'est ainsi qu'en France et en Espagne notamment, l'on enseigne désormais aux jeunes étudiants que l'Europe devrait carrément "remercier" Arabes et Turco-ottomans d'avoir pris par l'épée - et "pour le bien de l'Humanité et de la Science", l'empire byzantin, l'empire perse, le Maghreb, l'Espagne, la Sicile et les Balkans, où ils auraient refait vivre la Science, les Arts, la philosophie et les Lettres oubliées des Anciens. En effet, nos professeurs islamiquement corrects ou ignorants de l'Histoire, aux ordres des pouvoirs temporels qui cèdent aux pressions des pays producteurs de pétrole ou clients de nos grandes industries, vont jusqu'à nous expliquer que sans cette "transmission" de la science par les Musulmans, sans le rôle de traducteurs "islamo-éclairés" des oeuvres grecques, indiennes ou perses que l'Europe médiévale obscure aurait dénigré, nous n'aurions pas pu poser les jalons de la Modernité et de la science moderne. Bref, la Renaissance n'aurait pas eu lieu et sans les "bons" occupants arabo-turcs "éclairés" et tolérants, amoureux des sciences, l'Europe et l'Occident seraient encore plongés dans la barbarie et l'ignorance.

Régression philosophique et juridique : la responsabilité collective et la faute imprescriptible

Contredisant les convictions les plus nobles de la pensée juridique et philosophique de l'Occident moderne, qui rejette toute responsabilité collective, tout racisme (à juste titre), toute hiérarchisation des hommes selon leur origines ethno-religieuses, et toute hérédité des charges et des fautes, l'islamiquement et le politiquement correct s soumettent l'Homo occidentalis à la responsabilité collective, à l'imprescriptibilité des fautes, et à la culpabilité héréditaire. En toute logique autoflagellatrice, les Occidentaux atteints par le virus de l'islamiquement correct défendent avec zèle le prosélytisme et l'orgueil impérial des nostalgiques des Califats arabes et turcs alors qu'ils exigent la repentance pour l'équivalent occidentalo-chrétien. Enfin, ceux-là mêmes qui hurlent halte à "l'amalgame" lorsque l'on interpelle, non pas les Musulmans (nos compatriotes et frères en Humanité) mais l'Islam (comme système politico-religieux critiquable comme tout autre) au sujet des violences commises en son nom, sont les premiers à faire l'amalgame sans scrupules et nuances lorsqu'ils dénoncent le "Club chrétien" que serait l'Union européenne (pourtant plutôt devenue post-ou même anti-chrétienne) et qui "humilierait les Turcs" en leur refusant les portes de l'Europe. Ils sont également les premiers à pratiquer l'amalgame et l'auto-racisme en vantant le Moyenage islamique tout en diabolisant le Moyennage chrétien, réduit à sa seule dimension catholique-croisée, obscurantiste et guerrière, caricaturant ainsi dans un même bloc noirci dix siècles faits de tant de contrastes culturels et géographiques.

Ainsi, se faisant plus royalistes que le roi, les pourfendeurs zélés de "l'islamophobie" (concept forgé par la République islamique iranienne dans le contexte du livre "blasphématoire" de Slamna Rushdie dans les années 90 pour tester les réactions de faiblesses de l'Occident) n'ont pas été culpabilisés le moins du monde en pratiquant au sujet de l'Occident chrétien, en l'occurrence de la Suisse, des amalgames frisant parfois le racisme: hier les Serbes tous tueurs de musulmans et suppots de Milosevic, plus récemment les Américains et les Israéliens tueurs d'Irakiens et de Palestiniens musulmans, aujourd'hui les Suisses tous "islamophobes" et collectivement coupables d'être "racistes", "intolérants", "populistes", "repliés sur eux-mêmes", voire complices de l'extrême-droite xénophobe", etc". Etonnamment, lorsque des attitudes réellement racistes sont cette fois-cio exprimées officiellement par la Libye des père et fils Khadafi - qui ont ces derniers mois appelé au "démentèlement de la Suisse" - ou lorsque les dirigeants turcs nient le génocide arménien et fustigent les complots ourdis par les Kurdes, dont le parti officiel vient d'être interdit, ou lorsque M. Erdogan parlé des "complots médiatiques" des Juifs du monde entier "complices du génocide des Palestiniens" à propos de Gaza, ou encore lorsque ce même Erdogan nie (dernier sommet de l'OCI, novembre 2009) le génocide perpetré au Soudan au motif "qu'un musulman (nécessairement parfait et innocent) ne peut pas commettre de génocide", aucune voix politiquement correcte et habituellement si "vigilante" ne se fait entendre et rappelle que l'appartenance à une race ou à une religion ne justifie ni n'accuse personne en soi.

Coupeurs de têtes et coupeurs de langue

L' islamiquement correct agit comme une "idéologie d'autodénigrement de masse" si puissante qu'elle semble avoir envahi l'essentiel du champ de conscience identitaire inversé des élites européennes et américaines (Obama est un champion du mythe de la "Science arabe" et islamique et de "l'Andalousie musulmane tolérante", voir son célèbre discours du Caire). Elle semble être devenue en matière culturelle, l'idéologie officielle de l'Union européenne, du Conseil de l'Europe et des Nations Unies, qui prônent un "Dialogue des civilisations" (certes louable), étrangement conçu à sens unqiue au profit surtout du tiersmonde islamique et revanchard dont on cherche à "calmer la colère" par une politique d'apaisement et en vantant la "gloire passée" de l'islam, ce qui n'aide pas, hélas, le monde islamique à se remettre en questions, bien au contraire.

Les professions de foi islamiquement correctes vont parfois jusqu'à la caricature et l'absurde, si l'on se réfère à des chefs d'Etat occidentaux comme l'espagnol José Luis Zapatero qui, par rejet de l'Espagne catholique de Franco, dénonce les Rois catholiques espagnols dans un élan moralisateur anachronique (car tout le monde était "barbare selon les critères actuels à cette époque, y compris les Califes très ismamiques) et surtout se fait nostalgique de l'époque durant laquelle son propre pays était colonisé et occupé par les Califats sunnites berbéro-arabes. Dans le même temps, et comme l'explique bien l'eurodéputé italien d'origine égyptienne Magdi Cristiano Allam, la Terreur néo-totalitaire instaurée en Occident par les "coupeurs de têtes" d'Al QAîda ou autres salafistes islamo-terroristes alimente la terreur psychologique et juridique instaurée par les "coupeurs de langue" , nouveaux censeurs luttant contre l"'Islamophobie" à coups de procès, de "scandales" et de lynchages médiatiques. Tous deux concourent aussi efficacement - avec maintenant les pressions économiques, commerciales, pétrolières et financières (banques islamiques) des pays islamiques - à faire taire les derniers récalcitrants (musulmans libres ou suspects non-musulmans) qui oseraient défier le nouveau coeur vert du Politiquement correct.

Le tabou est devenu insupportable

Mais cette idéologie d’autoflagellation qui culpabilise jusqu'à la dépression profonde les Occidentaux dans leur légitime sentiment de frustration identitaire et dans leur crainte vis-à-vis d’un Islamisme politique conquérant est de plus en plus rejetée parmi les masses et les électeurs exaspérés et en demande d’identité. La meilleure preuve en a été en France le débat sur l'identité nationale lancé par l’UMP et par le Président de la République française, cas unique en Europe.

Solidaires des électeurs suisses qui ont osé voter non pas contre l'Islam ni contre les Mosquées et encore moins contre les Musulmans, mais contre le prosélytisme conquérant des Minarets, des millions d’Européens craignent aujourd'hui un Islamisme politique arrogant (terme d'habitude utilisé uniquement à propos des dirigeants américains et israéliens) et souvent menaçant, même en l'absence d'attentats, car les simples discussions sur un "moratoire en matière de lapidation", sur le "droit à porter la Burqa", ou sur la "pénalisation juridique du blasphème" (idée portée par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU et la très officielle Organisation de la Conférence islamique) font froid dans le dos de Voltaire et de Marianne.

Mais les nouveaux censeurs islamiquement corrects ont commis une erreur en pratiquant continuellement le "deux poids deux mesures", et en donnant le spectacle de l'injustice et de l'inégalité de traitements. Ils se sont discrédités et ont délégitimé leurs postulats faussements humanistes et universalistes en tolérant la même intolérance chez l'Autre islamique essentialisé (donc nié comme individu) qu'il blâment chez l'Européen culpabilisé. Ils se sont trop contredits en condamnant la décision suisse sur les minarets, les caricatures de Mahomet ou les dsicours du Pape, tout en étant indifférents au sort des Chrétiens menacés dans les pays islamiques, y compris dans la Turquie d'Erdogan qui a critiqué avec virulence le vote suisse alors que son pays refuse de réouvrir le séminaire orthodoxe de Halki, fermé depuis 1974, de reconnaître le génocide des Arméniens, ou même simplement d'accorder un statut aux catholiques et aux Protestants ou de rendre les biens confisqués depuis des décennies aux Juifs et aux Chrétiens...

L'absence de réciprocité entre les pays islamiques, qui réclament tous les droits pour les Musulmans en Europe, même islamo-conquérants, sans accepter les devoirs d'intégration pourtant non-négociables en échange, mais qui n'en accordent quant à eux aucun à leurs minorités non-musulmanes bafouées parce qu'il ne connaissent pas le sentiment de mauvaise conscience et le principe d'égalité, a fini par déclencher un vif sentiment d'exaspération chez les "Européens lambdas" qui se sentent abandonnés et trahis par leurs élites déconnectées des réalités quotidiennes et qui prônent pour les autres un cosmopolitisme islamophile qu'ils n'appliquent pas à eux-mêmes dans leurs quartiers bourgeois blancs-européens hyper sécurisés.

Le rejet de l'idéologie d’autodestruction politiquement correcte est si général, l'exaspération si forte et le ras-le-bol si répandu au sein des masses européennes que le refus de la "repentance" est devenu un thème électoralement porteur. Un certain Nicolas Sarkozy l’a bien compris et rappelé depuis sa fulgurante ascension politique initiée autour de 2003. Celle-ci dut probablement encore plus qu'on ne le croit au thème du "refus de la repentance", continuellement martelé par le candidat à la présidence entre chaque rappel historique sur le passé chrétien de la France et de l'Europe. En fait, Nicolas Sarkozy ne faisait par là que répondre à une réelle "demande" d'identité et de pulsion de vie face à une culture de mort véhiculées par l'idéologie d'auto-destruction du Politiquement correct. Le 8 décembre dernier, il rappelait que la France doit pouvoir accepter, "au cas par cas", la construction de nouveaux minarets, mais que les musulmans doivent aussi quant à eux respecter à la fois le caractère laïc du pays et ses racines chrétiennes en se gardant de toute ostentation". Dans sa tribune publiée au journal Le Monde le 29 novembre, il y rendait hommage à la démocratie suisse, "plus ancienne que la nôtre", et stigmatisait "les réactions excessives, parfois caricaturales" que le vote a provoquées en France. "Les cultes doivent se pratiquer en France avec une "humble discrétion (...) chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation", ajoutait celui qui s'était prononcé à plusieurs reprises pour l'interdiction de la burqa en France. Le président demandait ainsi aux musulmans, sans ambiguité mais avec amitié, de "ne pas heurter, dans la pratique de leur foi, la tradition chrétienne" des Français". Des propos qu'un Jacques Chirac n'aurait jamais osé prononcé et que l'on avait plus entendus depuis le général De GAulle: " dans notre pays, où la civilisation chrétienne a laissé une trace aussi profonde, où les valeurs de la République sont partie intégrante de notre identité nationale, tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l'échec l'instauration si nécessaire d'un islam de France". Selon Nicolas Sarkozy, les Européens en général "ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés". Une fois de plus, on retrouve dans la pensée de Nicolas Sarkozy l’idée fondamentale chère au député européen Magdi Cristiano Allam, lui-même né musulman et d'origine égyptienne : aimer son pays n'est pas criminel ou "raciste".

Défendre ses racines et l'identité "judéo-chrétienne" de l'Europe ne signifie aucunement "exclure l'Autre", bien au contraire. Car nul ne peut prétendre être respecté et aimé d'autrui s'il ne s'aime pas et ne se respecte pas lui-même. On retrouve là un enseignement commun à la Torah juive et aux Evangiles chrétiens: "Aimes ton prochain comme toi-même". Comme nous l'avions écrit dans plusieurs tribunes du Figaro et professions de foi de la Droite Libre avec Rachid Kaci, il doit être clair pour tout le monde qu'en aucun cas nous ne pouvons accepter l'idée selon laquelle le fait d'intégrer l’Autre et de l'accepter implique de se désintégrer soi-même et de ne plus respecter sa propre culture ou son passé. Enfin, le Président Nicolas Sarkozy, adepte du "patriotisme intégrateur", a eu raison ces jours-ci, certes en période préélectorale, de rappeler que la concession de droits est liée au respects de devoirs, et que c'est à l’Autre de s’adapter à nos us et coutumes et à respecter nos règles et valeurs fondamentales, certes humanistes et valables pour tous, mais non négociables.

Alexandre Del Valle pour le blog.alexandredelvalle.com le 15 décembre 2009
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /2009 07:56

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Quelques jours après la première rencontre officielle de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avec la Haute représentante de l’Union européennne pour la PESC, Catherine Ashton : un bilan mitigé


La principale faiblesse de l’Union européenne réside depuis toujours dans l’absence de direction et d’interlocuteur unique. Cet obstacle majeur à sa crédibilité devrait avoir disparu avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, le 1er décembre dernier. Depuis la rencontre vendredi dernier entre Hilary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine, et Catherine Ashton, la Haut Représentant de l’Union européenne, les adeptes du célèbre stratège américain Henri Kissinger ne pourront plus ironiser sur « l’Europe, quel numéro de téléphone » ? Comme les Etats Unis, l’Union dispose désormais non seulement de l’équivalent d’un Super Ministre des Affaires étrangères, mais aussi d’un Président de l’Union européenne, le chrétien-démocrate Herman Van Rompuy. Mais la comparaison est purement nominale. Car dans les faits, le Traité de Lisbonne n’a pas trouvé la solution magique pour mettre fin aux faiblesses de l’UE : 27 langues différentes, 27 pays aux intérêts géopolitiques et histoires différentes ou opposés ; absence de défense et d’armée européenne réelles (la défense européenne dépend des moyens et décisions de l’OTAN, contrôlés par Washington) ; absence de stratégie économique offensive (ainsi, des pays d’Europe de l’Est ou le Royaume Uni achètent des équipements militaires ou industriels de haute technologie américains au détriment de la discipline européenne, etc.

Meilleure preuve que l’Union est loin d’être une Superpuissance parlant d’une voix unique : La Haute représentante anglaise de l’UE est sur une ligne complètement opposée à celle du Président de l’UE, le belge conservateur Van Rompuy. Les deux « têtes européennes n’ont aucune marge de manœuvre pour fixer un cadre stratégique pour l’Union. Et c’est à Bruxelles certes, mais dans le cadre d’une rencontre des Ministres des Affaires étrangères de l’OTAN et non de l’UE, qu’Hillary Clinton est allée consulter ses homologues nationaux allemands (Guido Westerwelle), anglais (David Miliband) et français (Bernard Kouchner) vendredi dernier, afin de régler l’épineuse question de l’envoi des troupes supplémentaires en Afghanistan. Rappelons que si le Président américain Barak Obama, réputé « pacifiste », a décidé l’envoi d’ici aout 2010 de 30 000 soldats supplémentaires, les 27 décideront peut être bientôt (le 28 janvier 2010 à Londres et non à Bruxelles !), d’entériner non pas une décision européenne mais celle du Secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, d’envoyer moins de 3500 hommes supplémentaires en Afghanistan… 

Alexandre Del Valle pour France Soir le 07 décembre 2009

Lexique : Qu’est-ce qui change avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne ?

- L’Union européenne a désormais une « personnalité juridique » : elle peut conclure des traités et elle est représentée par un Président du Conseil européen élu pour deux ans, et un Haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité (PESC), également vice-président de la Commisson,

- le Parlement européen acquiert plus de nouvelles compétences, notamment au titre de la procédure législative de « codécision » : asile, immigration, coopération policière et judiciaire, budget, contrôle aux frontières, sécurité, accords internationaux, etc).

-Les décisions du Conseil européen (qui incarne le pouvoir décisif des chefs d’Etats nationaux ou leurs ministres) ne sont plus majoritairement prises à l’unanimité comme avant (un seul Etat pouvait tout bloquer) mais à la majorité qualifiée (55 % des membres du Conseil, dont au moins 15 Etats et 65 % de la population de l’Union). Ainsi, en matière de coopération judiciaire et policière, la plupart des décisions sont prises à la majorité et non à l'unanimité,

- Pour la première fois, une « clause de sortie » permet aux Etats de sortir de l'Union,

- Le Traité de Lisbonne accorde des députés supplémentaires aux Etats (de 736 à 751), soit pour la France deux de plus, désignés actuellement parmi des députés nationaux et privés d’indemnité et de droit de vote.

- 1 million de citoyens européens peut inviter la Commission à présenter une proposition de loi.

-droits et obligations des parlements nationaux confortés (principe de subsidiarité),

-La Charte des droits fondamentaux acquiert une force juridique contraignante.

-La Banque centrale européenne (BCE) devient une institution de l'UE.

- La lutte contre le changement climatique acquiert un statut prioritaire.
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /2009 12:33
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Depuis le référendum sur les minarets tenu en Suisse, on entend s'élever partout en Europe et dans le monde des voix moralisatrices et islamiquement correctes qui condamnent non seulement la consultation populaire par laquelle les électeurs helvètes ont rejeté les Minarets mais aussi le peuple suisse souverain lui-même, accusé de faire le jeu des partis de droite populistes ou « racistes », d’être devenus intolérants et « islamophobes », etc, « rejeter l’Autre », de remettre en questions les droits de l’Homme, etc.

Quelques observations sur l’indignation à sens unique

La première observation que cet évènement médiatisé à outrance éveille en moi est la suivante : Lorsque le dictateur ou « Guide » de la Jamahariyya socialiste libyenne Muammar Khadafi et son fils ont appelé ces derniers mois à « démembrer la Suisse » (cf discours de Khadafi à l’ONU) ou de « d’atomiser puis rayer de la carte ce pays » (dixit Hannibal Khadafi) sous prétexte que la justice suisse a osé envisager d’appliquer la loi helvétique à Hannibal Khadafi qui avait séquestré et battu des employés de maison (il fut en fait libéré et le Président suisse en personne dut présenter ses excuses officielles…), AUCUNE des voix actuellement tant indignées à propos des minarets interdits en Suisse n’a osé s’élever contre l’une des grandes dictatures du monde, parraine de maints attentats, organisations terroristes et même complice du génocide des Chrétiens et musulmans du Soudan et du Darfour voisins. De même, et il ne s’agit pas là que de mots, lorsque chaque jour des Chrétiens d’Egypte, d’Irak, du Liban, du Soudan, d’Indonésie, du Pakistan et même de la soi-disant laïque et tolérante Turquie sont brimés, humiliés, persécutés ou assassinés par des groupes islamistes, nationalistes ou paragouvernementaux, nos indignés professionnels et autres « anti-racistes » de profession ne brillent pas particulièrement par leur réactivité. Curieusement, lorsque maintes dictatures rouges ou vertes (Cuba, Corée du Nord, Iran, Arabie saoudite, Pakistan, Zinbabwé, etc) trucident leurs minorités ethno-religieuses et les membres de l’opposition lorsque qu’elle peut encore s’exprimer, les médias et les autorités morales de la vieille Europe si vigilante par ailleurs en ce qui concerne les moindres réactions identitaires en Suisse ou en Italie (diabolisation du Gouvernement Berlusconi par exemple) ne bronchent pas.

La seconde observation que suscite en moi la désormais « affaire des minarets » - qui ne fait d’ailleurs que suivre celle des « caricatures » de Mahomet au Danemark, celle du « discours du Pape Benoist XVI à Ratisbonne » ou celle de la récente décision de la Cour européenne des droits de l’Homme de Strasbourg visant à interdire le crucifix dans les écoles italiennes - c’est la contradiction interne qui anime nos « indignés » sélectifs, qui se font laïques ou théocrates selon l’identité des croyants concernés. Leur indulgence et leur anti-laïcisme à l’endroit des Barbus mahométants et autres prosélytes islamistes ambitionnant d’empêcher l’intégration des jeunes musulmans au nom du repli communautaire, n’a en effet d’égal que leur intransigeance laïcarde anticléricale à l’endroit des Chrétiens. Ainsi, lorsque la Cour européenne des droits de l’Homme a condamné en novembre 2009 la présence de crucifix dans les écoles italiennes, ceux-là même qui crient à l’islamophobie à propos de l’interdiction des minarets en Suisse saluent – excepté le Vatican - la décision de retirer les crucifix dans les écoles publiques italiennes. Etonnamment, ce qui est légitime pour les croyants musulmans, c’est à-dire la progression publique de symboles politico-religieux conquérants de l’Islam théocratique (Voile islamique, Minarets, qui n’ont rien à voir avec les lieux de culte et le droit légitime à la pratique de la religion dans l’espace privé, aucunement menacé en Europe), ne le serait pas du tout pour les catholiques dans leur propre pays, même s’il s’agit de pays de tradition catholique forte ou concordataires comme l’Italie, la Pologne ou l’Irlande, qui ont d’ailleurs réagi ces dernières semaines face aux dérives christianophobes des lobbies islamophiles et laîcistes à sens unique. Mais la comparaison atteint ici ses limites, car ce qui a été refusé aux Italiens chrétiens – la présence de crucifix à l’école, symbole pacifique et que l’humanisme peut faire sien - est préconisé pour les associations islamistes qui veulent quant à elles, à travers d’imposants minarets, non pas témoigner d’une culture majoritaire fondatrice de l’identité nationale, mais démontrer que l’Islam conquérant progresse et domine en terre chrétienne alors que le prosélytisme chrétien est éradiqué, interdit ou persécuté partout en terre musulmane.

Curieusement donc, ceux-là même qui sont d’habitude les défenseurs des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes et du droit à la différence des minorités en terre européenne, entendent réprimer le droit des autochtones européens à défendre sur leur propre seul leurs racines judéo-chrétiennes, même laïcisées, sous prétexte que cela pourrait « heurter des minorités », ainsi que l’a stipulé la Cour de Strasbourg et ainsi que l’entendent les nouveaux censeurs islamiquement corrects.

Le zèle islamiquement correct des Européens dépasse désormais celui des pays islamiques

Troisième observation, je constate que les élites gouvernantes, intellectuelles et médiatiques européennes - en décalage total avec les populations qui ne supportent plus la culpabilisation et l’islamiquement correct, comme l’a compris le président Sarkozy au sein de la majorité en France, sont désormais devenus plus royalistes que le roi, plus islamiquement corrects et islamo-indignés que les Musulmans et certains pays islamiques eux-mêmes ! En effet, les pays musulmans ont plutôt assez peu réagi cette fois-ci, par rapport aux affaires passées des caricatures de Mahomet et autres scandales « d’islamophobie ». Et s’ils ont tous condamné la décision référendaire suisse d’interdire les minarets, en premier lieu la Turquie (candidate à l’Union européenne et qui y serait un super lobby islamique si elle y parvient), ils l’ont toutefois souvent fait avec moins d’islamo-indignation zélée que les dirigeants européens politiquement corrects et terrorisés par leur ombre culpabilisante. On rappellera les « graves préoccupations » ou « inquiétudes » exprimées par le Vatican, les principales capitales européennes, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, le Conseil de l’Europe. Les innombrables éditoriaux (exceptés ceux des courageux Yvan Rioufol au Figaro ou Christophe Barbier à l’Express), ou autres déclarations assimilant la décision suisse à « l’intolérance », au « populisme », au « racisme », à la « xénophobie » et même à « l’islamophobie ». Pour la petite histoire, rappelons que ce terme à la mode a été forgé dans les années 1990 par la République islamique iranienne pour justifier les campagnes d’appels au meurtre contre l’écrivain musulman modéré Salman Rushdie et la liberté d’expression dont celui-ci a pu bénéficier en Europe. Une liberté d’expression que les 57 pays de l’Organisation de la Conférence islamique entendent bien réduire, ainsi qu’ils sont déjà parvenus à le faire accepter par des résolutions de l’OCI puis par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU basé à Genève et désormais contrôlé par les Etats rouges-verts comme l’Iran, Cuba, la Libye ou autres pays exemplaires du point de vue du respect des droits de l’homme... Malgré cela, les pays européens ont cette fois-ci anticipé les pays islamiques de l’OCI. Car cette fois-ci, à la différence de l’affaire des caricatures et du discours du Pape, le Conseil de l’Europe, les capitales de la quasi-totalité des pays européens ont fustigé en bloc la Suisse avant même que les pays musulmans portent l’affaire auprès de l’OCI ou de la Ligue arabe, avant qu’un seul drapeau suisse ne soit brûlé.

L’Islam et le Coran n’ont jamais fait des minarets un élément de foi ou une obligation cultuelle

Par ailleurs, comme l’expliquent des Musulmans savants comme l’Imam Souheib Bencheikh ou l’intellectuel tunisien soufi Abdel Wahhab Medeb, l’édification de Minarets imposants dans la Cité n’a jamais été une obligation inhérente à la pratique de l’Islam. Les Minarets sont essentiellement un symbole de puissance des grands pays islamiques qui mesurent depuis des siècles leur leadership à la hauteur de leurs mosquées, comme on le constate à Istanbul, où le nombre de minarets de la Mosquée Bleue (7) indique la suprématie passée de la Turquie islamo-ottomane et non le degré de la foi des habitants. Précisons par ailleurs, qu’avec des centaines de mosquées, des centaines d’associations islamiques, une liberté d’expression totale, y compris pour critiquer l’Occident et faire de Genève) une des bases-arrières officielle de l’Islamisme anti-occidental et subversif (Centre islamique des Frères Musulmans des deux frères Ramadan), la Suisse est loin d’être un pays qui « persécute les Musulmans, bien au contraire.

En guise de conclusion : une première brèche de taille dans l’arsenal de l’islamiquement correct

L’islamiquement correct est désormais devenu le cœur de l’idéologie relativiste et culpabilisatrice du Politiquement correct, idéologie totalitaire soft de répression de l’identité occidentale et d’autodissolution. Cet islamiquement correct que j’ai défini en 1998 dans les colonnes du Figaro Magazine est désormais intériorisé comme un interdit absolu, une nouvelle échelle de valeurs et de pouvoirs au sein des nations. Mais dans le même temps, depuis que j’ai forgé cette expression, cette idéologie d’autoflagellation européenne qui culpabilise les Occidentaux dans leur légitime sentiment de frustration identitaire et dans leur crainte vis-à-vis d’un Islam politique conquérant toujours plus inquiétant, est autant présent au sein des élites qu’il est désormais rejeté parmi les masses et les électeurs exaspérés et en demande d’identité, comme l’a bien montré d’ailleurs le débat judicieusement lancé avec grande liberté de ton par l’UMP et le Président de la République française, cas unique en Europe.

Ma conclusion est que les Suisses qui ont voté contre les Minarets ostensibles dans leur pays ne sont pas tous « intolérants » ou « islamophobes », même si il existe aussi comme partout dans ce pays des réalités xénophobes et populistes, mais plutôt des adeptes conscients ou inconscients, de Sir Karl Popper, le célèbre épistémologue et philosophe qui avait écrit « La société ouverte et ses ennemis » et qui expliquait que la tolérance s’arrête là où les intolérants et ennemis des démocraties profitent de la tolérance de ces dernières.

Ces électeurs et les millions d’Européens lambda qui les approuvent n’ont fait qu’exprimer leur exaspération, leur rejet d’une idéologie d’autodestruction politiquement correcte qui est trop souvent complice non pas des prétendus opprimés mais des idéologies totalitaires anti-occidentales conquérantes comme le tiersmondisme revanchard et l’islamisme politique. Le vote référendaire suisse doit être perçu comme l’amorce, le début d’un phénomène européen plus vaste de prise de conscience. Elle incarne la réaction populaire d’un peuple européen souverain et libre ouvert aux Autres mais qui tient à son identité, comme l’a très justement rappelé le président Nicolas Sarkozy qui retrouve (on s’en félicite) ses accents politiquement incorrects qui avaient fait son génie lors de la campagne électorale de 2007. Cas unique au sein des pays européens, le président Sarkozy a en effet eu le bon sens de prendre acte de l’exaspération suisse et de la demande générale d’identité des électeurs qui veulent, comme il l’a dit lui-même, défendre leur racines et leur identité nationale. Le président Nicolas Sarkozy en en effet parfaitement a bien posé le problème, tranchant ainsi avec les professions de fois islamiquement correctes de Bernard Kouchner et autres pièces rapportées au sein de la majorité présidentielle , lorsqu’il a expliqué que « Les Suisses ne veulent pas, comme les Français, que leur pays change, qu'il soit dénaturé. Ils veulent garder leur identité. Les Français ne veulent pas voir des femmes en burqa dans la rue, mais cela ne veut pas dire qu'ils sont hostiles à la pratique de l'islam." Tout est dit. Une fois de plus, on retrouve dans la pensée de Nicolas Sarkozy l’idée fondamentale chère au député européen d'origine égyptienne fondateur du parti Io amo l'Italia (moi j'aime l'Italie) Magdi Cristiano ALlam : aimer son pays est une vertu, défendre ses racines civilisationnelles est légitime, intégrer l’Autre ne doit jamais signifier se désintégrer soi-même. Mais c’est au contraire à l’Autre de s’adapter à nos us et coutumes et à respecter des règles et devoirs non négociables valables pour tous.

Alexandre Del Valle pour la Droite libre le 05 décembre 2009
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /2009 20:55
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La nouvelle Turquie « post-kémaliste » dirigée par le parti islamo-conservateur (AKP) du Premier Ministre Recep Taiyyp Erdogan et du président Abdullah Gül est devenue l’alliée privilégiée de l’Arabie saoudite, de la Syrie et du Soudan.


Cela fait vingt-deux ans que la Turquie a présenté pour la première fois sa candidature à l’Union européenne. Une requête que nombre de partisans d’Ankara motivent par l’ancienneté de l’accord d’association (1963) liant Ankara à l’UE et surtout par le fait que la Turquie est une exception laïque et pro-occidentale au sein du monde musulman. Qu’en est-il exactement ?


En fait, l’accord de 1963 (semblable à celui de 1969 liant l’UE au Maroc et à la Tunisie), n’impliquait aucune promesse d’intégration. Ensuite, lorsqu’Ankara présenta pour la première fois sa demande d’adhésion, sa requête fut refusée par la Commission et par une résolution du 17 juin 1987 du Parlement européen exigeant de la Turquie 4 conditions préalables jamais satisfaites jusqu’à aujourd’hui :

– Respect des droits de l’homme.
– Reconnaissance du génocide arménien.
– Respect et égalité pour les minorités religieuses et ethniques.
– Retrait de Chypre et reconnaissance de la république de Chypre.

Or vingt-deux ans après la première réponse européenne, si des changements importants ont été réalisés en matière d’harmonisation des lois nationales aux normes européennes, la Turquie n’a pas satisfait aux « 4 critères » de 1987.


Une même haine envers les idéologies laïques


En s’éloignant du modèle kémaliste laïc inauguré en 1924 par Mustapha Kémal Atatürk, la nouvelle Turquie « post-kémaliste » dirigée par le parti islamo-conservateur (AKP) du Premier Ministre Recep Taiyyp Erdogan et du président Abdullah Gül, est devenue l’alliée privilégiée de l’Arabie saoudite, de la Syrie, du Soudan, qu’Ankara refuse de condamner pour génocide (comme l’a décidé la Cour pénale internationale de Rome), et surtout de l’inquiétante République islamique iranienne.


Le parti islamique AKP au pouvoir en Turquie partage en effet ave le président iranien Mahmoud Ahmadinejad une même haine envers les idéologies laïques, comme celle de « l’apostat » Atatürk.


L’AKP et Erdogan ont par ailleurs défendu le Hamas et le Hezbollah lors des opérations israéliennes de l’été 2006 au Liban contre le mouvement chiite pro-iranien et de l’hiver 2008-2009 à Gaza contre le mouvement terroriste palestinien pro-iranien (Hamas).


On a tous en mémoire la sortie violente d’Erdogan contre le président israélien Shimon Perez à Davos, puis les accusations de « génocide des Palestiniens » commis par Israël, relayées par les « médias juifs sionistes du monde entier », propos identiques aux théories judéophobes d’Ahmadinejad et qui ont valu une grande popularité à Erdogan dans les pays d’Islam.


Plus récemment, la Turquie néo-islamique a mis son veto à la participation de l’aviation israélienne à des manœuvres de l’Otan qui devaient s’effectuer le 13 octobre dernier dans son espace aérien, cela pour « dénoncer l’opération de l’armée israélienne à Gaza » contre le Hamas.


Un terrible besoin turc en énergie


En réalité, le rapprochement géopolitique irano-turc et le refroidissement des relations de la Turquie avec Israël, les Etats-Unis et l’Otan, sont motivés par plusieurs facteurs : premièrement des intérêts géo-économiques communs ; un terrible besoin turc en énergie (pétrole et gaz) iranienne facile d’accès ; les échanges commerciaux entre les deux pays voisins dépassent les 6 miliards d’euros annuels, avec une nette perspective de progression.


C’est en fait parce qu’elle veut à terme obtenir le nucléaire civil et militaire que la Turquie défend le droit iranien à l’atome et refuse les pressions sur l’Iran » visant à l’empêcher d’acquérir la bombe atomique, cela tant qu’un « autre pays de la région » en disposera, dixit Erdogan, qui faisait évidemment allusion à Israël. Or Israël demeure pour l’heure (pour combien de temps encore ?) un allié de cette même armée turque laïque et kémaliste détestée par les islamistes au pouvoir à Ankara…

Alexandre Del Valle pour France Soir le 23 novembre 2009 
Par Alexandre Del Valle - Publié dans : Chroniques Alexandre Del Valle
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Présentation

Rayons la Turquie de la carte

ban.gifLa nomenklatura collaborationniste qui dirige l'Europe veut nous imposer la Turquie islamiste afin de parachever la ruine de nos identités. Il en est hors de question. Mais puisque dans un premier temps nous sommes condamner à subir cette forfaiture, cette trahison, nous vous proposons d'agir concrètement. Il s'agit de reprendre une ancienne initiative qui consiste à montrer simplement que vous n'êtes pas d'accord en marquant tous vos billets d'une croix rouge sur la Turquie (au verso de tous les billets en euro). Un geste facile, sans haine, clair, précis et d'une portée immense ! Et vos billets demeurent valables. Alors n'hésitez pas, rayez la Turquie de la carte !

Les Rebelles

Présentation des collaborateurs de Rebelles.info (en cours...)

Alexandre Del Valle : Essayiste, Géopolitologue, co-fondateur de l’Observatoire géopolitique de la Méditerranée (basé à Chypre) ; Membre du Conseil de Rédaction de la Revue française de Géopolitique Outre Terre, Alexandre Del Valle inscrit toutes ses études, interventions et écrits dans le cadre de la démarche géopolitique qui consiste à étudier « les rivalités de pouvoirs autour des territoires ou ressources », ainsi que les « représentations » développées par les acteurs en lice.

Guy Millière : - Professeur à l’Université PARIS VIII Histoire des cultures, Philosophie du droit
- Visiting Professor à la California State University, Long Beach.
- Expert auprès de l’Union Européenne en bioéthique, biotechnologie.
- Conférencier pour la Banque de France
- Traducteur et adaptateur en langue française pour le site
DanielPipes.org
- Editorialiste à la Metula News Agency, Israël Magazine, Frontpage Magazine, les Quatre Vérités, upjf.org
- Membre du comité de rédaction d’Outre-terre, revue de géopolitique dirigée par Michel Korinman
- Rédacteur en chef de la revue
Liberalia de 1989 à 1992 


Ivan Rioufol : Senior fellow à l'Atlantiste Institute et chroniqueur à l'émission On refait le monde, sur RTL. Il est titulaire d'un DEA de droit maritime et aérien et a débuté une carrière de journaliste, en 1976, au quotidien nantais Presse-Océan. Il rejoint Le Figaro en 1985 au service « La vie des médias », responsable de la rubrique « Confidentiel ». Il devient rédacteur en chef du service des informations générales, puis éditorialiste et membre du comité éditorial du journal en 2000. Depuis 2002, succédant à Max Clos, il tient dans Le Figaro un « Bloc-notes » publié chaque vendredi.

Michel Gurfinkiel : Ecrivain et journaliste, président de l’institut Jean-Jacques Rousseau, correspondant en France de Commentary et Weekly Standard, auteur de Israël, géopolitique d’une paix (1991), La cuisson du homard (2001), Le testament d’Ariel Sharon (2006), à paraître au début 2008 son livre sur l’histoire du sionisme et d’Israël.

Robert Redeker : Agrégé de philosophie, chercheur au CNRS. Membre du comité de rédaction de la revue Les Temps Modernes. Membre du comité scientifique du CALS (Université Toulouse-le-Mirail). Membre du comité scientifique de la revue Culture Droit.  Membre du comité de rédaction de la revue
Des Lois et des Hommes . Membre de la commission " philosophie- sciences religieuses- psychanalyse " du Centre National du Livre . 

 Gérard Pince : Docteur de 3éme cycle en Economie du Développement-Université de Paris - Diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris-Licencié en Droit - Chevalier de l'Ordre National du Mérite - Inventeur d'une machine comptable pour analphabètes - Fondateur et Président de Free World Academy.

Claude Reichman : docteur en chirurgie dentaire de la faculté de médecine de Paris. Il est l'un des initiateurs de la
Révolution bleue, mouvement informel résumé par son slogan «Non à la chienlit, non au trop-plein d'impôts et de charges, non aux politiciens incapables». Il est par ailleurs président du Mouvement pour la liberté de la protection sociale (MLPS), président du Comité CSG, président du Syndicat retraite-action et président du Collectif vivre en paix à Paris (VEPAP).

Eric Zemmour : Journaliste politique français, grand reporter au service politique du quotidien Le Figaro. Il participe toutes les semaines à l'émission "ça se dispute" sur I-Télé. Depuis septembre 2006, il participe à l'émission du samedi soir de Laurent Ruquier, "On n'est pas couché".

Roger Heurtebise : Journaliste à Riposte laïque.

Michel de Poncins : Ancien directeur de société, Michel de Poncins est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris
, et docteur en Économie. anime aussi deux magazines sur internet : Tocqueville Magazine et Radio Silence.

Alain Laurent : Philosophe, essayiste et éditeur. Auteur en particulier de nombreux ouvrages sur l'individualisme, le libéralisme et leur histoire ("La philosophie libérale", Les Belles Lettres, 2002 - Prix de Philosophie politique de l'Académie française; "Le libéralisme américain", Les belles Lettres, 2006 - Prix du livre libéral). Directeur de la collection La Bibiothèque classique de la liberté, aux Belles Lettres. Dernier ouvrage paru: "La société ouverte et ses nouveaux ennemis", Les Belles Lettres, 2008).

Roman Bernard : Pigiste dans la presse et la communication. Webmaster du blog Criticus. 

Bernard Martoia : Responsable du site droite-conservatrice.

François Celier : Autodidacte. Artisan ébéniste. Pasteur évangéliste. Ecrivain. Grand Prix National Littérature Jeunesse. Prix Paris-Critique. Grand Prix Jeunesse Festival de Cinéma International. Cannes. Nombreux Prix européens. Scénariste télévision. Pour A2. M6. TF1. Journaliste free lance. Presse-radio-télévision.

Aymeric Chauprade : Docteur en science politique de la Sorbonne, diplômé de Sciences Po Paris en 1993, Aymeric Chauprade obtient un DEA de droit international en 1996. En outre il est diplômé en mathématiques, chargé de cours à l'Université de Neuchâtel en Suisse (histoire des idées politiques), conférencier en géopolitique au Collège royal de l'enseignement militaire supérieur du Royaume du Maroc, directeur de la Revue française de géopolitique (annuelle, Ellipses, Paris) et directeur de plusieurs collections aux éditions Ellipses à Paris (Grands enjeux, Taupe-Niveau, Référence géopolitique...). Il enseignait au Collège interarmées de défense (CID) depuis 1999 et il y fut directeur du cours de géopolitique de 2002 à 2009.

Fanny Truchelut : Condamnée le 08 octobre 2008, par la cour d'appel de Nancy, à deux mois de prison avec sursis et 6 000€ de dommages et intérêts pour discrimination religieuse pour avoir demandé en août 2006 à deux femmes voilées qui se présentaient avec leur famille dans on gîte, de retirer leur voile dans les parties communes. Webmaster du site A Voix Haute.
 
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