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Mercredi 1 juillet 2009
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Moins de six mois se sont écoulés depuis l’arrivée au pouvoir de Barack Hussein Obama et sa politique étrangère a montré ses limites, et sa dimension médiocre, voire, parfois, très proche du nauséabond.

Le nouveau pensionnaire de la Maison Blanche parlait d’« espoir » et de « changement ». Il a surtout montré qu’il savait trahir les espoirs de changement démocratique dans les régions du monde où règnent dictature et tyrannie et qu’il réservait l’espoir aux dictateurs et aux tyrans. Les États-Unis ont changé, effectivement, et un Président américain est là qui ne parle plus de liberté et de dignité de l’être humain, mais de stabilité et d’équilibre, quitte à ce que stabilité et équilibre impliquent de passer les droits de l’homme à la trappe.

Il ne s’agit pas d’un retour au réalisme, comme certains le disent : les pires adeptes du réalisme gardaient un minimum de principes, ce qui n’est pas le cas d’Obama.

Il ne s’agit même pas de relativisme : un relativiste place tous les régimes sur un pied d’égalité. Obama, lui, a ses préférences. Et ces préférences le tournent vers les régimes hostiles aux valeurs fondamentales des États-Unis.
J’ai écrit ailleurs, citant les mots de mon amie Nidra Poller, qu’il était le premier Président antiaméricain des États-Unis. Plus que jamais, ces mots offrent une description effroyablement exacte du personnage.

Vis-à-vis de l’Amérique latine, Obama, d’emblée, a montré ses préférences pour les frères Castro, Daniel Ortega, Hugo Chavez. En Asie, il a, dès février, envoyé des signaux de faiblesse en direction de la Corée du Nord et a très vite dépêché Hillary Clinton à Pékin pour qu’elle dise aux potentats locaux que les États-Unis ne les importuneraient plus avec des questions de liberté de parole.

Si Obama a fait preuve de froideur avec tous les dirigeants européens qu’il a rencontrés, il en est deux en direction de qui il a envoyé des messages d’ouverture : Poutine et Medvedev. L’Afrique subsaharienne ne l’intéresse pas et les atrocités commises au Darfour sont désormais très loin de ses préoccupations : l’assassin qui règne à Khartoum est incriminé pour crime contre l’humanité, mais il est aussi membre de l’Organisation de la Conférence Islamique, ce qui, pour Obama, semble valoir toutes les disculpations imaginables.

Concernant le monde musulman, il a annoncé ses positions au Caire. Il n’a pas trouvé de talibans modérés en Afghanistan et au Pakistan, mais il n’a pas renoncé à en chercher. Il n’a cessé, semaine après semaine, d’envoyer des émissaires dialoguer avec Bachar el Assad en Syrie, Hassan Nasrallah au Liban, Mahmoud Abbas à Ramallah, les dirigeants du Hamas à Gaza et, bien sûr, ceux de la République islamique d’Iran où c’était possible.

Les élections libanaises ont infligé une défaite relative au Hezbollah, donc aux interlocuteurs qu’avait choisis Obama. Les élections iraniennes et les émeutes qui s’en sont suivies ont, je l’ai souligné en ces colonnes la semaine dernière, montré que le peuple iranien en avait bien davantage qu’assez du régime des mollahs.

Obama a mis un peu plus de huit jours pour tenir un discours porteur d’un soutien minimal aux aspirations des Iraniens. Il a attendu pour cela que le soulèvement soit écrasé dans le sang, les cadavres, et la barbarie. Il attend sans doute désormais une « normalisation » de la situation. Et en attendant que celle-ci vienne, il commence à retirer des troupes d’Irak afin que les terroristes reprennent leurs activités.

Il s’emploie aussi à déstabiliser le seul pays démocratique stable et le seul allié fiable des États-Unis dans la région : Israël. Sa préférence très visible, là, va aux dirigeants « palestiniens » et, sans jamais rien exiger de ces derniers, il pointe sans cesse du doigt ce qui est, selon lui, le « problème majeur » qui bloque toute perspective de paix : l’existence de villages juifs en Judée-Samarie. Faire d’Israël, comme un dictateur arabe ou un mollah iranien sanguinaire, le bouc émissaire de toute une région est adopter une attitude mentale indigne.

Les faits montrent ainsi chaque jour davantage qu’Obama est le premier Président antiaméricain des États-Unis
. Et parce que j’aime les États-Unis et la liberté, je suis, comme des millions d’Américains, très en colère.

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 01er juillet 2009
Par Guy Millière - Publié dans : Chroniques de Guy Millière
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Vendredi 26 juin 2009
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

À de très rares exceptions près, les commentaires de la grande presse face aux événements qui ont suivi l’élection présidentielle iranienne ont été, en Occident, d’une grande timidité.

Ce qui se passe est pourtant d’une importance considérable. Quel que soit l’avenir, le régime mis en place par l’ayatollah Khomeiny il y a trente ans a vécu. Ou bien Khamenei et Ahmadinejad noieront la révolte dans un bain de sang et ils apparaîtront d’une manière un peu plus obscène pour ce qu’ils sont, des dictateurs sans scrupule et des fanatiques meurtriers. Ou bien la révolte les submergera et un changement de régime aura lieu.

Tout en souhaitant, bien sûr, la seconde issue, je crains la première. Mais, quand bien même ce serait la première qui surviendrait, il deviendrait bien plus difficile à un diplomate ou un homme politique occidental de prétendre encore qu’on peut négocier quoi que ce soit avec des gens pareils et
il deviendrait impossible de fermer davantage les yeux sur les dangers que l’arme nucléaire aux mains de tels personnages pourrait représenter.

Ce qui survient actuellement constitue une leçon de dignité et d’éthique face au « pragmatisme » de ceux qui ne cessent de répéter que les peuples musulmans ne peuvent aspirer à la liberté. Le peuple iranien, aujourd’hui, en ce moment, fait preuve d’un courage immense et exprime que trente années, cela suffit. Ceux qui sont à l’écoute des slogans scandés dans les rues de Téhéran et de toutes les grandes villes du pays savent que ce qu’on entend n’est pas une demande de recomptage des voix, mais, bien plus souvent, des cris qui disent : « Mort aux tyrans » ou « Mort aux dictateurs ».

Des appels se font en direction de Moussavi, mais celui-ci se trouve porté par un mouvement qui le dépasse de beaucoup et dont il n’est en rien l’organisateur. Il peut devenir son chef de file, mais seulement à condition de se placer lui-même à l’écoute du peuple.
On entend aussi, parmi les cris, « Allah est le plus grand », mais nul mieux que Khamenei ou Ahmadinejad ne comprend ce que cela signifie, à savoir que ni Khamenei ni Ahmadinejad, ni quelque dignitaire islamique, n’est légitime.

Parmi les Iraniens qui sont dans les rues aujourd’hui, nombreux sont ceux qui sont passés par l’Irak et ont vu ce dont nul ne parle en Europe : un pays libéré d’un tyran qui a été jugé et exécuté, un pays où la presse et les élections sont libres. Dans les manifestations iraniennes, la référence à l’Irak est explicite. Les manifestants pensent que le sort réservé à Saddam Hussein devrait attendre Khamenei et Ahmadinejad.

La déstabilisation de l’ordre autocratique qui régnait dans le monde musulman et à laquelle songeait George Walker Bush produit ses effets. Ceux qui pensent que des élections libres en terres musulmanes portent toujours au pouvoir des islamistes devraient examiner de plus près les résultats des récentes élections municipales irakiennes, des élections libanaises qui ont vu un recul net du Hezbollah, ou des élections au Koweit.

Personne ne soulignera l’aveuglement, la lâcheté, le cynisme et l’absence de perspective de l’administration Obama. Voici deux semaines, Barack Obama, dans son discours du Caire faisait la cour aux islamistes et léchait les pieds de Khamenei et d’Ahmadinejad. Pendant plus de huit jours d’émeutes en Iran, il a choisi le camp du pouvoir en place et de la répression au nom de la « stabilité », et a fini par tenir des propos minimalistes vaguement favorables à la liberté.

Je me souviens de temps où les États-Unis étaient, d’emblée, du côté de la liberté contre le totalitarisme. Ce fut le cas sous des Présidents de gauche tels Kennedy, sous des conservateurs tels Reagan ou George Walker Bush. Obama incarne une gauche américaine qui n’est en rien la gauche idéaliste d’autrefois, mais une gauche extrême, radicale, tiers-mondiste, ouverte à l’islamisme, tendant la main aux dictateurs.
Il est des gens qu’Obama fait encore rêver. On a les rêves qu’on peut. Moi, je préfère espérer pour la liberté du peuple iranien.
J’ai écrit voici un an que, même s’il était élu, Obama ne serait pas Président, je persiste et je signe. Non : Obama ne se conduit pas en Président des États-Unis !

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 24 juin 2009
Par Guy Millière - Publié dans : Chroniques de Guy Millière
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Mercredi 17 juin 2009
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Je n’ai pas écrit d’article sur les élections européennes ou, pour être plus précis, j’en ai écrit plusieurs, et j’ai décidé de ne pas les publier.
Faut-il rappeler, une fois encore, que l’Union européenne est une construction bureaucratique et technocratique ? Faut-il rappeler aussi qu’elle est constructiviste, au sens que Friedrich Hayek donnait à ce terme ?

L’Europe est une région du monde qui se délite rapidement. Elle a toutes les apparences de l’agonie. Dans vingt ans tout au plus, elle sera assez largement musulmane, plus pauvre, plus vieille, moins peuplée.
J’ai été naguère favorable à l’entrée de la Turquie parce que cette entrée me semblait à même de faire dérailler le train lancé et d’arrimer la Turquie au monde occidental.

Nous ne sommes plus dans ce cas de figure : le train a franchi des étapes supplémentaires, la Turquie a glissé assez nettement vers un islam plus radical qui fait qu’elle s’implique davantage au Proche-Orient, que son alliance avec Israël se distend, et que ses dirigeants gardent un pied en Europe non plus pour s’arrimer à l’Occident, mais parce qu’ils voient que les dirigeants européens sont de plus en plus soumis aux avancées de l’islam et de l’islamisme.

Dans cette Europe à l’agonie, on peut tout juste noter que les populations préfèrent le dirigisme des socialistes modernes à celui des socialistes archaïques
: le socialisme sarkozyen en France attire davantage que le socialisme plus ouvertement marxiste.

Dans une même direction, on peut noter l’avancée des mouvements écologistes : quand on ne croit plus en Dieu, on ne devient pas quelqu’un qui ne croit en rien, mais quelqu’un qui croit en n’importe quoi, a écrit Gilbert K. Chesterton. L’Europe n’est plus guère chrétienne et on y croit à la nature pure, au « développement durable » et à la thèse selon laquelle l’être humain est une créature essentiellement polluante. C’est le signe d’un avenir stérile.

On peut noter aussi, pour finir, l’avancée en divers pays tels la Hongrie ou le Royaume Uni de mouvements aux idées fascistes, ce qui est le signe de tensions à venir, d’aigreurs et de frustrations pathologiques qui ne seront pas sans conséquences.

Laissons l’Europe, donc, pour nous intéresser à l’itinéraire récent d’Obama. Celui-ci, ai-je dit en ces colonnes,
a parlé de manière acceptable en Normandie. Mais il avait fait auparavant deux haltes en Allemagne. L’une à Büchenwald, pour montrer qu’il rendait hommage aux Juifs morts dans les camps d’extermination. L’autre à Dresde qui n’a pas été choisie au hasard, puisque certains Allemands y voient un lieu où les Alliés auraient commis un « crime de guerre » en 1945. Obama entendait-il faire comprendre que le peuple allemand avait beaucoup souffert et était, lui aussi, une victime ?

Cette déduction se fait d’autant plus facilement qu’Obama est porteur d’un relativisme aux orientations très douteuses. Cela s’est vu lors des autres étapes de son voyage : à Riyad où il s’est à nouveau courbé devant le monarque saoudien et, surtout, au
Caire où il a prononcé un discours scandaleux.

Au Caire, Obama a eu recours à des affirmations qui relèvent de la falsification de l’histoire en attribuant au monde musulman des inventions que celui-ci n’a pas effectuées et en recourant à des citations tronquées du Coran.

Il n’a pas utilisé une seule fois le mot « terrorisme » et a qualifié l’action d’organisations telles que le Hamas de « résistance ». Il a repris à son compte la version de l’histoire du Proche-Orient que déverse à longueur de journée la propagande « palestinienne ». Il a, et c’est le plus grave, jeté Israël aux chiens tout en parlant d’« amitié » avec le peuple juif, donné un blanc-seing à tous les régimes tyranniques de la région et reconnu le droit de l’Iran à se nucléariser.

Personne ou presque n’a perçu quoi que ce soit en Europe. Au contraire, l’extase obamaniaque a redoublé de vigueur. Les grands médias européens sont tellement imprégnés des falsifications de l’islam radical et de la propagande palestinienne qu’on n’y perçoit plus qu’il s’agit de falsifications et de propagande. On ne semble pas y comprendre que l’islam radical a des visées planétaires et qu’il a un allié à la Maison blanche. Ou peut-être a-t-on déjà compris et pratique-t-on la soumission préventive…

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 17 juin 2009
Par Guy Millière - Publié dans : Chroniques de Guy Millière
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Mercredi 10 juin 2009
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Le discours prononcé par
Barack Obama le 4 juin au Caire a été consternant. Il faudra y revenir, d’autant plus que l’essentiel de la presse française l’a décrit de manière élogieuse.

Le discours prononcé par le même
Barack Obama deux jours plus tard, le 6 juin, à Omaha Beach, a été de meilleure tenue et, quand bien même on y trouvait des traces de relativisme culturel, a rappelé les valeurs fondamentales qui ont fait les États-Unis d’Amérique.

Les meilleurs discours, ce jour-là, n’en ont pas moins été celui de
Gordon Brown, et, surtout, celui du Premier ministre canadien Stephen Harper.

Eux seuls ont rappelé que le combat qui s’était mené sur les côtes normandes il y a soixante-cinq ans avait abouti à la fin du nazisme et du fascisme, mais s’était prolongé dans la lutte contre le communisme qui devait garder prisonnière une moitié de l’Europe pour plus de quatre décennies supplémentaires et se prolongeait aujourd’hui partout où la dignité de la personne humaine est menacée, du Soudan à l’Afghanistan, de l’Irak au Zimbabwe et en Chine.

Gordon Brown a cité Anne Frank et rappelé que la chute du nazisme avait mis fin à un régime qui avait placé au centre de ses obsessions meurtrières un antisémitisme que certains s’activent à faire renaître.

Le discours le plus médiocre de tous ceux tenus le 6 juin a été, je regrette de le dire,
celui de Nicolas Sarkozy, qui aurait pu, au moins ce jour-là, éviter le « politiquement correct » à la française : citer parmi les luttes situées dans la lignée de la libération de l’Europe la préservation de la nature avait une dimension ridicule.

Dire que les Nations Unies ont fait partie des résultats majeurs de cette même libération constitue presque une insulte aux morts. Est-ce honorer leur mémoire que de dire qu’ils se sont battus pour la naissance d’une institution stérile, impuissante, et dont les actions contredisent de plus en plus souvent les objectifs initiaux ?

Citer les états d’âme d’un soldat allemand songeant à la mort du jeune Américain sur qui il vient de tirer n’était pas du meilleur goût : le jeune Américain se battait pour une cause noble, le soldat allemand défendait un régime abject. Mettre l’un et l’autre en parallèle, sous prétexte qu’ils ont tous deux souffert, témoigne d’un délabrement moral préoccupant.

Insister comme l’a fait Sarkozy sur la participation de Belges ou de Tchèques, et placer ceux-ci sur le même plan que les soldats américains, canadiens et anglais constitue une révision de l’histoire dont Sarkozy aurait pu se dispenser, tout spécialement là où il parlait. Les neuf mille croix de bois blancs et les quelques dizaines d’étoiles de David alignées à Omaha Beach témoignent du sacrifice de gens qui venaient essentiellement d’outre-Atlantique. Ce n’était pas un jour où parler de soldats belges ou tchèques, ou alors, plus discrètement.

Mais Chirac a fait bien pire, il y a cinq ans…

Quoi qu’il en soit, c’est l’Europe qui a fait naître les doctrines totalitaires qui ont ensanglanté le XXe siècle : nazisme, fascisme, communisme. C’est l’Europe qui s’est détruite elle-même pendant la Première Guerre mondiale, puis, de façon plus profonde et irrémédiable, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ce sont les États-Unis qui ont mis fin à la boucherie une première fois. Ce sont à nouveau les États-Unis qui ont mis fin au fascisme, au nazisme et à leurs crimes. Ce sont les États-Unis toujours qui ont gagné la guerre froide et ont permis que l’Europe soviétisée retrouve la liberté.

Le 6 juin devrait être célébré comme un jour de gratitude où l’Europe a été sauvée de ses propres démons par des jeunes gens venus d’Amérique
, qui ont sacrifié leur vie pour une cause immense : celle de la liberté. La gratitude implique que nous leur rendions hommage et que nous honorions leur mémoire en rappelant, comme l’ont fait Gordon Brown et Stephen Harper, que le combat pour la liberté continue et suppose une éternelle vigilance.

Sans les États-Unis, nous serions sur un continent très différent. Hitler, Staline ou leurs descendants auraient pu gagner. Je ne l’oublie jamais. Il est des dettes que tout l’or du monde ne pourrait rembourser.

Tout adolescent devrait visiter deux lieux sur le continent européen : Auschwitz, pour voir ce que fut le nazisme, et Omaha Beach, pour savoir ce que nous devons aux États- Unis…

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 10 juin 2009
Par Guy Millière - Publié dans : Chroniques de Guy Millière
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Samedi 6 juin 2009
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Les modes vestimentaires changent avec les époques. Les idées que recouvrent les modes vestimentaires, elles, changent beaucoup moins. Lors de la montée du nazisme en Allemagne, la couleur « tendance » était le brun, et il se portait sous forme d’une chemise, par ailleurs très classique.

Cette tenue fut celle des Sections d’assaut. Celles-ci furent créées par Adolf Hitler en 1921, interdites entre 1923 et 1926, et œuvrèrent pour l’avènement du Troisième Reich, jusqu’à ce que le dictateur décide de s’en débarrasser après usage en 1934, lors de la « nuit des longs couteaux ».

La couleur qui monte en Europe aujourd’hui est le vert.
Ce fut d’abord la couleur du gauchisme reconverti dans l’écologie. C’est aujourd’hui la couleur de l’islam. On l’a vu lors des manifestations du mois de janvier, portée par de charmants jeunes gens, garçons souvent barbus, et filles souvent voilées, qui criaient des slogans dont l’inspiration n’avait pas besoin de porter de mention d’origine pour qu’on la déchiffre : « Les Juifs au four », « Hitler n’a pas fini le travail ».

On la retrouve parsemée chez les membres de la liste des idiots inutiles regroupés derrière le sinistre Dieudonné, le non moins sinistre Alain Soral et leur mentor islamiste Yahia Gouasmi. Ils se proclament « antisionistes », « pas du tout antisémites », mais n’en voient pas moins des complots juifs partout, comme le lecteur habituel de Mein Kampf et des Protocoles des Sages de Sion.

On la retrouve au Front National, puisque Jean-Marie Le Pen, quand il ne compare pas Gaza à un « camp de concentration » ou ne traite pas les chambres à gaz de « point de détail », accepte les invitations de la république islamique d’Iran et fréquente les journalistes en tchador.

On la retrouve aussi dans une nébuleuse pataugeant entre extrême-droite, extrême-gauche et islam radical, qui gravite autour d’organisations telles qu’Europalestine, ou le Capjpo (n’oubliez pas le j, sans lequel on pourrait lire cappo : ce serait une homonymie anachronique), Comité d’Action pour une Paix Juste au Proche-Orient – la « paix juste » étant, si j’ai bien compris, synonyme de triomphe du terrorisme et de solution finale pour Israël.

Cette nébuleuse ne porte pas la chemise boutonnée de façon traditionnelle, mais plutôt sous l’aspect de la tunique : on ne peut vestimentairement pas confondre les chemises brunes d’hier avec les chemises vertes d’aujourd’hui. En pratique, il existe cependant des liens de parenté dont il serait légitime de s’alarmer avant qu’ils ne prennent trop d’ampleur. Les porteurs de chemises brunes d’hier agressaient ceux qui ne pensaient pas comme eux. Ils vouaient une haine particulière aux Juifs et, parmi eux, aux commerçants juifs.

Les porteurs de chemises vertes d’aujourd’hui se contentent pour le moment d’agressions verbales. Ils vouent une haine particulière aux Juifs israéliens (qui représentent la moitié de la population juive de la planète) et montrent une animosité exacerbée envers les activités commerciales des Juifs israéliens. Ne se contentant pas d’une politique de dissémination de la haine anti-juif israélien, donc, fondamentalement anti-juive, et de campagnes de désinformation visant à répandre des falsifications de l’histoire et des comparaisons répugnantes, du style « Gaza égale Auschwitz », les porteurs de chemises vertes mènent des actions de destruction des produits juifs israéliens dans les supermarchés et des campagnes de boycott destinées à intimider les enseignes pour qu’elles ne commercialisent plus des produits marqués de l’étoile bleue, que les porteurs de chemises vertes voudraient repeindre sous les couleurs d’une étoile jaune du XXIe siècle. Ce genre d’activité est inadmissible et ne doit pas être toléré.

Si nul ne réagit, l’Europe de demain sera une Europe raciste, soumise à l’islamisme, où les Juifs et les hommes libres subsisteront en rasant les murs et où les totalitaires tiendront le haut du pavé. Les populations juives et les hommes libres quittent d’ores et déjà l’Europe en nombre croissant.

Les Européens devraient prendre garde: un pays qui perd sa population juive et ses hommes libres a toujours, dans l’histoire, été un pays qui perdait une part essentielle de son âme et ses valeurs éthiques.

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 02 juin 2009
Par Guy Millière - Publié dans : Chroniques de Guy Millière
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Mercredi 27 mai 2009
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Le Juif des États. C’est l’expression que le juriste américain Alan Dershowitz emploie pour définir la façon dont le monde occidental en général, et l’Europe en particulier, traite Israël. C’est une expression dont je n’ai pu m’empêcher, au cours des dernières semaines, de ressentir la pertinence.

La visite du Pape en « Terre sainte » aurait pu rester sur le terrain spirituel ; elle a débordé plusieurs fois en direction de la politique.
La première, lors de sa visite à Yad Vashem : parler de juifs « tués » et pas de juifs assassinés a été une faute. On s’en est tant aperçu au Vatican qu’un discours prononcé juste avant que Benoît XVI ne prenne l’avion du retour a été destiné à préciser les choses. Les précisions apportées ont-elles été suffisantes ? J’en doute. Le pape Pie XII, qu’il est question de canoniser, n’a pas eu un comportement exemplaire au temps où l’Allemagne était aux mains d’Hitler, et l’Église catholique a eu, avec le nazisme, des liens troubles qui resteraient à élucider pleinement. D’autant plus qu’avant le concile Vatican II, le peuple juif continuait à se voir considéré comme peuple déicide par la doctrine catholique. Le représentant du Vatican est resté présent à Durban II pendant qu’Ahmadinejad parlait.

Que Benoît XVI ait dénoncé l’antisémitisme est une excellente chose. Il est cependant regrettable qu’il l’ait dénoncé dans l’abstrait, mais que cela ne lui ait pas paru impliquer de ne pas rencontrer des antisémites concrets tels que les dignitaires de l’Autorité palestinienne.
Il est plus regrettable encore qu’il se soit peu préoccupé de la situation présente des Chrétiens dans les terres de Judée-Samarie placées sous le funeste contrôle de l’Autorité palestinienne. Cette situation ne peut se qualifier que d’un seul mot : persécution. En Israël, les Chrétiens, comme les Arabes israéliens de confession musulmane, sont libres de pratiquer leur foi. Une ville comme Bethléem, elle, se vide de sa population chrétienne et, au rythme où cela se produit, le prêtre qui célèbre la messe de minuit à Noël sera bientôt seul avec, pour la photographie, des musulmans antisémites pour constituer l’auditoire. Les autorités chrétiennes palestiniennes sont des marionnettes soumises. Cautionner cette situation n’est pas vraiment digne.

Venir parler, comme l’a fait Benoît XVI, au pied de la barrière de sécurité sans rappeler que celle-ci a été construite pour contrer le terrorisme islamique est une erreur qui aurait pu être évitée en allant parler ailleurs. Évoquer la nécessité d’une « patrie palestinienne », dire aux Arabes de Judée-Samarie qu’elle devra renaître sur la terre de leurs « ancêtres », qualifier la barrière de « mur tragique », a constitué de la part du Pape un ensemble de propos politiques très déplacés et a montré une acceptation par l’Église d’une falsification des faits : la plupart des Arabes concernés n’ont jamais eu d’ancêtres sur ces terres ; il n’y a jamais eu dans l’histoire de « patrie palestinienne » ; et ce qui est tragique, ce n’est pas la barrière, mais le terrorisme.

Benoît XVI a fait preuve d’un irrespect envers Israël qui correspond, hélas, à l’irrespect envers Israël que manifestent les dirigeants européens depuis longtemps. Il a alimenté la diabolisation d’Israël. Nombre de journalistes européens dénonçaient les Juifs au temps d’Auschwitz. Leurs descendants aujourd’hui dénoncent les Israéliens avec la même ardeur et la même bonne conscience. Le vocabulaire qu’ils emploient : colonisation, territoires palestiniens occupés, illégalité israélienne au regard du droit international (quel droit ? celui dit par des pays tels que la Libye à l’Onu ?), provient directement des officines de propagande de Ramallah.
Je regrette que le Pape ait apporté de l’eau à leur moulin de pollution mentale.

Quelques jours plus tard, Barack Obama poursuivait sa politique de trahison d’Israël, tout en proclamant hypocritement son « amitié » à Benyamin Netanyahu. On ne peut attendre autre chose d’un ancien musulman converti à une théologie raciste et marxiste de la libération. Sous Obama, le Juif des États va être un peu plus isolé.

Daniel Pipes, il y a quelques années, parlait d’accoutumance des esprits à une seconde shoah. Je pense qu’il a raison. La différence est que, cette fois, le peuple juif a des armes et se défendra. Obama accepte, de fait, que l’Iran se dote de l’arme nucléaire. Je doute que les Israéliens soient du même avis…

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 26 mai 2009
Par Guy Millière - Publié dans : Chroniques de Guy Millière
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Vendredi 22 mai 2009
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Une vidéo disponible sur le net (
www.youtube.com/watch?v=6-3X5hIFXYU) porte sur l’évolution démographique de l’Europe. Les données qui s’y trouvent indiquées sont malheureusement exactes et vérifiables, pour peu qu’on se donne les moyens de consulter les statistiques d’organismes internationaux.

La natalité en Europe est en chute libre depuis une trentaine d’années et prend des allures de suicide collectif. Avec une moyenne de 1,36 enfant par femme, l’Europe, en l’espace d’une génération, aura 13 habitants là où il y en avait 20. Cette diminution s’accompagnera d’un vieillissement de l’âge moyen des populations qui, en 2030, s’approchera de cinquante ans, et d’un accroissement très net du nombre de personnes du troisième âge.

Les flux migratoires qui accompagnent cette évolution impliquent, de surcroît, une hausse continue du nombre de migrants venus d’Afrique du Nord, d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient. Ces gens étant, pour la quasi-totalité d’entre eux, musulmans, il en résultera une islamisation accélérée de l’Europe, dont les signes sont d’ores et déjà visibles.

Si l’islam en question était un islam modéré, il y aurait moins de raisons d’être inquiet. La réalité est très différente : les principaux mouvements musulmans dans la plupart des pays d’Europe sont officiellement ou officieusement islamistes. L’UOIF en France est la branche française de la confrérie des Frères Musulmans dont le Hamas est la branche « palestinienne ».

Les programmes télévisés venus du monde musulman, et qui sont reçus partout en Europe, contiennent parfois des moments de vérité et de franchise tels qu’on aimerait les voir sur des chaînes de télévision européennes (entretiens avec des femmes courageuses telles Wafa Sultan ou Nonie Darwish, parole donnée à un journaliste algérien, Anwar Malek, très lucide sur la nullité qui règne aujourd’hui dans le monde arabe où, je me contente prudemment de citer, « la médiocrité corrompue des dirigeants est le reflet de la médiocrité des populations »), mais ils charrient aussi une vision biaisée de l’évolution du monde.

Des sites islamistes très visités diffusent de véritables incitations au djihad et au meurtre, et débordent d’antisémitisme, de racisme, de scènes de lapidation, d’exécutions sommaires et d’égorgements au couteau de boucher qui s’achèvent immanquablement par le geste consistant à poser la tête sanguinolente sur le corps lui-même.

Les services de renseignement évaluent à 10 % du nombre total de musulmans le nombre de ceux qui sont classifiables comme islamistes et à même de passer à l’action. En Grande-Bretagne et dans quelques autres pays, des sondages ont été réalisés montrant que le nombre de ceux qui approuvaient ou comprenaient le recours au terrorisme était entre trois et quatre fois plus élevé.

Il existe aussi des milliers de musulmans installés en Europe qui sont de braves gens, désireux de s’intégrer et d’entreprendre, mais que peuvent-ils faire, face à ce qui ressemble à une marée qui monte irrépressiblement ? Il existe des êtres qui sont à mes yeux des héros : des gens venus de l’islam et qui se sont convertis au christianisme, au péril de leur vie, puisque l’apostasie en islam est punie de mort. Mais, comme me le disait récemment l’un d’entre eux, un homme admirable dont je reparlerai ici et qui s’appelle Saïd Oujibou : « Si, lorsque nous nous réunissons, nous sommes mille, les islamistes, eux, peuvent regrouper aisément en France, du jour au lendemain, cent cinquante mille personnes ».

L’islam en Europe est à l’image de l’islam sur la planète. George Bush et les islamologues qui le conseillaient, tels le grand Bernard Lewis, comprenaient qu’à ne pas vaincre l’islamisme, celui-ci avancerait. L’Europe n’a cessé de faire preuve de lâcheté. Les journalistes américains se sont, pour bon nombre d’entre eux, transformés en propagandistes. Barack Hussein Obama est à la Maison Blanche. Il tend la main aux islamistes et les Européens, dans leur majorité, applaudissent. Ne voient-ils pas ce qui se profile ? L’Europe, très bientôt, sera vieille et musulmane. Y coexisteront de vieux Européens juifs et chrétiens, et de jeunes musulmans touchés par l’islamisme. À votre avis, qui l’emportera, si aucun sursaut ne se dessine ?

Guy Millière pour les 4 Vérités le 20 mai 2009
Par Guy Millière - Publié dans : Chroniques de Guy Millière
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Jeudi 14 mai 2009
Publié avec l'autorisaion de l'auteur :

Il n’en sera sans doute pas question en France. Je me dois, par conséquent, d’en parler. Il y a trente ans, à quelques jours près, Margaret Thatcher accédait au poste de Premier ministre du Royaume- Uni. Elle allait faire bien davantage qu’exceller dans ses fonctions.
Elle allait montrer que, lorsqu’il a des idées claires et de la détermination, un dirigeant politique peut changer le cours de l’histoire et redresser une situation qui pourrait sembler désespérée.

Quelques mois après l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher, les États-Unis, qui étaient alors dirigés encore par Jimmy Carter, le lamentable prédécesseur d’Obama, allaient élire un grand Président, Ronald Reagan. Jean-Paul II étant devenu Pape le 16 octobre 1978, on peut dire que les années 1980 ont constitué une décennie extraordinaire.

Le rayonnement de ces trois personnalités va produire des effets que nul n’aurait osé envisager auparavant. Non seulement le mur de Berlin est tombé, mais l’empire soviétique lui-même s’est effondré et une vague de liberté sans précédent a touché toute la planète.
Alors que certains, comme ils le font aujourd’hui, s’apprêtaient à enterrer le capitalisme démocratique, celui-ci allait se renouveler entièrement et, porté par des innovations technologiques majeures, susciter le passage à la mondialisation accélérée qui a changé la vie de centaines de millions d’êtres humains. Tout ne s’est certes pas enclenché avec l’arrivée de Margaret Thatcher, mais elle y a été pour beaucoup. Si des dirigeants de cette qualité intellectuelle et morale existaient aujourd’hui sur la scène européenne, nous n’en serions pas où nous en sommes.

Les mémoires se faisant courtes, et les historiens étant souvent remplacés par des propagandistes, il faut rappeler ce qu’était le Royaume-Uni lorsque la « dame de fer » a été élue : un pays en plein déclin économique, en état de déliquescence politique, enlisé depuis plusieurs décennies dans la sclérose étatiste, soumis à la tyrannie inepte des syndicats, courbé sous les grèves à répétition.

Nul n’aurait parié la moitié d’un penny sur le redressement. Comme dans toutes les sociétés qui se délitent, l’agressivité était omniprésente – j’en atteste personnellement, ayant séjourné souvent à Londres à la fin des années 1970.

En quelques mois difficiles où il lui a fallu tenir face à des adversaires (parfois des députés pusillanimes de son propre parti), Margaret Thatcher a vaincu l’inflation, procédé à une vaste déréglementation, baissé considérablement les impôts, taxes et charges, amenuisé radicalement la progressivité fiscale. Elle a privatisé l’essentiel des secteurs industriels que ses prédécesseurs avaient nationalisé,
supprimé la quasi-totalité des subventions accordées à des entreprises non viables, revendu à leurs occupants des dizaines de milliers de logements dits « sociaux ».
Elle a, chemin faisant, brisé les reins des syndicats, n‘hésitant pas à affronter une grève des mineurs qui a duré une année entière. Elle n’a cessé de tenir un discours sans ambiguïté sur le caractère immoral et intrinsèquement pervers du socialisme et, quand Ronald Reagan a dénoncé « l’empire du mal », elle a été à son côté, sans conditions.

Ses propos sur l’Europe ont incarné la résistance au Léviathan redistributionniste et bureaucratique qui s’édifie à Bruxelles et, si elle n’a pas triomphé sur ce plan, elle a disséminé dans les rouages assez de grains de sable pour que son fonctionnement se fasse un peu moins irrépressible. Lorsque la junte d’Argentine a envahi les îles Falkland, elle n’a pas demandé aux Nations Unies d’énoncer une protestation d’eunuques, elle a envoyé la Navy et la junte argentine a quitté les Falklands, avant de chuter un peu plus tard.

Près de deux décennies après son départ, le Royaume-Uni est gouverné par des nains
. Le spectre du déclin vient planer à nouveau au-dessus de Londres. Après George Bush, les États- Unis ont porté à leur tête un téléprompteur réglé sur des longueurs d’ondes très à gauche, l’Europe se porte mal et se résigne à devenir une zone islamique et sous-développée sur la planète.

Mais, si l’histoire semble parfois une tragédie jouée d’avance, il peut exister des personnages hors normes qui, eux, font l’histoire. Margaret Thatcher a, sans conteste, été de ceux-là.

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 13 mai 2009
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Jeudi 7 mai 2009
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Quel que soit le degré d’adulation extatique de la quasi-totalité des journalistes envers Barack Obama, il existe sur la terre un homme qui adule Barack Obama bien davantage qu’eux tous réunis : c’est Barack Obama lui-même.

S’il était simplement acteur, il serait d’un cabotinage insupportable.
Comme c’est un acteur transformé en gourou planétaire, son cabotinage passe pour de la prestance. Et on écarte du regard des foules les images gênantes. Si George Bush avait utilisé un téléprompteur pour chacune de ses prises de parole en public et avait lu ce qu’il disait à la virgule près, on aurait pu dire qu’il n’était pas très intelligent. Mais dès lors qu’il s’agit de Barack, cela signifie simplement qu’il veut être précis.

Si le prompteur s’arrête et qu’Obama s’arrête au même instant, cela signifie qu’il prend son temps pour réfléchir et s’écouter penser. Pendant la campagne électorale, il lui est arrivé d’éternuer, et la foule a applaudi. Il ne s’est pas encore épongé le front avec un mouchoir avant de jeter celui-ci à des adolescentes en transes, mais cela viendra peut-être.

Pour l’heure, Sa Sainteté Barack Ier vient de fêter ses cent jours à la Maison Blanche. Depuis l’épopée napoléonienne, les Cent jours constituent une date symbolique. C’est à croire qu’on oublie que les Cent jours de Napoléon se sont achevés à Waterloo – à moins qu’on ne considère, comme c’est mon cas, que la bataille de Waterloo a été une victoire pour la liberté et une défaite pour un tyran mégalomane.

Qu’importe : cent jours se sont effectivement écoulés depuis que Sa Sainteté s’est installée à la Maison Blanche et, si les idolâtres se pâment, ceux qui gardent une once de lucidité observent d’un œil plus distant ce qui a été enclenché.

Sur un plan intérieur américain, outre la croissance de la dette public et un recours effréné à la planche à billets, qui se termineront par de l’inflation et d’inévitables hausses d’impôts (qui rendront ceux qui siègent à Washington plus riches, mais l’essentiel du peuple américain plus pauvre), on relève des mesures ayant pour objectif de rapprocher les États-Unis des social-démocraties européennes agonisantes : nationalisations hypocrites d’entreprises industrielles, prises de participation dirigistes dans un secteur bancaire qu’Obama et Geithner souhaitent mettre sous tutelle, projet de socialisation de la santé qui, à terme, pourrait permettre aux Américains de connaître les joies du rationnement des soins.

La classification du gaz carbonique comme polluant
par l’Agence de protection de l’environnement annonce sans doute des mesures qui feront la joie des adeptes du vélo et le désespoir de ceux qui préfèrent des moyens de déplacement plus efficaces. Je ne me suis pas rendu chez les gauchistes de San Francisco depuis six mois, mais voir Obama accuser les services de renseignement américain d’avoir eu recours à la « torture » a dû les remplir d’aise. Pour ces gens, avoir privé de sommeil des criminels responsables de milliers de morts est scandaleux, et le fait – avéré – que cela ait permis d’éviter des attentats majeurs dans d’autres grandes villes américaines au cours des sept dernières années est sans importance. D’autant plus que Los Angeles était visée et qu’à San Francisco, on déteste Los Angeles…

En Europe, avoir entendu Obama s’excuser auprès de tous les ennemis des États-Unis pour l’« arrogance » américaine passée a été perçu comme le comble du raffinement. Le message a été reçu planétairement et on en voit d’ores et déjà quelques effets : l’Iran redouble d’ardeur dans sa course au nucléaire, les talibans progressent au Pakistan, les attentats reprennent en Irak. Les dirigeants palestiniens attendent le chèque qui leur permettra de préparer de prochains attentats. Les tyrans peuvent fourbir leurs armes, ils n’ont rien à craindre : les électeurs américains ont trouvé pire que Carter.

Il reste à souhaiter que cette sinistre plaisanterie s’achève sans dégâts majeurs. Il reste à penser à tous ceux dont la liberté est menacée ou foulée aux pieds sur terre en cette heure, et qui se sentent bien seuls, à commencer par Roxana Saberi, journaliste américaine abandonnée dans les geôles de l’antisémite Ahmadinejad. Il reste à penser à tous les Américains qui aiment leur pays et souffrent en voyant l’orage qui vient.

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 06 mai 2009
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Mercredi 29 avril 2009
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Il paraîtrait que l’image de l’Organisation des Nations Unies se trouverait écornée en raison de ce qui vient de se passer à Genève. Ce qui me semble surprenant, à moi, c’est que certains s’affirment surpris. L’ONU est devenue depuis longtemps une assemblée où dictateurs et tyrans disposent d’une écrasante majorité qui leur permet de faire voter n’importe quoi – et de préférence des textes sordides. Les pays démocratiques n’y jouent plus que deux rôles : ceux de figurants et de bailleurs de fonds.

Qu’on ose encore affirmer que l’ONU peut dire le « droit international » relève de la forme la plus grotesque du « politiquement correct » ambiant. Le fonctionnement du Conseil des droits de l’homme qui a organisé la conférence de Durban II est à l’image de l’ONU, et la conférence elle-même a été à l’image du Conseil des droits de l’homme.

Représentants des dictateurs et tyrans ont paradé, tenu des discours immondes, un texte piteux a été voté.  Les représentants des pays démocratiques sont venus, se sont faits piétiner, ou se sont conduits de manière ridicule. Une dose de tartufferie sans limites était nécessaire pour feindre d’être choqué par le fait qu’Ahmadinejad fasse son numéro habituel d’antisémite à intentions génocidaires, et pour sortir de la salle au moment où il parlait, avant de revenir écouter les diatribes des représentants de Cuba, de la Syrie ou du Soudan du criminel contre l’humanité Omar Hassan al Bachir.
« Nous avons limité les dégâts », ont dit plusieurs représentants de pays européens présents : comme si obtenir qu’un texte raciste le soit un peu moins était une immense victoire.

Ceux qui croient qu’il existe un racisme version light sont sans doute ceux qui parlent, par ailleurs, d’« islamistes modérés ». « Nous devons préserver un espace de dialogue », ont-ils déclaré.  Mais si le dialogue est, en réalité, un monologue où les démocraties tiennent le rôle collectif de réceptacle d’insultes et d’idiot utile, je n’en vois pas l’intérêt.

Il aurait fallu déserter plus largement la conférence de Durban II et laisser les infâmes vociférer entre eux. Il est stérile de maintenir une présence de démocraties au sein du Conseil des droits de l’homme tel qu’il est aujourd’hui.

Maintenir une participation occidentale à l’ONU est, plus largement, un luxe coûteux et contre-productif. Si les démocraties quittaient le Conseil des droits de l’homme, on pourrait lui donner, de l’extérieur, un nom plus approprié : Conseil pour la destruction des droits de l’homme. Une conférence comme Durban II apparaîtrait pour ce qu’elle a été : une conférence pour la propagation du racisme et de l’antisémitisme.

Regarder en face la réalité, à savoir que, présentement, l’Afrique, le monde musulman et une part de l’Asie sont dirigés par des adeptes du racisme, de l’antisémitisme, de la dictature et de la tyrannie pourrait, de surcroît, donner à réfléchir tant qu’il en est encore temps.
Transiger, ne pas s’en tenir à des principes clairs, est le plus sûr moyen de voir ces principes broyés.

La participation de pays démocratiques à Durban II constitue une trahison de l’idée même de droits de l’être humain et une trahison de ceux dont les droits sont bafoués ou menacés sur toute la planète. Siéger aux côtés d’antisémites, en particulier, c’est cautionner l’antisémitisme et s’en faire activement complice. Le jour où Ahmadinejad parlait à Genève était le jour anniversaire de la naissance d’Hitler.
Le lieu où Ahmadinejad parlait était celui où Goebbels, en 1933, avait nargué la Société des nations et démontré l’impuissance et la lâcheté de celle-ci.  Ahmadinejad s’est montré fils spirituel d’Hitler et de Goebbels, l’islamisme en plus. Le Conseil des droits de l’homme s’est montré l’héritier de la défunte SDN.
Pas très loin, à Évian, en 1938, s’était tenue une conférence qui a montré au peuple juif que le monde entier l’abandonnait. 71 ans plus tard, c’est à Genève que cet abandon s’est manifesté.

Le peuple juif, heureusement, a, aujourd’hui, un pays, ce qui n’était pas le cas en 1938
. La haine obsessionnelle et pathologique envers ce pays manifestée par Ahmadinejad et ceux qui l’ont applaudi à Genève en dit long sur ces gens.
Que des Occidentaux cautionnent un tant soit peu cette haine obsessionnelle et pathologique en dit très long aussi sur ce que devient l’Occident…

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 28 avril 2009
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Mercredi 22 avril 2009
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Voici quelques semaines, une vidéo montrant une agression dans un autobus de la Ratp a circulé assez largement sur le net. Le traitement médiatique de cette vidéo a révélé une fois de plus dans quelle société nous sommes.

Des images d’une agression publique dans un moyen de transport lui-même public n’ont pas été considérées comme relevant de l’information et leur mise à la disposition de la population n’a pas été estimée légitime.

Au contraire. Immédiatement, le débat a dévié. Comment ce qui aurait dû relever d’une forme de secret-défense a-t-il pu se trouver divulgué ? Qui avait commis cette erreur, que dis-je, ce crime ? Le « coupable » a été retrouvé. C’était un policier. Il a été aussitôt sanctionné. Que des gens puisent se faire agresser, en somme, est normal. Que des policiers se taisent sur le sujet est normal encore. Que la population puisse disposer d’une vidéo filmée dans un espace public et qui transmet une information utile et importante ne semble, en revanche, pas du tout normal…

Même si je sais que la France, quoi que disent les ministres, n’est pas un État de droit, je ne puis m’empêcher de trouver cela extrêmement choquant. Je trouve tout aussi choquant le fait que la population accepte ce traitement arbitraire qui équivaut à voir en elle un troupeau immature, juste assez bon pour subir ce qu’on lui dit de subir docilement.

En Grande-Bretagne ou aux États-Unis, des vidéos de ce genre sont diffusées quotidiennement
. Tous les procès tenus aux États-Unis, sauf risque avéré de trouble à l’ordre public ou atteinte à la sûreté de l’État, sont susceptibles d’être télévisés.

Ce que montre cette vidéo est, par ailleurs, très gênant pour d’autres raisons que la simple évidence de l’insécurité dans les transports en commun. On voit que l’agressé se laisse faire passivement. On voit aussi que ceux qui assistent à la scène sont, pour l’essentiel, passifs eux aussi. On voit enfin que l’agent de la Ratp se comporte en spectateur et se contente d’admonestations très molles.

Pour que la barbarie triomphe, il suffit que les braves gens ne fassent rien, dit une vieille phrase
– et c’est exactement cela. La barbarie triomphe parce que les braves gens ne font rien. Il y avait cette même indifférence au temps du pétainisme ou face à de multiples autres agressions ces récentes années. Il y avait cette même peur d’être la prochaine victime.

Il y a, en fait, la même peur face au terrorisme international et au djihadisme. La barbarie avance sur la surface du monde parce qu’une mentalité servile règne sur l’Europe. La barbarie avance sur le sol européen parce que les Européens ont peur et préfèrent baisser la tête. Les barbares ne sont pas nécessairement des gens courageux : ce qui leur donne de l’audace est la passivité tremblante et soumise de ceux qui sont en face d’eux.

Je dirais même que la passivité tremblante et soumise crée des vocations de barbares et constitue une incitation à la barbarie. Je crains fort que rien ne change, sinon pour le pire, car ce n’est là que l’un des éléments d’un vaste engrenage. Le droit de porter des armes en Europe est réservé à la police, qui n’intervient guère, et aux voyous.

Si vous vous faites agresser ou si vous assistez à une agression, vous dira-t-on, ne réagissez pas : si vous blessiez l’agresseur, il pourrait porter plainte contre vous, et avoir gain de cause.
La plupart des bien-pensants ajouteront que se défendre, ce n’est pas bien du tout, et crée une mentalité « sécuritaire »: quelle horreur ! Si on devait ajouter au tableau d’ensemble qu’en France, les policiers s’acharneront plus aisément sur un automobiliste innocent que sur les membres d’une bande organisée, que des contrôles d’identité attentatoires à la présomption d’innocence ont lieu chaque jour, mais que des criminels récidivistes sont remis en liberté et peuvent recommencer, on pourrait avoir l’impression d’un cauchemar.

En outre, une coercition croissante oblige à emprunter les transports en commun, car utiliser une voiture dans les grandes villes françaises devient un parcours du combattant. Et je n’ai rien dit des séquestrations de patrons.

Si vous vous étonnez des mines sombres de ceux que vous croisez, c’est que vous n’avez pas compris : le cauchemar, vous le vivez. À chaque instant. Vous vous habituez, c’est tout. Je suis heureux de pouvoir sortir du zoo français aussi souvent que possible : même sous Obama, je préfère l’Amérique. Il y a des barbares outre-Atlantique, mais ils n’ont pas encore triomphé.

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 22 avril 2009
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Mercredi 15 avril 2009
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Le sommet, coûteux, inutile et très dirigiste du G20 à Londres a été suivi, comme on sait, du sommet de l’Otan à Strasbourg. En soi, ce second sommet a été plus sérieux et, d’une certaine manière, plus important, et je veux y revenir.
À Londres, on a décidé de donner des milliards au FMI, d’avancer vers une bureaucratie économique mondiale, de freiner la globalisation financière, de museler la liberté d’entreprendre et de clouer au pilori, très symboliquement, quelques paradis fiscaux sur la liste desquels ne figurent, bien sûr, ni le Delaware, ni la City de Londres, ni Macao, ni Hong Kong.

L’asthénie économique s’est trouvée maintenue et il y aura, à n’en pas douter, de prochaines réunions où on continuera à édifier des barrières protectionnistes et réglementaires tout en parlant de libre-échange.

À Strasbourg, l’affaire était plus importante, disais-je. En France, on en a surtout parlé parce que Nicolas Sarkozy a décidé d’une réintégration pleine du pays au sein des structures de l’alliance, ce qui a courroucé les derniers gaullistes et les socialistes débiles à la française (pléonasme…).

La France a une armée incapable de mener seule une intervention extérieure efficace et insuffisante même pour maintenir l’ordre en cas d’événements graves sur le territoire national. Parler de la « singularité » française peut sembler sérieux en France. À l’extérieur du pays, cela vous donne le ridicule des gens qui sont arrogants sans en avoir les moyens.

En réintégrant pleinement l’Otan, la France fera au moins partie d’un ensemble cohérent et porteur d’une certaine crédibilité. Et si cela discrédite les attitudes de ceux qui voulaient, façon Chirac et Villepin, faire de la France le chef de file des dictatures du tiers-monde, ce sera tant mieux.
Il restera, cependant, à définir plus précisément les tâches futures de l’Alliance. Celle-ci a été et reste unie par l’adhésion à des valeurs communes : celles qu’on attribuait, au temps de la guerre froide, au « monde libre ». La défense de ces valeurs a été, dans l’ensemble, assurée face à l’Urss jusqu’à la chute du « rideau de fer », puis jusqu’à l’effondrement de l’empire soviétique lui-même.

Ensuite, des précisions ont manqué. L’Otan est intervenue pour contrer le glissement du nationalisme serbe vers une forme de national-socialisme, et cela a permis d’arrêter les massacres en Bosnie, puis au Kosovo. Les valeurs défendues étaient toujours celles du « monde libre », mais les discours auraient pu se faire plus précis.

L’Otan n’a pas, en tant que telle contribué à la libération de l’Irak, la France de Chirac et Villepin étant amie du dictateur sanguinaire en place à Bagdad (maintenant que l’Irak est libre, la France renoue, avec opportunisme, des liens économiques avec le gouvernement irakien, sans admettre que c’est grâce à Bush que la liberté existe en Irak). L’Otan est présent en Afghanistan pour lutter contre Al Qaïda et l’islamisme qui est, effectivement, une menace planétaire.

Il manque, toutefois, une vision stratégique de moyen terme. Ou bien l’Otan est au service des valeurs du monde libre – ce qui a été la ligne directrice américaine jusqu’à Bush. Ou bien l’Otan se teinte de lâchetés, de faiblesses et d’imprécision, comme cela semble s’esquisser sous Obama. Mais alors le rôle et la survie de l’alliance risquent de perdre toute signification.

Si l’Otan est en Afghanistan pour laisser la place à un régime « taliban modéré » sous le regard bienveillant des mollahs iraniens, sa présence est inutile. Si l’Otan se courbe devant l’Iran en voie de nucléarisation et devant la Russie poutinienne ou la Corée du Nord, elle aura bientôt autant de sens qu’un tapis de prière déroulé devant un djihadiste.

Affirmer la cohésion de l’Otan est une chose, donner une consistance à cette cohésion en est une autre. La cohésion, pour l’heure, est assurée ; la consistance est loin de l’être. Les manifestants de Londres étaient anticapitalistes face à une réunion dont ils ne voyaient pas qu’elle était elle-même anticapitaliste. Les émeutiers de Strasbourg étaient des partisans des fanatismes et des totalitarismes. Ce qu’ils ne voyaient pas, tant la haine les aveuglait, est que l’Otan contre laquelle ils pensaient agir, tout en se montrant unie, pourrait se révéler plus fragile qu’il paraît.
Les prochains mois montreront si, au-delà de la façade, l’Otan a encore un sens et si le monde occidental sait encore ce qu’il est, ou s’il a sombré dans l’apaisement cauteleux et le relativisme multiculturel.

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 15 avril 2009
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Vendredi 10 avril 2009
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Comme c’était très prévisible, le G20 de Londres a débouché sur des photographies, des mots, du dirigisme, et rien qui puisse libérer les forces économiques nécessaires au retour à la croissance.

On pourrait dire que le pire a été évité. Les idées de relance par la demande prônées par Obama n’ont pas été reprises par les pays européens. Et les idées de bureaucratie financière planétaire émises par Nicolas Sarkozy ne l’ont pas été davantage. Les pays européens peuvent, certes, difficilement s’endetter de façon directe plus qu’ils ne le font déjà. Obama, de son côté, n’aurait pu donner d’emblée les clés de l’économie américaine à une gouvernance mondiale sans se voir aussitôt accuser de haute trahison à Washington.

Le FMI recevra néanmoins des milliards à distribuer à tous vents.
Une administration mondiale chargée de corseter l’innovation financière verra le jour. Les paradis fiscaux et les hedge funds sont placés en position de victimes sacrificielles dans l’espoir (vain) que cela permettra des rentrées fiscales supplémentaires en Europe.

Quand le diagnostic est faux, le remède a toutes les chances d’être mauvais. Le mal dont souffre la planète est né d’interventions politiques (obligations faites aux banques américaines d’accorder des prêts subprimes) et du laxisme du Fed, pas de la concurrence fiscale ou de l’innovation financière. Y répondre par davantage d’interventions politiques, davantage de laxisme monétaire sera plus inefficace encore que le célèbre emplâtre sur une jambe de bois.
Cela peut même se révéler très dangereux. Lorsque le remède est mauvais, tout dépend du dosage. Une faible quantité intoxique, une forte quantité peut être bien plus délétère.

Les pays d’Europe continueront à avoir une croissance négative
, un chômage élevé, et un niveau de vie stagnant. Les États-Unis ne se porteront pas mieux. Les seuls emplois qui devraient voir le jour outre-Atlantique cette année seront des emplois subventionnés, coûteux pour le contribuable. La Chine observe : Obama est un dangereux irresponsable aux yeux des dignitaires de Pékin et, s’il conduit les États-Unis à la banqueroute, si personne à Washington ne l’arrête, la Chine devra revoir sa stratégie, trouver d’autres débouchés, envisager de se défaire des dollars qu’elle a amassés.

Le monde, en ce cas, prendra un tournant bien différent de celui que souhaitaient les Européens lorsqu’ils exprimaient leur désir de voir Obama accéder à la Maison blanche. Ils voulaient un Président plus à gauche que George Bush ; ils l’ont eu, bien au-delà de leurs espérances. Ils pouvaient compter sur un dynamisme américain auquel ils pouvaient opposer, par contraste, leur modèle social-démocrate, plus raffiné et plus « humain », disaient-ils ; ils ont, à la Maison blanche, un Président qui dilapide les deniers publics à un rythme qui les surprend. Ils trouvaient Bush peu sensible au thème de l’environnement ; ils ont à la Maison blanche un disciple d’Al Gore qui promet d’aller plus loin qu’ils ne l’auraient imaginé dans le fondamentalisme écologiste. Ils voulaient un monde plus « multipolaire » ; ils risquent d’avoir un monde où l’Amérique affaiblie laissera la place à la Chine et, derrière elle, à la Russie et à l’Iran. Ils aimaient traiter Bush de brute militariste ; ils ont un Président américain plus défaitiste qu’eux, et plus partisan de l’apaisement avec les régimes autoritaires qu’ils ne l’ont jamais été.

Cela pourrait prêter à sourire si ce n’était inquiétant. Il y a eu, à Londres, pendant le G20, des manifestants anticapitalistes. Ce que ces gens ne voient pas est que le capitalisme n’est pour rien dans la crise présente et que ceux qui ont détraqué le capitalisme ont été des politiciens comme ceux contre qui ils manifestaient.

Ce qu’ils ne voient pas est que des politiciens tels qu’Obama sont aussi anticapitalistes qu’eux, et pourraient détruire le capitalisme plus efficacement qu’eux. Ce qu’ils ne voient pas est que des hommes tels que Sarkozy sont presque aussi anticapitalistes qu’eux, et que les mesures prises à Londres sont elles-mêmes anticapitalistes. Ce qu’ils ne voient pas, surtout, est que le monde à même de se profiler en ces conditions pourrait être dirigé par des gens alliant le dirigisme économique à la dictature politique, et, dès lors, créer bien moins de richesses et autoriser bien moins de manifestations …

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 08 avril 2009
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Jeudi 2 avril 2009
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Depuis deux mois, la plupart des universités françaises sont bloquées
. Les cours n’ont pas lieu et sont remplacés par des activités « alternatives », ou par rien du tout.

Le motif est, toujours, la pusillanime réforme du secteur proposée par le gouvernement. Mais faut-il un motif ? Dans l’université française, les grèves longues sont des rituels qui reviennent de manière récurrente. Ce n’est pas très grave : les étudiants ne produisent rien, la plupart des enseignants non plus. Cela gaspille l’argent des contribuables, mais cet argent est déjà tellement gaspillé, et de tant de façons : les campagnes télévisées sur le dérèglement climatique, par exemple, car aujourd’hui, puisqu’il semble avéré que le réchauffement dont on a pourtant si longtemps parlé n’aura pas lieu, on change de vocabulaire. Dérèglement est un mot assez vague pour tout couvrir, la pluie et le beau temps, la chaleur et le froid, les cyclones et les tempêtes, la neige et le plein soleil. Qu’importe, de fait, puisque sur tous les autres plans, nous sommes, en ce pays, dans une ère médiocre et crépusculaire.

Le monde, dont (faut-il le dire ?) la France fait partie, est dans une phase de récession qui prendra fin, comme toutes les phases de récessions, quand les causes qui y ont conduit seront traitées. Ces causes sont hors de portée du gouvernement français. Elles sont à la portée du gouvernement américain, mais celui-ci va de décision inepte en décision inepte, de dépenses immenses en mesures inflationnistes. Elles ne seront pas prises en compte lors du G 20 bientôt organisé à Londres où on entonnera le grand air du protectionnisme fiscal en déclarant la guerre à la Suisse ou au Liechtenstein, comme le Don Quichote de Cervantes chargeait les moulins à vent. Le gouvernement français prétend, néanmoins, « faire » quelque chose.

Il pourrait, direz-vous, proposer de baisser nettement les impôts, et les charges de façon à faciliter la création de richesse, envisager aussi de déréglementer et de diminuer drastiquement les dépenses publiques. Il lui serait difficile d’aller très loin dans ces directions, puisque l’essentiel se décide désormais à l’échelle de l’Europe, mais il pourrait au moins en parler. Au lieu de cela, les propos tenus, comme les mesures prises, ont une teneur social-démocrate très nette, et il faut avoir la cécité idéologique d’un socialiste français pour ne pas le voir.
Les débats du jour tournent donc autour du « partage du profit » au nom de la « justice sociale », de « soutiens » à ceci ou à cela, d’« aides sociales » à telle ou telle catégorie, de « protections », et que sais-je encore.

Lorsqu’il est question d’investissements, il faut traduire « dépenses publiques supplémentaires », et surtout pas « liberté d’entreprendre ». Sarkozy vient de dégainer sa dernière trouvaille : des commissaires à la « réindustrialisation ». Le commissariat au Plan va-il renaître ? Parfois, un économiste digne de ce nom est invité à la télévision, mais c’est assez rare. Il tient alors des propos sensés que nul n’écoute, et, très vite, les phrases vides tournoient à nouveau et débouchent sur des discussions aussi vaines que celles sur le sexe des anges ou la sodomie chez les mouches.

J’ai parfois envie de suggérer aux politiques de parler comme le ferait un économiste digne de ce nom. La France a, après tout, été le pays de Turgot, de Jean-Baptiste Say et de Bastiat, avant d’être celui d’Olivier Besancenot. Mais j’ai renoncé depuis longtemps à attendre quoi que ce soit du personnel politique. Je sais que, pour être élus, les politiciens français doivent parler le même langage que les délégués syndicaux. Le pays continuera donc à s’enliser. Mais je ne suis pas inquiet : il y aura encore de belles manifestations et de superbes grèves. Avec un peu de chance, je pourrai faire un ou deux cours avant l’été. Les trois quarts des Français approuvent les gens qui pensent que défiler sous des banderoles sert à « lutter contre la crise ». Ces mêmes Français estiment que le gouvernement peut prendre de l’argent quelque part, en Suisse ou au Liechtenstein sans doute, et le distribuer comme une manne céleste. C’est tout ce qui reste du christianisme dans un pays qui a perdu son âme chrétienne : l’idée qu’une manne peut tomber du ciel.

Je devrais trouver tout cela profondément affligeant. Je préfère observer, comme on assiste à un spectacle dérisoire. Le journal de vingt heures me semble plus regardable quand je coupe le son, et que je le remplace par une musique de fond. Un Requiem ?

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 31 mars 2009
Par Guy Millière - Publié dans : Chroniques de Guy Millière
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Jeudi 26 mars 2009
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L’une des expressions les plus frelatées du vocabulaire ambiant est celle de « communauté internationale ». Elle renvoie, en général, à l’Organisation des Nations Unies et à l’idée que cette institution dit le droit, ce qui est totalement inexact.

L’ONU a été créée à l’origine pour régler pacifiquement les différends entre pays membres
. Elle s’est chargée ensuite de diverses missions d’assistance. Formée au départ de démocraties censées endiguer une menace totalitaire, celle incarnée par l’Union soviétique, elle s’est, au fil des ans et de l’admission d’États nés de la décolonisation, changée en un cénacle de dictatures plus ou moins corrompues parmi lesquelles les démocraties sont devenues la minorité.

Les membres permanents du Conseil de sécurité ont toujours inclus au moins une tyrannie à même de s’opposer aux décisions des puissances occidentales, ce qui a assuré sa paralysie dans la plupart des cas, et explique pourquoi l’Onu envoie souvent
des « observateurs » qui constatent les exactions, y contribuent quelquefois, mais y mettent rarement fin.

Comme toute bureaucratie incontrôlée, l’Onu a donné naissance à des monstruosités dont l’une des pires est l’UNRWA, chargée des « réfugiés palestiniens », qui est devenue une véritable officine d’assistance au terrorisme au Proche-Orient, tout en créant des phénomènes uniques dans les annales : la multiplication par dix du nombre de réfugiés en soixante ans sans qu’une personne supplémentaire ait quitté le territoire qu’elle est censée avoir quitté, la transmission du statut de « réfugié » de père en fils sur plusieurs générations, l’extension du statut de « réfugié » à la famille par alliance…

L’Onu porte une lourde responsabilité dans la
dissémination planétaire d’idées ineptes et infondées, telle celle de « réchauffement climatique global créé par l’homme ».

Elle dispose de commissions aussi onéreuses qu’ubuesques, dont la plus répugnante est chargée des « droits de l’homme ». Voici bientôt huit ans, celle-ci avait organisé à Durban, en Afrique du Sud, un sommet censé être consacré à la lutte contre le racisme, et qui s’est transformé en une sinistre bacchanale porteuse d’un antisémitisme émétique.

Depuis, la commission a été refondue, sans qu’il s’agisse, en réalité, d’autre chose qu’un vague ravalement de façade. Appelée non plus « Commission des Nations Unies sur les droits de l’homme », mais « Conseil des droits de l’homme des Nations Unies », elle va organiser au mois d’avril prochain à Genève un sommet communément qualifié de Durban II.

Ce sommet promet d’être aussi obscène que Durban I. On peut s’attendre à autant d’antisémitisme qu’en 2001. On peut s’attendre aussi à des manœuvres de l’islam le plus radical pour obtenir que toute forme de critique de l’islam soit assimilée à une forme de racisme.
Israël sera, bien sûr, traité en juif des États. Les réunions préparatoires ont permis d’avoir un avant-goût de ce qui se dira. Les documents officiels publiés ne laissent pas de place au doute. La simple liste des pays qui se sont chargés de tout cela ces derniers mois pourrait faire rire si ce n’était sinistre.

La présidence a été confiée à la Libye, la vice-présidence à l’Iran, la position de rapporteur à Cuba. Imaginez la déclaration finale lue par Mouammar Kadhafi et Mahmoud Ahmadinejad, avec l’assistance de Raoul Castro : trois humanistes réunis pour parler d’une même voix, ce serait seyant !

De trop rares pays ont déclaré à l’avance que le sommet se ferait sans eux. Barack Hussein Obama qui, comme il l’a dit sur Al Arabiya a « une famille musulmane », après avoir tergiversé, n’enverra personne, mais ne dénoncera pas l’imposture. On peut craindre que la plupart des pays européens, eux, soient présents.
Le simple fait de participer, en ces circonstances, serait une forme de complicité.

Voici sept décennies, les pays d’Europe ont laissé avancer les projets de crimes du nazisme en parlant avec Hitler. L’Amérique de Roosevelt n’a, jusqu’en 1940, guère été plus brillante. La question qui se pose aujourd’hui est simple : les pays d’Europe et les États-Unis d’Obama vont-ils continuer à contribuer lâchement à la propagation de l’islamisme et des discours génocidaires qui l’accompagnent ? Nous aurons très vite la réponse.

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 24 mars 2009
Par Guy Millière - Publié dans : Chroniques de Guy Millière
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Alexandre Del Valle : Essayiste, Géopolitologue, co-fondateur de l’Observatoire géopolitique de la Méditerranée (basé à Chypre) ; Membre du Conseil de Rédaction de la Revue française de Géopolitique Outre Terre, Alexandre Del Valle inscrit toutes ses études, interventions et écrits dans le cadre de la démarche géopolitique qui consiste à étudier « les rivalités de pouvoirs autour des territoires ou ressources », ainsi que les « représentations » développées par les acteurs en lice.

Guy Millière : - Professeur à l’Université PARIS VIII Histoire des cultures, Philosophie du droit
- Visiting Professor à la California State University, Long Beach.
- Expert auprès de l’Union Européenne en bioéthique, biotechnologie.
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DanielPipes.org
- Editorialiste à la Metula News Agency, Israël Magazine, Frontpage Magazine, les Quatre Vérités, upjf.org
- Membre du comité de rédaction d’Outre-terre, revue de géopolitique dirigée par Michel Korinman
- Rédacteur en chef de la revue
Liberalia de 1989 à 1992 


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Michel Gurfinkiel : Ecrivain et journaliste, président de l’institut Jean-Jacques Rousseau, correspondant en France de Commentary et Weekly Standard, auteur de Israël, géopolitique d’une paix (1991), La cuisson du homard (2001), Le testament d’Ariel Sharon (2006), à paraître au début 2008 son livre sur l’histoire du sionisme et d’Israël.

Robert Redeker : Agrégé de philosophie, chercheur au CNRS. Membre du comité de rédaction de la revue Les Temps Modernes. Membre du comité scientifique du CALS (Université Toulouse-le-Mirail). Membre du comité scientifique de la revue Culture Droit.  Membre du comité de rédaction de la revue
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