Lundi 2 novembre 2009
1
02
/11
/2009
00:01
Au
retour de mes vacances d'été j'ai eu droit à un commentaire assassin d'un certain Alex : "Alors... Tu t'es bien planté ! Depuis le début de l'été, ça monte, ça monte... Les bourses se
portent bien. Vas-tu écrire un article pour t'excuser et pour admettre que tu n'y connais rien ?! Des gens ont peut-être perdu de l'argent avec tes conneries." Le 04 juillet j'avais en
effet publié un article "L'été meurtrier" dans lequel je mettais en garde les boursicoteurs que la
flambée de la bourse ne reposait que sur du vent. Je lançais notamment cet avertissement : "Ceux qui pensent qu'on a vu le pire vont rapidement déchanter. Ils vont
s'apercevoir que tous les problèmes vont resurgir car ils ont juste été enfouis sous des masses immenses d’argent public."
Ce pronostic je l'ai à nouveau écrit dans mes articles du 25 septembre et du 04 octobre (Illusions estivales meurtrières ; Le krach de la dette publique se rapproche). Si vous prenez la peine de lire ces articles on peut me reconnaître une certaine
cohérence et une certaine constance. Dans le dernier j'avertissais même du risque d'un nouveau Lehman Brothers avec le risque de faillite de CIT : "la mise en liquidation
de CIT (le principal financier des PME et du commerce de détail aux Etats-Unis) pourrait être imminente. C'est un second Lehman Brothers qui se
profilerait, avec des conséquences catastrophiques pour l'emploi et la consommation au cours des prochains mois, donc pour la croissance des Etats-Unis et du reste du monde par
ricochet." Or dimanche soir la nouvelle est tombée. Implacable. Le groupe financier américain CIT, acteur incontournable du financement des PME américaines, a en effet annoncé qu'il
se mettait sous la protection de la loi sur les faillites. En clair il a déposé le bilan. Les actifs du groupe se montent à 71 mrds de dollars. Il s'agit de la 5e plus grosse faillite de l'histoire des USA, après celles de Lehman Brothers (2008), Washington Mutual (2008), WorldCom (2002) et General Motors
(2008). Sanction immédiate CIT Group, dont l'action s'était effondrée de plus de 20% vendredi, ne sera plus coté à la bourse de New York à compter de lundi.
Cette faillite retentissante démontre, contrairement aux affirmations de nos politiques et de nos médias qui pratiquent tous la méthode coué, que non seulement la reprise économique n'est
qu'un leurre mais que le système financier n'est toujours pas à l'abri d'une très grave rechute. Pour preuve, les autorités américaines ont fermé vendredi neuf banques,
un record pour une seule journée depuis le début de la crise financière. Cette opération porte désormais à 115 le nombre de banques
mises en faillite depuis le 1er janvier. Les analystes s'attendent à ce que d'autres surviennent encore d'ici la fin de l'année. Parmi les neuf établissement fermés vendredi se trouve la California
National Bank, qui devient la quatrième plus grosse faillite du secteur cette année.
La bourse de New-York a immédiatement clôturé en forte baisse vendredi soir. La raison ? Selon Anthony Conroy, de BNY Convergex Group, les marchés sont pris de craintes sur l'économie et le système
financier. Ce qu'il résume par un laconique : "Il y a toujours des risques dans le système". Or qu'avais-je écrit le 25 septembre ? "en réalité aucun des problèmes à
l'origine de la crise financière de 2008 n'ont été réglés". On les a juste balayé sous le tapis.
David Bescond pour Rebelles.info
Par David Bescond
-
Publié dans : Dossier crise financière
0
-
Recommander
Commentaires Récents