Mercredi 25 novembre 2009
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Cher collègue,
Vous avez sans doute lu dans le journal
Le Monde du dimanche 22 novembre 2009 l’histoire atroce
de notre collègue Claudine Lespagnol, professeur d’anglais au Lycée Jean-Lurçat dans le 13ème arrondissement de Paris.
Claudine a demandé à ses élèves d’arrêter de téléphoner et d’envoyer des SMS en classe. Elle n’a pas confisqué de téléphone puisque, comme vous le savez, c’est
interdit.
Résultat immédiat, ses élèves ont signé - à la quasi-unanimité de la classe - une lettre au proviseur dans laquelle ils lui « conseillent vivement d'opérer un changement de
prof ».
Certains élèves ont également écrit à Claudine pour lui demander d’arrêter immédiatement de leur faire des remarques au sujet de leur téléphone portable : « Si ce n’est pas le cas et qu’il n’y a aucun effort de changement de votre part,
nous n’avons plus que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc… »…
De plus, pour la « punir », ils lui ont volé la clé USB sur laquelle elle a ses cours.
Vous et moi devons réagir immédiatement.
Ces agressions ignobles envers notre collègue seraient normalement passibles de poursuites pénales, pour vol et injures, peut-être même pour menaces, si elle était un citoyen
normal.
Mais seulement voilà : Claudine n’est qu’un simple professeur de l’Éducation nationale. Dans son cas, les Droits de l’homme
semblent ne pas s’appliquer !!
En effet, elle n’a reçu que très peu de soutien de la hiérarchie.
Elle aura dû attendre un mois pour qu’enfin l’inspecteur d’académie se déplace. Et encore : il s’est contenté pour le moment d’un simple rappel à l’ordre, sous le faux prétexte que « les
punitions collectives » sont interdites par le règlement !!!
Pourtant, c’est bien les uns après les autres que les élèves ont signé cette pétition et se sont engagés pour demander la tête de leur professeur…
Et ils vont peut-être obtenir gain de cause : de sources syndicales, il est question de remplacer Claudine par un autre professeur au nom de la « continuité du service
public » !!!
Le proviseur, d’abord en arrêt maladie, lui aurait finalement apporté son soutien.
La seule solidarité qu’elle a reçue pour l’instant est celle de ses collègues, qui ont débrayé depuis jeudi 19 novembre.
JUSQU'À QUAND LES PROFESSEURS VONT-ILS CONTINUER À SE LAISSER MENACER ET HUMILIER ?
Ne sommes-nous que des moins que rien ?
Des citoyens sans aucun droit, et que des devoirs ?
N’y aura-t-il personne pour faire la moindre remarque à nos élèves, pour qu’ils arrêtent de nous cracher dessus, et parfois pire encore ?
C’est pourquoi je vous demande de signer la pétition au ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel, en solidarité avec notre collègue Claudine
Lespagnol.
Ce qui se passe là est d’une gravité sans précédent. Notre collègue doit recevoir notre soutien, il y va de notre dignité.
Personnellement, si après avoir demandé à mes élèves d’arrêter de jouer avec leur portable en classe, je recevais de leur part un tissu d’insultes aussi violentes, et que la hiérarchie leur donnait
raison, je me sentirais humilié, sali, déshonoré, jusqu’au plus profond de moi-même.
Heureusement, il semble que Claudine soit d’une force morale exceptionnelle, et qu’elle tienne le choc jusqu’à présent.
Mais ce n’est pas une raison pour la laisser toute seule. C’est pourquoi signer cette pétition
de solidarité avec elle est si important. Et j’espère que vous la transmettrez immédiatement à tous les collègues !!
Les élèves le savent : circulaire après circulaire, toute la réglementation que le ministère de l’Éducation nationale a savamment écrite jour après jour, est là pour défendre
« l’enfant roi » contre la « tyrannie » de l’enseignant, pour que le professeur n’abuse pas de sa supériorité d’adulte…
Il faut bien reconnaître que nous-mêmes, nous ne savons parfois plus ce que nous avons le droit de faire. Chaque fois que l’on réprimande un élève, on se demande toujours si on en a bien le
droit.
D’ailleurs, les élèves sont les premiers à vous le faire remarquer : « M’sieur, vous avez pas le droit de faire ça ». Ils vous expliquent ce qui est interdit. Avisez-vous de leur demander de
se taire, certains osent vous rétorquer qu’on est en démocratie et que tout le monde a le droit de s’exprimer !
Et n’oubliez pas que de votre côté ce n’est pas la même chose. Si un élève vous menace, il faut qu’il vous menace deux fois avant que vous ne puissiez faire quelque chose. Les avertissements ?
Depuis trois ans, il est interdit de les faire figurer sur le bulletin scolaire. Ça rime à quoi ?
Aujourd’hui, on a ruiné l’autorité des professeurs parce que l’on a considéré que l’autorité c’est l’application d’une procédure.
Le résultat est tout simplement CATASTROPHIQUE, et ce sont les élèves eux-mêmes qui en sont les victimes également.
Car si nous ne pouvons plus faire cours, que vont-ils apprendre ? Comment peuvent-ils préparer leur avenir ???
Notre devoir d’éducateurs est de mettre fin à cette situation ubuesque. Mais pour l’heure, il y a vraiment le feu à la maison et je vous demande de signer la pétition.
Je vous tiendrai évidemment au courant des résultats et des suites que nous donnerons à cette action, avec tous les membres de l’association SOS Éducation.
Et surtout, faites passer à tous les COLLEGUES !!!
Un grand merci,
David Barbaud
Professeur
certifié d’histoire-géographie
Gisors, le 24 novembre 2009
Par Sos éducation
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Publié dans : Divers
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Je souhaite néanmons bonne chance à votre collègue.et tous mes voeux de réussite.
"ON" a ruiné....
Qui est ce "ON" si ce n'est les enseignants eux mêmes qui ont torpillé méthodiquement l'institution qui leur donne à manger chaque mois.
Ces gens là se sont cru propriétaires de leur emploi, et donc libre d'en faire ce qu'ils voulaient selon leurs lubies.
Là, pas de principe de précaution, l'arrogance des pseudo "sciences de l'éducation" a donné libre cours à toutes les inepties marxistes dans le trop fameux "laboratoire des idées".
Non je ne signerais pas votre pétition.
Vous avez un sacré culot de venir nous appeler au secours après des années de mépris de notre avis sur cette question.
L'enfant roi est devenu l'enfant tyran.Et j'espère que ce malheureux exemple ne restera pas isolé.
Je souhaite vivement qu'il se multiplie à des centaines, des milliers d'autres classes partout en France, et que vous en baviez un maximum pour vous apprendre à vivre.
-Démerdez vous tout seuls !!!
Alors toujours syndiqué communiste ?!
A ma connaissance, les enseignants ont (encore) fait grève hier, même si elle semble n'avoir été que modérément suivie. Qu'est-ce qu'ils voulaient encore ces braves profs ? Des moyens ? Non aux suppressions de postes ? Etre "reconnus", comme les policiers ?
Si, au lieu d'une "éducation nationale", nous avions une "Instruction Publique", avec des intervenants intelligents et responsables, non seulement ce genre de situation ne se serait jamais produit, et si par miracle cela était arrivé, ils se seraient TOUS mis en grève illimitée jusqu'à réintégration sans conditions de leur collègue, et éviction pure et simple et définitive de TOUTE cette classe de merdeux de l'établissement et interdiction d'en réintégrer un autre. Car à première vue, tous étaient d'accord, alors, on les vire, et les quelques deux ou trois qui seraient tentés par l'envie d'apprendre, pourraient toujours utiliser les cours par correspondance. C'est très bien fait les cours par correspondance, on peut suivre n'importe quelle étude, le seul besoin, c'est ... de travailler !
Eh non, les éducateurs nationaux, eux, ils implorent une aide, et font une pétition...
Les élèves peuvent-ils être à la hauteur quand les enseignants ne le sont pas ?..
Arriver à mon âge et voir la France dans une pareille merde, franchement, c'est pas possible...
L'éducation nationale, mammouth de l'état français, est responsable de la situation actuelle. Responsable par la permissivité, le laxisme et même l'endoctrinement des élèves.
Pourquoi ne pas faire appel à la solidarité de la confrérie, si active lorsqu'il s'agit de se mettre en grève ?
Et puis le problème n'est pas la tranquillité des profs, mais l'avenir des prochaines générations.
Autorité-empathie-transmission et non
jeunisme-sympathie-communication.
Y'a du boulot!