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Samedi 3 janvier 2009

Publié avec l'autorisation de l'auteur :

Donc, Mme Christine Boutin  vient de faire la même erreur qu'on fait les gouvernements américains  successifs pendant  des années et qui est à l’origine  de la crise des subprime aux Etats-Unis, avec par ricochet une crise  mondiale la plus phénoménale depuis longtemps. Elle veut permettre d’être propriétaires de leur logement à des personnes qui ne devraient pas avoir cette possibilité.  La presse la crédite de bonnes intentions ; ce n'est pas notre avis : elle est  animée de mauvaises intentions, sa seule excuse étant  son  ignorance, car elle ne sait pas que ces intentions sont mauvaises.

Elle avait lancé le 21 février dernier la construction de maisons à 15 € par jour. Elles succédaient à la maison à 100 000 € de son prédécesseur Jean-Louis Borloo qui avait échoué dans le projet.  Le 22 décembre 2008,  elle a remis  symboliquement les clés de leur logement à deux ménages ; le prix de construction des logements fut  de 158 000 à 181 000 €  terrains compris. Les « heureux » bénéficiaires contractent pour arriver à leur fin des emprunts sur 45 ans. Bien entendu, il y a une panoplie d'aides publiques sous des formes diverses dont une TVA à 5,5% et des prêts à taux zéro. Il est à craindre, selon les expériences antérieures, que les maisons ainsi livrées ne soient pas de grande qualité et l'on peut se demander si elles tiendront au moins pendant la durée des prêts. Que se passera-t-il, d'ailleurs, si les bénéficiaires veulent revendre leur maison ?

C’est l’occasion d’évoquer l'état déplorable de l'industrie du logement en France et la véritable catastrophe que représente le logement social et cela permet de comprendre comment on est arrivé  au drame des maisons à 15 euros par jour.

Au point de départ, se trouve la destruction de l'industrie du logement en France engagée par les pouvoirs publics dirigistes depuis des décennies. Il en résulte un nombre immense de blocages qui empêchent  les gens de construire là où ils veulent, comme ils veulent et au prix qu'ils veulent. La construction pour se loger s’apparente à un vrai  parcours du combattant. Les promoteurs énoncent couramment que le dossier étatique coûte 20  % du prix de la construction ; les riches s’en arrangent. Celui qui n’a que trente mètres carrés pour se loger en perd six, ce qui est dramatique.

Le zonage de la France doit être souligné. Le territoire est découpé en de multiples zones souvent enchevêtrées où pour construire le moindre bâtiment il faut s’agenouiller devant des fonctionnaires multiples, arrogants et incompétents, avec  la corruption éventeuelle en prime.

Les propriétaires bailleurs sont entravés par de multiples liens et en particulier par le manque  de liberté des loyers et l'impossibilité de chasser les mauvais locataires. Le pouvoir actuel s'est signalé par un nouveau blocage des loyers qui est une sorte  de reconstitution de la désastreuse loi de 1948 dont pourtant l'on se débarrassait peu à peu.

Les impôts multiples sur les logements, y compris l’ISF annulent tout rapport locatif et font fuir les investisseurs.

Il en découle  une vraie pluie de lois diverses prétendant précisément corriger la calamité créée artificiellement. Les crypto-socialistes de tous partis s’apercevant de la crise imaginent des parades sous forme de lois de circonstances supposant relancer le logement.


Il est impossible d’énoncer tous  ces dispositifs. De mémoire, il y a la loi Malraux, la loi Périssol, la loi Pons, la loi Méhaignerie, la loi Robien et la loi Borloo que l’on qualifie de « Borloo social », mais la liste n’est pas exhaustive. Les journaux financiers ont évoqué un « match Robien-Borloo ». Ils conseillaient les malheureux épargnants sur la meilleure formule qui ne peut surgir qu’après des calculs ésotériques. Notons que les calculs, quand ils sont possibles, montrent que l’épargnant ne bénéficie guère de la niche fiscale offerte par ces lois ; l’essentiel de l’avantage est capté par les intermédiaires.

Il faut aussi compter avec les innombrables droits de préemption et d’expropriation.

La conséquence est une crise endémique des logements. Et, comme de juste, la catastrophe frappe davantage les plus pauvres et les faibles ; la conséquence est une autre immense  calamité, à savoir le logement social et, par son existence même, ce logement social contribue à l'accentuation de crise du logement. En effet, il donne aux gens l'idée absolument folle que pour se loger il ne  faut pas compter sur ses propres efforts mais compter uniquement sur les pouvoirs publics ; le tam-tam répand  cette même idée  jusqu'au  fonds de l'Afrique et, comme pour tous les problèmes qui assaillent la société française, il se produit des migrations abusives et insupportables : c'est un chef socialiste qui a dit que la France ne pouvait accueillir toute la misère du monde.

Le logement social généralisé se traduit par de mauvais logements, souvent délabrés et mal entretenus et par des files d'attente qui  évidemment ne peuvent que s'augmenter.

À la première calamité qui est le logement social s'ajoute une deuxième calamité, à savoir la recherche  d'une prétendue et chimérique mixité.

Et nous voici avec la désastreuse  loi Gayssot (une de plus) visant  à obliger les communes qui  n'ont pas assez de HLM à en bâtir,  l’objectif étant d’atteindre dans toute la France le seuil de 20% de logements dits sociaux. Si les maires n’obtempèrent pas les communes sont taxées. Remarquons que même les maires dont la population accepterait d’être taxée finissent par capituler : des pressions s’exercent ainsi que des chantages divers, comme le chantage à l’investiture, à la subvention ou tout simplement à la légion d’honneur. Maintenant, certains parlent même de sanctions pénales contre les récalcitrants !

Les HLM deviennent ainsi  l'un des véhicules  de la pauvreté ; conçues apparemment pour résoudre l'un des aspects de cette pauvreté, c'est-à-dire l'absence de logements pour tous, elles multiplient en fait cette pauvreté : plus il y aura de HLM, plus il en faudra.

Comme l'on sait la dernière innovation est cette véritable horreur juridique qu'est le droit opposable au logement instauré sous le nom de loi « Dalo », nouveauté socialisante  de l’année 2007   en application depuis le 1er janvier 2008.

Quand une personne se trouvant sur le territoire français n'est pas logée ou logée d'une façon qui ne la satisfait pas, elle a le droit de se retourner contre l'État à l’aide d’une instance juridique pour exiger un logement qui lui convienne. Bien sûr, cette innovation est liée aux logements sociaux dont  l'État prétend avoir la charge. C’est, en quelque sorte, une obligation juridique pour l’Etat de faire du socialisme.

La simple création de ce droit crée à l’intérieur de la France des besoins nouveaux et artificiels, car, finalement, beaucoup de personnes peuvent se prétendre mal logées. Qui peut juger valablement de la convenance ou non convenance d’un logement pour quelqu’un ?

Les tribunaux ont déjà commencé à être submergés de multiples demandes. Dès le premier jour de l’année 2008, des associations, qui sont subventionnées c'est-à-dire dont la vie et la richesse repose aussi sur un pillage, se sont mises en route pour préparer les dossiers et plus de 300 personnes se trouvaient devant la préfecture de Paris pour retirer leurs dossiers de demandes de logements. En province, nous ne connaissons pas les chiffres, l’incendie mettant du temps à se propager.

La chaine des évènements destructeurs  concernant le logement telle qu’elle ainsi rappelée joue un grand rôle dans la paupériastion du peuple français.

Que ferait un pouvoir « libérateur » dans ce domaine ?

Il s'empresserait de supprimer   un grand nombre des lois qui empêchent les gens de construire librement et certaines de ces lois sont parfaitement connues des praticiens. La richesse qui résulterait de cette suppression  et la liberté d’agir retrouvée permettraient à chacun de se loger et y compris les plus faibles.

Les villes et les villages de France ont été bâtis pendant des siècles avec les techniques des époques successives sans intervention de l’Etat et ont logé riches et pauvres, la mixité sociale se réalisant sans mesures particulières.  Beaucoup de ces villes et villages font aujourd’hui l’admiration des visiteurs !

Michel de Poncins

Par Michel de Poncins - Publié dans : Chroniques de Michel de Poncins
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Présentation des collaborateurs de Rebelles.info (en cours...)

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Alexandre Del Valle : Essayiste, Géopolitologue, co-fondateur de l’Observatoire géopolitique de la Méditerranée (basé à Chypre) ; Membre du Conseil de Rédaction de la Revue française de Géopolitique Outre Terre, Alexandre Del Valle inscrit toutes ses études, interventions et écrits dans le cadre de la démarche géopolitique qui consiste à étudier « les rivalités de pouvoirs autour des territoires ou ressources », ainsi que les « représentations » développées par les acteurs en lice.

Guy Millière : - Professeur à l’Université PARIS VIII Histoire des cultures, Philosophie du droit
- Visiting Professor à la California State University, Long Beach.
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- Editorialiste à la Metula News Agency, Israël Magazine, Frontpage Magazine, les Quatre Vérités, upjf.org
- Membre du comité de rédaction d’Outre-terre, revue de géopolitique dirigée par Michel Korinman
- Rédacteur en chef de la revue
Liberalia de 1989 à 1992 


Ivan Rioufol : Senior fellow à l'Atlantiste Institute et chroniqueur à l'émission On refait le monde, sur RTL. Il est titulaire d'un DEA de droit maritime et aérien et a débuté une carrière de journaliste, en 1976, au quotidien nantais Presse-Océan. Il rejoint Le Figaro en 1985 au service « La vie des médias », responsable de la rubrique « Confidentiel ». Il devient rédacteur en chef du service des informations générales, puis éditorialiste et membre du comité éditorial du journal en 2000. Depuis 2002, succédant à Max Clos, il tient dans Le Figaro un « Bloc-notes » publié chaque vendredi.

Michel Gurfinkiel : Ecrivain et journaliste, président de l’institut Jean-Jacques Rousseau, correspondant en France de Commentary et Weekly Standard, auteur de Israël, géopolitique d’une paix (1991), La cuisson du homard (2001), Le testament d’Ariel Sharon (2006), à paraître au début 2008 son livre sur l’histoire du sionisme et d’Israël.

Robert Redeker : Agrégé de philosophie, chercheur au CNRS. Membre du comité de rédaction de la revue Les Temps Modernes. Membre du comité scientifique du CALS (Université Toulouse-le-Mirail). Membre du comité scientifique de la revue Culture Droit.  Membre du comité de rédaction de la revue
Des Lois et des Hommes . Membre de la commission " philosophie- sciences religieuses- psychanalyse " du Centre National du Livre . 

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Claude Reichman : docteur en chirurgie dentaire de la faculté de médecine de Paris. Il est l'un des initiateurs de la
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, et docteur en Économie. anime aussi deux magazines sur internet : Tocqueville Magazine et Radio Silence.

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Alain Laurent : Philosophe, essayiste et éditeur. Auteur en particulier de nombreux ouvrages sur l'individualisme, le libéralisme et leur histoire ("La philosophie libérale", Les Belles Lettres, 2002 - Prix de Philosophie politique de l'Académie française; "Le libéralisme américain", Les belles Lettres, 2006 - Prix du livre libéral). Directeur de la collection La Bibiothèque classique de la liberté, aux Belles Lettres. Dernier ouvrage paru: "La société ouverte et ses nouveaux ennemis", Les Belles Lettres, 2008).

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