Mercredi 24 septembre 2008
Publié avec l'autorisation de l'auteur :
Sept ans ont passé depuis le 11 septembre
2001. C’est trop peu de temps pour que les souvenirs s’effacent. C’est, semble-t-il, bien assez longtemps pour que l’oubli volontaire s’installe. Les falsifications et les malveillances,
elles, ont commencé à tracer leur chemin bien plus tôt. Les décombres des tours jumelles du World Trade Center n’étaient pas encore froids que déjà, de nauséabondes théories de la
conspiration avaient commencé à circuler : « cela » avait été organisé par la CIA, disaient les uns, tandis que d’autres accusaient Israël et le Mossad.
Quelque temps plus tard, certains s’enhardirent et en vinrent à dire qu’aucun avion ne s’était écrasé sur le Pentagone. Par de consternantes inversions logiques, on en vint à accuser la démocratie
américaine et le peuple juif en exonérant l’islam radical ou en présentant celui-ci comme un simple instrument des principaux incriminés.
Suivirent les guerres menées en Afghanistan et en Irak. Dans le premier cas, on en vit un certain nombre saliver et murmurer que les Américains allaient échouer ; dans le second cas, on dut
constater le déclenchement d’une vague de faux pacifisme et de défense hypocrite de l’une des pires dictatures du Proche-Orient.
Une étrange cohorte se forma où se retrouvèrent gauchistes amoureux de toutes les causes sanguinaires, pourvu qu’ils y discernent une dimension anticapitaliste, sympathisants d’une extrême-droite à
qui rien d’antisémite n’est étranger, adeptes d’une lecture littérale du Coran, gaullistes adeptes d’une politique arabe elle-même teintée d’antisémitisme, et corrompus de tous ordres craignant
pour leur chèque de fin de mois.
En une période où les États-Unis pleuraient leurs morts et se trouvaient face à un nouvel ennemi totalitaire, nombre
d’Européens se rangèrent non pas du côté des États-Unis, mais dans le camp de l’ennemi. Les
Européens ne furent pas seuls, bien sûr : tous les intellectuels ressentimentaux du monde, des millions d’illettrés dévoyés par l’envie et diverses formes de fanatisme leur tinrent compagnie.
Les bobos américains furent confortés dans leurs débiles aveuglements et se sentirent encouragés à trahir leur propre pays. George Bush devint l’occupant de la Maison Blanche le plus détesté de
l’histoire contemporaine. L’imposteur Michaël Moore fut couvert de lauriers.
Aujourd’hui, du temps a passé. Fort peu de temps, en somme. Mais falsifications et malveillances ont fait leur œuvre sombre. Nul ou presque en Europe ne daigne se souvenir de l’horreur que fut le
11 septembre 2001. Les cérémonies qui se sont déroulées à New York ont semblé, aux Européens, sans objet ou presque. On oublie, oui. On se crève les yeux. On ne veut pas voir en Europe que
l’islam radical est toujours là et toujours menaçant. On ne veut pas voir que si la guerre reste rude en Afghanistan, il n’y a pas d’autre issue que de la mener et de gagner, car une
victoire de l’islam radical serait celle d’une barbarie qui ne s’arrêterait pas sur les rives Sud et Est de la Méditerranée.
On ne parle plus en Europe de la situation en Irak : sans doute pour ne pas dire que, quand bien même cela a été difficile, al Qaida et les milices armées par l’Iran ont été, pour l’essentiel,
vaincues. Nombre de défenseurs autoproclamés des droits de l’homme n’ont, certes, pas très envie qu’on leur rappelle que leur combat, pendant quelques années, a été celui de défenseurs de
dictatures.
On préfère parler des élections présidentielles américaines. On souhaite, en Europe, la victoire d’Obama. On ne comprend pas pourquoi ce dernier voit ses chances s’effriter, tandis que celles de
John McCain remontent. Si Obama est élu, on fera la fête à Paris ou à Berlin, comme on la fera dans diverses capitales du monde islamique : il y aura à la tête des États-Unis un Président qu’on
pourrait faire citoyen d’honneur (ou de déshonneur) de l’Union européenne ; il y aura dans les pays d’Europe, des millions de gens soulagés d’être soumis ; et il y aura, à Téhéran et dans le monde
islamique, des gens plus nombreux encore qui se diront que leurs projets conquérants ont fait un grand pas vers l’avant.
Si McCain est élu, il ne faudra pas beaucoup de temps pour que la haine dirigée vers Bush se reporte sur lui. Comme Bush, McCain incarne encore, c’est vrai, une civilisation debout.
Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 24 septembre 2008
Par Guy Millière
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