Nous avions évoqué
le danger d'un engrenage dans le Causase à cause du conflit d'intérêt qui oppose les Etats-Unis et la Russie dans la région. Nous sommes encore très loin d'une confrontation directe entre les deux
puissances et les risques restent minimes. Mais au regard des déclarations publiques de plus en plus vindicatives de ces dernières vingt quatre heures entre les deux puissances il devient
urgent que les efforts diplomatiques de l'Union européenne aboutissent. Les Etats-Unis ont ouvert les hostilités au Conseil de sécurité à l'ONU en accusant ouvertement la Russie de vouloir un
changement de régime à Tbilissi. Le vice-président américain, Dick Cheney, a déclaré la nuit dernière que les Etats-Unis étaient solidaires de la Géorgie et a prévenu la Russie que la poursuite de
son "agression" contre des cibles civiles et militaires aura de "graves conséquences" sur ses relations avec les
Etats-Unis. "La violence en Géorgie est inacceptable", a lancé de son côté le président George W. Bush. Par ailleurs, le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a
accusé lundi la Russie de faire un usage excessif de la force et de violer l'intégrité territoriale de la Géorgie : "Il est sérieusement préoccupé par l'usage disproportionné de la
force par les Russes et par le manque de respect de l'intégrité territoriale de la Géorgie", a dit la porte-parole de l'Alliance atlantique, Carmen Romero, qui s'exprimait au nom de
Scheffer. Pour rappel la Géorgie est candidate à l'adhésion à l'OTAN.
On le voit, il est dans l'intérêt de tous que ce conflit se
termine au plus vite. Malheureusement à la vue de ce qui s'est passé aujourd'hui cela ne semble pas en prendre le chemin. Les troupes géorgiennes semblent incapables de contenir l'armée russe qui,
contrairement aux dénégations des autorités russes, est bien entrée en territoire géorgien allant, si on en croit les Géorgiens, jusqu'à s'emparer de plusieurs villes dont Gori
considérée comme le verrou stratégique de la capitale géorgienne. Du coup l'armée géorgienne a reçu l'ordre du gouvernement de se replier sur Tbilissi pour défendre la capitale :
"A cette heure, l'armée d'invasion de la Fédération de Russie est entrée sur le territoire géorgien hors des zones de conflit d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. L'armée géorgienne se retire
pour défendre la capitale. Le gouvernement appelle de manière urgente à une intervention internationale pour empêcher la chute de la Géorgie et la perte de davantage de vies".
ALERTE ROUGE : Si des informations contradictoires provoquent une certaine confusion quant à une future attaque russe sur la capitale géorgienne, l'offensive
de l'armée russe dans l'ouest de la Géorgie à partir de l'Abkhazie est bien réelle et elle est d'une importance stratégique
majeure. Selon Alexandre LomaJia, chef du Conseil de sécurité géorgien, des véhicules blindés de transport de troupes russes ont pénétré dans la base militaire de Senaki, une ville
de l'ouest de la Géorgie, à l'intérieur des terres à une trentaine de kilomètres du port de Poti, sur la Mer Noire. Or le port de Poti est un site clef pour le transport des ressources
énergétiques de la mer Caspienne et qui se trouve près de l'oléoduc Bakou-Soupsa et du terminal pétrolier de Soupsa. La présence de l'armée russe ferait peser une
menace sur les approvisionnements énergétiques des occidentaux. Voilà une situation qui, si elle se confirmait, pourrait bien envenimer très rapidement la situation.
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