J'ai bien conscience que ce que je vais écrire va sincèrement indigner
des lecteurs. C'est pourquoi j'ai pris le temps de réfléchir et de peser mes mots. Les récents attentats au Pakistan m'ont valu quelques mails qui dans l'ensemble peuvent se résumer ainsi : "Votre
analyse qui veut que le président pakistanais a du démissionner à cause d'une alliance entre le clan Bhutto, les radicaux de l'ISI (les services secrets) et les islamistes n'est pas juste puisque
les talibans et les islamistes continuent de frapper le Pakistan." J'affirme que cela n'est absolument pas contradictoire. Le gouvernement et l'armée pakistanais sont soumis à de très fortes
pressions de la part de Washington, et des Occidentaux d'une manière générale, afin d'intervenir dans les zones tribales pour combattre les talibans et les terroristes qui y trouvent refuge après
leurs actions en Afghanistan. Or ni le gouvernement, ni l'armée et encore moins l'ISI ne veulent vraiment combattre dans les zones tribales pour les raisons déjà évoquées sur ce site
(voir http://www.rebelles.info/article-22046919.html). L'ISI
ne veut pas non plus combattre ses protégés talibans. Mais il faut bien donner des gages aux Occidentaux qui brandissent de plus en plus la menace d'intervenir militairement dans cette zone à
cause de l'élévation de leurs pertes sur le terrain afghan. Intervention qui provoquerait un caclysme politique au Pakistan dont nul ne pourrait prévoir les conséquences. Alors l'armée
intervient. Modérément. Quelques talibans et terroristes sont éliminés. De l'autre côté les islamistes frappent par des attentats, avec moins de modération puisque c'est leur façon
d'agir. Mais ces attentats, contrairement aux apparences, sont destinés à l'opinion internationale afin de démontrer que les autorités pakistanaises luttent contre les talibans et
qu'elles en payent le prix. Difficile dès lors d'affirmer, ce qui est pourtant le cas, que les autorités pakistanaises, et en premier lieu l'ISI, jouent un double jeu. Ces attentats, malgré des
déclarations martiales appelant à poursuivre la lutte contre le terrorisme, serviront de prétexte pour mettre fin à l'offensive dans les zones tribales. En clair ces attentats
arrangent les affaires de ceux qui ne veulent pas vraiment lutter contre les islamo-fascistes qui occupent une partie du Pakistan. Et j'affirme que tout cela se finira par un nouvel accord
entre les parties concernées. L'armée pakistanaise ne sera finalement pas intervenue résolument pour mettre fin au sanctuaire taliban sur son territoire et les pertes de l'OTAN vont continuer à
s'aggraver avec la bénédiction voir le soutien d'une partie de l'ISI.
Selon des journalistes sur place, les forces russes ont pris position jeudi à l'entrée de Poti,
principal port géorgien sur la mer Noire, creusant des tranchées et installant des mortiers face à la ville en dépit de la promesse de Moscou de retirer ses troupes de l'ancienne république
soviétique du Caucase. Plusieurs transports de troupes blindés ainsi que des camions bloquaient le pont qui représente la seule voie d'accès terrestre à Poti tandis que d'autres véhicules russes
étaient stationnés dans une région boisée située à proximité. Le port de Poti est un site stratégique puisque c'est là que débouche un terminal pétrolier important pour l'économie de la Géorgie.
C'est aussi par ce port que doit débarquer une partie de l'aide humanitaire transportée par les navires de guerre américain qui font actuellement route en mer Noire. On a parfois l'impression
d'être dans un remake de ces mauvais films américains sur la guerre froide (comme "A la poursuite d'octobre rouge" ou "USS alabama") dans lesquels le monde évitait de justesse la catastrophe. Si le
scénario actuel est aussi mauvais que ses prédécesseurs hollywoodien j'espère que la fin sera aussi heureuse.
Après la mort de nos valeureux soldats en Afghanistan il n'aura pas fallu
attendre longtemps pour entendre les premières sirènes munichoises. Ainsi le journaliste Jean-Dominique Merchet, le
monsieur Défense de Libération, ressort la théorie des talibans modérés. Selon lui il existe des radicaux et des modérés et l'OTAN devrait avoir pour objectif de négocier avec ces derniers
pour casser la coalition ennemie. En échange de quoi les talibans modérés intégreraient les cercles du pouvoir en prenant l'engagement de rompre avec les radicaux et les terroristes d'Al-Qaïda. Un
sacré pari en somme. Comment croire que ces talibans modérés ne serviront jamais de cheval de Troie aux partisans du mollah Omar et de Ben Laden ? Surtout que cette expérience, Jean-Dominique
Merchet semble l'avoir oublié, a déjà été utilisée en Afghanistan à la fin des années 1990... par les Américains qui avaient contribué à l'installation des talibans à Kaboul. Eux aussi à cette
époque pensaient faire le tri entre les "gentils" et les "méchants". On sait comment cela s'est terminé. Par le 11 septembre 2001. Le même Jean-Dominique Merchet grand stratège de salon a reproché
lors d'une émission de télévision que les parachutistes aient été victimes du syndrome Bigeard. En résumé il existe dans l'infanterie française une tradition (romantique ?) d'aborder les
conflits sur le terrain avec un équipement léger que le journaliste résume par une formule du général Bigeard : "Allez les petits gars on y va !". Et de préconiser un équipement plus lourd,
notamment au niveau des blindés. Alors là je rigole. Car cette stratégie est justement la stratégie... américaine que nos journalistes, souvent avec raison, ont tellement critiqué. Celle
d'une armée qui reste dans ses blindés, qui ne va pas au-devant des populations pour nouer le contact etc..., etc... Stratégie américaine qu'on a toujours opposé à la stratégie française qui
consiste souvent à patrouiller sans les casques lourds, à pieds, au sein des populations. Stratégie française encensée car elle permettait de critiquer les Américains. Stratégie
française aujourd'hui vilipendée car cela permet de critiquer la présence française en Afghanistan et le gouvernement. Que dire devant une telle mauvaise foi ?
Pendant ce temps à La Haye, l'ancien président des Serbes de Bosnie, Radovan
Karadzic, a demandé au Tribunal Pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) le remplacement des magistrats chargés de son procès. Je le répète, que Radovan Karadzic doive rendre des comptes
devant la justice pour les atrocités commises durant la guerre en Bosnie ne me gêne pas à condition qu'il puisse bénéficier d'un procès équitable. Or on a souvent la désagréable impression que le
TPIY ressemble davantage à un tribunal où les vainqueurs jugent les vaincus. J'observe également que les prisonniers serbes ont une fâcheuse tendance à mourir dans les cellules du TPIY
(Slobodan Milosevic, l’ex-chef des Serbes de Croatie Milan Babic et un troisième inculpé serbe dont j'ai oublié le nom). J'observe encore que les criminels musulmans ont une fâcheuse tendance à
être remis en liberté comme Naser Oric (photo) condamné à une peine ridicule de deux ans puis finalement acquitté en appel ou Ramush Haradinaj purement et
simplement acquitté malgré leurs crimes et les preuves accablantes contre eux. J'attend enfin que le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, qui a donné l'ordre de bombarder la capitale
Ossète Tskhinvali et de tirer sur des civils puissent répondre également de ses actes devant un tribunal. Car si on a jugé Milosevic et que l'on juge Karadzic pourquoi pas Saakachvili ? Sinon
on finira vraiment par penser qu'il existe un double standard au niveau de la justice internationale.
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