Vendredi 9 mai 2008
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Dès le 31 mars (
http://www.rebelles.info/article-18161427.html) puis à nouveau le
14 avril (http://www.rebelles.info/article-18570273.html) j'avais
informé les lecteurs de Rebelles.info que le Hezbollah avait reçu le feu vert de Damas et Téhéran pour renverser le gouvernement de Fouad Siniora afin de s'assurer les
coudées franches pour un conflit d'envergure avec Israël qui impliquerait également le hamas. Cependant le Hezbollah n'avait pas prévu de prendre l'initiative aussi rapidement. C'est une ordonnance du gouvernement libanais qui a
mis le feu aux poudres.
Mardi le gouvernement de Fouad Siniora a en effet annoncé qu'il lançait une enquête sur le réseau de télécommunications parallèle
et illégal installé à Beyrouth et dans le sud du Liban par le parti chiite Hezbollah avec "l’aide de l'Iran"
constituant une "violation de la souveraineté de l'Etat". Le gouvernement a affirmé qu'il allait remettre des documents démontrant "l’implication d'organismes
iraniens" dans la construction de ce réseau. Réseau installé dans la perspective de l'affrontement à venir avec Israël.
Mais surtout le même jour, le gouvernement a également décidé de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport international de
Beyrouth, Wafiq Choukair, proche du Hezbollah. Pourquoi ? Car les autorités venaient de découvrir qu'un système sophistiqué de caméras
de surveillance permettait de surveiller la piste 17 réservée aux mouvements de personnalités anti-syriennes et de responsables étrangers en visite à Beyrouth. De
fait, toutes les
personnes proches du gouvernement, les hommes d'affaires ou les émissaires des pays soutenant le gouvernement libanais et qui transitaient par l’aéroport étaient systématiquement espionnés par
les agents du Hezbollah et donc par la Syrie et l'Iran. Ce qui pouvait poser de sérieux problèmes pour la sécurité de ces personnalités. Mais plus important encore, le contrôle de l'aéroport par le Hezbollah lui permettait d’organiser la contrebande d’armes et de munitions en provenance de Damas et de Téhéran.
On comprend dès lors pourquoi la décision du gouvernement de démettre l'homme lige de la milice chiite à l'aéroport fut pour le
Hezbollah un casus belli. Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ne s'y est pas trompé en affirmant que la
décision du gouvernement libanais était une "déclaration de guerre" et en promettant que la crise ne serait pas résolue si le gouvernement ne revenait pas
sur ses décisions, l’accusant de vouloir désarmer le Hezbollah. Il a ainsi exigé du gouvernement qu'il annule sa décision de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport de
Beyrouth. Presque un aveu !
Voilà pourquoi le Hezbollah est dans l'obligation de mener son offensive contre le gouvernement légitime du Liban plus tôt qu'il ne l'avait envisagé. Le gouvernement, sauf à
perdre toute crédibilité, ne peut pas céder. Reste à savoir si Damas et Téhéran verront d'un bon oeil cette offensive prématurée. La réponse à cette interrogation déterminera la suite
des événements.
David Bescond pour Rebelles.info
Toute l'équipe bien entendu va suivre cette actualité brûlante dans un dossier Liban.
Par David Bescond
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Publié dans : Dossier Liban
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