FAUX : Pourquoi les médias occidentaux n’ont-ils jamais cité la moindre phrase de ce discours ? Milosevic y disait exactement le contraire :
« Jamais la Serbie n’a été habitée que de seuls Serbes. Il y vit aujourd’hui, plus qu’auparavant, beaucoup de citoyens d’autres nations, d’autres ethnies. Cela ne représente pas un handicap pour le pays. Je suis même sincèrement convaincu que c’est un avantage. (…) La Yougoslavie est une communauté plurinationale et ne peut subsister que moyennant une égalité totale de toutes les nations qui y cohabitent. Les ennemis de ces communautés, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs, le savent bien, et ils axent en général toute leur activité subversive sur l’approfondissement des conflits interethniques. »
2 TERRE ALBANAISE ?
« Le Kosovo était une région albanaise que les Serbes ont occupée.»
FAUX : Depuis des siècles, le Kosovo était peuplé de nombreuses nationalités : Serbes, Albanais, Roms,
Musulmans, Juifs, Turcs, Gorans, Egyptiens, Ashkanis… Peu importe qui serait « arrivé là le premier » ! Tous devraient avoir des droits égaux. Mais…
Pendant la 2ème Guerre mondiale, les fascistes italiens, puis allemands tuent ou chassent un très grand nombre de Serbes. En 1945, le dirigeant yougoslave Tito n’autorise pas leur retour.
Durant les années 70-80, la province est administrée par des cadres… albanais. Le 10 novembre 1987, le New York Times écrit ce que les médias occidentaux se garderont bien de répéter plus
tard :
«En réalité, les Albanais contrôlent déjà chaque phase de la vie au Kosovo: la police, la justice, l’agriculture, les usines, les villages et
les villes… A présent, les Serbes sont en fuite, face à la violence albanaise grandissante. Vingt mille d’entre eux ont quitté le Kosovo ces sept dernières années…»
3 RAMBOUILLET
«A Rambouillet, les Serbes intransigeants ont refusé tout accord.»
FAUX ! A la «négociation» de Rambouillet (début 99), l'OTAN a voulu imposer l'occupation militaire de toute la Yougoslavie. Et la privatisation des richesses du Kosovo par les multinationales. Elle a même empêché Serbes et Albanais de se parler.
4 RACAK
«A Racak, en janvier 99, la police yougoslave a massacré 40 civils.»
FAUX ! C'étaient les victimes d'un affrontement entre deux armées. Cette manipulation a été orchestrée par un agent américain, William Walker, qui avait été complice des escadrons de la mort au Salvador et au Nicaragua (années 80). Le TPI de La Haye s’est bien gardé de convoquer Madame Renta, chef de l’équipe internationale de légistes. Chaque guerre commence par un grand médiamensonge: des images terribles, mais manipulées pour tromper l'opinion.
5 UCK
«Le mouvement albanais UCK était une victime des Serbes. »
FAUX ! Le 22 février 98, l’envoyé spécial des USA dans les Balkans, Robert Gelbard, déclare publiquement :
«Je sais ce qu’est un terroriste lorsque j’en vois un. Et je vous dis que ces gens de l’UCK sont des terroristes.»
En effet, de nombreux rapports officiels établissent que le mouvement séparatiste albanais tuait délibérément non seulement des policiers et
fonctionnaires serbes, mais aussi des Albanais mariés à des Serbes ou refusant de soutenir l’UCK. Pourtant, trois mois plus tard, le 7 juillet, les Affaires étrangères US déclarent le contraire
:
«L’opinion des Etats-Unis n’est pas que l’UCK est terroriste.»
Et la CIA va former et armer ces terroristes. Puis, l’Otan va devenir leur force aérienne. Pourquoi ? Dans quel intérêt ?
6 HUMANITAIRE
«C’est dans un but humanitaire que l’Ouest est intervenu. »
FAUX : Au moment de déclencher les bombardements sur la Yougoslavie, le président Clinton confie à des fonctionnaires US son véritable objectif :
«Si nous voulons des relations économiques solides, nous permettant de vendre dans le monde entier, il faut que l’Europe soit la clé… C’est de cela qu’il s’agit avec toute cette chose (sic)du Kosovo.»
Trois jours plus tard, le New York Times confirme qu’il s’agit bien d’une guerre de la mondialisation :
«Pour que la globalisation marche, l’Amérique ne doit pas craindre d’agir comme la superpuissance omnipotente qu’elle est. La main invisible du marché ne fonctionnera jamais sans un poing caché. McDonalds ne peut être prospère sans McDonnel Douglas, le constructeur de l’avion F-15. Et le poing caché qui garantit un monde sûr pour les technologies de la Silicon Valley, ce poing s’appelle armée des Etats-Unis, Air Force, Navy et Marines.»
7 GUERRE SANS INTERET
«Les USA n’avaient pas d’intérêt stratégique dans cette région. »
FAUX ! Grâce aux bombardements, l’Otan a pu liquider les vestiges d’économie socialiste et installer à Belgrade
un gouvernement du FMI. Qui a porté le prix du pain de 4 à 30 dinars, quadruplé celui de l’électricité (convoitée par des sociétés étrangères), lancé la privatisation au bénéfice des
multinationales et préparé 800.000 licenciements.
De plus, Washington a construit la gigantesque base militaire de Camp Bondsteel, juste à côté du futur pipe-line US acheminant vers l’Europe le pétrole et le gaz d’ex-URSS. Une ville
immense, 7.000 soldats, des pistes pour bombardiers, louées pour 99 ans et qui permettront d’intervenir pour contrôler le Caucase ou menacer Moscou.
8 GENOCIDE
«L’Otan a arrêté un génocide commis par les Serbes. »
FAUX ! En juin 2001, Jamie Shea, porte-parole de l’Otan, a admis « qu’il n’y avait pas eu un génocide au
Kosovo ».
Quinze jours encore avant la guerre, un rapport officiel des Affaires étrangères allemandes déclarait encore : «Il n'y a pas de persécution ethnique contre les Albanais en tant que groupe.
Seulement des affrontements entre deux armées.»
9 CHARNIERS
«On a découvert des charniers prouvant le génocide.»
FAUX ! Après de très longues recherches, 2.108 corps ont été exhumés. De toutes nationalités. Certains victimes
des bombardements OTAN, d'autres des attaques de l'UCK, d’autres enfin de crimes commis par certaines forces serbes. Ce sont ces trois facteurs, et non un seul, qui ont provoqué l’exode massif
des réfugiés albanais au début de la guerre.
Le chef des médecins-légistes espagnols, venus pour les autopsies, s’est plaint d’avoir été manipulé par l’Otan. Le génocide («100.000 civils massacrés») était une invention de la
propagande.
10 MILOSEVIC
« Milosevic a organisé les crimes contre la population albanaise.»
FAUX : Les consignes données à la police serbe disaient de protéger tous les civils, y compris albanais. Après les bombardements, certains éléments policiers et paramilitaires ont effectivement commis des crimes (meurtres, vols, destructions) contre des civils albanais. Mais ils ont été rapidement punis et emprisonnés, sous Milosevic, par la Justice de Belgrade.
11 GUERRE PROPRE
«L’Otan a mené une guerre propre. »
FAUX ! Le chef d'état-major belge Herteleer l'a reconnu: «Faisons mal à la population serbe elle-même.
Infligeons-leur des pertes.» Résultat : 2.000 civils tués, 5.000 blessés, une génération d'enfants traumatisés, 147 hôpitaux touchés, des usines purement civiles, etc… But réel : mettre un peuple
à genoux pour ouvrir la porte à l'invasion des multinationales.
L'OTAN a employé contre des civils des armes interdites par les Conventions de Genève: 1. Bombes à fragmentation. 2. Bombes au graphite paralysant l'électricité. 3. Armes à uranium appauvri
provoquant cancers et mutations génétiques, y compris chez des soldats US. Mais, a déclaré le congressiste US Lester Munson : «Vous ne verrez jamais des pilotes de l’OTAN devant un tribunal de
l’ONU. L’OTAN est l’accusateur, le procureur, le juge, le jury et l’exécuteur, car c’est l’OTAN qui paie les factures du TPI. L’OTAN ne se soumet pas au droit international. Il est le droit
international. »
12 MULTIETHNIQUE
«L'OTAN a instauré un Kosovo multiethnique.»
FAUX ! Depuis l’occupation, une véritable purification ethnique a chassé 230.000 Serbes, Juifs, Roms Musulmans, Turcs et autres minorités. Les 40.000 soldats de l’Otan n’ont pas retrouvé une seule des 1.200 personnes kidnappées par l'UCK. La maffia règne au Kosovo, plaque tournante des trafics de drogue, armes et prostitution vers l’Europe.
N.B. Toutes les références et preuves sont tirées des chapitres 1, 2 et 3 de : Michel Collon, Monopoly – L’Otan
à la conquête du monde, EPO, Bruxelles, 2000. Le discours de Milosevic figure en pp. 66-67.
Voir aussi : Anne Morelli, Principes élémentaires de propagande de guerre, Labor, Bruxelles, 2000.


FAUX : Depuis des siècles, le Kosovo était peuplé de nombreuses nationalités : Serbes, Albanais, Roms, Musulmans, Juifs, Turcs, Gorans, Egyptiens, Ashkanis… Peu importe qui serait « arrivé là le premier » ! Tous devraient avoir des droits égaux. Mais…
Le site d'où ce texte est issu s'appelle "Le Kosovo c'est la Serbie". Alors, d'après quels critères le serait-il ?
Avec
90 % de la population, le Kosovo est monoethniquement albanais. Si
les Serbes prétendent qu'il n'est pas albanais sous prétexte qu'il ne l'est
pas à 100 %, au nom de quoi peuvent-ils dire qu'il serait "Serbe"
avec 7 % de la population ?
Le
Kosovo a toujours eu une majorité absolue d'Albanais au cours des quatre
tentatives menées depuis 1912 par le pouvoir de Serbie pour l'annexer
de force et exterminer ses habitants. Les Kosovars étaient
majoritaires aux deux tiers lorsque l'armée serbe a envahi le Kosovo
en octobre 1912, et a immédiatement entrepris d'y massacrer 20 000
Albanais ; il n'y avait pas un quart de Serbes. Pour les Serbes c'était une "terre étrangère", comme le disaient alors Dimitrije Tucović et Kosta Novaković, dirigeants de la Social-démocratie en Serbie.
Les Serbes n'ont cessé de présenter les indigènes albanais du Kosovo comme des "immigrés" dans leur
propre pays, c'est même un fantasme majeur de la Droite nationale
française à leur sujet.
En décembre 1912, alors que les Albanais y vivaient depuis trois fois plus longtemps que
les Serbes, la délégation serbe, à la conférence des ambassadeurs à
Londres, les y présentait comme des "immigrés de fraîche date". Il
y a seulement dix ans, Vojislav Šešelj les présentait encore comme
des "touristes" et préconisait de les "renvoyer chez eux" en Albanie,
ce qui fut tenté un an plus tard.
Avant
1998, la fable de la prétendue "immigration" albanaise au Kosovo
était l'un des mensonges serbes les plus difficiles à éventer parce
qu'il n'existait pas d'histoire sérieuse du Kosovo, toutes étant
influencées par la propagande de Belgrade.
C'est seulement aujourd'hui que ce mensonge-là ne marche plus, parce que trop de gens savent désormais qu'au Kosovo les Kosovars sont chez eux.
Alors,
on essaie de noyer le poisson : après avoir prétendu que le Kosovo
aurait "toujours été serbe", de sorte que la Serbie aurait le
"Droit" de l'annexer tandis que les Kosovars n'en auraient aucun, on
déclare que le passé n'aurait plus d'importance, et on dénonce la
"discrimination raciste" des Kosovars qui ne demandent depuis près
d'un siècle qu'à être tranquilles chez eux.
Ce sont les Serbes qui ont toujours cherché à exterminer les Kosovars ; ce sont eux qui, comme le souligne l'historienne serbe Dubravka Stojanović, leur ont toujours refusé l'égalité des Droits ; et ce sont eux qui la refusent encore, regrettant publiquement de n'avoir pas exterminé plus tôt la majorité indigène albanaise et faisant mine d'entretenir des rêves annexionnistes au lieu d'accepter pour les quelques Serbes qui restent la citoyenneté du pays.
Pendant la 2ème Guerre mondiale, les fascistes italiens, puis allemands tuent ou chassent un très grand nombre de Serbes. En 1945, le dirigeant yougoslave Tito n’autorise pas leur retour.
Ni
les Italiens ni les Allemands n'avaient de raison de chercher noise
aux Serbes du Kosovo. Ce sont les Kosovars qui voulaient se venger
des tentatives de serbisation du Kosovo menées par le pouvoir de
Belgrade depuis 1912, et reprendre aux colons serbes et monténégrins
les terres que celles-ci leur avaient volées.
A l'été de 1941 et à l'automne-hiver de 1943-1944, avant l'arrivée
du pouvoir italien et après son retrait, ils ont chassé en tout 40
000 Serbes et Monténégrins, aux deux tiers des colons que Tito, qui
n'avait aucune raison de reprendre à son compte la politique du
régime précédent, n'a pas laissé revenir.
Durant les années
70-80, la province est administrée par des cadres… albanais.
Le
pays était aux trois quarts albanais. Trouve-t-on anormal que la France soit
gouvernée par des Français? Mais ce n'était qu'une politique
récente, voulue par Tito à partir de 1968, qui n'a duré qu'une douzaine d'années, et qui a progressivement pris fin après sa mort en 1980.
«A présent, les Serbes sont en fuite, face à la violence albanaise grandissante. Vingt mille d’entre eux ont quitté le Kosovo ces sept dernières années…»
Après les manifestations de 1981, les
Kosovars ont de nouveau été soumis à un régime de répression
policière où c'était eux qui subissaient des violences. Les Serbes qui ont quitté le Kosovo à cette époque l'ont fait pour la plupart parce qu'ils pouvaient mieux gagner leur vie ailleurs.
3 RAMBOUILLET
«A Rambouillet, les Serbes intransigeants ont refusé tout accord.»
FAUX !
La
possibilité d'accéder à internet est terrible pour ce genre de
mensonges, puisqu'il suffit de retrouver les compte-rendus de l'époque pour le vérifier : Milošević n'avait envoyé que des seconds
couteaux, qui faisaient la fête toute la nuit au lieu de travailler
les dossiers.
A la «négociation» de Rambouillet (début 99), l'OTAN a voulu imposer
l'occupation militaire de toute la Yougoslavie.
L'OTAN n'était pas partie prenante aux discussions. Les désinformateurs professionnels de Belgrade ont manipulé l'interprétation d'un projet d'annexe sur le "statut des forces" destiné à permettre aux forces internationales stationnées au Kosovo de traverser la Serbie, comme il en existait déjà un dans les accords de Dayton pour faciliter le transit avec la Bosnie-Herzégovine.
Ce projet, compilé
par des juristes, présentait des exigences maximum destinées à être
négociées à la baisse comme ça se fait toujours dans ces cas-là. Et
s'il présentait cette apparence d'exagération, c'est justement parce
qu'il était resté à l'état initial : parce qu'on n'en avait jamais seulement parlé au cours des négociations.
Il
faut n'avoir aucun esprit critique pour croire que les Serbes
n'auraient pas fait connaître ce projet au moment même de l'échec de
ces négociations s'il avait été le motif de leur rejet. Ils
n'en ont évidemment rien fait puisque ce n'était pas le cas, et c'est
un journaliste communiste qui, quelques jours plus tard, a lancé la
désinformation communiste à ce sujet.
Les
accords de Kumanovo du 10 juin 1999 comportent une annexe secrète
qui reprend la plupart de ses dispositions, permettant aux forces de
l'OTAN de traverser la Serbie sans encombre pour aller au Kosovo et
pour en repartir.
Et la privatisation des
richesses du Kosovo par les multinationales.
Milošević
a privatisé toutes sortes d'industries sans qu'on lui demande rien,
pour enrichir ses complices et entretenir ses guerres.
Elle a même empêché Serbes et Albanais de se parler.
Ce sont les Albanais qui ne voulaient pas parler aux Serbes.
FAUX ! C'étaient les victimes d'un affrontement entre deux armées.
Invraisemblable : 45 morts d'un côté, deux blessés de l'autre, à armes égales puisque les victimes ont été tuées au fusil d'assaut ?
Cette
manipulation a été orchestrée par un agent américain, William Walker,
qui avait été complice des escadrons de la mort au Salvador et au
Nicaragua (années 80).
Invention de l'extrême-gauche marxiste : cela signe la désinformation.
Les observateurs de l'OSCE présents sur place ont confirmé le massacre, et c'étaient des professionnels du renseignement, ils n'auraient pas pu être dupes d'une mise en scène. La rigidité cadavérique apparaît 3 heures après la mort, et dure quelque 72 heures. Il aurait été impossible de rhabiller tant de "combattants" avec des vêtements civils, et de leur faire prendre la pose appropriée, dans ces conditions. Il suffit donc de regarder les photos pour constater que ces civils sont morts sur place, et dans les vêtements qu'on leur voit.

Le TPI de La Haye s’est bien gardé de convoquer
Madame Renta, chef de l’équipe internationale de légistes.
C'est "Ranta" et non pas "Renta".
Helena Ranta a toujours étroitement coopéré avec le Tribunal, et elle confirme totalement le massacre de civils :
5 UÇK
«Le mouvement albanais UÇK était une victime des Serbes.
FAUX ! Le 22 février 98, l’envoyé spécial des USA dans les Balkans, Robert Gelbard, déclare publiquement :
C'était une politique du Département d'Etat que d'appeler ainsi toutes les guerillas qu'il ne soutenait pas ; et il croyait encore à la possibilité sérieuse d'un arrangement pacifique, que l'UÇK risquait d'empêcher ; il ne savait pas encore que Milošević avait choisi la guerre.
Ibrahim
Rugova pensait que l'UÇK était un prétexte inventé par la police
politique serbe pour attaquer de nouveau la population civile, et
certains policiers serbes s'interrogent sérieusement sur les
négligences qui, alors, lui ont permis de se développer.
Cependant, ces raisonnements précèdent les massacres de la Drenica de fin février et de mars 1998 : Milošević, en faisant assassiner des familles entières, femmes et enfants compris, a délibérément provoqué une révolte de toute la population, laquelle ne pouvait qu'en déduire que la résistance non-violente n'était plus une option.
En
effet, de nombreux rapports officiels établissent que le mouvement
séparatiste albanais tuait délibérément non seulement des policiers et
fonctionnaires serbes, mais aussi des Albanais mariés à des Serbes ou
refusant de soutenir l’UÇK.
Tuer l'occupant, les traîtres et à l'occasion quelques rivaux : en somme ils se sont conduits comme n'importe quel mouvement dit "de résistance" depuis 70 ans, sauf que eux ne s'en prenaient pas indistinctement aux femmes et aux enfants comme les "Palestiniens" et autres islamistes.
Tous
les Kosovars étaient et sont "séparatistes" : comme la Serbie,
depuis 200 ans, est "séparatiste" vis-à-vis de la Turquie. Parce que la Serbie n'a pas plus de Droits sur le Kosovo que les Turcs n'en ont sur elle.
Pourtant, trois mois plus tard, le 7
juillet, les Affaires étrangères US déclarent le contraire :
«L’opinion des Etats-Unis n’est pas que l’UÇK est terroriste.»
Et la CIA va former et armer ces terroristes.
En
somme, quand le Département d'Etat déclare que ce sont des
terroristes, il faut le croire ; quand il déclare qu'ils ne le sont
pas, il ne faut plus.
Puis, l’Otan va devenir leur force aérienne. Pourquoi ? Dans quel intérêt ?
Pour faire échec au projet de chasser du Kosovo la moitié de ses indigènes albanais.
FAUX : Au moment de déclencher les bombardements sur la Yougoslavie, le président Clinton confie à des fonctionnaires US son véritable objectif :
«Si
nous voulons des relations économiques solides, nous permettant de
vendre dans le monde entier, il faut que l’Europe soit la clé… C’est de
cela qu’il s’agit avec toute cette chose (sic) du Kosovo.»
Qu'on
trouve son intérêt à empêcher un crime ne change rien au fait que
c'est un crime, qu'on l'empêche effectivement, et que tout le monde a
le Droit de l'empêcher.
Trois jours plus tard, le New York Times confirme qu’il s’agit bien d’une guerre de la mondialisation :
«Pour que la globalisation marche, l’Amérique ne doit pas craindre d’agir comme la superpuissance omnipotente qu’elle est. La main invisible du marché ne fonctionnera jamais sans un poing caché. McDonalds ne peut être prospère sans McDonnel Douglas, le constructeur de l’avion F-15. Et le poing caché qui garantit un monde sûr pour les technologies de la Silicon Valley, ce poing s’appelle armée des Etats-Unis, Air Force, Navy et Marines.»
Cette citation ne dit rien de ce ce qu'on voudrait lui faire dire : "Guerre de la mondialisation" est une expression vide de sens.
FAUX ! Grâce aux bombardements, l’Otan a pu liquider les vestiges d’économie
socialiste et installer à Belgrade un gouvernement du FMI.
Qui a porté
le prix du pain de 4 à 30 dinars, quadruplé celui de l’électricité
(convoitée par des sociétés étrangères), lancé la privatisation au
bénéfice des multinationales et préparé 800.000 licenciements.
L'OTAN se moque bien des "vestiges d'économie
socialiste", du FMI (lui-même institution socialiste) et du prix du pain à Belgrade où, au début des années 1993, Milošević avait provoqué une inflation sans précédent pour entretenir sa guerre d'agression contre la République de Bosnie-Herzégovine.
L'expression "gouvernement du FMI" ne veut rien dire.
De plus, Washington a construit la gigantesque base militaire de Camp Bondsteel, juste à côté du futur pipe-line US acheminant vers l’Europe le pétrole et le gaz d’ex-URSS. Une ville immense, 7.000 soldats, des pistes pour bombardiers, louées pour 99 ans et qui permettront d’intervenir pour contrôler le Caucase ou menacer Moscou.
Pour
la région, c'est la Macédoine qui est stratégiquement importante, et les Américains y étaient déjà installés depuis 1993 ; et
pour accéder au Caucase, la Bulgarie, déjà membre de l'OTAN, est à la fois plus proche et plus
agréable à vivre. C'est par la Bulgarie (Burgas) et la Macédoine que le pipe-line en question est censé passer.

En
termes géopolitiques, le Kosovo ne peut servir qu'à passer de la
Macédoine à la Bosnie à travers le Sandjak, lui-même aujourd'hui
partagé entre la Serbie et le Monténégro, et n'a donc plus aucune
raison d'intéresser quelque puissance que ce soit depuis la fin de
l'Empire ottoman. C'est d'ailleurs pour cela que la Conférence des
Ambassadeurs l'avait abandonné à la Serbie en avril 1913.
C'est aussi pourquoi occuper le Kosovo ne présentait pour les Etats-Unis aucun intérêt en soi. Pour eux, le seul intérêt stratégique direct
de l'intervention était de préserver la Macédoine : c'est pour cela
qu'ils avaient toujours averti Milošević qu'y provoquer un conflit armé déclencherait leur intervention.
Le camp Bondsteel ne à sert donc qu'à maintenir la paix dans le secteur du Kosovo confié à l'US Army; s'il est grand (6 kilomètres de large) et assez confortable, il est difficile d'y voir une base permanente quand on sait qu'il a été construit en bois. Et il n'y a aucune piste pour les avions, c'est une pure invention.
FAUX ! En juin 2001, Jamie Shea, porte-parole de l’Otan, a admis « qu’il n’y avait pas eu un génocide au Kosovo ».
Comme le dit Stephen Schwartz spécialiste des Balkans, la raison pour laquelle un"génocide" n'a pas eu lieu, c'est qu'on l'a empêché.
En
Bosnie-Herzégovine, les Serbes avaient tué 70 000 personnes, et la Cour
Internationale de Justice, comme le Tribunal Pénal International et la Cour Européenne de justice, a qualifié de "génocide" le massacre de Srebrenica. Au Kosovo, la
tentative d'extermination de 1998-1999 faisait suite à de nombreux
massacres, d'Albanais par des Serbes, dont les 20 000 assassinats de
1912-1913 et les Premiers massacres de la Drenica en 1945 et 1946.
Quinze jours encore avant la guerre, un rapport officiel des Affaires
étrangères allemandes déclarait encore :
«Il n'y a pas de persécution ethnique contre les Albanais en tant que groupe. Seulement des affrontements entre deux armées.»
Il
n'y avait pas "deux armées" avant la guerre parce qu'"avant la
guerre" c'était en février 1998, et qu'en février 1998 l'UÇK
représentait au plus quelques dizaines de personnes. Et pendant la seule année 1998, les Serbes ont tué 2 000 civils albanais, détruit 50 000 habitations et jeté 300 000 Kosovars dans les collines.
FAUX !
En 1999, on en avait découvert 529.

Après de très longues recherches, 2.108 corps ont été exhumés.
Ce nombre est celui compilé en novembre 1999, lorsqu'à cause de l'hiver on a dû interrompre les travaux. Ces
2,108 cadavres avaient été extraits de 195 des fosses communes alors
découvertes : il en restait donc 334 connues et qu'on n'avait pas encore
examinées, de sorte que c'est une falsification des faits que de laisser entendre qu'on n'aurait pas trouvé davantage de cadavres que cela.
En
outre, dans ce genre de crime, on ne retrouve pas plus la moitié des
corps, et Milošević en avait fait transporter en Serbie pour les soustraire à la justice internationale. C'est là qu'en 2001 on en a découvert un millier de plus : à Krnjača, dans les lacs de Đerdap et de Perućac ainsi qu'au camp d'entraînement de Batajnica. C'est d'ailleurs la découverte de ces cadavres qui a permis à Zoran Đinđic d'expédier Milošević à La Haye.
Et
il y a encore plus de 3 000 Albanais portés disparus. L'estimation du
nombre des victimes albanaises pour la guerre de février 1998 à juin
1999 est de 12 500. C'est entre autres celle de l'église catholique,
qui rejoint en cela toutes les autres.
De
toutes nationalités.
La plupart des victimes étaient albanaises.
Certains victimes des bombardements OTAN, d'autres
des attaques de l'UÇK, d’autres enfin de crimes commis par certaines
forces serbes.
Ce sont les Serbes qui ont tué les 9/10 des victimes. Les bombardements de l'OTAN n'ont pas seulement tué 100 civils au Kosovo.
Ce sont ces trois facteurs, et non un seul, qui ont provoqué l’exode massif des réfugiés albanais au début de la guerre.
Pas un seul réfugié kosovar n'a fui autre chose que les massacreurs serbes.
Quand les bombardements anglo-américains de 1944 ont tué 60 000 Français, est-ce que la moitié de la population française s'est retrouvée en Espagne ?
Laisser entendre, alors que la plupart des Kosovars vivent à la campagne, qu'ils auraient fui les bombardements alors que ceux-ci étaient tellement précis qu'à 200 mètres d'une cible on ne risquait pratiquement rien, c'est prendre les gens pour des imbéciles.
Le chef des
médecins-légistes espagnols, venus pour les autopsies, s’est plaint
d’avoir été manipulé par l’Otan.
Il était chargé de la région de Llap proche de la Serbie, où les Serbes avaient emporté "ses" cadavres.
Le génocide («100.000 civils massacrés») était une invention de la propagande.
Il ne s'agissait pas de "100 000 civils massacrés" mais de 100 000 hommes dont on était effectivement sans nouvelles.
L'estimation du nombre d'Albanais tués par les Serbes après le 24 mars 1999, réitérée pendant la campagne, était de 4 000. Elle a grimpé à 10 000 dès lors qu'on a eu accès aux lieux du crime et finalement découvert plus de 500 charniers, et cette estimation demeure. On n'avait donc pas surestimé, mais sous-estimé l'ampleur du massacre.
FAUX : Les consignes données à la police serbe disaient de protéger tous les
civils, y compris albanais.
Quelles qu'aient été les "consignes" ostensibles, on a assez de témoignages et de preuves matérielles pour savoir ce qu'étaient les consignes réelles.
Après les bombardements, certains éléments
policiers et paramilitaires ont effectivement commis des crimes
(meurtres, vols, destructions) contre des civils albanais.
C'est du 28 février 1998 au 18 juin 1999 qu'on a observé ces assassinats, pillages et destructions "contre des civils albanais".
Mais ils ont
été rapidement punis et emprisonnés, sous Milošević, par la Justice de
Belgrade.
On
a pris quelques criminels à la marge à des fins de propagande, alors
que c'est sous les ordres de Milošević que tous ces crimes ont été
commis.
C'est pour cela que le Tribunal Pénal International juge aujourd'hui les responsables sur lesquels il a pu mettre la main.
(d'où le limogeage du général Perišić en octobre 1998)
"Toute l'affaire du Kosovo a été menée, pour ainsi dire, par une commission d'Etat parallèle pour le Kosovo.
C'était un organisme parapolitique où siégeaient [le vice-premier ministre de Serbie Nikola] Sainović [, inculpé par le TPI
en même temps que Milošević], [le vice président du parti socialiste Dušan] Matković, [le gouverneur du Kosovo Zoran] Anđelković
ainsi que les généraux [Nebojša] Pavković et [Ljubiša] Veličković."
11 GUERRE PROPRE
«L’Otan a mené une guerre propre. »
FAUX ! Le chef d'état-major belge Herteleer l'a reconnu: «Faisons mal à la population serbe elle-même. Infligeons-leur des pertes.»
Il ne voulait évidemment pas dire qu'il fallait les tuer ni les blesser. Il faut n'avoir aucun esprit critique pour croire qu'il aurait publiquement appelé à nourrir la propagande de l'ennemi, qui se repaissait de chaque erreur de tir, sans avantage militaire aucun.
Résultat :
2.000 civils tués,
Le
nombre exact est plus proche de 500. Et bien sûr, pas délibérément
visés. S'ils l'avaient été, ils se seraient comptés par dizaines de
milliers, comme lors du seul bombardement de Belgrade par les
Allemands le 6 avril 1941.
5.000 blessés, une génération d'enfants traumatisés,
147 hôpitaux touchés,
Comme
un vulgaire Arafat, Milošević avait installé ses armes à proximité
des habitations, écoles et des hôpitaux en espérant bien la bombe qui
tomberait dessus pour nourrir sa propagande. Velimir Ilić
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Exclusif
Ratomir Tanić: Oui, il existait un plan de nettoyage ethnique du Kosovo
Entretien avec Omer Karabeg, Radio Europe Libre, 7 mars 2001
RADIO EUROPE LIBRE - Ratomir Tanić, on sait peu qu'à l'époque du régime Milošević, il y avait eu des négociations secrètes entre les autorités constituées et les représentants des Albanais du Kosovo. Les seules négociations dont l'opinion avait été tenue au courant portaient sur le retour des écoliers et étudiants albanais dans les écoles officielles, pour lesquelles la Communauté Catholique Sant'Egidio avait servi d'intermédiaire. Or, on affirme qu'il y aurait constamment eu des contacts et des négociations depuis le début de la crise au Kosovo. Est-ce exact ?
Ratomir Tanić - C'est tout à fait exact. Sauf que moi je décrirais ces contacts comme "discrets", parce que peut-être l'expression de "négociations secrètes" serait peut-être un peu trop forte. C'est-à-dire qu'il y avait des processus discrets de négociation entre le Belgrade officiel, à savoir la coalition gouvernementale tripartis de Milošević, et des représentants politiques des Albanais du Kosovo, de la fin 1994 à l'été de 1997. On a organisé une cinquantaine de rencontres discrètes dans différentes villes, de Prishtina et Belgrade jusqu'à Rome, le Vatican et New York [comme exemple, cf. "Kossovo Ethnic Albanians and Serbs Seek Solution in Thessaloniki", 'Macedonian Press Agency: News in English, 22 avril 1998].
RADIO EUROPE LIBRE - Qui se trouvait du côté serbe dans les groupes de négociateurs avec les Albanais ?
Ratomir Tanić - Dans ce processus de négociations il y avait du côté serbe les dirigeants de la coalition gouvernementale d'alors - du SPS [parti de Milošević] , la JUL [celui de sa femme], Nouvelle Démocratie [alors dirigée par Dušan Mihajlović], et du côté albanais les représentants de Rugova, puisque Milošević était parfaitement clair sur le fait qu'il considérait [Ibrahim] Rugova comme le représentant officiel des Albanais du Kosovo. Le principal négociateur albanais était Fehmi Agani [assassiné par les Serbolchéviques au tout début de l'intervention de l'OTAN]. Une solide équipe d'experts appuyait le groupe de négociateurs de Rugova.
Ratomir Tanić - Les plus engagés étaient [le vice-premier ministre de Serbie] Ratko Marković, [l'Ambassadeur auprès du Saint-siège] Dojčilo Maslovarić, [le Ministre de l'information] Ratomir Vico, moi-même, de temps en temps Dušan Mihajlović et Vuk Drasković, quoiqu'il ne fît pas partie de la coalition gouvernementale, et un groupe d'experts sous la direction d[u Professeur] Predrag Simić.
RADIO EUROPE LIBRE - En quelle qualité avez-vous fait partie de cette équipe, de, disons, quasi- négociateurs ?
Ratomir Tanić - On s'est tout simplement mis d'accord pour que le SPS, la JUL et Nouvelle Démocratie, en tant que membres de la coalition gouvernementale, travaillent à l'élaboration d'une solution politique pour le Kosovo. Pour être tout à fait précis, la fonction de ces discussions était avant tout de préparer une solution politique à la question kosovare. Chaque parti avait chacun un ou deux représentants dans l'équipe de négociateurs. La préparation des négociations a commencé à la fin de 1994, et dès 1995 elles se menaient tambour battant. Alors se préparait déjà l'accord de paix de Dayton. Il était évident qu'à Dayton le problème du Kosovo ne serait pas à l'ordre du jour, et qu'on le laissait aux Serbes et aux Albanais pour qu'ils le résolvent eux-mêmes.
Cependant, l'accord sur l'enseignement que vous avez mentionné n'était que l'un des résultats de ces négociations. Comme ces négociations se menaient pas à pas, la première étape était tout un ensemble de mesures destinées à rétablir et à maintenir la confiance, et l'une des ces mesures était l'accord sur l'enseignement.
RADIO EUROPE LIBRE - Pour autant que je sache, l'accord sur le retour des écoliers et des étudiants albanais a été signé le 1er septembre 1996, mais on ne l'a jamais appliqué. Pourquoi ?
Ratomir Tanić - Ce n'est pas tout à fait exact qu'on ne l'a pas appliqué. On a commencé à le faire, et puis on s'est heurté à divers obstacles mineurs. Entre-temps, Milošević avait décidé de saborder le résultat des négociations, et il ne lui importait plus que l'accord soit appliqué.
RADIO EUROPE LIBRE - A quoi était-on parvenu dans ces négociations ou, comme vous le dites, dans ces contacts discrets ?
Ratomir Tanić - On avait défini tout un ensemble de mesures pour établir et maintenir la confiance. Le paquet comprenait des mesures dans le domaine de l'enseignement, de la santé, des médias, de la culture et pour finir des mesures de sécurité.
En principe - je souligne en principe - on s'était mis d'accord sur une solution politique globale pour le Kosovo, qui permettait d'éviter le conflit armé. Cette solution a été rendue publique à plusieurs reprises et sous diverses formes.
Il s'agit de ce qu'on appelle une "large autonomie du Kosovo" ou, si vous voulez, d'une auto-administration locale des Albanais du Kosovo, c’est à peu près une seule et même chose. En outre, ces négociations maintenaient un faible niveau de tension, si bien qu'à l'époque il y a eu très peu d'incidents si on compare avec la période où Milošević avait saboté les négociations. Ces négociations avaient obtenu bien davantage qu'il n'était nécessaire pour qu'on évite la guerre et que Belgrade trouve avec les Albanais une solution pacifique au problème du Kosovo.
Cette solution était même pratiquement définie : il y avait aussi des représentants de la communauté internationale qui participaient à ces négociations. Discrètement, aussi, bien sûr. De sorte que ce n'étaient pas seulement des négociations bilatérales entre les parties serbe et albanaise mais des discussions à trois où prenaient également part des représentants du Groupe de Contact et de puissantes ONG qui représentaient en fait la diplomatie de leurs pays, quoique sous une forme officieuse. Durant ces négociations les représentants de la communauté internationale s'étaient opposés à toute idée d'une sécession du Kosovo et de l'indépendance des Kosovars. Lorsque les représentants des Albanais ont vu que la communauté internationale ne soutenait pas la sécession du Kosovo, ils ont discrètement renoncé à cet objectif, trouvant une formule bienvenue comme quoi l'indépendance du Kosovo demeurait un objectif à long terme qui pourrait se réaliser si toutes les parties se mettaient d'accord, c’est-à-dire aussi bien Belgrade que la communauté internationale, ce qui en pratique voulait dire… jamais, puisque personne ne s'était mis d'accord pour la sécession du Kosovo ; ce qui les faisait renoncer tacitement à cette revendication.
RADIO EUROPE LIBRE - Et qu'impliquait cette "large autonomie ?"
"que les Albanais puissent s'administrer eux-mêmes, former des institutions de pouvoir local, créer une police locale, avoir des élections libres et honnêtes où ils puissent choisir leurs représentants, et que les deux parties se retiennent d'exercer aucune violence, et que comme l'une des mesures destinées à établir la confiance elles constituent des unités communes de sécurité".
RADIO EUROPE LIBRE - C'est cela que contenait l'accord entre Milošević et Holbrooke ?
RADIO EUROPE LIBRE - Vous dites qu'il a réduit à néant les résultats de ces négociations secrètes ou, comme vous le dites, discrètes. Était-il informé de ces négociations, et le consultait-on à chaque occasion ?
Ratomir Tanić - Absolument. Sans discussion aucune.
Ratomir Tanić - Milošević n'a cessé d'employer la technique de la création des conflits. Il commence par organiser de toutes pièces un conflit ethnique, puis il proclame des objectifs pseudo-patriotiques qui lui servent pour s'accrocher au pouvoir.
Vous savez qu'après la signature des Accords de Dayton, il y a eu un an, un an et demi de situation paisible. Milošević avait joué le rôle du facteur de paix et la Serbie s'était retrouvée dans une période de paix relative. Or, c’est à ce moment-là que s'est posée la question de la légitimité de son pouvoir et de la raison d'être même de ce pouvoir-là : il a suffi de la paix pour qu'on voie que le pouvoir de Milošević était historiquement à bout de course. Lors des manifestations de décembre 1996 [qui ont fait suite à la victoire de l'opposition aux élections municipales de novembre, parce qu'il refusait de la reconnaître] Milošević tenté de provoquer des conflits civils à Belgrade. Mais il a échoué, parce que le général Perišić et l'armée, [le Maire] Nebojša Ćović et la police de Belgrade l'en ont empêché. Quand il a vu qu'il n'y parviendrait pas, alors il s'est souvenu de la question du Kosovo, comme nouveau prétexte à conflit.
Il a balayé le résultat des négociations parce qu'il lui fallait une nouvelle guerre, pour y dicter de nouveau des objectifs pseudo-patriotiques, pour recommencer à jouer le rôle du sauveur de la Serbie.
RADIO EUROPE LIBRE - Pourquoi Milošević n'a-t-il pas signé l'accord de Rambouillet ? Quel était son motif ? Officiellement, on a déclaré qu'il ne l'a pas fait parce qu'il ne voulait pas que des troupes étrangères entrent au Kosovo.
RADIO EUROPE LIBRE - Vous considérez qu'on aurait pu signer tranquillement l'accord de Rambouillet, sans dommage pour les intérêts nationaux de la Serbie.
Ratomir Tanić - Je considère, avant tout, que personne n'avait nul besoin d'aller à aucune conférence de Rambouillet. Si nous avions déjà eu des négociations entre les Serbes et les Albanais, auxquelles avait participé y compris la communauté internationale et où on s'était mis d'accord en principe sur une solution politique, si cette solution politique avait été versée à l'accord Milošević-Holbrooke, alors à quoi nous servait une conférence à Rambouillet ?
Cette conférence-là était une tentative désespérée de la diplomatie européenne pour sauver ce qu'on pouvait sauver. Cependant, une fois arrivés à cette conférence, je pense que l'accord auquel on était parvenu pouvait parfaitement être signé, il fallait seulement insister sur un mandat des Nations Unies et au maintien au Kosovo du corps d'armée de Prishtina, ce que la communauté internationale était à l'époque prête à accepter. Cependant, étant donné que Milošević souhaitait la guerre, il n'était évidemment prêt à signer aucun accord quel qu'il fût. C'est d'ailleurs ce que Milutinović lui-même a reconnu à la session de l'Assemblée [Nationale] de Serbie lorsqu'il a dit que le problème ne tenait pas à l'accord politique mais au mandat des forces. Or, ce mandat-là n'a jamais été le problème. La communauté internationale était d'accord à ce moment-là pour que les forces de maintien de la paix se trouvent sous le mandat des Nations Unies et que, je le souligne, le corps d'armée de Prishtina demeure au Kosovo.
Mais Milošević, il lui fallait une guerre.
RADIO EUROPE LIBRE - Ratomir Tanić, existait-il un plan de nettoyage ethnique du Kosovo avant le début du bombardement de l'OTAN, ou bien l'expulsion des Albanais a-t-elle été, comme beaucoup en Serbie l'affirment, une conséquence du bombardement de l'OTAN ?
Ratomir Tanić - Il existait un plan de nettoyage ethnique. Il y avait avant tout un plan de réduction à moins d'un million du nombre des Albanais, pour qu'on puisse ensuite dire qu'il y en avait moins de 50 % et que par conséquent ils n'avaient pas droit à l'autonomie. C'était un projet très clair, de même qu'il existait un plan de nettoyage ethnique. Nos organes de sécurité n'ont pas du tout fait la guerre à des terroristes, ils ont fait la guerre à la population. C'est d'ailleurs aussi comme cela qu'a commencé le conflit interethnique début mars 1998. Au lieu d'arrêter les frères Jashari et autres suivant les lois de la guerre vous attaquez les maisons où ils vivent, massacrez leurs femmes, leurs enfants, le reste de leur famille et leurs voisins et bien sûr que cela a provoqué la révolte du peuple albanais, cela provoquerait la révolte de n'importe quel peuple. Milošević savait qu'en agissant ainsi il provoquerait l'insurrection des Albanais, pour pouvoir dire ensuite : "vous voyez bien que nous sommes confrontés à une révolte". Or, en ce qui concerne les incidents, je peux vous lire certaines données de notre Ministère de l'Intérieur. Donc,
en 1992, 12,
en 1993, 8,
en 1994, 6,
en 1995, 11,
mais en 1998, lorsque Milošević eut commencé à provoquer ses conflits ethniques, il y a eu 1 855 "actes terroristes". Par conséquent, il est clair que le développement du terrorisme au Kosovo est une conséquence du nettoyage ethnique, et non sa cause.
RADIO EUROPE LIBRE - Vous avez dit que Milošević avait un plan pour réduire le nombre des Albanais au-dessous d'un million.
Ratomir Tanić - En effet. Le plan était d'abaisser leur nombre au-dessous du million et on justifiait cela par une vague histoire comme quoi Tito leur avait donné des passeports etc., on ressortait des arguments de la naphtaline. C'est comme si on avait dit qu'aujourd'hui les Hongrois voulaient expulser les Serbes de Voïvodine sous prétexte que c'était Marie-Thérèse [d'Autriche] qui les y avait installés.
RADIO EUROPE LIBRE - Est-ce que c'était un vrai plan, un plan élaboré, ou est-ce qu'on s'était seulement donné cet objectif ?
Ratomir Tanić - C'était un plan de Milošević et de ses collaborateurs privés. Il n'a fait aucun plan officiel pour provoquer des conflits interethniques. Parce que s'il l'avait fait dans le cadre des institutions, il se serait heurté à l'opposition de l'armée, de la police, du Service de Sécurité. Ce sont des institutions qui, dans une large mesure et autant qu'elles le pouvaient, on limité son exercice de l'ingénierie des conflits. Tous ces plans il les a préparés, pour ainsi dire, dans son cercle privé et puis il les a mis en œuvre à travers ses canaux à lui.
RADIO EUROPE LIBRE - Vous avez dit que ces plans pour le Kosovo, Milošević les avait mis au point dans son cercle privé. Qui étaient ses conseillers personnels ? Sur l'opinion de qui se reposait-il le plus il était question de la politique vis-à-vis du Kosovo ?
Ratomir Tanić - Toute l'affaire du Kosovo a été menée, pour ainsi dire, par une commission d'Etat parallèle pour le Kosovo. C'était un organisme parapolitique où siégeaient [le vice-premier ministre de Serbie Nikola] Sainović[, inculpé par le TPI en même temps que Milošević], [le vice président du parti socialiste Dušan] Matković, [le gouverneur du Kosovo Zoran] Andjelković ainsi que les généraux [Nebojša] Pavković et [Ljubiša] Veličković
Ratomir Tanić - Je ne "pense" rien de ce dont je vous parle, je le sais. Bien sûr que c'était la raison : les deux s'étaient révoltés contre l'ingénierie du conflit à la Milošević, qui a infligé les pires souffrances d'abord aux Albanais mais également à long terme aux Serbes.
Car pousser à la guerre contre la communauté internationale sur la question du Kosovo c'était en fait provoquer la guerre sur le territoire de son propre État. Ce qui, soit dit en passant, s'appelle de la trahison aux termes du Code pénal de notre pays. C'est une chose d'isoler le terrorisme, mais c’en est une autre de tuer des femmes et des enfants et de déporter une population. Le nettoyage ethnique des Albanais par Milošević a conduit au renforcement de l'UÇK, un soulèvement massif des Albanais et finalement au conflit avec la communauté internationale.