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Vendredi 29 février 2008
Dépêche en provenance de l'ESISC :
 

img-6199-1.jpg Gordon Johndroe, porte-parole du Conseil de la sécurité nationale a affirmé que Washington avait décidé d’envoyer le destroyer USS Cole au large du Liban en raison de la fragilité politique et sécuritaire du pays et de toute la région. Ce déploiement est une « démonstration de soutien à la stabilité régionale », a-t-il précisé. Washington est, en effet, inquiète de la situation qui prévaut au Liban toujours sans président depuis le 23 novembre 2007. Le parlement a en effet reporté quinze fois la séance destinée à élire le chef de l’Etat. La prochaine réunion du parlement est cependant prévue pour le 11 mars prochain. L’opposition guidée par le Hezbollah pro-iranien et la majorité anti-syrienne ne sont pas encore parvenus à un accord sur la composition d'un futur gouvernement d'union. La désignation du chef de l'armée Michel Suleiman comme président est la seule chose sur laquelle s'entendent désormais les deux parties.

Cette crise, dont Washington impute la responsabilité à Damas, menace de dégénérer en affrontements entre chiites et sunnites. Elle empoisonne également les relations entre les pays voisins du Liban à l'approche du prochain sommet de la Ligue arabe, prévu les 29 et 30 mars en Syrie.

Par ailleurs, les Etats-Unis craignent également une dégradation des relations entre Israël et le Hezbollah. Le chef de l'organisation terroriste, Hassan Nasrallah, ayant promis le 14 février dernier à Beyrouth de déclarer une « guerre ouverte » à l’Etat hébreu après la mort du chef militaire de l'organisation, Imad Moughnieh, tué le 12 février à Damas dans un attentat à la voiture piégée. Attentat pour lequel l’Etat hébreu a toujours nié une quelconque implication.

http://www.esisc.org/

Par ESISC - Publié dans : Dépêches de l'ESISC
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Vendredi 29 février 2008
Le 27 février, dans l'excellente émission de  François Tadéi sur France 3, "Ce soir ou jamais", le débat portait sur le Kosovo. Voici les trois vidéos qui permettent de suivre l'émission dans son intégralité. A voir dans la deuxième vidéo la magistrale intervention de notre chroniqueur, Alexandre Del Valle, qui a le courage de rétablir certaines vérités et de ridiculiser la propagande officielle. Nous vous conseillons de voir les trois vidéos afin de vous faire votre opinion.







Par David Bescond - Publié dans : Dossier Kosovo - Communauté : La Cyber-résistance
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Vendredi 29 février 2008

undefined C'est avec une grande joie que nous enregistrons la présence d'Eric Zemmour parmi les penseurs impertinents de Rebelles.info. Devenu un personnage reconnu du PAF (paysage audiovisuel français) nous nous attendions à un refus de sa part. Par conséquent, sa réponse positive à notre demande nous est d'autant plus agréable. Nous le remerçions ainsi que les autres penseurs impertinents sans qui Rebelles.info n'existerait pas. Nous allons contacter d'autres penseurs impertinents dans les mois qui viennent afin de faire de notre site un "Think tank" à la française.

jesumomo.jpg Alors qu'on offre de construire sans cesse de nouvelles mosquée en Occident, qui a inventé la liberté individuelle et la liberté de conscience, on pourchasse les autres religions dans les pays musulmans où la liberté religieuse, la liberté de conscience et la liberté politique n'existent pas. J'exagère ? Hélas, même pas. Dans un article du quotidien "Le Monde" du 24 février dernier on apprenait que les chrétiens de Gaza subissait de plus en plus de discriminations et de violences. Après l'assassinat en octobre 2007 de Rami Ayad, le gérant de la Société de la Bible, une librairie baptiste de Gaza, c'est à la bibliothèque de la YMCA de Gaza, centre culturel et sportif d'inspiration chrétienne, qui a subi le fanatisme des islamistes. Elle est totalement détruite. Quant aux 3.000 chrétiens de Gaza ils cherchent désormais à quitter ce territoire car les menaces et les intimidations se multiplient. Dans "Le Figaro" du 27 février on apprenait
 que les chrétiens d'Algérie devaient faire face à des tracasseries administratives, des condamnations judiciaires et des expulsions. Ainsi un directeur d'école et un instituteur, Algériens de confession chrétienne, ont été radiés de l'Education nationale pour... prosélytisme. Quant au pasteur Hugh Johnson, président de l'Eglise protestante d'Algérie, il a été prié de quitter l'Algérie après... 45 ans de présence. Selon le père Gilles Nicolas du diocèse d'Alger se déroule actuellement "une lutte idéologique" au sein du pouvoir algérien et certains "veulent épurer le pays de toute présence non musulmane." Au moment ou le président français veut promouvoir son Union pour la Méditérranée il serait bien qu'il rappelle à ses interlocuteurs que la base de toute amitié c'est la réciprocité. Et que les Européens attendent des autorités des pays arabes qu'elles traitent les minorités chrétiennes de la même façon que peuvent l'être les (encore) minorités musulmanes en Europe.

pradel.jpg Hier matin sur Europe 1, Jacques Pradel dans son émission matinale a évoqué le livre de Sun Tzu "L'art de la guerre". En présentant le livre il a déclaré qu'il datait de "510 ans avant notre ère". Et alors ? Et bien cela ne veut rien dire. Avant quelle ère ? Quaternaire, tertiaire, secondaire etc... Avant les dinosaures, avant la découverte du feu ? Avant l'hégire ? A une époque pas si lointaine on disait tout simplement avant Jésus-Christ. Mais puisque cela semble aujourd'hui très politiquement, ou religieusement, incorrect, alors allons-y pour "avant notre ère"... Le totalitarisme sémantique précède toujours le totalitarisme politique.

undefined Le classement annuel des universités par disciplines de l'université Jiao Tong de Shanghaï vient d'être publié. Et une nouvelle fois ce classement démontre le délabrement des universités françaises. Dans la catégorie "Sciences de la Vie et de la Terre" la première université française du Top 100 est... 76ème (ParisVI-Pierre et Marie Curie). Dans la catégorie "Informatique et technologie" la première université française est 51 ème (Bordeaux I). Dans la catégorie "Sciences et mathématiques" la première université française est 25ème (Paris-Sud XI). Dans la catégorie "Sciences sociales", cette discipline qui fournissait les gros bataillons des grévistes khmers rouges contre le CPE ou la loi Pécresse, aucune université française n'est présente dans le Top 100 (voir notre dossier sur les étudiants français http://www.rebelles.info/article-14316662.html). Dans la catégorie "Médecine" la première université française est... 76ème (ParisV-Descartes). Et si on fait la répartition par pays du nombre d'universités nominées la France arrive onzième avec neuf universités citées. Derrière Israël qui en a dix ! Arrive en tête les Etats-Unis avec 308 nominations puis le Royaume-Uni, le Canada, l'Allemagne, le Japon, les Pays-Bas, l'Australie, la Suisse, la Chine. Or quel est le point commun entre tous ces pays qui devancent la France ? TOUS pratiquent la sélection à l'entrée des universités, TOUS pratiquent la culture de l'excellence. Alors bien entendu la loi de Valérie Pécresse sur l'autonomie des universités est un premier pas dans le bon sens mais tellement modeste qu'il ne permettra jamais de combler notre retard. C'est pourquoi il est impératif d'aller plus loin et plus vite dans les réformes. Quitte à prendre de front les partisans de l'immobilisme, les partisans de ce fameux modèle français que, paraît-il, le monde entier nous envie. Ah, ah, ah.....

David Bescond pour Rebelles.info

Par David Bescond - Publié dans : Les brèves du jour - Communauté : La Cyber-résistance
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Vendredi 29 février 2008
Publié avec l'autorisation de l'auteur :
 
undefined Effet de l’hystérie antiSarkozy ? Jack Lang n’a « aucune envie d’entrer dans un gouvernement » ( Libération, lundi). La dégringolade du président refroidit les postulants à l’ouverture. « Claude Allègre est un homme avec qui j’aimerais un jour travailler » , a expliqué néanmoins Nicolas Sarkozy, mardi au Parisien. Mais la stratégie élyséenne, qui a vidé la gauche d’une partie de ses talents et le PS de 80000 adhérents, a accéléré la décomposition de l’opposition, devenue teigne. Le degré zéro de la politique vient d’être atteint.

Le « Casse- toi, pauv’con » , marmonné par Sarkozy devant un micro indiscret, samedi au Salon de l’agriculture, en réponse à un homme qui venait de lui dire: « Touch’moi pas, tu m’salis » , a suscité un déchaînement. De ces répliques pitoyables, l’opposition a voulu y voir la défaillance du chef de l’État dans ses fonctions. Ce faisant, elle s’est montrée incapable d’argumenter autrement que sur les bonnes manières (qui se perdent). Difficile d’être plus cancanier. 

Les irritations que Sarkozy suscite ont déjà été partagées ici. La familiarité qu’il affiche feint une proximité dont les gens commencent à douter. Le tour de passe-passe sur le traité européen a aussi laissé des traces. La réserve de François Fillon, qui le devance de 22 points, est plus payante. Pour autant, les réformes ne sont pas remises en question par les sondés. En affrontant le président sur sa personne, la gauche montre un désarroi qui annonce d’autres férocités. 

Malgré tout, c’est ce Sarkozy mal élevé, hyperactif, impatient, qui reste utile à une France longtemps pantouflarde. Il est peu probable qu’il change sa manière d’être. « Ma conception du rôle du chef de l’État, ce n’est pas de cultiver la sympathie » , assure-t-il. Pour celui qui jusqu’alors s’occupait à tester sa séduction, l’aveu d’indifférence annonce peut-être la vraie rupture. Renoncer à plaire ne peut qu’inciter à accélérer les changements. 

C’est en tout cas sur ce terrain de l’action que les Français le jugeront le plus sûrement, plutôt que sur la marque de ses lunettes ou de prétendus risques qu’il ferait courir à la République. Mais si Sarkozy s’est coupé de la gauche avec qui il  flirtait, ses dispersions pourraient lui faire perdre une droite déçue par ses timidités. « L’ouverture, je vais la continuer » , assure le chef de l’État. À quoi bon ?
 
La zizanie des Sages 

Ce n’est pas la gauche qui, par exemple, encouragera à faire appliquer la loi, votée par les députés, qui crée des centres médico-socio-judiciaires destinés à recueillir, à l’issue de leur réclusion, les criminels non guéris de leurs pulsions. La réforme, soutenue par 80% des sondés ( Le Figaro, mardi), fait dire à Robert Badinter qu’elle marque « un tournant très grave de notre droit » . En réalité, des mesures similaires de rétention de sûreté auront été appliquées en France durant près d’un siècle (jusqu’en 1970) avec la relégation. Des pays européens éloignent semblablement des incorrigibles. 

Alors que le principe de précaution est inscrit dans la Constitution et est agité pour un rien, il est surprenant de constater les réticences des belles âmes à l’idée d’éviter que des psychopathes jugés toujours dangereux (tueurs ou violeurs en série) puissent être relâchés à leur sortie de prison. Voir de la démagogie, du populisme ou de l’obsession sécuritaire dans ce souci d’éviter des récidives renvoie au décalage des donneurs de leçons avec la vie des gens. 

Une polémique voudrait faire croire que Sarkozy n’entendrait pas tenir compte de la décision du Conseil constitutionnel du 22 février. En réalité, c’est l’ambiguïté des Sages qui sème la zizanie : ils ont validé la rétention de sûreté en n’y voyant pas une mesure pénale, mais ont décidé qu’elle avait un aspect répressif. Or si, dans un cas, la non-rétroactivité des lois ne s’applique pas, elle s’impose dans l’autre. Quand la ministre de la Justice dit lundi sur RTL qu’il n’y a « pas de problème sur la rétroactivité » , elle a raison, elle a tort… 

De ce confusionnisme, il ressort concrètement que la surveillance de sûreté, grâce aux soins ou aux bracelets électroniques, relève d’une application immédiate et que son non-respect autorise dès lors la rétention de sûreté sans rétroactivité. Ne pourrait-on faire plus simple ? C’est à cette question, semble-t-il, que le premier président de la Cour de cassation, Vincent Lamanda, saisi lundi par le président, devrait tenter de répondre. Pas de quoi crier au coup d’État ou à la « mise à mal de l’État de droit » (PS).
 
Immigration : l’incohérence 

Mais l’électorat de droite ne se contentera pas de la détermination de Sarkozy à vouloir faire appliquer cette loi, et moins encore du timide essai, vite remisé, de Christian Estrosi envisageant une suspension du droit du sol à Mayotte. Si l’ouverture à gauche a donné l’occasion à Jacques Attali de prôner le libéralisme (mais fallait-il passer par ces méandres ?), elle a freiné la promesse d’alléger l’État pour réduire la pression fiscale. Elle a aussi rendu illisible une politique d’immigration toujours perméable aux statistiques fantaisistes, qui ne sévissent pas seulement sur les indices des prix. 

Le démographe Xavier Thierry assure dans Population et Sociétés ( accessible sur mon blog), que les sous-évaluations de l’Insee empêchent de connaître la réalité. Ce flou devrait être levé. Or le gouvernement vient de lancer une « immigration choisie » qui ajoute d’autres entrées. Après avoir fait régulariser des cuisiniers clandestins en grève dans un restaurant parisien, Brice Hortefeux a signé, lundi avec le Sénégal, un accord ouvrant le marché du travail à 108 métiers, alors que la France se bat contre le chômage. Incohérent.

Ivan Rioufol pour Le Figaro le 29 février 2008
Par Ivan Rioufol - Publié dans : Chroniques d'Ivan Rioufol
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Jeudi 28 février 2008
Dépêche en provenance de l'ESISC :
 

cameroun.jpg Au moins 17 personnes ont trouvé la mort à Douala et à Yaoundé dans des manifestations contre le coût élevé de la vie et la réforme de la Constitution qui devrait permettre au président Paul Biya, à la tête de l’Etat depuis 1982, de rester au pouvoir après 2011. Les transporteurs routiers qui étaient à l’origine du mouvement de protestation, ont annoncé mercredi qu'ils cessaient leur grève. Ils ont en effet obtenu une baisse du prix de l'essence. Toutefois, les incidents ont continué dans plusieurs régions du pays en dépit de la multiplication des appels au calme. Ces violences interviennent dans un climat social très tendu marqué par la hausse des prix de plusieurs produits de première nécessité, la corruption, les fréquentes coupures d'électricité et la baisse du pouvoir d'achat. Dans une allocution télévisée mercredi soir, le président camerounais a accusé les transporteurs de vouloir renverser son régime.

Ce jeudi matin, un calme précaire régnait sur les grandes villes du pays suite au déploiement en force de l’armée dans les principales artères. Le quotidien camerounais, le Messager craint cependant un embrasement total. Selon le journal, la situation commence à prendre des proportions inquiétantes, «de nature à rappeler les fameuses années de braise (années 1990), et notamment celle des villes mortes, où l'on avait, à en croire l'opposition de l'époque, enregistré entre 200 et 400 morts. Suffisant, en tout cas, pour tirer sur la sonnette d'alarme».

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Par ESISC - Publié dans : Dépêches de l'ESISC
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Jeudi 28 février 2008
Dépêche en provenance de l'ESISC :
 

Six islamistes, dont trois de nationalité suédoise, ont été arrêtés, jeudi, à Stockholm et à Oslo pour leur implication présumée dans le financement de mouvements terroristes étrangers et la préparation d’attentats terroristes. Jakob Larsson, porte-parole du Service de la sûreté suédoise (Säpo) a confirmé que ces arrestations étaient l’aboutissement d’une «action coordonnée» avec les renseignements norvégiens (PST). Ces derniers ont en effet annoncé l'arrestation à Oslo de trois personnes soupçonnées de financer un réseau terroriste. Siv Alfén, une porte-parole du PST, a cependant refusé de confirmer si les arrestations étaient liées à des organisations islamistes. Elle a ajouté que les suspects devaient encore être entendus par un juge en vue de leur éventuel placement en détention. Le quotidien norvégien Dagbladet, a par ailleurs, révélé dans son édition électronique que les suspects sont tous d'origine africaine.

Pour rappel, les services de sécurité norvégiens ont signalé le mois dernier dans un rapport d'évaluation des menaces visant le pays, l’existence de plusieurs réseaux d’appui aux mouvements terroristes étrangers. « Les activités de soutien en Norvège prennent surtout la forme de transferts d'argent à des individus ou des groupes à l'étranger que l'on présume liés à des organisations radicales islamistes », précisait le PST.

La Norvège est un pays membre de l’OTAN. Elle participe à la Force d’assistance à la sécurité en Afghanistan (ISAF) via un contingent de 350 hommes postés au nord du pays. Cette participation place Oslo comme une cible des organisations terroristes islamistes.

http://www.esisc.org/

Par ESISC - Publié dans : Dépêches de l'ESISC
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Jeudi 28 février 2008
Publié avec l'autorisation de l'auteur :
 
undefined Je vous parle d’un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître. La gauche, en ce temps-là, faisait razzia sur les municipales après les cantonales. Le président venait à la télévision commenter les résultats, vêtu de grand deuil. Depuis son élection, il avait pourtant tout changé. Il était jeune. Il était moderne. Il était européen. Libéral mais pas dogmatique. Il était fasciné par le mythe Kennedy. Il n’hésitait pas à médiatiser sa famille. À l’américaine. Il avait dépoussiéré, désacralisé la fonction. Il avait fait l’ouverture vers « des personnalités de gauche ». Il maniait admirablement la télévision et semblait y coucher.

C’était en 1977. Les élections municipales furent un triomphe pour la gauche. On remarqua surtout l’improbable basculement à gauche de deux grandes régions, la Bretagne et l’Alsace, qui donnaient leurs voix à la droite depuis des décennies. La tradition du catholicisme social passait à gauche. Et c’est – paradoxe – le protestant Michel Rocard qui en devint la figure de proue. Cette « deuxième gauche » avait rejoint la première, alors dirigée par Mitterrand, quelques mois après la présidentielle de 1974. Les nouvelles couches moyennes salariées, grandes bénéficiaires des Trente Glorieuses, renforçaient la vieille gauche des profs et des ouvriers.

Trente ans plus tard, cette deuxième gauche est devenue la première. Elle tient l’appareil du PS. Les couches sociales moyennes qui la soutiennent toujours sont les dernières à pouvoir habiter au coeur des grandes villes. Les plus aisés, les fameux bobos, gardent le coeur de leur jeunesse à gauche ; les moins riches tirant le diable par la queue, locataires dans des centres villes désormais vouées aux propriétaires et aux touristes, souffrent de précarisation, réelle ou comparative. Ceux qui sont en dessous, dans l’échelle sociale, ont lâché prise, et quitté le centre-ville pour la périphérie, de plus en plus loin. Lors du référendum sur l’Europe, ceux-ci ont voté non, ceux-là ont voté oui. Dans les grandes villes, la classe moyenne supérieure frôle sans les côtoyer les habitants des quartiers populaires où domine une population issue de l’immigration arabo-africaine. C’est ce que les sociologues appellent pudiquement les « très aisés » et les « très aidés. » C’est la nouvelle sociologie qui structure désormais les grandes villes « mondialisées ». Nouvelle polarité qui a fait un triomphe à Ségolène Royal, lors de la présidentielle : Paris, Lyon sont déjà passées à gauche. Toulouse et Bordeaux ne devraient pas tarder. Nantes est demeurée à gauche depuis 1977 ; Strasbourg devrait y revenir ; et si Gaudin ne perd pas Marseille en 2007, ce sera un miracle dû paradoxalement à une modernisation inachevée ; la gauche prendra la ville la prochaine fois. À Bordeaux, Juppé a été un maire exemplaire, refaçonnant la ville selon les canons de la « gouvernance » d’aujourd’hui : il a donc perdu les législatives en 2007. Et seul un remords de ses électeurs peut cette fois sauver sa mairie.

Partout, cette nouvelle sociologie hésite entre PS et Modem. Voilà pourquoi à Dijon, Montpellier, Grenoble, Roubaix, le PS est allié au MoDem dès le premier tour. À Aix-en-Provence, le MoDem se gauchise pour faire la peau de l’UMP. À Lyon, les centristes sont partout. À Paris ou ailleurs, on attend prudemment le second tour pour convoler. En 1977, Mitterrand verrouillait l’Union de la gauche, obligeant même Gaston Defferre à renoncer à ses amitiés centristes de Marseille. Trente ans plus tard, c’est le grand déverrouillage, les centristes reviennent à gauche, sans que le PS, pusillanime, n’ose assumer la nouvelle ligne social-libérale. Mais, les programmes municipaux parlent d’eux-mêmes : il n’y a guère de différences entre ceux de l’UMP, du PS ou du MoDem : partout des « coulées vertes » écologiques, partout des « logements neufs » pour retenir le dernier carré des classes moyennes, partout des « zones franches » . 

Lors
de la présidentielle, Nicolas Sarkozy avait gagné dans l’est de la France, et séduit une base populaire qu’il avait en partie arrachée à Le Pen. À l’Ouest et dans les grandes villes, Royal et Bayrou s’étaient disputé le même électorat. Au bout de neuf mois, les électeurs de Sarkozy – ouvriers, employés ou vieux rurbains – sont déçus par la stagnation du pouvoir d’achat ou agacés par le côté soixante-huitard d’un président qui semble « jouir sans entraves » . En face, l’antisarkozisme culturel des grandes villes plastronne. Les édiles de droite tentent de sauver leur mise en cachant le sigle de l’UMP et en centrant le débat électoral sur le terrain local.

Mais le vent national souffle trop fort. La polarisation sociologique révélée par la présidentielle rendait déjà les municipales ingagnables par la droite. L’intérêt exclusif porté par les médias aux grandes villes, aggravait la situation. On l’a déjà vu en 2001, lorsque la seule prise de Paris et de Lyon occulta la défaite globale de la gauche de Jospin. C’est pourquoi Sarkozy avait songé à avancer la date des municipales dans la foulée de la présidentielle.

La crise économique américaine et l’agacement provoqué par la désacralisation de la fonction risquent de transformer la défaite inévitable en déroute. 

Eric Zemmour pour Le Figaro le 28 février 2008
Par Eric Zemmour - Publié dans : Chroniques d'Eric Zemmour
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Mercredi 27 février 2008
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

undefined La France mène une politique d’immigration à l’aveuglette. Voici ce que conclut le démographe Xavier Thierry, dans le dernier Population et Sociétés: "L’insuffisante qualité des statistiques migratoires reste un handicap pour la connaissance et l’action politique. Afin que le nouveau règlement européen ne reste pas lettre morte, il incombe aux Etats de réformer leurs règles administratives et statistiques. D’importants changements sont attendus en France".

Cette étude confirme que notre pays se contente du plus grand flou concernant les arrivées sur son propre sol. Une ignorance  qui s’apparente à un déni des réalités. "En l’état, estime le document, le flux d’immigrants en 2005 est estimé à 254 000 personnes. Cette nouvelle estimation est très supérieure au chiffre de 135.000 du tableau sur lequel les comparaisons internationales s’appuient d’ordinaire, chiffre qui ne compte pas toutes les entrées".
 
L’incohérence des mesures de l’Insee est posée. Ses sous-évaluations avaient conduit François Héran a affirmer en 2004, dans
Population et Sociétés : "La France n’est plus un pays d’immigration massive". Le solde migratoire était estimé alors aux alentours de 65.000 personnes. Si cet article eut un retentissement considérable auprès des médias, ravis de dénoncer le "fantasme" d’une immigration de masse, celui de Xavier Thierry a toutes les chances de passer inaperçu.

Alors que le ministre de l’immigration, Brice Hortefeux, vient de signer avec le Sénégal un accord ouvrant le marché du travail français à 108 métiers, en exemptant les ressortissants, candidats au regroupement familial, des tests ADN, il serait urgent que la France se dote, avant de poursuivre sa politique "d’immigration choisie", de véritables registres permettant d’avoir une vue exacte de l’immigration légale et une évaluation de l’immigration clandestine.

Ivan Rioufol pour blog.lefigaro.fr/rioufol le 27 février 2008

Par Ivan Rioufol - Publié dans : Chroniques d'Ivan Rioufol
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Mercredi 27 février 2008
Dépêche en provenance de l'ESISC :

ALeqM5jcrml5syKehZnNVNK2318p7fZUaQ.jpg Deux soldats polonais ont péri ce mercredi lorsque leur véhicule a sauté sur une mine non loin de la base polonaise de Sharana, dans la province de Paktika au sud-est de l’Afghanistan. Un troisième militaire polonais a aussi été blessé dans cet attentat. La Pologne a déployé dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) un contingent de 1 200 militaires en Afghanistan et devrait renforcer ses effectifs de 400 hommes supplémentaires cette année.

Par ailleurs, le ministre afghan de l'intérieur, Arar Ahmad Moqbel, est sorti indemne ce mercredi d'une attaque des Talibans dans la province de Laghman (est du pays). Les islamistes ont utilisé une roquette contre son véhicule tandis que les gardes du corps ont riposté à l’attaque. Aucune victime n’est  à déplorer.

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Par ESISC - Publié dans : Dépêches de l'ESISC
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Mercredi 27 février 2008
Dépêche en provenance de l'ESISC :

ALeqM5hhENrjmP7vTYxgSAxzLR4jijKzJg.jpg Ahmet Davutoglu
, le principal conseiller de politique étrangère du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, envoyé à Bagdad pour discuter de l’opération militaire turque au Kurdistan irakien, a déclaré ce mercredi que l’armée turque ne se retirerait pas du nord de l’Irak « tant que la présence de l’organisation terroriste [Parti des travailleurs du Kurdistan - PKK] n’est pas terminée. »

Ces déclarations sont intervenues alors que Washington demandait  à Ankara de limiter l’incursion de son armée à « une ou deux semaines ». Mardi, Bagdad avait déjà critiqué sévèrement cette opération militaire, que le Premier ministre turc estimait être « le résultat du droit légitime à l'autodéfense . » « L'organisation terroriste basée au nord de l'Irak est source d'instabilité pour l'Irak, et une menace pour la Turquie. Notre coopération contre le terrorisme permettra d'accélérer les relations politiques et économiques entre nos deux pays », a-t-il ainsi déclaré.

Sur le terrain, l'état-major turc a annoncé ce mercredi que cinq soldats et 77 rebelles kurdes avaient perdu la vie dans des affrontements intervenus depuis mardi soir dans les montagnes du Kurdistan irakien. Ces nouvelles pertes portent à 230, le nombre des combattants du PKK qui auraient été abattus depuis le début de l'opération, jeudi soir, et à 27 le nombre des pertes dans les rangs de l’armée turque. Ces chiffres sont toutefois impossibles à vérifier.

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Par ESISC - Publié dans : Dépêches de l'ESISC
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Mercredi 27 février 2008
Publié avec l'autorisation de l'auteur :

undefined Voici quelques années encore, on pouvait publier des livres philosophiques précis et argumentés, voire des livres où des journalistes imprégnés d’une ancienne culture pouvaient proposer une vision du monde porteuse d’assez de profondeur pour inciter à la méditation. Nous sommes à l’ère de la philosophie moribonde où celui qui se prétend penseur disserte d’entités vides telles que Cécilia Sarkozy ou François Hollande, et à l’ère où une culture qui eût ses heures de gloire et de grandeur n’en finit pas de ne pas discerner qu’elle est épuisée.

J’écris en langue française, et j’écris donc en ce contexte qui, bien souvent, me semble désespérant. J’ai, dans mes tiroirs, une dizaine de manuscrits qui relèvent pleinement du travail de la pensée. Je publie les livres qu’il m’est donné de pouvoir publier. J’écris des articles aussi, en français et en anglais, que je publie en divers lieux. Je reste fidèle aux « 4 vérités » parce qu’Alain Dumait est un ami et que je suis fidèle en amitié, et aussi parce qu’il me laisse ce bien, rare et infiniment précieux, qu’est la pleine liberté de parole.

Les thèmes que j’aborde sont liés, souvent, à l’actualité, et il peut arriver que certains événements n’évoluent pas pleinement comme j’aurais pu l’anticiper ou le souhaiter. Mes réflexions sont guidées par des principes auxquels je resterai fidèle, quoi qu’il advienne. Il existait autrefois une collection appelée « Ce que je crois », et les auteurs y exposaient, souvent avec brio, leurs convictions. Je pourrais m’inscrire dans la continuité : au mot croyance, je préférerais ceux de « principes », de « valeurs », d’« éthique », mais qu’importe.

L’histoire du XXe siècle que
Robert Conquest a appelé un « siècle ravagé », montre que l’être humain, qui est capable du meilleur, peut se révéler aussi capable du pire. J’ai en moi une aversion absolue pour toute forme de totalitarisme et une préférence absolue pour la liberté et l’affirmation de la nécessité du respect principiel de la dignité de l’être humain.

Je suis, sans concession, du côté de ceux qui affirment la liberté de parole et d’entreprise, la liberté d’aller et venir, et même de se tromper. L’idée de « droits naturels » de l’être humain telle qu’elle a avancé dans la réflexion occidentale depuis le temps de Thomas d’Aquin, et l’idée de « rule of Law » définie par
John Locke sont des remparts essentiels et indispensables contre toute forme de barbarie.

Les principes fondamentaux du judaïsme, que le christianisme a repris à son compte, sont, par les idées de Loi et de transcendance, ce qui définit l’accès même à la civilisation. Je pense que lorsque les idées de Loi et de transcendance sont absentes ou éclipsées, le chaos le plus innommable s’installe.

La science et les technologies modernes sont nées des idées de Loi et de transcendance puisqu’elles impliquent l’idée de maîtriser la nature et de servir la dignité de l’être humain. Parce que j’ai examiné l’histoire du XXe siècle à la lumière de la pensée de mes maîtres, qui, au-delà de Locke, incluent
Karl Popper ou Friedrich Hayek, et parce que j’ai scruté l’histoire aussi précisément que possible, je sais quelles monstruosités ont été le nazisme et le communisme. Le socialisme est totalitaire par essence. L’Europe a enfanté le meilleur, mais aussi des monstruosités.

Ma défense des États-Unis vient de ce qu’ils sont à mes yeux, selon la belle expression d’Yves Roucaute, la «
puissance de la liberté » : celle en laquelle les hommes libres au fil du temps se sont reconnus, et celle qui, par-delà les vicissitudes, a préservé la liberté sur terre. Ma défense d’Israël est liée tout à la fois à mon amour du peuple juif à qui nous devons la Loi et la transcendance, à la légitimité pour ce peuple de disposer d’une patrie, au fait que la Shoah, cet immense crime commis en commun, devrait inciter nombre d’Européens à davantage de dignité s’ils entendent montrer qu’ils n’ont pas pleinement trahi la civilisation, à mon refus de voir l’histoire du Proche-Orient falsifiée, car j’ai en horreur la falsification, et à mon désir d’œuvrer pour que les peuples musulmans avancent vers la liberté et la civilisation.

Il existe un totalitarisme islamique. Il existe aussi, selon l’expression de Daniel Pipes, une bataille pour l’âme de l’islam, et je veux et j’espère l’intégration des musulmans modérés à la modernité. Je veux penser cette intégration possible et j’œuvre pour qu’elle le soit.

Guy Millière pour les 4 Vérités hebdo le 27 février 2008
Par Guy Millière - Publié dans : Chroniques de Guy Millière
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Mardi 26 février 2008
Dépêche en provenance de l'ESISC :

ALeqM5j1WjYxgF58oJqHOajBwG0Ndf6cqw.jpg L’Union des tribunaux islamiques a réussi dimanche matin à prendre le contrôle de la ville de Dinsor, à environ 300 kilomètres à l'ouest de la capitale, Mogadiscio, après y avoir chassé les forces somaliennes. Un responsable du gouvernement somalien dans la région, Saleban Jiis, a confirmé que Dinsor était tombée dans les mains des islamistes. « Nous avons l'information selon laquelle les combattants des anciens tribunaux islamiques ont pris le contrôle de Dinsor, mais nous n'avons pas le bilan des éventuelles victimes », a-t-il ainsi déclaré. Par ailleurs, quatre soldats éthiopiens ont été tués samedi par des islamistes armés dans une embuscade tendue à Mogadiscio.

Rappelons que les tribunaux islamiques ont contrôlé  la majeure partie du centre et du sud de la Somalie, dont la capitale, pendant six mois. Ils ont été mis en déroute à la fin de l’année 2006 par une intervention de l'armée éthiopienne, venue soutenir le gouvernement de transition somalien. Depuis, les violences n’ont toutefois pas cessé dans le pays, qui est devenu le théâtre de nombreux affrontements, attentats et enlèvements de travailleur humanitaires étrangers.

http://www.esisc.org/
Par ESISC - Publié dans : Dépêches de l'ESISC
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Mardi 26 février 2008
Publié avec l'autorisation de l'auteur

undefined Pendant des siècles, la liberté d'expression fut bâillonnée par des Etats, des institutions, des Eglises. En France, durant les périodes les plus sombres de l'Ancien Régime, l'Eglise et l'Etat se donnaient la main pour étouffer toute velléité d'expression émancipée des dogmes. Au XVIIe siècle, Descartes se sentit contraint de ne point rendre publique son approbation des idées de Galilée. En plein XVIIIe siècle, le Chevalier de la Barre fut exécuté pour crime d'impiété : il n'avait pas salué le passage d'une procession. Les totalitarismes du XXe siècle — fascismes, nazisme, communismes — ont poussé la guerre contre la liberté d'expression jusqu'à un point encore jamais atteint. C'est au moyen de la lutte contre les formes étatiques et cléricalo-étatiques d'oppression que la liberté d'expression est parvenue à s’installer dans l’histoire. La problématique est-elle la même aujourd'hui que du temps de Voltaire, ou du temps de la séparation de l'Eglise et de l'Etat ? En nous référant exclusivement à cette Histoire, ne courons-nous pas le risque de nous rendre aveugles à certaines mutations des offensives contre la liberté d'expression ?
 
De l’Histoire est née une propension à situer les obstacles à la liberté d'expression uniquement du côté des pouvoirs institués. Or, en ce début de XXIe siècle, le problème se pose en des termes nouveaux. Alors que cette liberté a été inscrite dans le droit par de nombreux Etats, des mouvements à l’œuvre dans la société civile réclament sa limitation. Un préjugé tient ces associations pour des contre-pouvoirs. La méfiance — si ce n'est la haine — de la culture contemporaine à l'égard des pouvoirs de forme classique conduit à valoriser, encenser, vénérer tout supposé contre-pouvoir. Jamais on n'envisage que celui-ci pourrait se montrer oppressif. Jamais on n'envisage qu'il pourrait dresser des barricades pour s'opposer aux libertés. On oublie ainsi que la loi est également faite pour libérer les hommes de la pression sociale. Pourtant, les poursuites engagées — qui, fort heureusement se sont révélées vaines — contre le grand livre de l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, “ Les Traites négrières ”, proviennent de semblables associations.
 
Une nouvelle forme de conformisme surgit. Autrefois oppressée, la société menace de devenir oppressive. D'émancipatrice qu'elle était au siècle des Lumières — en arrachant des libertés à l'Etat —, la société, éclatée en associations, communautés, groupes, lobbys, se révèle désormais dangereuse pour ces mêmes libertés, Ainsi le blasphème, l'éloge de la tabagie et l'islamophobie pourraient, sous la pression d'associations, devenir prochainement des délits. Les associations qui placent en leur cœur l'identité, le respect et la reconnaissance se battent, parfois à leur insu, pour une limitation de la liberté.
 
La liberté d'expression implique le droit de déranger les associations, les corporations, les communautés, les Etats et les personnes. Mieux, la liberté d'expression s'accompagne du devoir de déranger. Or, la croyance contraire s'est répandue : la liberté d'expression se ramènerait au droit de dire et d’écrire des choses qui ne dérangent, ne choquent, ni ne blessent personne. Elle ne se conçoit que sur mode soft. De nombreuses associations — celles qui s'en sont prises à Charlie Hebdo, par exemple — voient dans la liberté d'expression le droit de dire ce qui ne les dérange pas. Il est recommandé — par l'idéologie ambiante, l'air du temps — de ne point s'en servir jusqu'au bout. Sur un site Internet, un professeur de philosophie a parfaitement condensé cette timidité : “ Robert Redeker a abusé de la liberté ”. Adhérer à cette formule, c'est postuler que la liberté d'expression doit demeurer une liberté simplement formelle, muséifiée, ne bousculant rien ni personne.
 
La liberté de déranger — épine dorsale de la liberté d’expression — suppose la capacité de se laisser déranger. Définissons la tolérance comme étant cette capacité. Est tolérant l’homme, le groupe, la théorie, qui se laisse déranger. Comme une pièce de monnaie, la liberté d’expression a deux faces solidaires : d’un côté, elle élève le dérangement au rang de devoir, quand, de l’autre, elle exalte la tolérance, l’accueil du dérangement.  
 
Polémos — le conflit — est le véritable père de la démocratie. La démocratie repose sur la reconnaissance du conflit comme fondateur. La démocratie suppose la permanence et la nécessité de la division conflictuelle. Rien de plus paradoxal que la démocratie : en elle, ce sont les conflits qui tissent le lien politique. Un régime démocratique ne tient que parce qu'on s'y déchire publiquement. La liberté d'expression est liée à tous les conflits qui structurent la démocratie, en particulier à la guerre des idées. Elle est liée à leur choc — au combat de titans, véritable gigantomachie, que les idées se livrent. En décrivant sa plume comme une épée, Jean-Paul Sartre se situait au coeur de la politique démocratique. Le parricide — assassiner Polémos, au nom de la convivialité — reviendrait à assassiner la démocratie.
 
Appelons conformisme la disposition psycho-politique qui récuse le conflit. Il travaille à clore l'histoire de la liberté d'expression. Qui sait si, sous la pression de ce conformisme, des associations n'auront pas réussi à faire de l'éloge du tabac un délit pénal ? Qui sait si d'autres n'auront pas réussi à transformer en délit de racisme le rappel de la traite musulmane des noirs ? Ou en négationnisme l'insertion de cette traite dans un cadre plus large ? Qui sait si signaler les aspects positifs de la colonisation ne sera pas demain un délit ? Masquant des intérêts partiels et des points de vue égoïstes sous un océan de bons sentiments, le conformisme réduit comme peau de chagrin la liberté d'expression. Ce n'est plus un conformisme de classe, à l'instar du conformisme bourgeois de jadis, ce n'est plus un conformisme politique, imposé d'en haut, c'est un conformisme sociétal. Disons sociétal plutôt que social : c'est une nouvelle idolâtrie de la société, et non du social, qui alimente ce conformisme. Celui-ci rend compte aussi bien de la lâcheté des institutions démocratiques que de la sidérante couardise du personnel politique européen dans des affaires comme celle des caricatures de Mahomet. 
 
Dans de nombreux pays — outre les pays officiellement musulmans, Cuba, la Chine, pour ne citer qu’eux — l'ancien modèle d'une liberté d'expression pourchassée et réprimée par l'Etat continue de faire peser sa chape de plomb. On emprisonne, on torture, on mutile, on assassine et l'on exécute pour délit d'opinion. Dans certains pays occidentaux — tout particulièrement en France — c’est le morcellement de la société en communautés se pensant toutes comme une fin en soi qui fait le lit des censeurs. La liberté d'expression est remise en cause, menacée au nom du vivre-ensemble. La démocratie se caractérisant par la coexistence conflictuelle, le néo-conformisme dessine les traits d'une ère post-démocratique. Le mot d'ordre des défenseurs de la liberté devra désormais être : ne laissons pas le conformisme assassiner Polémos, sous prétexte d'organiser la convivialité entre les communautés.

Robert Redeker pour la revue Médias du printemps 2007
Par Robert Redeker - Publié dans : Chroniques de Robert Redeker
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Mardi 26 février 2008
Dépêche en provenance de l'ESISC :

force-francaise.jpg La France aurait l'intention d’envoyer des troupes de combats au sol dans les régions orientales de l’Afghanistan, sur la frontière avec le Pakistan, où la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) mène une guerre quotidienne contre les Talibans et les terroristes d’Al-Qaida. Paris compterait aussi déployer des centaines d’autres soldats hors de la capitale afghane, où est actuellement concentré le contingent français. Pour rappel, la France assure le commandement de la région centre de l’Afghanistan, et dispose de 1 200 soldats au sein de la brigade multinationale de Kaboul. Un groupe aérien français de 180 hommes se trouve aussi à Kandahar avec six avions de combat, 3 Mirages 2000 et 3 Rafales.

En 2003, les commandos des forces spéciales françaises avaient affronté les combattants d'Al-Qaida dans les montagnes proches du Pakistan, aux côtés des forces américaines, dans le cadre de l'opération Enduring Freedom. En janvier 2007 l’ancien président Jacques Chirac avait retiré du pays 150 de ces 200 hommes. Les  derniers étaient restés sur place pour former les forces spéciales afghanes. La France semble réponde favorablement aux appels lancés par les Etats-Unis à leurs alliés pour accroître leurs troupes et faire face à l’insurrection islamiste.

Par ailleurs, la Belgique acheminera mercredi, jeudi et vendredi près de 300 membres du nouveau contingent belge de l’ISAF vers Kaboul. Des pannes qui ont affecté les deux Airbus de l'armée belge et l'absence des autorisations diplomatiques ont entraîné un léger retard dans la relève des troupes belges en Afghanistan, qui devait déjà être effectuée dimanche. En plus de la Belgique, l’Allemagne a annoncé que ses troupes resteraient au nord de l'Afghanistan. Pour sa part, le Canada a conditionné le maintien de ses soldats par le déploiement de plus de renforts.

http://www.esisc.org/
Par ESISC - Publié dans : Dépêches de l'ESISC
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Mardi 26 février 2008
undefined La publication hier de la première chronique de Claude Reichman sur notre site n'est pas passée inaperçu. Sa critique virulente contre Nicolas Sarkozy, alors que j'ai annoncé il y a quelques jours mon soutien à l'action du président de la République (http://www.rebelles.info/article-15952974.html), fait dire à des lecteurs que l'on ne comprend pas très bien la ligne politique de Rebelles.info. Ce site n'a pas vocation à avoir une ligne politique partisane mais à rassembler des penseurs impertinents. Il est impertinent dans la France de 2008 de se dire pro-israélien ou pro-américain. Il est impertinent de refuser de voir Bush comme l'incarnation du diable. Il est impertinent de se réclamer du libéralisme et de promouvoir le capitalisme. Il est impertinent de dire que le problème n'est pas l'islamisme mais l'islam et que ce dernier doit impérativement se réformer pour épouser la modernité de notre époque. Il est impertinent de ne pas croire aux affirmations de la secte verte sur le réchauffement climatique. Il est impertinent d'être favorable aux OGM. Il est toujours impertinent de s'afficher ouvertement à droite etc..., etc... L'impertinence est notre ligne politique. Et comme nous ne sommes pas une secte les avis des penseurs qui sont publiés sur notre site peuvent diverger. Il va falloir s'y habituer. D'autant plus que des contradictions peuvent voir le jour chez chacun d'entre nous. Je suis à titre personnel pro-américain (cela n'a pas du vous échapper) mais cela ne m'empêche pas d'être en désaccord total avec la position des Etats-Unis sur le Kosovo. J'assume cette contradiction. Car cette pluralité est notre richesse, notre force, notre liberté. Rebelles.info n'est pas un bloc mais un éventail. A vous de faire votre choix, de vous forger votre propre opinion.

carte_index.jpg Il se trouve que votre serviteur a vécu deux ans à Mayotte. De 1995 à 1997. Je connais donc un peu la situation dans cette île. Elle est tout simplement explosive. Lorsque je suis arrivé dans cette île de 374 km2 (un confetti) la population était estimé à 120.000 habitants. En 2008 l'estimation est de... 201.000 habitants ! La croissance annuelle de la population est l'une des plus importantes au monde puisqu'elle tourne autour de 3,8 %. Il n'y a aucune perspective pour la jeunesse, si ce n'est d'entrer dans la fonction publique, et l'on donne des diplômes qui de toute façon ne déboucheront sur rien. Et ce n'est pas l'immigration massive en provenance des Comores, et notamment de l'île d'Anjouan, qui va arranger la situation sociale et économique. Aujourd'hui on estime que 30 % de la population de Mayotte est composée de clandestins et si rien n'est fait il est fort probable que dans les années qui viennent les clandestins deviendront... majoritaires. Il est donc normal que le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, Christian Estrosi, évoque la possibilité de supprimer le droit du sol dans cette île. Droit du sol qui donne automatiquement la nationalité française aux enfants nés de parents en situation irrégulière. Et pour avoir vécu à Mayotte je peux affirmer que ce n'est pas l'amour de la France qui pousse ces clandestins à venir dans l'île aux parfums mais le désir de bénéficier d'un niveau de vie bien supérieur au reste des Comores et des divers avantages attribués aux autochtones. Sur un plan humain cela est compréhensible mais il est du devoir des autorités de sauvegarder l’équilibre identitaire de Mayotte confronté à une immigration de commodité. Alors bien entendu la gauche, qui se complet au pays des bisounours, hurle au scandale. Le député socialiste René Dosière a qualifié la proposition de monsieur Estrosi "d'inefficace, irresponsable et dangereuse". C'est amusant c'est exactement ce que je pense de ce député.

undefined Tout comme sont irresponsables, inefficaces et dangereux ceux qui s'offusquent de la volonté du président Nicolas Sarkozy de demander à la Cour de cassation de lui faire des propositions pour permettre l'application immédiate de la loi sur la rétention de sûreté. Car le Conseil constitutionnel en décidant que la loi ne pourrait pas être rétroactive permet ainsi aux criminels déjà condamnés, et qui seront libérés dans les mois ou les années qui viennent, d'échapper à cette loi. Or celle-ci stipule qu'un criminel sexuel qui a fait l'intégralité de sa peine soit placé dans un centre spécialisé pour une durée indéfiniment renouvelable si des professionnels estiment que sa libération représente toujours un danger pour la société. Le président de la République est en charge de la protection des citoyens. Il est donc tenu au principe de réalité qui consiste à empêcher que des criminels, dont on sait pertinement qu'une fois libérés ils recommenceront à tuer, violer, torturer, puissent commettre leurs crimes. Il est donc normal qu'il demande à la Cour de cassation d'examiner les moyens permettant de protéger les Français contre ces récidivistes en puissance. Mais que n'a-t-il pas fait là !!! Voilà qu'il s'agirait d'une atteinte à l'Etat de droit. D'une atteinte à la séparation des pouvoirs. "D'une période sombre pour la justice" selon Robert Badinter. Rien que ça ! Ces personnes, eux aussi partisans du pays des bisounours, s'amusent à opposer des grands principes théoriques au détriment de la sécurité des citoyens. Et demain ? Oui demain, lorsqu'un de ces pervers pédophiles récidivera. Ne devrait-on pas envisager de poursuivre monsieur Badinter et ses amis pour non assistance à personne en danger ? Voir pour complicité ?

SupportDenmarkSmall2FR.png Chanceux danois. Non seulement ils possèdent une presse libre et courageuse, non seulement ils possèdent une droite qui est tout sauf honteuse mais, cerise sur le gâteau, contrairement à la France, ils n'ont pas la gauche la plus bête du monde. Bien au contraire. Ainsi suite à la manifestation dans le pays des islamistes du Hizb ut-Tahrir le 15 février 2008, le président du parti socialiste populaire, Villy Sovndal, a déclaré : "Ces gens ne sont pas venus au bon endroit. S’ils sont obtus au point de réellement réclamer le califat ou l’application de la sharia, qu’ils aillent en Iran ou en Arabie Saoudite. Ils n’ont rien a faire au Danemark. Qu’ils quittent le pays, et le plus rapidement sera le mieux.” Cette sortie a été chaudement applaudie par la droite danoise. Chanceux danois...

David Bescond pour Rebelles.info
Par David Bescond - Publié dans : Les brèves du jour - Communauté : La Cyber-résistance
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Présentation

  • : Rebelles.info
  • rebelles
  • : politique Islam Rebelles Actualité
  • : Rebelles.info est un blog qui a pour objectif de rassembler les penseurs impertinents. Ceux qui sont véritablement des rebelles et non ceux qui s'autoproclament ainsi dans les salons parisiens ou sur les plateaux télévisés alors qu'ils se complaisent en vérité dans le politiquement correct.
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Les Rebelles

Présentation des collaborateurs de Rebelles.info (en cours...)

Claude Moniquet : Ancien journaliste, auteur spécialisé, expert internationalement reconnu en matière de contre-terrorisme, il a fondé en mai 2002, l’ESISC (European Strategic Intelligence and Security Center) qui a repris à son compte, dès sa création, le travail d’observation et d’analyse du terrorisme international et des questions stratégiques qui était mené depuis plus de vingt ans par certains de ses promoteurs.

Alexandre Del Valle : Essayiste, Géopolitologue, co-fondateur de l’Observatoire géopolitique de la Méditerranée (basé à Chypre) ; Membre du Conseil de Rédaction de la Revue française de Géopolitique Outre Terre, Alexandre Del Valle inscrit toutes ses études, interventions et écrits dans le cadre de la démarche géopolitique qui consiste à étudier « les rivalités de pouvoirs autour des territoires ou ressources », ainsi que les « représentations » développées par les acteurs en lice.

Guy Millière : - Professeur à l’Université PARIS VIII Histoire des cultures, Philosophie du droit
- Visiting Professor à la California State University, Long Beach.
- Expert auprès de l’Union Européenne en bioéthique, biotechnologie.
- Conférencier pour la Banque de France
- Traducteur et adaptateur en langue française pour le site
DanielPipes.org
- Editorialiste à la Metula News Agency, Israël Magazine, Frontpage Magazine, les Quatre Vérités, upjf.org
- Membre du comité de rédaction d’Outre-terre, revue de géopolitique dirigée par Michel Korinman
- Rédacteur en chef de la revue
Liberalia de 1989 à 1992 


Ivan Rioufol : Senior fellow à l'Atlantiste Institute et chroniqueur à l'émission On refait le monde, sur RTL. Il est titulaire d'un DEA de droit maritime et aérien et a débuté une carrière de journaliste, en 1976, au quotidien nantais Presse-Océan. Il rejoint Le Figaro en 1985 au service « La vie des médias », responsable de la rubrique « Confidentiel ». Il devient rédacteur en chef du service des informations générales, puis éditorialiste et membre du comité éditorial du journal en 2000. Depuis 2002, succédant à Max Clos, il tient dans Le Figaro un « Bloc-notes » publié chaque vendredi.

Michel Gurfinkiel : Ecrivain et journaliste, président de l’institut Jean-Jacques Rousseau, correspondant en France de Commentary et Weekly Standard, auteur de Israël, géopolitique d’une paix (1991), La cuisson du homard (2001), Le testament d’Ariel Sharon (2006), à paraître au début 2008 son livre sur l’histoire du sionisme et d’Israël.

Robert Redeker : Agrégé de philosophie, chercheur au CNRS. Membre du comité de rédaction de la revue Les Temps Modernes. Membre du comité scientifique du CALS (Université Toulouse-le-Mirail). Membre du comité scientifique de la revue Culture Droit.  Membre du comité de rédaction de la revue
Des Lois et des Hommes . Membre de la commission " philosophie- sciences religieuses- psychanalyse " du Centre National du Livre . 

 Gérard Pince : Docteur de 3éme cycle en Economie du Développement-Université de Paris - Diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris-Licencié en Droit - Chevalier de l'Ordre National du Mérite - Inventeur d'une machine comptable pour analphabètes - Fondateur et Président de Free World Academy.

Claude Reichman : docteur en chirurgie dentaire de la faculté de médecine de Paris. Il est l'un des initiateurs de la
Révolution bleue, mouvement informel résumé par son slogan «Non à la chienlit, non au trop-plein d'impôts et de charges, non aux politiciens incapables». Il est par ailleurs président du Mouvement pour la liberté de la protection sociale (MLPS), président du Comité CSG, président du Syndicat retraite-action et président du Collectif vivre en paix à Paris (VEPAP).

Eric Zemmour : Journaliste politique français, grand reporter au service politique du quotidien Le Figaro. Il participe toutes les semaines à l'émission "ça se dispute" sur I-Télé. Depuis septembre 2006, il participe à l'émission du samedi soir de Laurent Ruquier, "On n'est pas couché".

Roger Heurtebise : Journaliste à Riposte laïque.

Michel de Poncins : Ancien directeur de société, Michel de Poncins est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris
, et docteur en Économie. anime aussi deux magazines sur internet : Tocqueville Magazine et Radio Silence.

Gabriel Bendayan : Webmaster du site Jeune Droite.

Alain Laurent : Philosophe, essayiste et éditeur. Auteur en particulier de nombreux ouvrages sur l'individualisme, le libéralisme et leur histoire ("La philosophie libérale", Les Belles Lettres, 2002 - Prix de Philosophie politique de l'Académie française; "Le libéralisme américain", Les belles Lettres, 2006 - Prix du livre libéral). Directeur de la collection La Bibiothèque classique de la liberté, aux Belles Lettres. Dernier ouvrage paru: "La société ouverte et ses nouveaux ennemis", Les Belles Lettres, 2008).

Roman Bernard : Pigiste dans la presse et la communication. Webmaster du blog Criticus. 
 
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